Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtu par Christophe Cordier jeudi 12 mai 2011,
Samedi c’est la Marche des LGBT et de leurs amis dans les rues de la capitale belge. Allez-y, TÊTU sera présent sur place !

En Belgique, la communauté LGBT a l’impression qu’elle a déjà tout obtenu.
Mais le droit à l’adoption et au mariage ne signifie pas que tous les problèmes sont résolus et que l’homophobie a disparu.
Le rassemblement annuel à l’occasion de la gay pride conserve donc son intérêt, mais en Belgique, il se veut désormais fédérateur.
Jochen Van Der Worp, coordinateur de la Maison Arc-en-ciel de Bruxelles, nous dit pourquoi.

TÊTU : La Belgian Lesbian and gay Pride s’appelle maintenant simplement The Pride. Et son slogan est « Pride for Everyone ».
Ce n’est donc plus un événement LGBT ?

Jochen Van Der Worp (photo) : Bien sûr, la Pride est toujours la fête de la communauté LGBT, mais nous voulons montrer que celle-ci ne vit pas repliée sur elle-même.
La fête s’adresse donc aux LGBT, mais aussi à leurs amis.
Pour illustrer cette volonté, nous avons déplacé le cœur de l’événement de la rue du Marché au Charbon (le quartier gay bruxellois) au quartier de la Bourse, qui est à deux pas mais beaucoup plus fréquenté par tous les publics. Le parcours a été légèrement modifié mais emprunte toujours les rues principales du centre-ville.

Que reste-t-il à revendiquer pour les LGBT belges ?
Le combat pour l’égalité des droits n’est pas terminé parce que nous pouvons nous marier et adopter des enfants.
Nous voulons notamment lutter contre l’homophobie et la transphobie en milieu scolaire.
Il y a un véritable travail pédagogique à accomplir avec le monde de l’enseignement, dans lequel l’insulte homophobe est trop souvent banalisée, alors que l’on connaît un taux de suicide élevé chez les adolescents LGBT.
Nous voulons aussi lutter contre les stéréotypes qui enferment les gens dans des cases et font qu’un homme effeminé ou une femme masculine est toujours regardé de travers.
C’est d’ailleurs un combat qui concerne tout le monde puisqu’il s’agit d’une question de genre, et pas d’orientation sexuelle.
Enfin, nous mettons un accent particulier sur la solidarité internationale.
L’assassinat de David Kato en Ouganda a tragiquement rappelé que, dans plusieurs pays, on pouvait encore mourir à cause de son orientation sexuelle.
La Belgique accueille de nombreux demandeurs d’asile LGBT. Il est important que nous agissions pour que les droits de l’homme soient respectés dans ces pays.

Mais la Pride, c’est aussi une fête…
Evidemment. Comme chaque année, la rue du Marché au Charbon sera interdite aux voitures. La Street Party débutera le vendredi 13 mai à 16h.
Et pour les clubbers, une soirée est programmée à la Démence ce soir-là.
Le samedi, tous les bars seront ouverts dès 12h et des DJ feront danser les passants jusqu’à l’aube.
Devant la Bourse de Bruxelles, un podium sera animé par LaDivaLive (artiste transformiste qui chante en voix directe) qui présentera divers artistes. La finale de Mister Gay Belgium sera organisée ensuite avant qu’un DJ ne clôture la soirée.
Et comment pourra-t-on finir la nuit en beauté ?
Il y a trois soirées au programme : Girls United est la soirée officielle lesbienne. Elle se déroulera au Claridge, chaussée de Louvain, et sera animée par des DJ du Velvet 69 et du Café de Love, des soirées bien connues des lesbiennes belges.
Au Beurrsschouwburg, à deux pas de la Bourse, deux soirées sont organisées : Souk del Mundo, une initiative de l’association Merhaba, qui rassemble des gays originaires du Maghreb, du Moyen-Orient et de Turquie.
Et bien sûr la Pride Party à partir de minuit. Un conseil : arrivez tôt car les places sont limitées.
Et la Pride, c’est aussi une centaine d’activités, partout dans le pays…
D’abord il y aura le coup d’envoi de la Pride Week, le vendredi 6 mai à Bruxelles avec la Mini-pride et la réception à l’hôtel de ville. Manneken Pis sera revêtu de son costume arc-en-ciel.
Du 6 au 14 mai, toute une série d’événements sont organisés à Namur, Mons, Liège, Louvain…
Il y aura des spectacles, des concerts, des soirées, des débats, des films…
Chacun devrait y trouver son compte pour, à sa manière, célébrer sa fierté.
The Pride, le 14 mai à Bruxelles. Plus d’infos sur www.thepride.be
Venez visiter le stand de TÊTU, samedi dans le Pride Village à la Bourse, vous pourrez rencontrer des membres de l’équipe et vous abonner au magazine à des offres préférentielles spéciales Pride.
Têtu par Christophe Cordier dimanche 15 mai 2011
La marche LGBT belge a rassemblé un large public, hier, sous un ciel plus clément que prévu.
Cette année le défilé avait quitté le quartier gay pour investir le vaste et passant boulevard Anspach. Reportage et diaporama.
Vers minuit, les abords de la Grand-Place de Bruxelles et de la Bourse vibraient encore aux rythmes de la musique s’échappant des bars et des podiums installés un peu partout dans le centre-ville.
Quelques heures plus tôt, c’est pourtant dans un silence assourdissant que la 16e édition de la Pride bruxelloise avait commencé.
Rassemblée devant la Bourse, la foule a observé une minute de silence en hommage à tous les LGBT persécutés dans le monde en raison de leur orientation sexuelle. Avant la fête, Alan De Bruyne, coordinateur de l’événement, a rappelé sous les applaudissements que la Belgique était l’un des pays les plus progressistes du monde. A ses côtés, sur le podium, plusieurs élus ayant contribué au vote des lois sur le mariage ou l’adoption étaient présents.
Couleurs et revendications
La fête a ensuite débuté avec le départ du cortège, qui a eu quelques difficultés à se frayer un passage dans la foule. Cette année, la Pride a attiré 45 000 personnes, 10 000 de plus que l’an dernier.
Le défilé était haut en couleur mais laissait aussi la place aux revendications.
Ainsi, une équipe du centre pour l’Egalité des chances, habillée d’étranges costumes couverts de messages discriminants, relayait la campagne menée contre les violences homophobes et voulait inviter les LGBT à dénoncer, auprès du Centre ou de la police, les faits de discrimination, de harcèlement et d’agressions dont ils sont victimes.
Cette année, la Pride est donc sortie de son ghetto du quartier Saint-Jacques pour s’installer sur le Boulevard Anspach, un des principaux axes routiers de la capitale, qui est resté fermé à la circulation de 12h à 1h30. Différents stands y informaient le public sur la vie de la communauté LGBT, et TÊTU était notamment présent pour rencontrer les lecteurs belges.
Foule compacte
Ce déménagement était indispensable pour une raison de sécurité.
Le nombre croissant de personnes qui se rendent à la Pride (elles n’étaient que 3000 lors de la première édition il y a 16 ans) rend en effet trop dangereux l’installation du cœur de la fête dans le quartier gay, aux rues beaucoup trop étroites. Dans la soirée, il fallait d’ailleurs être très courageux pour s’y engager tant la foule était compacte.
Mais l’objectif était aussi d’attirer un autre public, et cela a plutôt bien fonctionné puisque de nombreux curieux ont déambulé sur le boulevard toute la journée.
Une mixité regrettée par certains durant la soirée, quand les DJ présents à la Bourse ont commencé à faire danser une foule de moins en moins composée de LGBT, et sous forte surveillance policière.
Mais cette Pride relookée avait aussi un objectif politique et économique.
L’an dernier, le secteur hôtelier bruxellois a enregistré une augmentation de 30% du nombre de nuitées par rapport à l’année précédente durant le week-end de la Pride.
Il y a donc un marché à conquérir et la capitale belge veut donc se poser en ville attractive pour les LGBT, au même titre que Barcelone ou Berlin, mais dans un registre différent, plus généraliste, en intégrant cette touche gay à des événements tous publics. Le bureau du tourisme bruxellois a d’ailleurs reçu une enveloppe de 40 000 euros pour développer ce secteur très porteur.
Publié par Judith Silberfeld
Bruxelles célèbre la gay pride depuis une semaine, mais c’est aujourd’hui que les LGBT et leurs allié-e-s défileront dans les rues du centre-ville, à partir de 14h.
N’en déplaise aux mauvaises langues, sous ses dehors joyeux, la gay pride est avant tout un événement politique, et la proximité de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai n’est pas un hasard.
À l’occasion de cette Journée, Marie-Dominique Simonet, la ministre de l’Enseignement obligatoire et de la Promotion sociale en Communauté française de Belgique, a apporté son soutien à la campagne contre l’homophobie dans les écoles conçue par l’association Arc-en-ciel Wallonie.
Dans une circulaire datée du 5 mai, elle explique ce qu’est la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie (dans laquelle elle inclut aussi lesbophobie et transphobie) et rappelle les engagement des autorités de la Communauté Wallonie-Bruxelles (Parlement et gouvernement) pour lutter contre les LGBTphobies.
Le pin’s d’Arc-en-ciel Wallonie
“J’ai donc décidé de soutenir dans ce cadre l’initiative de commémoration de la journée de lutte contre l’homophobie en incitant les établissements de l’enseignement secondaire à y accorder toute leur attention, poursuit-elle. Je rappelle l’existence du dossier pédagogique “combattre l’homophobie”, disponible sur le site www.enseignement.be. Je vous invite par ailleurs à afficher aux valves de votre établissement, de façon visible, tant pour le personnel éducatif que pour les élèves, les affiches ci-jointes, ainsi qu’à arborer le 17 mai le pin’s dont vous trouverez ci-joint une dizaine d’exemplaires.”
Comme l’écrivait au lendemain de cette circulaire notre partenaire Gay Kosmopol, “il ne s’agit que d’une invitation et les établissements resteront libres d’y répondre ou non. (…) On ne va pas bouder son plaisir, mais je trouve cependant que cette simple invitation à l’affichage reste bien en deçà des nécessités éducationnelles en matière de lutte contre les discriminations. (…) Espérons cependant qu’elle accordera à l’avenir une attention particulière à la problématique de l’homophobie en milieu scolaire, comme le prévoit l’accord qu’elle se plait à citer dans sa circulaire”.

Le tragique du drame de l’identité sexuelle réside dans le fait que notre société soi-disant égalitaire n’accorde aucune place a un comportement ambigu : on est soit complètement femme, soit complètement homme. Si l’on n’entre pas dans l’une ou l’autre des deux catégories, on n’a pas de place. Etre tout bonnement humain-e, mais ça ne suffit pas ! Bien au contraire, ça peut mener un-e être humain-e à un conflit déchirant qui se terminera bien souvent par le suicide.