
Les défenseurs des homos inquiets que des évangélistes veuillent les soigner
Les défenseurs des droits des homosexuels ont dénoncé jeudi l’action d’un groupe évangélique qui prétend les "soigner" lors de séminaires, dont un à Toulouse, finalement annulé.
E-llico.com
Mis en ligne le 03/11/2011
"C’est inquiétant, il faut combattre l’idée que l’homosexualité est le fruit d’une éducation particulière. L’éducation doit se faire contre les préjugés et les stéréotypes", a déclaré à l’AFP Nicolas Gougain, le président de l’Inter-LGBT.
Les évangélistes de Torrent d’espoir devaient organiser ce week-end "un programme de guérison et d’accompagnement".
Un mouvement de protestation les en a dissuadés.
Pour Michel Megnin, secrétaire de l’association Arc-en-Ciel Toulouse, le discours des évangélistes est "dangereux". "Non, l’homosexualité n’est pas une maladie", a-t-il dit.
"Il y a des affirmations sur le vrai masculin et le vrai féminin qui, alerte Michel Megnin, peuvent être responsables de troubles pour des gens qui ne s’acceptent pas homosexuels. C’est clairement homophobe", a-t-il ajouté.
Le coordinateur de Torrent de vie en France, le pasteur Werner Loertscher, se défend d’être homophobe.
"On est loin d’être homophobes. On n’est pas homophobes dans le sens d’être contre la personne homosexuelle, on est pour la personne homosexuelle, mais si elle veut changer, on l’accompagne dans cette recherche. Tout être humain a le droit de chercher une solution pour ce qui ne va pas dans sa vie", affirme le pasteur.
"J’ai connu des gens, ils ne savaient pas à quel saint se vouer, poursuit-il, ils ne savaient pas vers qui se tourner. Ces personnes ont pu entrer dans l’identité qui correspondait à leur corps. Et ils ont finalement pu se marier et avoir des enfants".
HETERHOMO : nous savons que 800 000 homosexuel-les qui ont subi les pressions de l’entourage et qui ont choisi de se mentir et de mentir aux autres, ont vécu la vie d’un autre, ils-elles ont conjoint et enfants et souvent amant de la double vie et n’en sont pas fier-e-s, cependant quand les enfants sont grands…
Les séminaires de l’association "sont quelque chose de nouveau en France, inspirés de ce qui se passe dans les pays anglo-saxons", dit Nicolas Gougain.
Le site internet de Torrent de vie fait état de ce type de rencontres dans diverses villes de France.
Une manifestation de militants homosexuels est prévue vendredi en fin de journée devant l’Eglise évangélique de Toulouse, qui devait abriter le séminaire annulé.
Publié par Paul Denton
_
« L’homosexualité n’est pas une maladie, martèle Arc en ciel Toulouse (AEC), dès lors l’idée que l’on pourrait en « guérir » ne repose sur aucune réalité.
Surtout, elle encourage une stigmatisation coupable qui explique notamment la surreprésentation des adolescents LGBT dans les statistiques sur les risques suicidaires, aux États-Unis comme en France ».
L’objet de la colère de cette association LGBT toulousaine ?
Un tract distribué depuis quelques semaines aux habitant-e-s, invitant celles et ceux qui souhaiteraient « guérir » de leurs « penchants homosexuels » à participer à un séminaire de Torrent de vie à l’église évangélique de la ville.
Torrents de vie est la petite sœur francophone d’une organisation américaine du même nom, Living Waters, qui s’inspire des ouvrages d’Andy Comiskey, un homosexuel prétendant être devenu hétéro après avoir eu une illumination divine.
S’appuyant sur une lecture littérale de la Bible, les écrits de Comiskey ont fait un tabac dans les milieux évangéliques.
Au fil des ans, Living Waters a essaimé aux États-Unis et en Europe.
Aux âmes égarées, l’organisation propose de nombreux séminaires de « restauration de la personnalité » en partant du principe que « l’homosexualité serait la conséquence de cassures durant l’enfance, en particulier dans la relation avec les parents, et notamment face à une mère surprotectrice et un père distant, ou en cas d’abus ».
Toutefois, le chemin vers la guérison n’est pas gratuit.
Pour vous débarrasser de vos penchants homosexuels, il vous en coûtera tout de même 20 séminaires à 300 euros, soit 6000 euros au total.
AEC interpelle donc les pouvoirs publics et les responsables municipaux sur « les dangers des tractages qui présentent encore l’homosexualité comme une pathologie dont les coûts de guérison alimentent, aux dépens des plus faibles et des plus démunis, on ne sait quelle trésorerie ».
En signe de protestation, l’association appelle à un rassemblement de protestation pacifique le 4 novembre prochain à 18h30 devant l’église organisatrice des séminaires (voir les détails pratiques).
Un citoyen averti en vaut deux.

