Têtu par Samuel Réal 06 mars 2011,
Cette semaine, dans notre sélection, des nouvelles gais et satiriques d’Essobal Lenoir, des gladiateurs au combat et les scènes crues et viriles de Dolko.
LE MARIAGE DE BERTRAND
C’est à travers ces 20 nouvelles que se décline l’existence réelle ou fantasmée d’Essobal Lenoir.
De l’enfance à l’âge adulte, les souvenirs se chevauchent, s’emboîtent et s’intercalent, non plus pour être les témoins d’une vie extraordinaire mais pour témoigner d’une époque ordinaire, avec ses travers et ses violences singulières.
Satyrique dans sa forme et engagé dans son fond, ce recueil distrait autant qu’il dénonce.
Mais parler du mystérieux Essobal Lenoir, c’est d’abord parler d’un style.

Les nouvelles qui composent ce recueil s’articulent dans une langue vraie et crue, mais qui ne concède pas sur sa puissance littéraire.
Les mots claquent, sonnent, heurtent et tanguent, dans des tournures chahutées qui puisent leur sensibilité dans une sincérité palpable.
Le mariage de Bertrand, d’Essobal Lenoir Editions A poil
VIRTUS
Virtus relate le quotidien d’un camp d’entraînement de gladiateurs.
On y suit Gaius, nouvelle recrue à la personnalité effacée sur qui le puissant et respecté Crescens, star de l’arène, va jeter son dévolu.
La complexité de cette histoire d’amour, où les émotions les plus fortes se nuancent dans le prisme de la lutte et d’un combat « contre » l’autre, élève l’œuvre de Gengoroh Tagame à un niveau nouveau.
Son œil et son travail semblent s’affranchir de la morale parfois pesante de ses précédents opus, au profit d’une réflexion sur la violence que s’infligent les deux héros de Virtus, prisonniers des affres et des obligations du consensus viril.

A la manière des esclaves de la Rome antique qui cherchent à s’affranchir de leur maître, Caius et Crescens n’ont finalement de cesse de s’affranchir des codes et de la morale qui malmènent leurs sentiments.
Ils s’offrent mutuellement, en tombant amoureux, ce que chacun d’entre eux espérait trouver depuis toujours : la liberté.
Virtus,
de Gengoroh Tagame
Editions H&O
DOLKO
Cette saga en 4 tomes retrace l’ascension d’un jeune guerrier barbare, Dolko. D’abord esclave d’un général romain, et un peu à la manière d’une « Angélique marquise des anges » trash ballotée au gré des humeurs d’un destin terriblement joueur, sa trajectoire l’entraînera aux confins de l’empire, jusque sur le trône du Hadar.

Véritable fresque « historico-érotique », le péplum s’affranchit des aspects lourds du genre pour se concentrer sur une narration efficace où le fantasme guerrier et ses imageries viriles rassasient le lecteur de scènes crues, de muscles saillants et de sueur.
Dolko avait enflammé la blogosphère gay à sa sortie en 2007, principalement grâce à sa couverture : on y découvrait Dolko sous les traits de la pornostar Damien Cross, le ton était alors donné.
Dolko est devenu quatre ans plus tard une œuvre riche et rare dans le paysage littéraire gay, épousant les codes d’une littérature de genre sans se dépouiller de son originalité.
L’occasion d’un coffret collector regroupant les 4 tomes en édition poche.
Dolko,
de Jean-Paul Tapie (coffret intégral collector)
Editions H&O

