Têtu par Rédaction 15 septembre 2010
L’association a mené ce matin une action contre le parti de la majorité, rue de la Boétie à Paris, sur le thème des discriminations à l’égard des veufs homosexuels. Dix militants ont été interpellés.
« L’UMP nous brise les urnes. » Les salariés et les visiteurs du siège de l’UMP ont eu une sacrée surprise, ce matin.
Une large banderole sur laquelle étaient inscrits ces mots était déroulée par des membres d’Act Up-Paris devant le 55 rue la Boétie à Paris.
La poignée de militants a également répandu des cendres sur le trottoir, puis ils ont été interpellés… sur le quai du métro, alors qu’ils avaient déjà quitté les lieux.
Act Up-Paris se mobilisait sur la question des droits de la veuve ou du veuf homosexuel après la mort de leur partenaire.
Une problématique posée durant l’été après les tragiques mésaventures de Thomas et de Fred (lire l’histoire de ce dernier dans notre article Pour les homos, les discriminations ne s’arrêtent pas aux portes du cimetière).
Après la mort de leur amoureux, ils se sont opposés à leur belle-famille pour l’organisation des funérailles ou le devenir des cendres funéraires.
Des conflits qu’ils ont perdus, leur couple n’étant pas reconnu, ce qui ne se serait pas produit s’ils avaient été mariés.
De plus, des démarches administratives ont été bloquées parce que le pacs n’est pas mentionné sur l’acte de décès.
Interpellations
L’association accuse donc le gouvernement de maintenir des discriminations envers les homos, alors même que la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a rendu s’est opposé en juillet à un projet de loi du groupe radical et socialiste visant à inscrire le nom du conjoint pacsé sur l’acte de décès.
L’UMP, parti actuellement aux rênes du gouvernement, « qui s’obstine à nous bloquer l’accès au mariage », en est donc « le principal responsable » selon Act Up.
Mais quelques minutes plus tard, la surprise s’est retournée sur les militants.
Alors qu’ils avaient déjà quitté les lieux et qu’ils se trouvaient sur le quai du métro Miromesnil, dix d’entre eux ont été arrêtés par des forces de l’ordre et emmenés au poste de police.
L’association doit rendre publiques des nouvelles de ses membres, et publie d’autres photos du zap sur son site.
Zap du siège de l’UMP, crime de lèse-majesté
Ce matin, une douzaine de militantEs d’Act Up-Paris ont déployé une banderole et dispersé des cendres devant le siège de l’UMP, rue de la Boétie à Paris. Voir la vidéo et des photos : www.actupparis.org/spip.php ?…
Par cette action, Act Up-Paris manifestait sa colère et dénoncait l’homophobie du parti au pouvoir, qui s’oppose obstinément à l’égalité des droits entre homosexuelLEs et hétérosexuelLEs, jusque dans le deuil, jusque dans la mort.
L’action terminée, les activistes sont descenduEs prendre le métro, suiviEs de près par deux policiers en civil, talkies-walkies à la main et oreillette à l’oreille.
Le métro n’a pas démarré, et, quelques instants plus tard, une trentaine de gendarmes mobiles ont surgi sur le quai, en armure, munis de flashballs, matraques, et menottes.
Les militantEs ont été débarquéEs de la rame sans ménagement, sous les regards médusés des voyageurSEs, puis fouilléEs sur le quai, menottéEs, filméEs par un gendarme, et ramenéEs sous (très) bonne escorte devant le « lieu du crime », où pas moins de 9 camions les attendaient.
S’ensuivit ensuite une « notification d’interpellation », dans laquelle les forces de l’ordre ont justifié l’interpellation par le délit de « dégradation de bien public ».
Les forces de l’ordre ont alors filmé les visages des interpelléEs, ainsi que leurs pièces d’identité.
Puis, les militantEs ont été conduitEs au commissariat du passage Dallery (Paris 11), en camion escorté de motards, les mains attachéEs dans le dos pendant toute la durée du trajet.
Elles et ils ont finalement fait l’objet d’un second contrôle d’identité, sous bonne garde dans le parking du poste de police, avant d’être relâchéEs vers midi et demie.
Comme à l’accoutumée, les militantEs d’Act Up-Paris n’ont opposé aucune résistance, ont suivi chaque directive policière, étaient touTEs muniEs de leurs papiers d’identité, et n’avaient sur eux ni arme ni substance illicite.
• Sur le quai du métro, les militantes ont été palpées par des hommes.
• Un gradé a ordonné à son gendarme de « ne pas ménager » la militante dont il avait la charge.
• Les prétendues dégradations consistaient en un dépôt de cendres sur le trottoir.
- Le menottage est encadré par l’article 803 du Code de Procédure Pénale, qui dispose : "Nul ne peut être soumis au port des menottes ou des entraves que s’il est considéré soit comme dangereux pour autrui ou pour lui-même, soit comme susceptible de tenter de prendre la fuite.
Dans ces deux hypothèses, toutes mesures utiles doivent être prises, dans les conditions compatibles avec les exigences de sécurité, pour éviter qu’une personne menottée ou entravée soit photographiée ou fasse l’objet d’un enregistrement audiovisuel."
Nous sommes homosexueLEs, malades du sida, nous ne supportons plus que l’UMP au pouvoir nie nos couples et nos veufVEs, nous prive des cendres de nos amantEs et crache sur nos urnes.
Lorsque nous dénonçons ces injustices, le gouvernement nous oppose un dispositif répressif disproportionné, à l’image de la surenchère sécuritaire sarkozyste.
L’UMP va-t-elle si mal pour être si susceptible ?

