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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Adieu Mademoiselle, bonjour les insultes

"Mademoiselle", le début de la fin ?

Écrit par La rédaction - 17 Janvier 2012

Une ville, un ministère… Quatre mois après son lancement, la campagne pour la suppression du terme "Mademoiselle" des documents administratifs récolte ses premiers fruits en ce début d’année.

La ville de Cesson-Sévigné, près de Rennes, a eu les faveurs de la presse ces derniers jours, pour avoir décidé, depuis le 1er janvier, d’abandonner l’appellation "Mademoiselle" sur tous ses documents administratifs.
Elle est la première ville à aller dans le sens de la campagne "Mademoiselle, la case en trop" lancée l’automne dernier par deux associations féministes.

Pour la municipalité, cette démarche s’inscrit dans le cadre de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, qu’elle a signée en 2011 (une charte que 94 collectivités en France ont signée - la liste ici).
« L’existence de deux termes différents pour désigner les femmes mariées et celles qui ne le sont pas constitue une discrimination à l’égard des femmes puisqu’une telle différenciation n’existe pas pour les hommes », souligne-t-elle sur son site internet.

La ville de Cesson-Sévigné n’est toutefois pas la toute première en France à agir ainsi.
Sa grande voisine, Rennes, avait choisi de tordre le cou à "Mademoiselle" dès 2008, rappelle Ouest-France. Même si aujourd’hui encore « il peut arriver que certains documents administratifs de la ville comportent encore l’utilisation du mot "Mademoiselle". »

Ni "Mademoiselle", ni "Madame X épouse Y"

Par ailleurs, la question a résonné aux oreilles du ministère de l’Enseignement supérieur, qui avait été directement visé dans le cadre la campagne.
Dans une adresse aux présidentes et présidents d’université, publiée au BO le 12 janvier, la directrice générale des ressources humaines du ministère souligne que « l’emploi des termes "madame" et "mademoiselle" ne repose sur aucune disposition législative ou réglementaire ».
Roselyne Bachelot le rappelait déjà en novembre, alors que la campagne s’attirait des critiques furieuses.

Le ministère fixe dès lors cette règle : « L’appellation "Madame" doit être systématiquement utilisée pour désigner les agentes, à l’exception de ces dernières qui auront expressément demandé à être désignées comme "Mademoiselle". » Le document invite aussi à proscrire la formule patriarcale « Mme X épouse Y ».
Ces deux initiatives paraissent encore bien isolées.
Pourtant, elle marquent peut-être le début de la fin de "Mademoiselle".
C’est en tout cas l’avis de plusieurs titres de presse internationale qui ont traité la décision de Cesson-Sévigné.
La BBC, par exemple, conclut ainsi son article : « c’est dans les années 1970 que l’Allemagne s’est débarrassée de son "Fräulein", et il se pourrait bien que ce soit désormais le tour de la France ».

Adieu Mademoiselle, bonjour les insultes

Écrit par Isabelle Germain - 16 Novembre 2011 http://www.lesnouvellesnews.fr/inde…

Fini "Mademoiselle" dans les papiers administratifs.
Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, en charge des droits des femmes, a demandé au Premier ministre François Fillon, mardi, qu’il en soit ainsi.
Un simple respect de la loi qui lui vaut des insultes
.

La ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, le confirme : il y a deux sexes ! Madame ou Monsieur.
Le distinguo "Madame ou Mademoiselle", qui n’a pas d’équivalent masculin, est une « intrusion dans la vie privée, puisque par ce choix on demande à la personne de s’identifier comme mariée ou non mariée »,
a déclaré la ministre, dans l’émission "Preuves par 3" sur Public Sénat.

Roselyne Bachelot a demandé au Premier ministre que le terme "Mademoiselle" disparaisse des documents administratifs.
La campagne "La case en trop" menée par deux associations fin septembre a donc porté ses fruits.

Un seul nom : le nom de naissance

Le débat n’est pas nouveau et vise seulement à mettre l’administration en conformité avec la loi.
En 1983 déjà, la ministre en charge des Droits des femmes de l’époque, Yvette Roudy, répondait à une question posée sur le sujet (réponse ministérielle n° 5128 du 3 mars 1983) avec des arguments similaires à ceux de Roselyne Bachelot et précisait à propos de Madame/Mademoiselle : « Ces termes constituent un usage qu’aucun texte ne codifie. »

Il en va de même pour le nom d’épouse.
Selon la loi, « Aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance ».

Ce sont les usages, contraires à la loi, qui ont conduit les femmes à adopter le nom de leur époux.
« Seuls des usages abusifs sont la cause des difficultés qu’un grand nombre de femmes éprouvent à faire respecter leur droit », indiquait déjà la ministre en 1983.

Ministre insultée

Evidemment, la déclaration de Roselyne Bachelot, qui n’a pourtant rien de grave, est critiquée avec violence.
Il y a d’abord ceux qui pensent que la ministre a mieux à faire…
Dès qu’il est question d’égalité entre hommes et femmes il se trouve toujours quelqu’un pour considérer que le sujet est sans importance.
Et paradoxalement, c’est le sujet qui recueille le plus de commentaires : une quarantaine ce mercredi sur le Parisien.fr, contre une dizaine pour les autres sujets de la rubrique société du même journal.
Et puis il y a les insultes : des jeux de mots sur le nom de la ministre ou sur son physique, qui ne sont pas trop vite effacés des commentaires.
Le sujet, pourtant pas bien méchant, fâche beaucoup.

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Citations

"Acceptée dans la sphère intime de la vie privée, l’homosexualité devient insupportable quand elle revendique publiquement l’équivalence avec l’hétérosexualité" Daniel Borillo.

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