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Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

Bas
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Affaire Bruno Wiel : les barbares bien sanctionnés

Les barbares contre M Wiel sont des homos refoulés

Nul n’est censé ignorer la loi, mais quand on ne la fait pas connaître, ni comprendre, les homophobes tortionnaires se croient légitimes, et eux-mêmes disent :

"le fait que la victime était homosexuelle a décuplé les coups et les sévices que nous avons donné" pensant qu’il s’agit d’une circonstance atténuante !

"On a donné des coups de pieds dans sa tête comme si c’était un ballon".

Sachant qu’il s’agit d’une circonstance aggravante : "On n’est pas des pédés, on est l’opposé"

Et oui c’est le piège qui datait de un an et demi à l’époque, car depuis fin décembre 2004, l’homophobie est une circonstance aggravante, d’après une loi écrite sans tambour ni trompette sans explication pour cause d’omerta !

En même temps, malgré les pulsions homosexuelles qui les taraudent, chez les tortionnaires, il y a une fierté homophobe à se prouver qu’on n’est pas "pédé", et à le répéter au tribunal, même si ça coûte plus cher.

Pour endiguer l’homophobie comme le souhaite Bruno, on ne fera pas l’économie de l’explication psychologique, et de l’apprentissage de ce qu’est l’amour entre personnes de même sexe, dès le plus jeune âge ! Car c’est là que ça se joue.

Les bourreaux de Bruno Wiel écopent de 16 à 20 ans de réclusion

Têtu par Rédaction 28 janvier 2011, HETERHOMO : Merci à Bruno de nous avoir montré l’exemple en portant plainte. Enfin il a obtenu justice et a été rétabli dans sa dignité

Le verdict a été rendu. Il est conforme aux réquisitions de l’avocat général
« C’est un soulagement c’est fini (…) J’attendais que ce soit bien jugé comme un acte homophobe et ça a été reconnu pour tous », a-t-il déclaré à la sortie de l’audience, tout en regrettant « de ne toujours pas savoir comment son agression s’est déroulée ».
« Ce qui est important c’est que la tentative d’homicide et l’acte homophobe soient reconnues », a complété son avocate, Me Sophie Maltet. Facteur déclenchant

Violence interne

Pendant leurs plaidoiries, ses collègues de la défense s’étaient attardés sur l’enfance des accusés, brisée par les violences familiales, parfois les abus sexuels.

« Sa violence interne a vomi littéralement sur Bruno Wiel », avait plaidé Me Céline Bouchereau, avocate de David Deugoué N’Gagoué, condamné à 20 ans de réclusion.

HETERHOMO oui et aussi la violence interne contre sa propre homosexualité.

Partie civile au procès, le président de SOS Homophobie, Bartholomé Girard, a reconnu que les accusés avaient eu des vies « très difficiles » mais a ajouté que cela n’excusait « rien ».

Exemple

« Cette peine exemplaire a une signification lourde : on ne minimise plus l’homophobie comme c’était le cas auparavant. L’homosexualité n’est plus considérée comme une déviance », s’est-il réjoui.

Deux autres accusés qui étaient jugés pour leur participation aux deux agressions secondaires de ce procès ont été condamnés à des peines de 2 ans de prison avec sursis et huit ans de prison

« Je me refuse d’avoir peur », confiait-il à la veille du début du procès de ses quatre agresseurs. Il a expliqué qu’il menait ce combat judiciaire pour tous ceux qui n’osent pas porter plainte ou tout simplement parler

« UNE DÉCISION DE COUR D’ASSISES N’ARRÊTE PAS L’HOMOPHOBIE »

Peut-on affirmer qu’il y aura un avant et un après-procès Bruno Wiel ?
« Il me semble qu’on n’était jamais allé aussi loin dans la barbarie et que bien évidemment ce procès va marquer les esprits, explique Caroline Mécary.
Il faut espérer que cela serve d’exemple mais je reste toujours un peu dubitative sur le caractère d’exemplarité d’une décision de justice.
Ce qui est certain, c’est que c’est une décision qui rend justice à Bruno Wiel, c’est très important, c’est une décision qui arrête, au sens propre, les accusés, qui les met momentanément à l’écart de la société.
Mais une décision de cour d’assises n’arrête pas l’homophobie.

Ce qui serait un vrai frein à l’homophobie, ce serait d’abord et avant tout la mise en place d’une égalité réelle pour tous les homosexuels, c’est-à-dire l’ouverture du mariage et de l’adoption. »

« HOMOPHOBIE D’ÉTAT »
Hasard du calendrier : le verdict de ce procès est tombé le même jour que la décision du Conseil constitutionnel de dire non à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.
« Là où le Conseil constitutionnel a tout faux, réagit l’avocate c’est qu’il n’a pas compris combien la symbolique de l’égalité est importante dans l’inconscient collectif.
Tant que les homosexuels n’auront pas accès aux mêmes droits et aux mêmes devoirs que les citoyens hétérosexuels, ils seront perçus comme étant inférieurs, donc comme valant moins.
Et donc, on peut se permettre de commettre des actes de torture et de barbarie à leur égard.
Ce qui me met finalement le plus en colère, c’est cette homophobie d’État qui ne dit pas son nom.
Cela accrédite l’idée que les homosexuels sont inférieurs et favorise des passages à l’acte par des individus qui n’ont pas le sens du bien et du mal ».

15 à 20 ans de réclusion requis contre les accusés

Têtu par Alistair Dupaquis janvier 2011,

L’homophobie constitue la « seule et unique lecture du dossier » a déclaré l’avocat général dans son réquisitoire.

« Ces violences devaient conduire à la mort »
« L’horreur a ceci de particulier qu’elle n’a pas de limites », a tonné Benoist Hurel au cours d’un réquisitoire d’une heure quarante dans lequel il a décortiqué « un cas d’école des actes de barbarie » et de la violence homophobe.

Par leur « nombre » et leur « localisation », « ces violences devaient conduire tout droit à la mort », a souligné M. Hurel, faisant de Bruno Wiel un « miraculé ». « Humilier un homosexuel »
« Ces tortionnaires de banlieue pouvaient encore appeler les secours, mais ils ne l’ont pas fait », a relevé l’avocat général, soulignant que la victime n’avait été retrouvée dans le parc, nue et agonisante, que parce qu’un exhibitionniste y était recherché.

Selon lui, l’homophobie constitue la « seule et unique lecture du dossier » et irrigue toutes les déclarations des accusés pendant l’instruction.
« On n’est pas des pédés ! », a crié l’un d’eux au moment de frapper Bruno Wiel ; Quant au viol avec un bâton, il ne vise qu’à « mettre en scène et en même temps à répudier la sodomie »

Un des tortionnaires avoue le guet-apens destiné à le voler

Un des tortionnaires présumés de Bruno Wiel a expliqué lundi à la Cour d’assises du Val-de-Marne avoir "feint" d’être homosexuel pour l’amadouer afin de le dépouiller.

E-llico.com Mis en ligne le 24/01/2011

Un des tortionnaires présumés de Bruno Wiel a, pour la première fois, reconnu devant la Cour d’assises que l’homosexualité de la victime avait été un des "facteurs déclenchants" de sa violente agression. "Vu que mes co-accusés voulaient le dépouiller de sa carte bancaire (…), on a feint l’homosexualité", a avoué David Deugoué N’Gagoué devant la cour d’Assises.
"Ensuite on a voulu le poser dans le parc avant de rentrer chez nous, c’était une blague de mauvais goût", ajoute-t-il.

Selon son récit, Bruno Wiel était "réticent" à l’idée de monter dans la voiture où se trouvaient les quatre accusés. "On lui a dit : ’Viens avec nous, on va à l’hôtel’ (…) Il a fini par céder", a-t-il poursuivi.

Son complice présumé, Julien Sanchez nie quant à lui cette feinte, et se contente de reconnaître avoir "palpé" la victime pour savoir si elle possédait une carte bancaire. "M. Wiel a dû penser que je répondais à ses avances", affirme-t-il.

Bruno Wiel explique pour sa part qu’il est "impossible" qu’il soit monté volontairement dans la voiture. "Je sais qui je suis et qui j’étais", a déclaré ce jeune homme âgé de 33 ans, qui n’avait jusque-là jamais quitté Paris "intra muros".

Après ces témoignages, les clichés pris après son agression ont été projetés.

"C’est moi qu’on a appelé pour le reconnaître et même pour moi ça a été dur de le reconnaître vu son état, a dit sa tante en sanglots. C’est quelque chose de voir quelqu’un qui ne sait plus bouger sa bouche et ses bras". "Pourquoi avoir fait une telle chose ?", a-t-elle lancé aux accusés.

Après avoir asséné à Bruno Wiel une première gifle, un des accusés, Yohan Wijesinghe, reconnaît lui avoir lancé : "Je lui ai dit qu’on n’est pas des pédés."
S’adressant à la presse à la sortie de l’audience, Bruno Wiel a déclaré : "Cela fait quatre ans et demi que j’attends des explications (…) Ils se contredisent entre eux. Il n’y a aucune émotion, ils ne réagissent pas. Je suis vraiment dépité".

Au quatrième jour du procès de ses bourreaux, le jeune gay s’est confié sur son état d’esprit.

Après quatre jours d’audience, Bruno Wiel a pris beaucoup de notes et acquis une conviction : ses quatre tortionnaires présumés, jugés à Créteil pour l’avoir passé à tabac et torturé un soir de 2006 parce qu’il était homosexuel, ne savent pas « où sont le bien et le mal ».

« En dehors de leur sphère, leurs amis, leurs familles, le reste, tout ça n’existe pas. IIs peuvent être violents avec tout ce qui leur est extérieur », déclare-t-il, persuadé de l’homophobie de ceux qui lui font face dans le box des assises du Val-de-Marne. « Je ne vois pas de regrets dans leur regards. Ils sont simplement emmerdés d’être là », poursuit-il.

« Les gens ne pourraient pas le croire » Bruno Wiel, 33 ans, revient de loin. Frappé, violé il avait été découvert nu et agonisant à Vitry-sur-Seine. Hospitalisé sept mois après quinze jours de coma, il a dû réapprendre à parler. « On mettrait tout ça dans un téléfilm, les gens ne pourraient pas croire que je peux aujourd’hui être debout à m’exprimer », dit-il, lui qui a toutefois perdu tout souvenir de son agression.

« A l’époque, cette amnésie était une souffrance, je me suis même renseigné sur l’hypnose pour me réapproprier tout ça… jusqu’à ce que je lise leurs déclarations. Là je me suis dit : “ouh là c’est violent !” Maintenant, ne pas me souvenir est un soulagement », souligne l’homme à la frêle silhouette.

Alors que la cour se penchera lundi sur les faits, cette amnésie le soumet toutefois au bon vouloir des accusés. « Ce sont les seuls à détenir la vérité. Je ne peux pas les contredire », soupire-t-il. L’envie ne lui en manque pas.

D’après les déclarations des accusés, Bruno Wiel aurait, à la sortie d’un bar gay de Paris, accepté de monter dans leur voiture espérant avoir rencontré des amants d’un soir. « C’est totalement impossible que je sois monté volontairement. J’avais peut-être bu, mais de là à partir en banlieue avec quatre inconnus alors que je n’avais jamais quitté Paris intra muros… J’ai toujours été très peureux », clame-t-il.

Après avoir passé quatre journées à écouter la vie des accusés, brisée par les souffrances familiales et les carences affectives, Bruno Wiel rejette toute circonstance atténuante. « Ça n’excuse rien. ils essayent de se victimiser mais ils n’ont pas voulu s’en sortir. »

Je n’ai pas été élevé avec une cuillère en argent dans la bouche, loin de là, et pourtant je ne suis pas devenu un voyou », dit-il, choqué du décalage entre les déclarations, très crues, des accusés devant les enquêteurs et celles plus policées à la barre. « Maintenant ils font des belles phrases, ils ont bien appris leurs leçons par coeur », ironise-t-il.

« C’est de l’homophobie » Interrogés par la cour sur leur principale qualité, plusieurs d’entre eux ont répondu : « la gentillesse ». « Comment peuvent-ils dire ça alors que je suis dans la salle ? », lâche M. Wiel.

A la barre, les accusés ont également fait assaut de contrition tout en continuant de contester toute forme d’homophobie.
M. Wiel n’y croit pas. « Je ne suis pas la seule victime. Ils ont ciblé et agressé d’autres personnes parce qu’elles étaient homosexuelles », a-t-il assuré.

HETERHOMO : ils aiment et respectent tous les hommes sauf ceux qui sont "opposés" car pour eux "cela n’a rien à voir" les homos sont des traîtres à leur camp et cela vaut barbarie.
Conclusion : il ne sert à rien aux éducateurs et insatances nationales et internationale de professer le respect pour tous sans préciser "y compris pour les LGBT.

Violence homophobe Les agresseurs de Bruno Wiel devant les assises de Creteil à partir du 18 janvier

Les procès des agresseurs de Bruno Wiel se déroulera du 18 au 28 janvier 2011 aux assises de Créteil.

E-llico.com Mis en ligne le 29/12/2010

. Noircissant un petit calepin de notes, M. Wiel, 33 ans, n’a quasiment pas quitté du regard le box des accusés au premier jour d’un procès qui doit, selon des associations, être aussi celui de l’homophobie.

« Il prend des notes parce qu’il a peur d’oublier, parce qu’il cherche son histoire », a commenté son avocate Me Sophie Maltet, rappelant que son client, silhouette fluette et fines lunettes, a perdu tout souvenir de son agression.
« L’angoisse c’est d’avoir des flashs et que tout revienne, mais pour le moment cela ne s’est pas produit », a poursuivi l’avocate.

C’est dans la nuit 19 au 20 juillet 2006 que Bruno Wiel a croisé le chemin des accusés. A la sortie d’un bar gay de Paris, il aurait accepté de monter dans leur voiture avec, semble-t-il, l’espoir d’avoir rencontré des amants d’un soir.

Conduit dans un parc de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), l’homme âgé alors de 28 ans endure un calvaire : frappé, brûlé et sodomisé à l’aide d’un bâton, il sera retrouvé un jour plus tard, nu et agonisant et restera hospitalisé pendant près de sept mois.
En raison de la violence des coups, la moitié de son cerveau a été atrophié, sa mâchoire a dû être recousue et il a dû « réapprendre » à parler, selon son avocate.
L’acte d’accusation tranche

En attendant l’examen des faits la semaine prochaine, la question centrale du procès est restée en suspens : Bruno Wiel a-t-il été violenté parce qu’il était homosexuel ?

L’acte d’accusation a tranché : les quatre principaux accusés sont jugés pour actes de tortures et de barbarie et tentative de meurtre aggravés par un mobile homophobe. Ils encourent la réclusion à perpétuité.

Trois d’entre eux comparaissent également à Créteil, aux côtés de deux complices, pour deux autres agressions commises au cours de ce même été 2006 autour de quartiers gays de Paris.

« Il y a eu un degré d’inhunamité atteint parce qu’il était homosexuel. » Le président de SOS homophobie Un acte sauvage « parce qu’il était homo »

Ce n’est pas juste un crime crapuleux », a soutenu devant la presse Bartholomé Girard, président de SOS homophobie, partie civile au procès.

Pendant l’instruction, les accusés, quatre désoeuvrés âgés de 25 à 30 ans, ont toutefois contesté tout mobile homophobe, mais sans livrer d’explications à leurs actes. . Me Céline Bouchereau a évoqué « le parcours de vie compliqué » de son client, David Deugoue N’Gagoue. « A la suite du décès de son père, il s’est créé un double personnage qu’il appelait d’un autre nom, (…) le mauvais côté de sa personnalité, celui qui fait le mal », a-t-elle détaillé.

Accès de violence

Premier à être entendu à la barre, son co-accusé Julien Sanchez a déroulé le fil d’une existence chaotique et d’une « enfance douloureuse ». « Je n’ai aucun bon souvenir », lâche-t-il, évoquant un père « au comportement pas respectable ».

- « Vous voulez en dire plus ? », l’interroge le président.

- « Non », rétorque sèchement l’accusé avant d’évoquer, en larmes, les attouchements sexuels que son père lui aurait fait subir, à lui et à sa soeur.

Condamné à plusieurs reprises, incarcéré depuis 2006, M. Sanchez assure être désormais conscient qu’il est sujet à des accès de violence. « Cette violence, vous vous l’expliquez ? », lui demande le président. La réponse fuse : « Non ». Le verdict est attendu le 28 janvier.

Plongé durant cinq semaines dans un coma artificiel, Bruno devait garder de "graves séquelles" de son agression.

"Ce qui m’est arrivé ne doit pas se reproduire, déclarait Buno Wiel à e-llico au moment de sa convalescence.

Les préférences sexuelles ne sont pas une couleur de peau mais j’associe l’homophobie à du racisme.

J’espère vraiment que ce qui m’est arrivé n’arrivera plus".

Les six hommes, selon les cas, sont aussi soupçonnés d’avoir, agressé en juin et août 2006 dans le but de les voler un informaticien irlando-américain de 22 ans et un homme de 40 ans, à qui ils avaient dérobé à chacun notamment leur ordinateur portable et leur carte de crédit.

Le premier, frappé au visage, s’était vu reconnaître 31 jours d’incapacité totale de travail (ITT).

Durant le procès :
L’homosexualité, « ce n’est pas un sujet habituel, c’est quelque chose de péjoratif, qui n’est pas pour nous (…) C’est un peu notre opposé », a dit mercredi Antoine Soleiman, un des quatre hommes accusés d’avoir passé à tabac et torturé Bruno Wiel en 2006 parce qu’il était homosexuel.
L’accusé a affirmé que sa vie était, au moment des faits, régie par « le code de la rue ». Il avoue donc être homophobe.
Le SNEG indique qu’il suit avec la plus grande attention le déroulement du procès "car il ne peut admettre que les commerces gay qu’il représente soient aux yeux des homophobes un lieu de recrutement de leurs victimes".

Agressé en juillet 2006 en banlieue parisienne

Le 21 juillet 2006, des promeneurs découvrent Bruno Wiel dans un bosquet du Parc des Lilas à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Le jeune homme est nu. Son corps est couvert d’ecchymoses, son visage tuméfié.
Il souffre d’un important traumatisme thoracique et crânien.

La violence de l’agression homophobe marque la communauté gay qui relaie les appels à témoin de la police.

En septembre 2006, trois jeunes hommes, âgés de 20 à 22 ans, originaires de Thiais (Val-de-Marne) sont arrêtés, mis en examen et écroués pour l’agression de Bruno Wiel.

Le 20 février 2007, un quatrième homme se livre à la police judiciaire.

L’homophobie est retenue comme circonstance aggravante puisque, de l’aveu même des agresseurs présumés : "le fait que la victime était homosexuelle a décuplé les coups et les sévices".

Après sa sortie du coma, Bruno Wiel avait passé encore six mois à l’hôpital puis était parti vivre chez sa mère.
Il ne vit seul que depuis avril 2010, comme il l’expliquait en mai dernier à Lexpress.fr.
« Je n’ai aucune mémoire de cette terrible agression, indiquait-il dans la même interview. J’ai aussi oublié les quelques semaines la précédant. (…)
J’ai donc dévoré à plusieurs reprises mon dossier pénal avec les déclarations de mes agresseurs afin de me réapproprier mon histoire.
Mais même en relisant cette tragédie aucun souvenir n’est réapparu. (…)
Je n’aime plus qu’une chose, c’est passer inaperçu. Ma vie a donc totalement changé et j’en ai fait le deuil difficilement. »

Du procès qui va débuter il disait alors qu’il l’attendait parce qu’il lui permettrait de tourner la page et « de ne plus être ce « gay agressé des journaux »" mais qu’il appréhendait l’épreuve.
SOS homophobie, représentée par Caroline Mécary, va se constituer partie civile.

Bruno Wiel : » Je suis reparti du tribunal sans aucune réponse à mes questions »

Publié par Judith Silberfeld
Il y a quelques semaines, Bruno Wiel s’est inscrit discrètement sur la communauté Yagg.
Bruno Wiel, qui nous a tellement impressionné-e-s avant et pendant le procès de ses agresseurs, par la force qui émane de lui.
Nous avons eu envie de prendre de ses nouvelles et de mieux le connaître. Interview.

Tout d’abord, comment allez-vous ?
Ça va bien merci, enfin aussi bien que possible ! J’ai toujours beaucoup d’heures de sommeil à récupérer depuis le procès : j’y ai largement dépassé mes limites en assistant à toutes les journées d’audience.
De plus, les journalistes étaient là quotidiennement et n’en avaient jamais assez : matin, midi et soir, j’essayais de répondre au maximum tout en tentant de m’économiser afin de tenir jusqu’au verdict.

Le procès vous a-t-il fait du bien, ou au contraire vous a-t-il fait souffrir ?
Je suis soulagé que ce soit terminé et que mes tortionnaires n’aient pas fait appel.
J’ai de plus été heureux que les membres du jury les aient condamnés à des peines plus lourdes que celles demandées par l’avocat général et que la circonstance aggravante de l’homophobie ait été reconnue pour chacun de mes quatre agresseurs.

Le procès s’est déroulé dans de bonnes conditions malgré la pression des journalistes, je me devais de ne faire aucun faux pas.
J’ai eu la chance d’être très bien entouré : un de mes petits frères a pris 15 jours de congés sans solde pour m’accompagner, ma maman était aussi présente malgré sa santé fragile qui l’a empêché d’être là quotidiennement. Ils ont fait beaucoup pour moi depuis cette tentative de meurtre.

De plus, le temps entre ma sortie de l’hôpital et le procès a été très long : j’ai ainsi pu prendre connaissance de mon dossier pénal en plusieurs fois. J’ai ainsi vu mes avocats, Maitre Sophie Maltet et Maitre Cyril Dubois, à de nombreuses reprises dans leur cabinet. Une réelle amitié s’est créée. Ils ont fait beaucoup plus pour moi que de seulement assurer mes intérêts durant le procès : je les considère maintenant comme des amis.

Des membres de SOS homophobie, qui était partie civile au procès, étaient aussi présents chaque jour, je n’ai malheureusement pas eu beaucoup de temps à leur consacrer.

Malheureusement, bien que ces quatre « hommes » s’y soient engagés des le début du procès, je suis reparti du tribunal sans aucune réponse à mes questions : comment ai-je pu me retrouver dans ce véhicule ? Dans ce parc des Lilas ?
La question vous a été posée des dizaines de fois : où puisez-vous la force qui semble vous caractériser ?
J’ai en effet lu dans plusieurs articles ou entendu dans plusieurs reportages que je montrais une force, un courage, une dignité… C’est pourtant loin de ce que je pense de moi. Je suis plutôt quelqu’un de fragile physiquement maintenant : un virus traine, il est pour moi, sans mes 8/10h de sommeil je ne suis bon à rien…

De plus, j’ai de lourdes séquelles tout de même : j’ai beaucoup de mal à canaliser mon attention, à mémoriser, je dois tout noter jusqu’à ce que j’en sois physiquement incapable. Selon mon entourage, j’ai tenu tout ce temps uniquement par ma force de caractère, ma volonté qui m’a déjà permis tant de progrès non prévisibles. Les médecins avaient annoncé à ma famille de graves séquelles physiques : je devrais être en fauteuil roulant, incapable de vivre seul…
Vous êtes depuis quelques semaines sur la communauté Yagg, vous y avez créé un blog, qu’avez-vous l’intention d’y poster ?
Je suis resté en contact avec Caroline Mécary, qui était l’avocate de SOS homophobie.
Elle a participé à un chat sur Yagg : j’ai ainsi découvert votre site.
Concernant le blog, je n’ai fait qu’un article : je souhaite poursuivre mais je ne suis vraiment pas doué. Je souhaite créer ce blog uniquement pour rétablir certaines informations.
En effet, je n’ai pas lu tout les articles parlant du procès mais j’ai d’ores et déjà noté que les journalistes ne se basant que sur les dépêches AFP (un journaliste était présent chaque jour aux audiences, avec lequel j’avais sympathisé) racontaient un peu n‘importe quoi.
Afin de faire original, ces journalistes ont écrit de fausses informations : sur mes origines, ma religion… Je suis né à Rennes, ne suis donc pas parisien. Je suis comme ma famille, catholique mais non pratiquant… Je sais que le parallèle avec l’affaire Fofana était facile mais on ne peut pas tout écrire…
Actuellement, je diffuse les infos me concernant sur Facebook où lors du procès j’ai reçu beaucoup de demandes de contact et de messages : j’ai répondu à chacun. Une page de soutien a aussi été créée, je n’en suis pas créateur, j’y lis de jolis messages

On me propose d’autres interventions, je continuerai à en informer la communauté gay par votre site et par Facebook.
J’ai toujours voulu privilégier les médias gays aux généralistes mais malheureusement ils ont été très frileux avant le procès, m’ont ensuite sollicité et je n’en avais plus le temps, ni l’énergie…
Heureusement, SOS homophobie avait créé sur le site de Têtu un journal de bord relatant les journées aux assises : j’avais dit que je publierais un petit message chaque jour mais n’ai pas tenu parole, j’étais beaucoup trop fatigué.

L’agression dont vous avez été victime vous a-t-elle rendu plus militant ?
Certains journaux ont osé écrire que les gays avaient trouvé un porte-parole : j’ai tout de suite répliqué que je ne parlerais que de moi et de ce que j’ai vécu. Je ne suis pas et ne serai jamais un porte-parole.

J’ai accepté un direct dernièrement pour la radio RCM [Ce n’est que de l’amour, l’émission de Daniel Conrad, ndlr] dont le thème était l’homophobie. Cette émission est disponible sur mon Facebook.
Je continue d’accepter tous les projets qui me paraissent intéressants : Daniel Conrad et son équipe font un très joli travail.
J’ai aussi été contacté par une association étudiante de Caen, Melting Pomme, qui est en train de mettre en scène une pièce de théâtre entre bénévoles parlant d’un meurtre à caractère homophobe aux États-Unis qui avait bouleversé ce pays [Projet Laramie, sur l’assassinat de Matthew Shepard, ndlr]. Je pense que l’on me sollicitera aussi au moment de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie ainsi qu’aux gay pride et marche des fiertés.

Je souhaite vraiment qu’on ouvre les yeux sur l’accroissement des crimes, agressions à caractère homophobe… Dans ce sens, je continuerai à montrer qu’un gay est un citoyen normal, non pas un cliché comme dans les téléréalités…
En effet, les personnes qui ne connaissent pas de gays ne peuvent que penser que nous sommes tous comme ces clichés TV. Une sexualité n’est pas inscrite sur le front, tous les gays ne copient pas les femmes, les lesbiennes ne sont pas toutes camionneuses…

Avez-vous le sentiment que cette agression, et surtout la façon dont vous vous en êtes sorti, ont fait de vous une sorte de »héros » de la communauté LGBT ?
J’ai reçu en effet beaucoup de gentils messages mais non, je ne me sens pas du tout un héros… Ces charmants messages venaient surtout de personnes hétérosexuelles : des mamans de jeunes enfants qui se disaient que leurs fils pouvaient très bien être homos, des personnes âgées qui me reconnaissaient dans la rue me remerciaient de montrer enfin une autre image d’un gay…
Je fréquente peu de gays, je n’ai jamais été ghetto : mes amis les plus proches sont tous hétéros. Même lorsque j’ai été 6 ans en couple, je ne fréquentais déjà pas les gens selon leur sexualité. Lorsque je vivais à Paris, je fréquentais quelques gays mais je les ai perdus de vue depuis…
De plus, à part le soutien du Banana Café, un ami proche gay, Albert, un de mes petits frères gay en couple depuis plus de 10 ans, je n’ai reçu aucun réel soutien du milieu gay.
Au contraire, j’ai plutôt été calomnié lors de l’appel à témoin placardé dans le Marais : j’aurais le soir de ma disparition fréquenté beaucoup de bars gays, de sexclubs, rencontré beaucoup d’hommes
… Alors que je ne suis allé qu’au Cargo (aujourd’hui malheureusement fermé) et au Banana Café comme à mon habitude.

Quels sont vos projets ?
Je vais certainement m’investir un peu plus dans l’associatif en province. En effet, j’ai réellement l’impression qu’il est plus difficile d’être gay en dehors du Marais parisien, dans une petite ville plutôt que dans une grande où des quartiers doivent se créer pour que les gays existent et puissent vivre plus facilement leur homosexualité.

Je pense aussi revenir vivre à Paris. Enfin lorsque j’en aurais les moyens car contrairement à ce que tout le monde pense je ne suis absolument pas à l’aise financièrement. En effet, le procès pénal est passé mais il servait à juger mes agresseurs, il y a aura ensuite le procès civil qui déterminera mon préjudice. Les dates ne seront fixées que lorsque j’aurais repassé tout les examens médicaux et rencontré les médecins experts de la Justice afin qu’ils fixent mon pourcentage d’invalidité et qu’ils décident si je peux ou non reprendre une activité professionnelle.
Je souhaite, bien sûr, reprendre une vie normale, une activité professionnelle… Selon mon entourage, il parait que je me débrouille bien à la radio, et j’ai réellement adoré mes déclarations avec Yves Calvi, Pascale Clark et Daniel Conrad. Donc pourquoi pas envisager un avenir professionnel dans la radio…

De plus, j’aimerais réellement trouver un amoureux, pour qui je ne serais pas que le gay agressé des journaux. Je suis donc en quête…

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Citations

« On ne naît pas femme, on le devient » Simone de Beauvoir

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