Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !


20.000 personnes défilent à Johannesburg en soutien aux gays d’Afrique
Afrique du Sud : Une « Lesbian Pride » au cœur de Soweto
Pour signer la pétition visant à déclarer crimes de haines les viols, tortures et meurtres de lesbiennes pour les "corriger"
Pétition contre les viols "correctifs" de lesbiennes en Afrique du Sud
Homophobie, racisme : des lesbiennes sud-africaines témoignent
Desmond Tutu compare les lois qui criminalisent l’homosexualité à l’apartheid
A 15 ans, Raymond Buys, un adolescent efféminé d’Afrique du Sud a été envoyé par sa mère dans un camp de redressement dirigé par un raciste d’extrême droite qui promettait de transformer le jeune homosexuel en "vrai homme". Il est mort après un traitement barbare. Le procès de ses bourreaux se déroule ces jours-ci. E-llico.com / Actus
HETERHOMO Et lamère ? pas torturée ?
Il est des crimes homophobes qui marquent les esprits et impriment la mémoire.
Celui qui s’est produit en mars 2011 en Afrique-du-Sud est de ceux-là.
Alex de Koker - c’est son nom - avait installé son "camp" à une heure au sud de Johannesburg, et contre 2.000 dollars par mois, il assurait les parents d’adolescents d’une réussite à transformer leurs enfants par des méthodes qui relèvent rien moins que de la barbarie.
Trois adolescents sont déjà connus pour être mort de ces méthodes.
Raymond Buys a fini sa courte vie sur un lit d’hôpital deux semaines après avoir été extrait du camp de redressement où il avait été torturé pendant deux mois. Il était émacié, déshydraté, avec des blessures, dont plusieurs fractures du crâne, et des brûlures de cigarette sur le corps.
Koker et son employé, Michael Erasmus, ont été inculpés d’assassinat. Les charges contre eux comprennent la maltraitance, la négligence et deux cas de voies de fait avec intention de causer des lésions corporelles graves.
Leur procès a débuté la semaine dernière.
Selon un témoignage entendu lors des audiences, Raymond Buys a été enchaîné à son lit chaque nuit, s’est vu refuser l’autorisation d’aller aux toilettes et a été forcé de manger ses propres excréments.
Extrêmement faible et incapable de faire le travail manuel qu’on exigeait de lui, il a souvent été frappé à coups de planches, de tuyaux d’arrosage et de bâtons.
Peu avant d’être admis à l’hôpital, il aurait été électrocuté, nu et attaché à une chaise.
Sa mère a bien essayé de le voir mais s’est vue interdire toute visite.
Ce qui choque encore plus dans cette affaire, c’est que l’assassinat de Buys n’est pas le premier.
2 autres jeunes adolescents, également perçus comme gays et efféminés, sont morts en 2007 dans des circonstances similaires.
De Koker a été condamné à une peine avec sursis en 2009 pour l’un de ses crimes et a échappé à la condamnation pour le second en invoquant une crise cardiaque de son pensionnaire.
58 tribunaux spéciaux chargés des affaires de viols et de violences sexuelles, vont être créés en Afrique du sud, pays où quelque 65.000 cas de ce fléau, sont officiellement recensés tous les ans, a annoncé mercredi le ministre de la Justice.
E-llico.com / Actus
Mis en ligne le 07/03/2013
"Ces tribunaux dédiés sont nécessaires" et ils seront "pleinement opérationnels" d’ici septembre, a déclaré le ministre Jeff Radebe devant le Parlement.
Le viol en réunion particulièrement brutal d’une adolescente de 17 ans, laissée pour morte par ses agresseurs après avoir été éventrée début février, a choqué le pays et mis les victimes de viol sur le devant de la scène. Certaines, parfois connues, ont témoigné à la radio ou dans des magazines, et une campagne de sensibilisation a été lancée dans les écoles.
"Le fléau des agressions sexuelles contre les femmes et les enfants doit être traité avec beaucoup de fermeté et des peines sévères", a déclaré M. Radebe.
L’Afrique du Sud a déjà lancé des tribunaux dédiés aux délits sexuels en 1993 puis en 2000, mais ils ont été fermés les uns après les autres.
"Quand nous avons eu ces tribunaux spécialisés, le taux de condamnation est remonté, mais quand on les a fermés, le taux de condamnation est redescendu", a observé le ministre.
Les crimes sexuels sont actuellement jugés par les tribunaux ordinaires, où ils sont considérés comme des cas prioritaires, a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de la Justice Mthunzi Mhaga.
Les nouveaux tribunaux siégeront dans les palais de justice existants et entendront toutes les affaires d’agressions sexuelles, y compris les attaques contre les lesbiennes et les gays, selon le ministère.
De nombreuses lesbiennes des townships sud-africaines sont victimes de "viols correctifs", destinés à la convertir à une hétérosexualité jugée plus orthodoxe.
Selon les associations s’occupant de ces femmes, il n’y a aucun moyen fiable de quantifier ces "viols correctifs", dilués dans les statistiques effrayantes des viols "classiques" : selon les chiffres de la police, un viol est commis toutes les dix minutes.
Par Patricia Huon lundi 19 novembre 2012,
Barney, et au moins sept autres gays, ont été assassinés dernièrement autour de Johannesburg. Ils auraient été mis en contact avec leur agresseur via des sites de rencontres.
La police sud-africaine est sur les traces d’un gang qui ciblerait la communauté gay.
Trois hommes, âgés de 19 à 22 ans, ont été arrêtés le 9 novembre. Ils sont soupçonnés d’avoir tué Barney van Heerden (photo), un homosexuel sud-africain de 39 ans, qui avait été retrouvé mort le 19 septembre 2011 à son domicile d’Orange Grove, un quartier situé au nord-est de Johannesburg. Il était nu et avait été étranglé.
Des meurtres connectés ?
Outre Barney van Heerden, sept autres homosexuels ont été assassinés dans des circonstances similaires dans la région de Johannesburg, entre avril 2010 et février 2012.
Après avoir affirmé que les meurtres n’étaient probablement pas connectés entre eux, la police semble désormais avoir une piste qui indiquerait l’inverse.
« Les trois hommes arrêtés ne sont pour l’instant accusés que d’un seul meurtre, mais nous pensons qu’ils pourraient être liés à au moins quatre meurtres », a déclaré Neville Malila, porte-parole de la police pour la province de Gauteng, qui englobe la capitale économique sud-africaine.
D’autres personnes seraient, par ailleurs, soupçonnées de faire partie de ce gang, dont le modus operandi serait de gagner la confiance d’une victime potentielle pour s’introduire chez elle et l’assassiner.
Il semblerait que, dans plusieurs cas, la victime ait rencontré son agresseur via des sites de drague sur internet.
Au cours des derniers mois, des associations LGBT avaient dénoncé la lenteur de l’enquête. « La police prend très au sérieux les crimes contre les minorités, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour que la justice soit rendue », a répondu le porte-parole de la police.
Il a ajouté que des condamnations avaient déjà été prononcées en lien avec certains de ces meurtres. Deux hommes ont été condamnés respectivement à 3 et à 15 ans de prison pour avoir été trouvés en possession d’objets appartenant à deux des victimes.
Peu de transparence
La police pense que le vol serait le motif principal des crimes et refuse de commenter sur la possibilité qu’un sentiment homophobe ait pu jouer un rôle. Du matériel électronique aurait été dérobé chez plusieurs victimes mais, dans certains cas, les enquêteurs n’ont pas pas réussi à déterminer ce qui a été volé, ni même si quelque chose a été volé.
« Il y a peu de transparence sur l’enquête, regrette Luiz De Barros, porte-parole de l’association gay sud-africaine OUT.
Mais même si l’homophobie n’a pas été le motif principal de ces crimes, ceux-ci démontrent que les homosexuels sont souvent vulnérables.
Certains n’osent pas parler ouvertement de leur homosexualité, se servent d’Internet pour faire des rencontres discrètes, et n’informent pas leur entourage lorsqu’ils ont rendez-vous avec un inconnu ».
Les trois hommes soupçonnés de meurtres ont comparu cette semaine devant le tribunal de Johannesburg. L’affaire a été ajournée au 10 décembre prochain.
Têtu par Patricia Huon 14 novembre 2012,
Sihle Skotshi, 19 ans et ouvertement homo, se baladait avec des amies quand elle a été tuée par un groupe de cinq hommes. « Avant de la poignarder, les agresseurs ont dit qu’ils ne voulaient pas de ’’gens comme ça’’ sur leur territoire », raconte une des proches qui a survécu à l’agression.
C’est la dernière victime de l’homophobie qui ravage les quartiers pauvres d’Afrique du Sud. Sihle Skotshi (photo ci-contre), une lesbienne de 19 ans, a été assassinée samedi 10 novembre dans le township de Phillipi, près du Cap. Affichant un look butch, la jeune fille ne cachait pas son homosexualité. Elle était par ailleurs membre de l’association Luleki Sizwe, qui soutient les homosexuelles dans la périphérie du Cap.
Vendredi dernier, Sihle Skotshi est sortie pour boire un verre dans une taverne avec des amies. Au cours de la soirée, avec deux autres jeunes femmes, elle est allée chercher de l’argent, avant de revenir à pied vers le bar. Selon une des amies de la victime, qui a préféré garder l’anonymat, elles ont alors croisé la route de cinq hommes, membres d’un gang connu dans la région, qui les auraient harcelées.
Ceux-ci les ont ensuite attaquées et Sihle a reçu un coup de poignard dans la poitrine, tandis qu’une autre jeune fille, qui a tenté d’intervenir, a été touchée au bras. Les deux blessées ont été transportées à l’hôpital, mais Sihle est morte peu de temps après son admission.
« La plupart des hommes ici nous détestent »
« Ils (les agresseurs) n’ont pas volé notre argent ou nos téléphones portables, a déclaré la jeune femme qui a survécu à l’agression au Cape Argus, un journal local.
La plupart des hommes ici nous détestent ; ils disent que nous essayons de leur voler leurs petites copines. Maintenant, nous sommes terrifiées à l’idée de sortir car ils sont toujours en liberté ».
Aucune arrestation n’a été réalisée pour l’instant. « Pourtant, les policiers connaissent les membres de ce gang, déplore Ndumie Funda, présidente de l’association Luleki Sizwe. Ils ont du mal à reconnaître qu’il s’agit d’un crime de haine.
Mais les agresseurs de Sihle ont dit, avant de la poignarder, qu’ils ne voulaient pas de ’’gens comme ça’’ sur leur territoire ».
Selon les militants LGBT, les violences homophobes sont en recrudescence ces derniers mois dans les townships sud-africains. Le 21 octobre, six lesbiennes ont été brutalement attaquées dans une station-service à proximité du Cap.
Têtu par Patricia Huon 29 octobre 2012,
Le drapeau arc-en-ciel figure désormais parmi les emblèmes nationaux du pays africain le plus progressiste sur les droits des LGBT. Il pourra être utilisé dans les cérémonies officielles.
C’est une première mondiale : l’Afrique du Sud vient officiellement de reconnaître le drapeau arc-en-ciel comme symbole de la communauté LGBT.
Un emblème national Dessiné par le graphiste et militant politique Gilbert Baker, à San Francisco en 1978, le « rainbow flag » (qui comprenait à l’origine huit bandes, au lieu de six actuellement) est, depuis, devenu un signe de ralliement de la communauté homo.
Cependant, c’est une version légèrement différente de celle utilisée internationalement qui a été enregistrée par le Ministère des Arts et de la Culture sud-africain.
Ses couleurs sont identiques, mais il comprend aussi des diagonales noires et blanches, inspirées du drapeau national sud-africain, afin de rappeler la diversité culturelle du pays (ci-dessus).
Ce drapeau gay d’Afrique du Sud, apparu en 2010, est une initiative du collectif Gay Flag of South Africa, qui a introduit la demande de reconnaissance auprès du Ministère.
Il figure désormais parmi les emblèmes nationaux et est, à ce titre, protégé. Il pourra aussi être utilisé dans les cérémonies officielles.
Toujours une homophobie inquiétante
« C’est un geste positif et, une fois encore, l’Afrique du Sud montre qu’elle peut être plus en avance que pas mal de pays européens quand il s’agit des droits des homosexuels », constate l’activiste Emily Craven.
« Mais ce n’est pas cela qui va résoudre les problèmes que rencontrent encore de nombreux gays et lesbiennes dans leur vie quotidienne. »
Publié par Maëlle Le Corr | Dans Société e
L’association de lutte contre les discriminations et de promotion du sport féminin Les Dégommeuses, à l’origine du projet Foot For Love, tire la sonnette d’alarme sur la situation des LGBT en Afrique du Sud.
Alors que l’association accueille en ce moment à Paris le club sud-africain le Thokozani Football Club, ainsi que la photographe Zanele Muholi, plusieurs meurtres d’une extrême violence ont eu lieu en Afrique du Sud à l’encontre de personnes LGBT : « Le 23 juin, à une semaine exacte de la Marche des Fiertés 2012, le township de Nyanga (Cape Town – Afrique du Sud) a été le théâtre d’un nouveau crime de haine, indique l’association dans un communiqué de presse. Une jeune lesbienne de 22 ans, prénommée Phumeza, a été abattue par balle dans son propre domicile à cause de son orientation sexuelle. Cet assassinat est le troisième qui frappe la communauté LGBT sud-africaine en moins d’un mois. »
« NORMAL »
La jeune femme a été tuée sous les yeux de sa mère et de sa nièce de 6 ans. « Nous nous inquiétons de voir que cela devient normal pour les lesbiennes de se faire attaquer dans cette région, a déclaré Funeka Soldaat de l’ONG Free Gender. C’est dans ce même quartier que Nontsikelelo Tyatyeka [une jeune lesbienne assassinée à l’automne 2010 et dont le corps n’a été retrouvé qu’un an plus tard dans une benne à ordures] a été tuée parce qu’elle était lesbienne. On dirait que certaines personnes dans la communauté ne veulent pas accepter les lesbiennes. C’est effrayant de voir de jeunes gens se faire tuer brutalement, simplement parce que d’autres ne sont pas à l’aise avec leur orientation sexuelle. »
Au début du mois, lundi 4 juin, toujours à Cape Town, Neil Daniels, 36 ans a été retrouvé mort dans un champ, poignardé, mutilé et brûlé. Des témoins auraient aperçu l’homme se faire agresser deux jours plus tôt.
Pour son père, le révérend Casper Edwards Daniels, il est probable que l’homosexualité soit le motif du meurtre, bien que seule sa famille proche ait été au courant. Un homme a été arrêté, Clayton Fillies, âgé de 18 ans.
AUCUN SIGNE DE REMORDS
Le 9 juin, Thapelo Makuthle a été violemment agressé et tué à Kuruman par deux hommes. Il a été quasiment décapité, sa langue a été arrachée et ses organes génitaux coupés et placés dans sa bouche. Sizwe Tajini, un des meurtriers présumés, a été arrêté.
Une audience se tenait hier où il a déclaré endosser seul la responsabilité de son crime. Selon les militant-e-s présent-e-s dans la salle, Sizwe Tajini n’a montré aucun signe de remords, tout en adoptant une attitude ouvertement méprisante envers eux/elles.
Une audience pour déterminer sa caution aura lieu le 3 juillet. Thapelo Makuthle était âgé de 24 ans et militait à l’ONG LEGBO. Gay et trans’, il avait été récemment couronné Miss Gay Kuruman.
FORCES DE L’ORDRE PEU FORMÉES
Si l’Afrique du Sud est le seul pays d’Afrique à avoir reconnu le droit au mariage pour tous les couples, c’était en 2006, les LGBT sont encore fortement discriminé-e-s, notamment dans les zones défavorisées, que ce soit en milieu rural ou dans les townships. Dans la région du Cap-du-Nord, les violences sont monnaie courante et les forces de l’ordre peu formées à traiter ces affaires.
« La police n’est pas digne de confiance. Ils ne savent même pas ce qu’est un crime de haine. Si on leur demande s’il y a un lien avec la sexualité, ils diront non parce qu’ils ne comprennent pas le contexte », déplore Shaine Griqua, directeur du LEGBO. En trois mois, 15 membres de l’ONG ont subi une agression.
SILENCE DU PRÉSIDENT
La chef de l’opposition au Parlement Lindiwe Mazibuko a vivement critiqué le silence du président Jacob Zuma : « Il y a une recrudescence de crimes homophobes qui s’est récemment installée dans notre pays, y compris ces crimes insoutenables et impensables appelés « viols correctifs » commis contre les lesbiennes sud-africaines. Dès aujourd’hui, l’Afrique du Sud a besoin d’un leaderhsip fort du Président Jacob Zuma et d’un signe de son engagement pour assurer à tou-te-s les Sud-africain-e-s qu’ils/elles peuvent vivre sans craindre la violence ou la discrimination. »
Têtu par Patricia Huon 21 février 2012,
Il y a quelques jours, la justice sud-africaine a reconnu que l’orientation sexuelle de Zoliswa Nkonyana avait joué un rôle dans son meurtre.
Une première dans le pays. Gill Henderson, de l’association Triangle Project, revient sur les enjeux du procès.
Le 1er février, quatre des agresseurs de Zoliswa Nkonyana, lesbienne sud-africaine assassinée il y a six ans près du Cap, ont été condamnés à 18 ans de prison, dont cinq avec sursis. Retour sur ce procès et ses possibles conséquences avec Gill Henderson, de l’association Triangle Project qui lutte contre l’homophobie.
TÊTUE : Pourquoi ce procès a-t-il suscité une telle mobilisation des associations LGBT ?
Gill Henderson : En Afrique du Sud, c’était seulement la deuxième fois qu’un procès avait lieu pour le meurtre d’une lesbienne.
Le premier cas était celui d’Eudy Simelane en 2009.
Un des assassins avait été condamné à la prison à vie, mais le juge avait estimé que l’orientation sexuelle de la victime n’avait rien à voir avec les faits.
Dans le cas de Zoliswa, en tant qu’activistes, nous poursuivions deux buts : premièrement que ce procès aille jusqu’au bout, afin que le système judicaire apparaisse crédible, et ce dans l’intérêt de tous les Sud-Africains.
Ensuite, il était essentiel que la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle soit reconnue comme une circonstance aggravante.
Nous avions fait une recommandation à ce sujet et nous avons travaillé étroitement avec le procureur pour qu’il plaide en ce sens.
« Nous espérons que ce jugement va créer un précédent »
Le fait que la juge ait reconnu que l’orientation sexuelle de Zoliswa avait joué un rôle dans son meurtre est une première en Afrique du Sud.
Vous considérez cela comme une victoire ?
Il est toujours difficile de dire qu’il s’agit d’une victoire quand quelqu’un a perdu la vie.
Zoliswa est morte et la condamnation de ses meurtriers ne la fera pas revenir.
Cependant, nous espérons que ce jugement va créer un précédent.
Bien sûr, un seul procès ne va pas révolutionner les mentalités.
Et il y a encore beaucoup de travail pour améliorer le système judicaire en général, pas seulement dans son attitude envers les lesbiennes.
Mais nous pensons que ce verdict pourra nous aider, à l’avenir, si nous devons intervenir dans un autre procès afin que d’autres meurtriers soient condamnés.
Que pensez-vous de la sentence ? 18 ans de prison dont cinq avec sursis, est-ce une peine assez lourde ?
Les quatre hommes qui ont été condamnés pour le meurtre de Zoliswa étaient mineurs au moment des faits.
C’est pour cela que la peine n’est pas plus lourde et il est normal que la loi soit appliquée pour tous.
Bien qu’ils soient entièrement responsables de leurs actes, il est important de ne pas en faire des boucs émissaires.
Cela risquerait de masquer le contexte plus large qui fait que ces jeunes hommes ont agi de la sorte.
Or, c’est pour faire changer ce contexte que nous agissons.
La "carte rose" des lieux gay est distribuée dès l’arrivée à l’aéroport : Le Cap joue très officiellement la carte du tourisme homosexuel, seul sur un continent où le sujet reste tabou.
E-llico.com
Mis en ligne le 08/02/2012
"Le marché gay est vraiment un marché de niche que nous visons", explique Skye Grove, porte-parole de Cape Town Tourism, pour qui la métropole touristique sud-africaine doit tenir son rang parmi les destinations privilégiées des homosexuels, face à San Francisco, Miami, Sydney, Berlin ou Amsterdam.
"Le revenu disponible des homos est généralement plus élevé que celui des hétéros", et ils ont été bien moins affectés par la crise mondiale qui a privé Le Cap du quart de ses touristes ces dernières années, ajoute-t-elle.
La culture gay s’affiche depuis la fin de l’apartheid, qui réprimait l’homosexualité.
L’Afrique du Sud accorde l’égalité des droits aux homosexuels, se distinguant sur un continent africain où beaucoup doivent se cacher.
Sur les 1,5 million de visiteurs qu’accueille Le Cap tous les ans, 15% sont homosexuels, selon Skye Grove. Surtout des garçons, blancs.
Qu’est-ce qui les attire tant ? "le style de vie !", juge-t-elle. Et de citer la beauté de la ville et de ses environs, la tolérance des habitants, la "vie urbaine vibrante", les plages, les vignobles, les bons restaurants…
Le tout dans un pays qui autorise le mariage homosexuel, sans oublier l’inversion des saisons qui fait que c’est le plein été quand l’Europe ou l’Amérique du Nord grelottent.
En outre, l’importance de la communauté gay autochtone et le nombre des touristes favorisent les rencontres pour ceux qui en cherchent.
On trouve un certain nombre de ces estivants chouchoutés au bord de la piscine de The Glen, établissement numéro un sur la Pink Map, la "carte rose" indiquant les lieux gay aux touristes. L’hôtel vient de doubler de volume, avec une deuxième piscine, un deuxième jacuzzi, un deuxième bar…
Que veulent les clients ? "sea, sex and sun", note son directeur Chris Hattingh. "Il y a un peu de tout !", ajoute-t-il.
Il y a ceux qui exposent leur corps parfait au bord de la piscine et ceux qui veulent absolument visiter tous les musées du coin.
Et puis ceux qui prolongeront leur séjour en explorant les environs, pourquoi pas avec un safari.
"On voulait du soleil ! On a pensé aux Caraïbes, mais on connaît déjà", explique Pierre Huygh, jeune Belge rencontré au bord de l’eau.
"Et puis mon frère nous a dit que c’était très gay, le Cap ! On a loué une voiture et on est ici pour découvrir."
Les préservatifs remplacent le Nouveau testament
Le Cap propose toute une gamme d’hébergements à ses touristes homosexuels - plus ou moins exclusivement gay, plus ou moins naturistes, favorisant plus ou moins les rencontres -, mais aussi des guides spécialisés, des fêtes, des boîtes de nuit, des bars, des restaurants… Jusque assez loin dans l’arrière pays.
Dans le tiroir des tables de nuit, des préservatifs remplacent le Nouveau Testament, que l’on trouve habituellement dans les hôtels sud-africains.
"Je me sens bien ici. C’est un très beau pays. Je suis fleuriste, et les plantes me plaisent ici. Et aussi les garçons !", raconte Stefan Gutwenger, Italien germanophone au drapeau sud-africain tatoué sur l’épaule, qui bouquine, nu au bord d’une piscine. Il en est à son cinquième voyage.
Son succès a fait du Cap une destination plus chère.
"Il y a dix ans, le Cap était à peu près inconnu comme destination gay, et très bon marché. Mais tout cela a changé, Le Cap a perdu son avantage compétitif. Les vols ne sont pas donnés et les hébergements sont devenus de plus en plus chers", constate Chris Hattingh.
"Le Cap n’est sans doute plus aussi compétitif, car d’autres villes ont découvert la valeur du ’pink dollar’", complète Riaan Kirsten, responsable du marketing d’une agence de voyages spécialisée.
"Mais Le Cap reste une destination gay très recherchée, et il y a tous les ans davantage de touristes !"
Reste que si les touristes apprécient l’atmosphère détendue du Cap, où les couples de même sexe peuvent se tenir par la main ou s’embrasser dans la rue, la plupart ignorent qu’à quelques kilomètres de là, de nombreux habitants des townships ou des quartiers afrikaners conservateurs ne sont pas aussi tolérants.
Likamva Cekiso était encore adolescente quand elle a été violée. Comme de nombreuses lesbiennes des townships sud-africaines, elle a été victime de "viols correctifs", destinés à la convertir à une hétérosexualité jugée plus orthodoxe. E-llico.com Mis en ligne le 06/02/2012
"Je vivais comme une lesbienne, c’est pourquoi il m’a violée. Il m’a dit qu’une femme doit aller avec un homme, pas avec une dame", raconte-t-elle.
C’est son cousin qui a voulu remettre cette jeune femme de 29 ans dans le droit chemin.
Elle a eu une fille, maintenant âgée de 11 ans, suite à un second viol après que sa famille eut couvert la première agression.
Le monde de Likamva - le nom a été changé - semble très éloigné des bars gay, des boîtes de nuit, des fêtes de mariages homosexuels et des lois libérales qui garantissent égalité et liberté sexuelle dans l’Afrique du Sud post-apartheid.
Elle vit pourtant à Gugulethu, township située à quelques kilomètres du centre du Cap, la capitale gay du pays qui attire des touristes homosexuels venus du monde entier.
Selon les militants des droits de l’Homme qui viennent à leur secours, les lesbiennes des cités noires - mais aussi leurs soeurs des pays voisins - risquent au mieux d’être tournées en ridicule, au pire d’être passées à tabac, violées ou même assassinées.
A seulement 25 ans, Lindeka Stulo a été attaquée à quatre reprises, échappant de peu au viol à chaque fois. Mais elle a passé un mois à l’hôpital avec une jambe cassée, après son premier passage à tabac.
"Alors qu’ils me frappaient, ils disaient que je devais changer, que je suis une fille, que je ne pouvais fréquenter une autre femme, et qu’ils allaient me montrer que je suis une femme, en me frappant et me violant", raconte-t-elle.
"Ma plus grande peur, c’est que tout le monde me dit la même chose, tous les ans : tu vas être violée, tu vas être violée, tu vas être violée", dit-elle, mentionnant au passage qu’elle a découvert l’an dernier le corps d’une amie proche, qui se décomposait dans une poubelle.
Dans la ville du Cap, souligne-t-elle, "vous pouvez prendre la main de votre amie et l’embrasser en public. Ici, dans la township, si vous faites ça, vous vous mettez en danger".
Et comme si cela ne leur suffisait pas d’être rejetées par leurs propres familles, les lesbiennes des townships doivent aussi endurer la morgue de policiers pourtant censés les protéger, qui souvent rient ou appellent leurs collègues pour écouter quand elles viennent porter plainte.
Tout n’est pas perdu pour autant : la justice a quand même infligé début février 18 ans de prison aux quatre meurtriers d’une jeune lesbienne, lynchée il y a six ans à Khayelitsha, la plus grande township noire du Cap. Plus que ce qu’avait demandé le procureur.
Bien que la discrimination ait largement été dénoncée, une certaine conception de la virilité, les traditions et la religion sont profondément ancrées dans ces quartiers où vit la majorité de la population sud-africaine.
"Ils ne comprennent pas et je ne pense pas qu’ils comprendront jamais une femme avec une femme", souligne Likamva Cekiso, qui connaît une femme violée par son propre père qui n’a pas supporté son homosexualité.
"Peut-être un jour… Mais maintenant, nous pouvons juste prier et souhaiter qu’un jour les hommes comprendront pourquoi les gens sont comme ça, pourquoi nous sommes lesbiennes !"
"Je pense que nous ne connaîtrons jamais l’étendue du problème. Ce que nous savons, c’est qu’il est plus important que tout ce qu’on peut imaginer", soupire Sharon Ludwig, une responsable de l’ONG Triangle Project.
Selon les associations s’occupant de ces femmes, il n’y a aucun moyen fiable de quantifier les "viols correctifs", dilués dans les statistiques effrayantes des viols "classiques" : selon les chiffres de la police, un viol est commis toutes les dix minutes.
Et une étude de 2009 a montré qu’un homme sur quatre admet avoir participé à un viol.
Faute de statistiques fiables puisqu’on estime qu’un viol sur 25 seulement fait l’objet d’une plainte, des études concordantes d’ONG montrent que l’Afrique du Sud connaît l’un des pires taux de viol dans le monde, comparable aux taux de pays en guerre.
Quatre Sud-Africains ont été condamnés à 18 ans de réclusion, dont quatre avec sursis, pour le meurtre d’une jeune lesbienne il y a six ans près du Cap, alors que la violence contre les gays et lesbiennes reste monnaie courante en Afrique du Sud.
E-llico.com
Mis en ligne le 01/02/2012
Les quatre hommes, reconnus coupables en octobre, avaient lapidé, frappé puis poignardé Zoliswa Nkonyana à quelques mètres de son domicile, en 2006.
Trois autres accusés, présents au moment des faits, ont été acquittés, parce que le tribunal a estimé n’avoir pas de preuve de leur participation au meurtre.
"Nous sommes contents que le tribunal soit d’accord avec nous, ces jeunes gens n’ont pas exprimé de remord et ne sont pas réinsérables", a commenté après la sentence un porte-parole du parquet Eric Ntabazalila, cité par l’agence de presse Sapa.
Jayne Arnoff, responsable de l’association de défense des droits des gays Triangle Project s’est félicité de cette décision de justice, "un message fort", selon elle, qui consacre le fait que "Zoliswa avait le droit de vivre librement comme lesbienne" et que "nous devons respecter nos différences".
Il y a trois ans, l’assassin d’une footballeuse homosexuelle, Eudy Simelane, victime d’un viol collectif avant d’être tuée en avril 2008 dans une township des environs de Johannesburg, avait été puni de la prison à perpétuité et son complice de 32 ans de réclusion.
Le roi zoulou Goodwill Zwelithini, chef traditionnel de la plus importante communauté sud-africaine, a traité les homosexuels de "pourritures" lors d’une cérémonie officielle, obligeant le président Jacob Zuma à rectifier le tir, a rapporté lundi la presse locale.
E-llico.com
Mis en ligne le 23/01/2012
"Traditionnellement, personne n’avait des relations avec une personne du même sexe.
Ca n’existait pas, et ceux qui en ont, doivent savoir qu’ils sont des pourritures", a déclaré dimanche le roi Zwelithini, en marge des festivités marquant le 133ème anniversaire de la bataille d’Isandlwana, la plus grande défaite de l’armée britannique face aux zoulous en 1879.
"Je me fiche pas mal de ce que vous pensez.
Si vous êtes homosexuels, vous devez savoir que c’est mal et que vous êtes des pourritures. L’homosexualité est inacceptable", a-t-il ajouté cité par le quotidien The Times.
Le président sud-africain Jacob Zuma, qui est lui-même zoulou et participait à la cérémonie, a indirectement réagi dans son allocution à la tribune.
"Aujourd’hui, nous sommes confrontés à de nombreux défis qui vont de la réconciliation à la construction d’une nation qui ne discrimine pas les gens ni en fonction de leur couleur de peau, ni de leur orientation sexuelle", a déclaré Jacob Zuma.
Il y a six ans, il avait lui aussi créé un incident en jugeant que le mariage homosexuel, autorisé depuis 2006 en Afrique du Sud, "déshonorait" son pays.
Il avait alors ajouté que dans sa jeunesse, il n’aurait pas hésité à frapper les homosexuels, avant de devoir s’excuser.
Le pays autorise les couples du même sexe à se marier, mais aussi à adopter et à faire appel à une mère porteuse pour avoir des enfants.
Et il se revendique ouvertement comme une destination touristique pour les gays.
Mais si les mentalités ont considérablement évolué en ville et parmi la minorité blanche, les homosexuels vivant en zone rurale ou dans les townships, continuent d’essuyer des manifestations d’intolérance voire de violence ouverte.
Quatre hommes ont été déclarés coupables vendredi du meurtre d’une lesbienne de 19 ans par un tribunal du Cap, au terme d’une procédure de cinq ans ayant mis en lumière les violences, notamment les viols "correctifs", que subissent les homosexuelles en Afrique du Sud.
E-llico.com
Mis en ligne le 08/10/2011
Le tribunal prononcera la peine infligée aux meurtriers ultérieurement. Les quatre hommes avaient lapidé, frappé puis poignardé la jeune Zoliswa Nkonyana à quelques mètres de son domicile, en 2006.
Trois autres accusés ont été acquittés, parce que le tribunal a estimé n’avoir pas de preuve de leur participation au meurtre, bien qu’ils aient été présents lors des faits.
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Un bébé, deux papas, c’est possible en Afrique du Sud E-llico.com Mis en ligne le 09/10/2011 "La beauté de la chose est que l’enfant aura un lien génétique avec l’un d’entre eux", a-t-il ajouté, en précisant que le couple espérait obtenir la grossesse avec le sperme de l’un des deux et un don d’ovule. Ce jugement "fera jurisprudence", a indiqué Me Wilton. "Il y a déjà eu des demandes identiques à celle-ci, mais pour la première fois, ce jugement indique clairement quelles sont les conditions à remplir pour avoir une chance de voir sa demande acceptée", a-t-il dit à l’AFP. Jennifer Currie, la fondatrice de l’agence de Baby-2 Mom spécialisée dans le don d’ovules, a certifié qu’elle ne gagnerait pas d’argent sur la mise en relation de cette famille avec la mère porteuse.
Dans le jugement, les deux magistrats soulignent que "si l’on peut être tenté de penser que le problème des mères porteuses est nouveau, il semble que depuis les temps bibliques, les gens qui ne peuvent pas avoir des enfants ont opté pour des formes de maternité de substitution".
L’Afrique du Sud, qui se distingue sur le continent africain et dans le monde en général pour son souci de l’égalité des droits des homosexuels, autorise également les couples du même sexe à adopter.
Et ce sont pas les orphelins qui manquent. Avec les ravages du sida et la pauvreté, quelque 1,5 million d’enfants pourraient potentiellement être adoptés.
Mais 600 sont actuellement "légalement adoptables", et 200 ont été effectivement adoptés en 2010, selon des chiffres officiels.
Le couple qui a fait le choix de la mère porteuse préfère se préserver des médias. Mais une source proche a laissé entendre à l’AFP que l’adoption aurait été trop compliquée pour eux.
Depuis 2010, il aurait notamment fallu justifier ou attendre de passer le cap de cinq années de résidence en Afrique du Sud, depuis une loi empêchant les adoptions éclair à la Madonna qui a adopté deux enfants au Malawi sans jamais y vivre.

"Les mots de stigmatisation font entrer en moi le sentiment de la honte, de la peur, de l’infériorité sociale qu’elle m’attribue et qui devient la définition même de ma personnalité. L’injure est une partie fondamentale de l’identité personnelle des gays et des lesbiennes." Didier Eribon