Têtu par Pascal Parvis 14 avril 2011
La commission chargée du sport a entendu Marcus Urban, joueur professionnel dans les années 80, sur son expérience sur le terrain en tant que gay.
« C’est votre responsabilité de changer les choses », a-t-il dit à la fédération.

Marcus Urban, seule personnalité du foot allemand à avoir révélé son homosexualité.
« La discrimination dont souffre de nombreux sportifs homosexuels est un symbole des autres discriminations qui existent dans la vie de tous les jours et au travail : en raison de leur orientation sexuelle, ils ne peuvent pas vivre la vie qu’ils aimeraient vivre », a expliqué Marcus Durban devant la commission parlementaire.
Cet ancien joueur de football s’exprimait hier devant la commission chargée du sport au Parlement allemand.
Celle-ci cherchait à comprendre pourquoi l’homosexualité restait tabou dans le sport de haut-niveau en Allemagne.
D’autres intervenants, comme l’universitaire Tatjana Eggeling, ont pu témoigner de l’homophobie très présente dans le football masculin, « contrairement à ce qui se passe dans d’autres domaines de la société ».
« C’est votre responsabilité »
Ancien joueur prometteur d’Erfurt, club d’ex-RDA, Marcus Durban n’est jamais parvenu à percer au plus haut niveau.
En 2007, Urban a révélé son homosexualité dans une interview, puis a publié l’année suivante un livre intitulé Le joueur caché.
Il est à ce jour le seul joueur ou ancien joueur allemand à afficher son homosexualité alors que plusieurs joueuses, dont l’internationale Nadine Angerer, ont révélé leur homosexualité.
Devant les intervenants, y compris le Comité olympique allemand (DOSB) qui était présent, Marcus Urban a estimé hier que les institutions sportives avaient la responsabilité de briser ce tabou.
Dans une interview sur le site du réseau « Football Against Racism in Europe » (FARE), Marcus Urban, qui travaille aujourd’hui comme responsable de communication et artiste à Hambourg, raconte longuement son coming out et l’atmosphère dans le milieu sportif en Allemagne.
Il veut croire que « même si les attaques verbales ne disparaîtront jamais entièrement, nous sommes en mesure de gagner la majorité des supporters à la cause de la non-discrimination dans les stades ».

