La gagnante d’un show télé rend visibles les mamans homos
Têtue par Taina Tervonen 16 novembre 2011,
Elle est la grande gagnante d’un concours télé autrichien.
Christine Hödl a aussi profité de son passage sur le petit écran pour s’afficher lesbienne et maman heureuse. Regardez sa prestation.
Décidément, les lesbiennes sont partout !
Cheveux courts et guitare à la main, ouvertement homo et maman d’une petite Luzia de huit mois, Christine Hödl a gagné vendredi soir le concours de « nouveaux talents » autrichien, Die Grosse Chance.
Institutrice de maternelle dans la vraie vie, Hödl a toujours affiché son bonheur familial dans les entretiens : « Je chante pour mon bébé ! »
« Chanson de libération »
Mariée depuis un an à Jacqueline, 22 ans, le couple a conçu Luzia au Danemark, le recours à la PMA étant interdite par la loi en Autriche.
De sa chanson gagnante, The Key to Be Free, qu’elle a composée elle-même, la rockeuse de 35 ans dit qu’il s’agit de « (sa) chanson de libération » : « Je ne vis plus selon la norme, mais je me suis retrouvée. Je vais désormais très bien ! »
En Autriche, où l’accès à l’AMP et à l’adoption restent interdites au niveau fédéral, l’apparition de Christine Hödl dans un show populaire diffusé sur la première chaîne de la télévision publique contribue à relancer un débat initié par les Verts, pour une plus grande égalité des droits pour les couples de même sexe, notamment en termes d’accès à la parentalité. En attendant, Hödl compte bien profiter de ce joli succès qui lui a apporté 100 000 euros et un contrat pour un premier album…
A Vienne, le « bal arc-en-ciel » a fait valser les homos
Têtu par Paul Parant 17 février 2011
Ce week-end en Autriche, le palais de l’impératrice Sissi a ouvert ses portes au « Regenbogen Ball », un bal unique au monde : à la fois très traditionnel et complètement gay et lesbien. Compte-rendu.

Imaginez une valse viennoise tout de ce qu’il y a de plus traditionnelle au sein du Hofburg, le prestigieux palais impérial et ancienne résidence de l’impératrice Sissi… durant laquelle ne danseraient presque que des couples gays et lesbiens.
Imaginez un événement LGBT célébrant ces mêmes couples, en présence de nombreuses drag-queens, parrainé par le président de la République et où l’équivalent de Bernard Accoyer – le président du Parlement, et celui de François Barouin – le secrétaire d’Etat au Budget, figureraient parmi les convives.
Ce n’est pas un rêve : c’est ce qui s’est produit samedi dernier, lors du bal Arc-en-ciel (« Regenbogen Ball ») de Vienne.
Protestations de l’extrême-droite
L’événement est déjà une tradition en soi. A Vienne, qui possède une forte tradition de bals (on en dénombre 300 chaque année !), le plus célèbre, le bal de l’Opéra, refuse encore de voir un couple d’hommes ou de femmes fouler son parquet.
En réaction, des homos ont alors décidé d’organiser le leur.
Pour cette 14e édition, sa mise en œuvre en revient à Hosi Wien, la principale association LGBT d’Autriche qui organise chaque année la gay pride, et les bénéfices lui reviennent également.

L’événement est donc désormais bien intégré dans la saison des bals viennois. Mais cette année, il a tout de même suscité des protestations de la part de l’extrême-droite.
Car si jusqu’ici, les couples gays et lesbiens valsaient dans l’hôtel du château de Shönbrunn, pour la première fois, le bal queer se déplaçait en plein centre-ville, dans le très historique Hofburg, dont une partie est encore la résidence du président de la République.
En faisant un discours lors de l’ouverture, samedi soir, la chef du groupe des Verts au Parlement européen, Ulrike Lunacek, a balayé la polémique d’un revers de main : « Vous êtes aujourd’hui au cœur des choses, vous devriez être ici depuis treize ans ! », a-t-elle déclaré.
Costume ou smoking obligatoires
Samedi, 2.000 participants ont donc valsé jusqu’au bout de la nuit sur les notes d’un véritable orchestre classique. Outre la salle principale réservée à cette danse, toute une partie du château – y compris une partie des salons privés prêtés pour l’occasion par Heinz Fischer, le président social-démocrate – était ouverte à d’autres musiques, et redécorée par le scénographe et costumier Christof Cremer.
Ce dernier avait aussi dessiné la splendide robe, dotée d’une traîne de cinq mètres, de Lucy McEvil, la trans qui animait la soirée. « Ce soir, personne ne devrait s’excuser d’être hétérosexuel ! », a-t-elle déclaré devant l’auditoire, en clin d’œil à ceux qui ne viennent pas de la communauté LGBT.
Emu et ravi, le président de Hosi Wien, Christian Högl s’est dit pleinement satisfait du succès de cette première édition dans le château impérial.
Son moment préféré de la soirée ? Lorsque, lors de la cérémonie d’ouverture, la chanteuse lyrique Sophie Marilley a entonné Somewhere Over The Rainbow.
« A ce moment-là, j’ai perdu un petit peu les pédales et je me suis mis à pleurer. » Il reste également marqué par l’apparition surprise (pour le public) de la chanteuse Katrina, qui a chauffé la salle à blanc en entonnant dans la salle principale du bal son tube de 1985, I’m Walking On Sunshine (clip).
Alors, pourra-t-on valser à nouveau, entre hommes et entre femmes, l’an prochain au Hofburg ? « Absolument, dit Christian Högl, ça ne fait aucun doute. » Rendez-vous donc à Vienne, le 2 février 2012.
Attention toutefois à ne pas oublier votre parure de bal : pour les hommes comme pour les femmes, le costume ou le smoking sont imposés… à moins que vous ne préfériez mettre votre plus belle robe.
Publié par Judith Silberfeld
Alors que la CEDH vient d’affirmer que l’Autriche n’était pas obligée de permettre aux homosexuel-le-s de se marier, le parlement de la capitale autrichienne, Vienne, ville-État, demande au gouvernement fédéral d’aller plus loin que la Cour et d’ouvrir le mariage civil aux couples gays et lesbiens.
Pour montrer l’exemple (symboliquement, puisque les lois fédérales priment), le parlement viennois a décidé d’accorder les mêmes droits aux couples mariés et aux couples engagés dans des partenariats enregistrés, dans les domaines qui sont de son ressort, et de considérer les partenaires enregistrés comme des membres de la même famille.


