
Beautiful Thing de Jonathan Harvey, mise en scène de Kester Lovelace
Avec : Matilla Malliarakis (Jamie), Ivan Cori (Ste), Tadrina Hocking (Sandra), Simon Hubert (Tony), Aude-Laurence Clermont (Leah)
Crédit photos : Carole Desheulles
Un article de Brice
L’histoire se joue sur un palier d’immeuble d’un quartier populaire de Londres, au début des années 90.
Cet espace de béton froid et étriqué sert de catalyseur aux interactions des différents personnages.
Jamie va avoir 16 ans, et sèche les cours pour ne pas avoir à aller en sport.
Il vit avec sa mère, Sandra, une serveuse aux tenues affriolantes et aux semelles compensées, qui fait de son mieux pour ne pas être une mauvaise mère, et dont le boyfriend du moment s’appelle Tony.
Dans l’appartement d’à côté vit Leah, une ado un peu paumée qui passe ses journées à chanter The Mamas and The Papas, persuadée d’être la réincarnation de Cass Elliot.
Enfin dans l’autre appartement voisin vit Ste, avec son frère et son père qui le bat dés qu’il a un peu trop bu.
Dans cet espace presque à huit-clos, chacun doit apprendre à composer avec le reste. De joutes verbales en empoignades, l’activité ne manque pas sur le palier. Et quand Ste vient se réfugier chez Sandra, un soir que son père tape trop fort, c’est auprès de Jamie qu’il trouvera le réconfort.
D’abord timide, presque invisible, l’attrait des deux garçons l’un pour l’autre débarque comme un rayon de soleil sur cette cité grisonnante. Des premiers gestes maladroits aux premières déclarations, les deux garçons découvriront les émois de l’adolescence et la difficulté de vivre leur relation dans un cadre réduit ou tout finit, tôt ou tard, par se savoir.
Le film est porteur de cette beauté universelle, ce sentiment qui transcende les frontières linguistiques et sexuelles : cette candeur des premiers émois, des premiers regards, du premier baiser. L’apprentissage de la vie prend tour à tour des airs de comédie romantique et de drame sous la mise en scène de Kester Lovelace, et le jeu des deux jeunes acteurs restitue avec quasi-exactitude ce besoin d’affection mêlé à l’innocence de leur jeune âge. D’engueulades en bons mots, de scènes de tendresses en déclarations difficiles, la troupe fait vivre avec brio et énergie la pièce de théâtre qui n’aurait pas rêvé meilleure adaptation. Pour un public ravi, pas avare d’applaudissements mérités !
Brice

