Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtu par Pierre-Olivier Gerdolle 18 mai 2011,
Le chef du PS francophone belge, Elio Di Rupo, doit tenter de former un nouveau gouvernement.
S’il réussit, cela ferait de lui le premier chef de gouvernement ouvertement gay en Europe.

Le chef du Parti socialiste wallon, Elio Di Rupo, a été nommé lundi par le Roi Albert II pour une énième tentative de formation de gouvernement en Belgique.
Intelligent et rusé
Célèbre pour son éternel nœud papillon, le socialiste francophone est né en 1951 à Morlanwelz (Wallonie) dans une famille nombreuse d’origine italienne très modeste.
Il décroche un doctorat en chimie avant de se lancer en politique au sein du PS francophone, dont il prend la direction en 1999.
Intelligent, rusé, maniant la langue de bois s’il le faut, c’est également un homme qui a survécu à plusieurs épreuves : la mort de son père quand il avait un an, mais aussi de fausses accusations de pédophilie, lancées en pleine affaire Dutroux en 1996 par un jeune mythomane. Blanchi, il avait été forcé d’évoquer une homosexualité jusque-là gardée discrète.
C’est en 2001 que « Le régent du Royaume », comme on le surnomme méchamment en Flandre, franchit enfin le pas dans le magazine de la Fédération flamande des associations d’homosexuels, Zizo, en se confiant plus longuement.
Concernant les effets du coming out, il lâche au journaliste : « Personnellement, je crois qu’il est bien que je m’exprime maintenant, même si c’est difficile, dans la mesure où cela pourrait favoriser une plus grande égalité entre les gens. »
Elio Di Rupo est ainsi le premier homme politique belge de haut rang à avoir reconnu publiquement son homosexualité.
Les observateurs belges y ont alors vu la marque des temps qui changent.
Officiellement « formateur »
Après avoir survécu à divers scandales, avoir été accusé maintes fois de « clientélisme », et avoir échoué en 2010 à une première mission de « préformation » du gouvernement, mais tout de même réussi à tenir douze ans à la tête du parti, Elio Di Rupo devra reprendre le fil des négociations entre francophones et flamands, en essayant tant bien que mal de redonner un gouvernement à la Belgique.
Le pays, sans gouvernance depuis le 13 juin 2010, avait déjà essayé à plusieurs reprises, sans résultat.
S’il réussit, Di Rupo deviendrait non seulement le premier francophone à diriger le gouvernement belge depuis 32 ans, mais aussi le premier chef d’Etat ouvertement gay d’Europe – l’Islandaise Yohanna Sigurdardottir étant la première Première ministre ouvertement lesbienne.
Face au blocage, le roi avait nommé plusieurs médiateurs mais il n’avait jamais formellement chargé un responsable de former un gouvernement. Le PS avait remporté les élections côté francophone, en Wallonie et à Bruxelles, tandis que les indépendantistes de la Nouvelle alliance flamande (N-VA) de Bart De Wever l’avait emporté chez les néerlandophones.
Une réforme des institutions fédérales, accordant notamment encore plus de pouvoirs aux régions belges, est le préalable posé par les partis flamands à la constitution d’un nouveau gouvernement de plein exercice.
La tâche d’Elio Di Rupo paraît ardue et pourrait prendre plusieurs semaines.
Le 6 août 2010, la chaîne de télé flamande VTM a reçu un courrier menaçant de mort Elio Di Rupo et affirmant notamment que "au nom d’Allah (…) dans un pays musulman tel que la Belgique, un homosexuel ne peut en aucun cas devenir Premier ministre".
Source : AFP
Têtu par Christophe Cordier 09 mai 2011,
| Pour inciter les victimes à porter plainte, la capitale belge se lance dans une campagne de sensibilisation avec formation des policiers, campagne d’affichage et exposition d’art de la rue.

A Bruxelles, l’homophobie est une réalité.
Une enquête révèle que 60% des LGBT ont déjà été victimes d’agressions verbales et 10% ont subi des violences physiques.
Le problème, c’est que cette réalité est ignorée car, bien souvent, les victimes ne portent pas plainte, persuadées que cela ne servira à rien ou que la police, par machisme ou homophobie, ne va pas bien les recevoir.
« Beaucoup ignorent aussi que ces faits sont passibles de poursuites pénales, et surtout que l’homophobie ou la transphobie est une circonstance aggravante », explique Bruno De Lille, secrétaire d’Etat chargé de l’Egalité des Chances.
C’est pourquoi la Région de Bruxelles-Capitale a décidé de lancer une campagne de sensibilisation.
« Le premier objectif est d’encourager les victimes à déposer plainte, précise Bruno De Lille.
C’est une démarche importante pour se reconstruire et ne pas s’enfoncer dans l’isolement. »
Et cela permettra au moins à l’homophobie d’entrer dans les statistiques policières, à condition bien sûr que les victimes précisent bien que l’agression avait un caractère homophobe.
Il était donc indispensable que les six zones de police de la capitale belge soient associées à la campagne.
« Les policiers que nous avons rencontrés étaient très surpris d’apprendre que les victimes craignaient d’être mal reçues ou jugées par les agents, explique Bruno De Lille.
La police veut donc renvoyer une image d’ouverture et de tolérance. »
« Street Art » contre l’homophobie
En collaboration avec le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, des modules de formations seront donc mis en place.
Pour Théo Van Gasse, commissaire de police, « il faut expliquer à nos agents qu’ils doivent être à l’écoute. Nous devons aussi les aider à comprendre les difficultés rencontrées par les personnes transgenres ou homosexuels dans leur parcours de vie et les discriminations auxquelles ils s’exposent. »
Pour Bruno De Lille, il faut aussi que les policiers posent les bonnes questions, pour préciser les motifs possibles de l’agression, par exemple, lorsque les faits ont eu lieu dans un endroit très fréquenté par les LGBT.
Cette campagne qui s’adresse à la communauté LGBT connaît un prolongement pour tous les publics, à travers une exposition présentée aux Halles Saint-Géry jusqu’au 30 mai.
Une vingtaine d’artistes « de la rue » ont mobilisé leur talent en créant des œuvres originales sur le thème du refus de la violence contre les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres en Région bruxelloise.
L’expo sera ensuite présentée dans plusieurs centres culturels de la Région.
Têtu par Pascal Parvis lundi 28 mars 2011
La télévision belge est allée retrouver Peter et Laurent, le couple gay longtemps séparé de leur petit garçon, pour savoir comment se déroulent leurs retrouvailles. Regardez ce reportage très émouvant.

La dernière fois que nous avions parlé d’eux, Laurent et Peter venaient enfin de retrouver leur fils Samuel, presque trois ans après sa naissance.
Le petit garçon avait passé un an dans un orphelinat, en Ukraine où il est né, car la Belgique refusait d’émettre un passeport en son nom à cause de son mode de conception.
En effet, il est né d’une mère porteuse.
Son papa biologique est Laurent, 27 ans, belge francophone. Peter, néerlandophone de 35 ans, est donc le second papa.

Un reportage télévisé (regardez ci-dessous) nous permet donc de reprendre des nouvelles et de savoir comment se passe la vie de cette famille enfin réunie dans leur maison, près de Montpellier, en France.
Un enfant trop sage
« Au début, il était presque trop sage, raconte Peter.
Les trois premiers jours, il n’a presque pas pleuré, il ne s’est jamais plaint.
Cela nous a inquiété : peut-être qu’il se faisait trop gronder dans l’orphelinat ? »
« On a a créé des rituels qui l’ont stabilisé (dans sa nouvelle vie), renchérit Laurent. Il mange à heure fixe, il dort à heure fixe, on a la petite lecture du soir… C’est des choses qui l’ont pas mal rassuré dans un premier temps. »
« Les premiers jours, il fourrait de la nourriture dans sa poche pendant les repas, dit Peter. On se dit que peut-être il était privé dans son orphelinat, et qu’il a développé ce réflexe de survie. »
Le couple pense que la mobilisation du public, notamment en Belgique, suite à la médiatisation de leur affaire, a permis de débloquer la situation vis-à-vis du ministère belge des Affaires étrangères.

Peter et Laurent ont toujours peur que Samuel connaisse des problèmes de développement, mais pour l’heure il est réactif, il s’attache facilement aux adultes qui l’entourent, et l’apprentissage du français ne pose aucun problème.
« Je pense que c’était le bon moment pour qu’il apprenne la langue qu’il entendra sans doute durant toute sa vie, car il commençait à comprendre et à parler l’ukrainien.
« Il apprend vite, raconte Peter, même s’il utiilise encore des mots ukrainiens » telle que « kit » pour « le chat ».
« Papa » et « Papou »
Et il apprend aussi à nommer ses papas. « C’est Laurent qui s’appelle “papa”, explique Peter.
On l’avait décidé dès le départ car il est le père biologique, et on ne veut pas le cacher.
On a cherché un autre mot pour moi. “Papie” ça fait trop vieux (rires), “Vake” (dialecte néerlandais) je n’aime pas, d’où le nom de “Papou”. Donc il m’appelle… “Pou” ! »
L’enjeu est maintenant de convaincre Samuel qu’il est à la maison pour de bon.
« Quand des journalistes sont venus d’Ukraine pour nous interroger, ils ont parlé à Samuel en ukrainien et il s’est aussitôt fait pipi dessus, puis il est parti en courant.
Il a dû croire qu’il devrait repartir là-bas.
Je crois qu’il associe ce langage à un passé qui était si horrible.
Quand on y pense, ce qu’il a dû vivre est si triste… » dit-il, trop ému pour poursuivre.
Le village a suivi l’affaire
Les nuits du petit Samuel sont encore agitées et il a des angoisses de séparation.
Un psychologue pour enfants suit encore la famille, deux fois par mois, mais les papas se posent mille questions.
« Pour le futur, on se demande s’il va poser des questions, ou s’il n’aura aucun dommage psychologique par rapport aux deux ans qu’il a passé en orphelinat.
On a des personnes qui nous aident à répondre à toutes ces questions », confie Laurent.
« Pour le moment, ça va, mais il y aura des étapes.
L’an prochain il va parler couramment, il ira à l’école, puis il va traverser la puberté, ça va sans doute faire remonter des choses.
Il sera peut-être attiré par les grosses infirmières russes ! » dit Peter en riant.
Peter vient de Leuven, en Flandres, et Laurent vient de Bruxelles, mais ils habitent à Lodève, une petite ville à l’ouest de Montpellier.
Samuel y est le seul enfant avec deux papas mais « on a été très bien acceptés dans le village, il n’y a aucun souci, raconte Laurent.
Presque tout le monde est au courant de notre parcours, de ce combat qu’on a mené.
On a trouvé une petite école tout près de chez nous, à moins de dix mètres. Il va y entrer en septembre, et en fait on s’est rendu compte qu’il y a un autre couple dans le même cas que nous, et ils ont une petite fille à peu près du même âge que Samuel.
L’air de rien, les instituteurs seront au courant, et pour eux ce sera juste un enfant de plus auquel il faudra faire un peu plus attention.
Polémique
Peter et Laurent ont aussi été critiqués pour n’avoir pas suffisamment vérifié en amont qu’ils obtiendraient un passeport pour Samuel.
Mais selon eux, l’ambassade n’a pas été assez claire sur ce point.
Maintenant, c’est explicite : les couples qui ont recours à une mère porteuse n’auront pas la même chance, et il devrait même y avoir bientôt en Belgique une loi contre la GPA .
« C’est le travail de faire le lien entre la loi belge et la loi ukrainienne et de stipuler précisément qu’il y a incompatibilité, qu’ils ne reconnaîtront pas l’acte de naissance » explique Peter.
Veulent-ils des autres enfants ? « Oui ! lance spontanément Laurent.
On n’a jamais voulu avoir un fils unique.
Mais ça n’arrivera pas tout de suite. On est tous les deux d’accord pour passer au moins deux ans à choyer notre fils et à le protéger, mais si on a une autre opportunité, je ne sais pas comment, peut-être une adoption, c’est clair qu’on sautera dessus. »
Encore une mère porteuse ? « Non, je ne crois pas », dit-il enfin.
http://yagg.com/2011/03/07/belgique…
Publié par Judith Silberfeld
L’affaire remonte à la nuit du 21 au 22 février 2009.
Deux hommes marchent main dans la main sur le boulevard de la Sauvenière, à Liège.
Une voiture s’arrête près d’eux, cinq jeunes gens en sortent et les insultent. Les deux hommes sont ensuite frappés par l’un des jeunes, encouragé par ses amis.
Quatre des cinq jeunes gens (le cinquième était mineur au moment des faits) ont été condamnés la semaine dernière par le tribunal correctionnel de Liège.
L’auteur des coups a écopé de 150 heures de peine de travail pour coups et blessures avec circonstance aggravante et injure.
Le tribunal a retenu contre les trois autres l’incitation à la haine, punie en l’espèce de 5 mois de prison avec sursis et 275 euros d’amende.
Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (l’équivalent de la Halde française) s’était porté partie civile aux côtés des victimes.
Dans un communiqué, son directeur, Edouard Delruelle, a « estimé particulièrement important et positif le fait que le tribunal ait reconnu non seulement le caractère homophobe de l’agression, en tant que circonstance aggravante des coups et blessures portés, mais aussi les faits d’incitation à la haine ».
« Le Centre reçoit relativement peu de signalements de « crimes de haine homophobe », pour divers motifs tels que la crainte de représailles, une certaine résignation ou l’impression que cela ne servira à rien, souligne le communiqué.
Ce jugement montre pourtant toute l’utilité d’une telle démarche et de l’intervention du Centre ou de ses partenaires associatifs.
Le Centre rappelle à cet égard que la police est tenue d’enregistrer le caractère éventuellement homophobe d’une agression.
Cet enregistrement peut être une donnée essentielle pour la suite judiciaire d’une telle agression. »
Têtu par Christophe Cordier 28 février 2011
Les deux Belges ont pu faire sortir d’Ukraine le petit Samuel, samedi, avant de prendre la route pour le petit village du sud de la France où ils résident désormais.

Fatigués et très émus, Laurent et Peter ont atterri samedi soir à l’aéroport de Bruxelles-National.
Dans les bras de Laurent, Samuel semblait un peu impressionné par l’agitation médiatique qui entourait son retour au pays.
C’est l’avocate du couple, Céline Verbrouck, qui est allé chercher l’enfant en Ukraine. Les retrouvailles ont eu lieu à l’abri des caméras à Varsovie.
« Samuel dort paisiblement dans les bras de son papa. Il a quitté l’Ukraine sereinement et avec le sourire », a confié l’avocate. « Ils ont joué toute l’après-midi. Cela donne l’impression que Samuel a toujours été avec eux ».
Pourtant, en décembre dernier, rien ne laissait présager un épilogue heureux.
L’émission « Devoir d’enquête » de la RTBF mettait en lumière le calvaire vécu par Laurent Ghilain, 27 ans, et Peter Meurrens, 37 ans, pour récupérer leur enfant (revoyez la vidéo ici).
Après avoir fait appel aux services d’une mère porteuse en Ukraine, où la GPA est légale, ils ont dû faire face à une série de compliications administratives pendant plus de deux ans. Une décision de justice rendue mi-février a enfin permis de débloquer la situation.
Vide juridique
Hier soir, Laurent et Peter ont pris la route à destination de Lodève, à l’ouest de Montpellier, où Samuel va enfin découvrir la chambre qui l’attend depuis deux ans.
Soulagés, ses papas dénoncent une certaine homophobie des autorités belges. « Deux mois après la naissance de Samuel, un couple hétérosexuel qui se trouvait exactement dans la même situation que nous a reçu une réponse positive de la Justice en trois mois, l’autorisant à récupérer leur enfant conçu en Ukraine par mère porteuse », a confié Laurent Ghilain au journal Le Soir.
Volonté politique de faire un exemple pour décourager les parents gays à recourir aux mères porteuses ? C’est ce que pensent Laurent et Peter, qui regrettent que l’intérêt de leur enfant n’ait pas été davantage pris en compte.
Le traitement médiatique de l’affaire montre d’ailleurs qu’il reste encore du chemin à faire pour changer les mentalités : dans certains médias, il était tantôt question des « papas » (les guillemets semblent pourtant superflus !), tantôt de l’enfant « adoptif » (alors que Laurent Ghilain est son père biologique).
Mais Laurent et Peter ne seront pas de ce combat. Ils veulent maintenant profiter de la vie avec leur fils, et renvoie le pouvoir politique à ses responsabilités.
Une cinquantaine d’enfants belges sont conçus chaque année par mère porteuse. Et jusqu’à présent, les propositions de loi déjà déposées pour combler ce vide juridique ont systématiquement été bloquées par les partis chrétiens.
Têtu par Christophe Cordier 21 février 2011
Un drame qui pourrait bientôt connaître un épilogue heureux.
La semaine dernière, le tribunal de première instance de Bruxelles a jugé établi le lien de paternité entre Samuel, aujourd’hui âgé de deux ans, et Laurent, son père biologique. Laurent, 27 ans, et Peter, 37 ans. Le ministre des affaires étrangères Steven Vanackere, seul capable de délivrer un passeport à leur enfant, n’a finalement pas fait appel de la décision du tribunal et a annoncé qu’il se plierait à la décision de justice.
Les deux papas, installés dans une petite ville du sud de la France depuis plusieurs années, espèrent maintenant voir le bout du tunnel.
Difficultés et maladresses. Un temps accueilli dans une famille d’accueil, le garçonnet séjourne actuellement dans un orphelinat ukrainien. Les images bouleversantes de cet enfant triste retrouvé par la RTBF avaient ému la Belgique et les lecteurs de TÊTU.com.
Humanité
Le ministre des affaires étrangères fait finalement preuve d’humanité dans ce dossier en délivrant le passeport, mais il met en garde et déconseille vivement aux belges de recourir à des mères porteuses à l’étranger.
Pour le ministre Steven Vanackere, il est d’ailleurs urgent qu’un règlement légal concernant les mères porteuses permettent d’interdire explicitement toute forme d’exploitation commerciale.
Un débat auquel le pouvoir politique n’échappera pas afin d’éviter que d’autres couples ne vivent un tel drame par naïveté, inconscience ou excès d’enthousiasme.
Peter et Laurent pourraient donc bientôt voir la fin de leur calvaire. Ils y croiront quand ils tiendront Samuel dans leur bras. En effet, il est toujours possible que le ministère public décide, seul, d’interjeter appel contre la décision du tribunal de première instance de Bruxelles…
Têtu par Christophe Cordier 18 février 2011,
Alors qu’en France la compagne de la mère biologique ne peut toujours pas bénéficier d’un congé à la naissance de son enfant, la Belgique vient de mettre fin à cette discrimination.
Depuis 2006, l’adoption par des couples de même sexe est autorisée en Belgique, et cela fait bien plus longtemps que des lesbiennes y deviennent mamans grâce au don de sperme et à une assistance médicale.
Toujours à la pointe en matière de droits des gays et lesbiennes, le pays va bientôt combler une lacune dans ses textes légaux.
A l’heure actuelle, les mamans biologiques bénéficient bien sûr d’un congé de maternité, mais leurs compagnes n’ont pas droit au congé de paternité, réservé aux pères dans une famille hétéro.
Une discrimination qui vient d’être supprimée par la Commission des Affaires Sociales du parlement fédéral. Un vote favorable devrait suivre en séance plénière.
Bientôt une reconnaissance à la naissance ?
En 2003, le Conseil national du travail estimait déjà que lier le congé de paternité à la filiation était discriminatoire, contrairement à la France.
Et si la structure fédérale belge a permis à la Wallonie d’être la première à accorder cette possibilité à ses fonctionnaires, aucune loi n’existait encore sur le plan national pour l’ensemble des travailleuses.
En 2006, une première proposition de loi était déposée pour rétablir l’égalité. Le texte voté en commission a finalement été soutenu par une très large majorité composée d’élus des partis verts, chrétiens et libéraux.
Mais le combat pour les droits des couples lesbiens n’est pas terminé.
_ Actuellement, la seule possibilité pour la compagne de la mère de créer un lien de filiation vis-à-vis de son enfant, né au sein de leur couple, reste l’adoption, une démarche assez longue et complexe.
Un processus de type « reconnaissance à la naissance », comme pour les couples hétérosexuels, faciliterait certainement l’accès au congé de paternité, comme pour les pères qui reconnaissent leur enfant.
Un débat dont le Parlement pourrait prochainement s’emparer…
Têtu par Christophe Cordier 22 décembre 2010
Ce soir, la chaîne belge RTBF diffuse un reportage saisissant sur les déboires d’un couple gay qui a fait appel à une mère porteuse ukrainienne pour concevoir un enfant.
Après deux ans de procédures, leur petit garçon vit toujours dans son pays d’origine, dans un orphelinat.

Peter (à gauche) et Laurent (à droite) veulent avoir un enfant.
Ce mercredi soir, à 20h25, sur la chaîne belge RTBF, un reportage de l’émission Devoir d’enquête intitulé Deux hommes sans couffin montre que même dans un pays où l’adoption par les couples gays est légale (la Belgique), de nombreuses difficultés entourent un tel projet, en particulier quand l’enfant doit quitter un pays imprégné par l’homophobie.
L’histoire de Laurent et Peter commence comme un conte de fée.
Jeunes et beaux, ces deux belges, l’un flamand, l’autre francophone, partagent le même désir d’enfant.
Expatriés dans le Languedoc-Roussillon, Peter est médecin et Laurent moniteur sportif.
Désireux de fonder une famille, le couple se renseigne d’abord sur la procédure d’adoption, qui est légale en Belgique.
Mais ils déchantent rapidement. Les démarches sont longues, complexes et le constat est clair : les adoptions par des couples homosexuels sont rares.
Une belle histoire qui vire au cauchemar
Laurent et Peter optent alors pour la solution de la mère porteuse, qui est un business juteux aux Etats-Unis (Californie notamment), en Inde et en Ukraine.
C’est dans ce pays que le couple pense trouver un organisme sérieux.
Ils déboursent 25 000 euros, auxquels s’ajouteront progressivement de nombreux autres frais.
En novembre 2008, leur rêve devient réalité. Le petit Samuel naît.
Laurent et Peter se rendent en Ukraine et y séjournent deux semaines auprès de leur enfant.
C’est malheureusement la dernière fois qu’ils le verront.
A leur retour en France, ils doivent en effet accomplir diverses démarches administratives pour que le bébé puisse quitter l’Ukraine et pour que Laurent obtienne la garde exclusive.
Mais, par naïveté, inconscience ou enthousiasme, le couple a oublié un détail important : si la filiation par mère porteuse n’est pas illégale en Belgique, elle n’est pas légale non plus.
Déjà 80.000 euros
Une proposition de loi a été introduite pour légiférer dans ce domaine, mais le débat parlementaire n’est pas terminé.
Ce vide juridique complique l’arrivée de Samuel.
En février 2010, l’enfant a 15 mois et il est toujours hébergé dans une famille d’accueil que ses parents n’ont plus les moyens de payer.
Samuel est placé dans un orphelinat.
Laurent et Peter ont aujourd’hui déboursé près de 80.000 euros et ils commencent à perdre espoir.
Devoir d’enquête : Deux hommes sans couffin, mercredi 22 décembre, à 20h20, sur RTBF1. Un reportage de Françoise Berlaimont & Daniel Remi.
Tetue par Emma Rossel 12 novembre 2010,
Du 12 au 20 novembre, la « semaine lesbienne » de la capitale belge propose des activités variées allant de la table-ronde à la soirée karaoké. L’événement a pour ambition de redonner toute leur place aux lesbiennes dans la communauté homo bruxelloise.

La L-Week fête cette année sa cinquième édition.
Inspirées par le « L Day » flamand, les associations de femmes et les lesbiennes de Bruxelles ont voulu avoir, elles aussi, leur festival.
« L’événement a pour principal but de promouvoir la visibilité des lesbiennes », explique Jochen Van Der Worp, un des organisateurs et coordinateur de la Rainbow House, « car on remarque qu’au sein de la communauté, ce sont les femmes qui sont les moins visibles ».
Pour l’occasion, la Rainbow House (qui est le point d’info des gays et des lesbiennes à Bruxelles, mais aussi une fédération des assos LGBT de la région) demande à toutes ses associations membres d’organiser un atelier à destination des femmes.
On trouve au menu de la semaine des activités « sérieuses » (groupe de discussion sur la santé des femmes, workshop sur les trans, table-ronde « lesbiennes et précarité », etc) mais aussi plus festives, avec des soirées musicales, une projection du film Leonora et une grande fête le samedi 20 novembre intitulée « Girls Souk Del Mundo ».
« La ville de Bruxelles nous soutient »
Un des temps forts de la semaine sera l’intervention d’une activiste kenyane, Judith Wangu Ngunjiri, qui viendra témoigner des difficultés rencontrées par les femmes et les lesbiennes dans son pays.
« Cette conférence se déroulera à l’hôtel de ville », signale l’organisateur. « Cela montre bien que la ville de Bruxelles nous soutient et donne de l’importance à cet événement ».
La plupart des ateliers sont en Français ou bilingues.
Les activités sont mixtes, mais principalement destinées aux femmes.
Jochen s’en félicite : « Pour une fois, c’est les hommes qui seront en minorité ! ».
Je me souviens qu’aux premières Ladies Room, des « fems » sont venues et n’arrêtaient pas de me dire : « Vous allez passer cette musique toute la soirée ? Si c’est comme ça, on s’en va ! ».
J’avais beau leur montrer que sur le flyer il était écrit « Pour les filles qui aiment les filles et la house music », elles ne voulaient rien entendre.
Et comme il était hors de question qu’on cède, on les a laissées partir.
La vieille garde lesbienne détestait les musiques électroniques, la house et les pédés !
Bon, bien sûr, beaucoup sont revenues des années plus tard quand les soirées étaient pleines à craquer de jolies filles !

"L’homophobe se montre moins violent envers la folle ou la camionneuse, qu’envers ceux qui n’affichent pas le stéréotype car celui-ci permet de rassurer en gardant une distance, mais une fois le cliché disparu, l’angoisse de s’imaginer lui-même homosexuel déclenche la peur et le dégoût" Daniel Borillo