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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Belgique (3)

Une sous-directrice d’école victime d’une émeute homophobe dans son établissement

14 octobre 2011

C’est à peine croyable : à l’Institut des Filles de Marie, situé dans la ville de Saint-Gilles en Belgique, une enseignante lesbiene a été la cible d’une véritable émeute homophobe de la part des élèves de l’établissement, soutenus par certains de ses collègues.
Tout a commencé mardi 12 octbore 2011, durant un cours d’EPS en classe de 5e professionnelle (l’équivalent de la classe de première en France).
200 euros ont été volés pendant le cours, dans le sac qu’une élève avait déposé dans les vestiaires.
Les jeunes filles de la classe ont insisté pour être fouillées afin que la coupable du vol soit démasquée.
Interrogés par le journal Le Soir, Daniel Pinte, le président du Pouvoir Organisateur de l’école, et Eliane, la sous-directrice de l’école, racontent comment la fouille s’est déroulée : « Les élèves, explique Daniel Pinte, ont elles-mêmes demandé la fouille, étant indignées par ce qu’il était arrivé à la victime du vol.
On a finalement retrouvé l’argent dans la chaussette de l’une d’entre elles. »
Eliane confirme : « Les élèves voulaient absolument qu’on les fouille. On leur a expliqué qu’on n’avait pas l’autorité nécessaire mais elles ont insisté, on leur a donc fait signer une décharge et, une fois, le butin retrouvé, je suis remontée dans mon bureau et je pensais que l’incident était clos ».

Mais cet incident banal a signé le début d’un harcèlement épouvantable contre Eliane.
Peu après la fouille, des textos commencent à fuser : »Demain tous ls eleves de ifm nallez pas en cour fau faire ruina, greve contre gwine (la grosse sou directrice) qui a obligé ls filles de 5eme travaux a ce metre toute nu !!! Faite passé ce message a tous ls eleve de ifm. CEST PA UNE BLAGUE DEMAIN RESTEZ TOUS DAN LA COUR ET FAITE RUINA CNTRE CETTE NYMPHE QUI EST LESBIENNE FAITE TOURNÉ SVP !!!! »

La rumeur se propage et perdure.
Des élèves affirment encore que « la sous-directrice a déshabillé les filles, même celles portant le foulard.
La professeur de gym a fermé le vestiaire à clef, elle a ensuite appelé la sous-directrice. C’est elle qui leur a demandé de presque tout enlever et de rester en petite culotte pour qu’elle les fouille. Elle est ensuite passée d’élève en élève.
Même quand l’argent a été retrouvé, elle a continué son inspection.
Les grands frères comptent d’ailleurs venir régler leurs comptes avec la sous-directrice« .

Le lendemain, mercredi et jeudi, des émeutes se déclenchent au sein de l’école : une centaine d’élèves refusent d’entrer en classe.
Beaucoup d’élèves du primaire et du secondaire portent des T-Shirts avec l’inscription « Touche pas à mon intimité ».
Les cent élèves squattent la cour de récréation et réclament la démission de la sous-directrice.
« Dehors la perverse, la lesbienne ! », lancent les élèves en apercevant Eliane.

Les cours ont dû être annulés mercredi en raison de l’ampleur des troubles.
Les élèves brisent des carreaux, jettent des chaises et des bancs, défoncent des portes…
La violence de la réaction contre l’enseignante est sans bornes.
Les assauts verbaux se multiplient, et menacent, au vu des dégradations matérielles, de dégénérer en agression physique.
« Le directeur m’a demandé de me réfugier à l’étage et de partir par la petite porte après 33 ans de carrière », confie Eliane en pleurs.

La réaction des collègues n’a pas été unanime : « Etant donné son orientation sexuelle, comment peut-on admettre cela dans une direction, ça va péter… « , a déclaré un professeur. Mais il a ensuite présenté ses excuses.
Plus avisé, Daniel Pinte est désolé pour la sous-directrice. Il rappelle qu’elle a 30 années d’ancienneté dans l’établissement : « elle a toujours consciencieusement effectué son travail et n’a jamais fait l’objet de la moindre critique. ». L’administration soutient ainsi l’enseignante : le directeur de l’institut des Filles de Marie, Paul Straetmans, a porté plainte pour harcèlement, homophobie et atteinte à la vie privée.
Le contexte de ces aggressions mérite d’être rappelé : Une enseignante homosexuelle avait déjà fait l’objet l’année dernière d’insultes homophobes de la part d’une autre enseignante. Elle avait dû porter plainte et venir avec son avocat pour que la direction prenne une sanction. Après un an de suspension, la professeur à l’origine des insultes homphobes doit réintégrer l’Institut fin octobre 2011 !

D’autre part, l’évêque belge et homophobe Leonard s’est prononcé en début de semaine sur la prise en compte des éléments de la vie privée pour sélectionner les équipes de directions scolaires, dans le plus pur mépris des règles du droit du travail…
Cet évêque s’étant distingué par des condamnations répétées de l’homosexualité, on se doute bien que ces éléments de privé ne se limitent pas seulement au mariage ou au divorce, mais aussi à l’orientation sexuelle.
Les vrais auteurs des violences commises à l’institut des Filles de Marie ne sont donc pas forcément les élèves, mais plutôt ceux qui, directement ou indirectement, ont attisé la haine des jeunes contre une enseignante dont le seul tort a leurs yeux est de ne pas être hétérosexuelle.

Les médias ont d’abord annoncé qu’Eliane avait donné sa démission, et qu’elle ne retournerait plus jamais à l’Institut des Filles de Marie.
En réalité, il semblerait qu’elle souhaite plutôt faire valoir son bon droit et être plus forte que ceux qui ont voulu la chasser.
Nous lui souhaitons beaucoup de courage, et espérons qu’elle trouvera beaucoup de soutiens à ses côtés.

Mariés en prison, deux détenus veulent faire cellule commune

Têtu par Christophe Cordier 29 septembre 2011

C’est la demande étonnante adressée par deux criminels belges à l’administration de la prison de Louvain. Une requête qui provoque des grincements de dents. C’est une première dans le monde carcéral belge, et la direction de la prison de Louvain peine d’ailleurs à prendre une décision.
Deux détenus réclament en effet le droit de partager la même cellule, après s’être mariés l’an dernier.
Rik Debrabandere, 51 ans, a été condamné à la prison à perpétuité pour trois meurtres perpétrés dans trois pays différents en moins de trois mois.
Son conjoint, Mike Vandamme, 26 ans, était poursuivi pour plusieurs viols.
Il a également été condamné à la perpétuité.
Ce couple improbable s’est marié l’an dernier.
Pour l’occasion, Rik Debrabandere, qui aimait se travestir quand il était en liberté, s’est transformé en Erika.
Les jeunes mariés ont consommé leur union dans le local des visiteurs.

Passer les nuits ensemble

Depuis peu, le couple vit dans des cellules mitoyennes.
Ils ont le droit de rester ensemble en cellule jusqu’à 19h45 chaque jour.
Mais aujourd’hui, les deux détenus estiment que ce n’est pas suffisant : ils souhaitent passer chaque nuit ensemble.
Et donc forcément cohabiter dans la même cellule, et le même lit.
Les deux hommes ont joint à leur demande officielle de concubinage une attestation médicale qui confirme qu’il est préférable que Rik Debrabandere ne dorme pas seul.
Le médecin précise même que la présence de son jeune époux serait particulièrement indiquée.

L’anecdote serait juste attendrissante si les deux hommes n’étaient pas de dangereux criminels.
L’information suscite d’ailleurs moult commentaires sur les sites d’informations en Belgique, beaucoup d’internautes estimant qu’il serait injuste que les deux hommes bénéficient d’un tel régime de faveur.
Pas sûr que les autres détenus apprécient non plus, puisque les visites conjugales hétérosexuelles sont très strictement encadrées.
Il faut aussi savoir que la surpopulation carcérale est un réel problème en Belgique.
On y dénombre près de 11 000 détenus, alors qu’il n’y a que 8500 places.
Le pays loue d’ailleurs 500 places à la prison de Tilburg aux Pays-Bas, et les conditions de vie des détenus, entassés parfois à trois dans une cellule prévue pour une personne, ont déjà suscité l’intervention de la Ligue des Droits de l’Homme.
C’est en revanche la première fois que des prisonniers ayant une relation homosexuelle officielle introduisent une telle demande.

8.000 couples homos se sont mariés depuis 2003

Têtu par Christophe Cordier 27 août 2011,

En Belgique, cela fait 8 ans que le mariage entre personnes de même sexe est autorisé. Depuis, 8.000 couples gays ou lesbiens se sont déjà dit « oui ». Voici quelques chiffres précis.

Après les Pays-Bas en 2001, la Belgique a été le deuxième pays au monde à officialiser le mariage des homos.
Et depuis le 1er juin 2003, date d’entrée en vigueur de la loi, 7.782 lesbiennes et 9.145 gays belges ont formalisé leur union, soit environ 8.000 couples, selon la direction générale des statistiques du Service Public Fédéral Economie.
Pour bien comprendre ces chiffres, il est important de préciser que certains conjoints ne sont pas inscrits dans le registre national.

Environ un millier d’homosexuels se marient chaque année.
Des chiffres stables sur la durée.
Le mariage est désormais un droit acquis, et si l’amour est évidemment la motivation première des jeunes couples, le désir de fonder une famille ou des avantages pratiques (patrimoine commun, héritage, etc.) expliquent aussi son succès.

La Flandre, région gay-friendly

En 2010, 1.102 lesbiennes se sont mariées. Elles étaient 894 l’année précédente. Chez les hommes, ce sont 1.062 gays qui se sont mariés en 2010, pour 1.133 en 2009.
Sur les 43.000 mariages célébrés en Belgique en 2009, seuls 2% étaient donc des unions entre personnes de même sexe.
On reste très loin du raz-de-marée annoncé à l’époque par les opposants à la loi.

C’est en Flandre, région la plus peuplée, que ces mariages sont les plus nombreux, 768 femmes et 657 hommes.
En région bruxelloise, seulement 92 lesbiennes et 198 gays ont échangé leur consentement tandis que 242 femmes et 207 hommes se sont dit « oui » en Wallonie.
Cela peut s’expliquer : la Flandre est plus peuplée et l’homosexualité y est mieux acceptée.
Dans cette région très catholique, le mariage est peut-être aussi un moyen de rentrer dans un schéma familial plus classique.

Qui dit mariage, dit… divorce ! S’il y a des mariages, il y a malheureusement aussi des divorces.
Et logiquement, ceux-ci ne font qu’augmenter depuis l’entrée en vigueur de la loi. 617 gays et 822 lesbiennes ont ainsi divorcé, soit 6.7% des mariages homos masculins et 10,6 % des mariages féminins.

La loi étant encore trop récente, il est impossible de comparer le taux de divorce des homos et celui des hétéros.
Signalons encore que les couples homos belges ont également accès au contrat de cohabitation légale, sorte de PACS, qui n’est pas repris dans ces statistiques.

Un couple gay perd « un mariage en or » mais s’unira malgré tout

Têtu par Christophe Cordier 25 août 2011,

Inscrits à un concours pour tenter de gagner le financement de leur mariage, Patrick et Manu n’ont pas été sélectionnés par le jury… mais se diront tout de même « oui » grâce une certaine Julie, bien décidée à défendre leurs droits.

Il y a quelques mois, la chaîne de télévision belge Club RTL lançait avec les Pages d’Or le concours « Un mariage en or ».
Des couples étaient invités à s’inscrire et à se présenter sur internet.
Le public pouvait ensuite voter pour son candidat préféré.
A la clé : un mariage entièrement financé par le sponsoring.
Patrick (34 ans) et Manu (31 ans) décident de s’inscrire.
Ces deux garçons plutôt timides et discrets reçoivent aussitôt un soutien massif.
Quelques jours après le lancement des votes sur internet, ils arrivent en première place et ne la quitteront plus - au grand étonnement des centaines de couples hétéros inscrits !
Mais c’est un jury qui est chargé de désigner le vainqueur parmi les dix couples arrivés en tête et il manifeste moins d’ouverture d’esprit que le grand public…
Sans doute soucieux de mettre à l’honneur un mariage plus classique, avec robe blanche et tout le tralala, sans doute aussi par crainte de la réaction des sponsors, Club RTL et les Pages d’Or ratent l’occasion de se singulariser en distinguant un couple gay.
Pour Patrick et Manu, c’est la fin de l’histoire.

HETERHOMO : l’émission "les grosses têtes" est très homophobe, cette attitude n’est pas étonnante venant de RTL.

« Une attitude discriminatoire »

« Quand j’ai vu qu’ils n’avaient pas gagné, j’ai été révoltée », raconte Julie Gabriels. Organisatrice d’événements, celle-ci a terminé deuxième du concours organisé en parallèle et récompensant le projet de mariage le plus original.
« J’ai trouvé l’attitude du jury discriminatoire et j’ai voulu leur venir en aide », explique Julie, qui entre en contact avec Patrick et Manu et leur propose d’organiser leur mariage sponsorisé.

Depuis, elle a déjà obtenu le soutien d’un photographe, d’une spécialiste de la décoration florale, d’une société chargée de l’ambiance musicale.
Un traiteur, un artiste chargé des faire-part et un styliste ont également donné leur feu vert.
« Mon rôle, c’est de fabriquer du rêve sur mesure, en collaboration étroite avec les futurs mariés », explique Julie Gabriels.

Des noces prévues pour 2012

Pas très romantique ? Ce n’est pas l’avis de Patrick et Manu, qui vivent une histoire magnifique. « Je me suis marié très jeune avec une femme », explique Patrick.
« Il m’a fallu du temps pour accepter mon homosexualité et l’assumer. Et quand j’ai rencontré Manu, je n’imaginais pas qu’il pourrait s’intéresser à moi », confie-t-il.
« Mon attirance pour les hommes était par contre une évidence », raconte Manu.
« Mais mon coming out a été très difficile. Depuis ma rencontre avec Patrick, c’est le grand bonheur ».

Julie Gabriels a obtenu la collaboration d’un journal francophone belge, qui proposera à ses lecteurs de soutenir les futurs mariés.
« Cela peut contribuer à une image positive du mariage homosexuel, qui est toujours l’objet de caricatures », dit-elle.
Les noces devraient avoir lieu en 2012.
D’ici là, les futurs mariés connaîtront, comme tous les autres, l’angoisse des préparatifs.

Homophobie en Belgique : Arc-en-Ciel Wallonie tire les leçons de l’expérience du collège Saint-Louis

http://yagg.com/2011/08/01/homophobie-en-belgique-arc-en-ciel-wallonie-tire-les-lecons-de-lexperience-du-college-saint-louis/

Publié par Bénédicte Bécret

Dans sa newsletter estivale, la fédération wallone des associations LGBT Arc-en-Ciel Wallonie revient sur l’épisode du collège Saint-Louis afin d’en tirer des enseignements.
En juin dernier, un étudiant de ce collège liégeois avait contacté Arc-en-Ciel à propos de consignes émanant de la direction visant à interdire le bal de fin d’année aux couples homosexuels.

L’association n’avait pu confirmer l’existence de ces consignes mais avait jugé le discours et l’attitude du directeur préoccupants.
Bernard Renson refusait par exemple de diffuser les brochures contre l’homophobie sous prétexte qu’il diffusait uniquement « les campagnes globales ».
Suite au « mini-séisme médiatique » soulevé par l’association, le collège a fini par envoyer un courrier aux parents d’élèves dans lequel il s’engageait à ce qu’« aucune forme de discrimination ne [soit] pratiquée ».

TROIS GRANDES LEÇONS Soucieuse de « l’ensemble des écoles », Arc-en-Ciel part du cas du collège Saint-Louis pour dresser des constats plus généraux : « Certaines directions d’établissement n’en font qu’à leur tête », n’étant menacées d’aucune sanction si elles ne diffusent pas les campagnes de sensibilisation à l’homophobie, même lorsque celles-ci sont accompagnées d’une circulaire.
Certains directeurs ignorent la présence des personnes LGBT dans leur établissement et « ne supportent pas la moindre tentative de visibilisation des gays et des lesbiennes ».
Certains directeurs ignorent l’existence d’actes et de propos homophobes dans leur établissement, ou pire, les nient.
Pour Arc-en-Ciel, toutes ces attitudes encouragent le rejet et la marginalisation des personnes LGBT.

FAIBLE NOMBRE DE SIGNALEMENTS

Les membres d’Arc-En-Ciel s’alarment du faible « nombre de signalements pour discrimination sur base de l’orientation sexuelle que reçoit le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) [l’équivalent de notre ex-Halde, ndlr] ».
Sur ce sujet, le CECLR a d’ailleurs mis en place depuis mai dernier une campagne de sensibilisation intitulée : « Signale-le ».

Happy end en Belgique : Le lycée taxé d’homophobie revient sur sa position

Têtu par Christophe Cordier 22 juin 2011,

Le lycée wallon qui refusait les couples de même sexe au bal de promo a fait volte-face.
Des actions de sensibilisations à l’homosexualité seront même proposées à l’avenir. Au collège Saint-Louis de Liège, tout le monde sera finalement le bienvenu au bal des rhétos (terminales).
C’est le résultat de la médiation menée par le Centre pour l’Egalité des Chances, suite au signalement de la fédération des associations LGBT wallonnes Arc-en-Ciel la semaine dernière.
La coupole associative avait appris via un élève que les couples homosexuels ne seraient pas tolérés au bal de fin d’année dans cette école d’enseignement libre.
Contacté par téléphone, le directeur du collège s’était répandu en propos teintés d’homophobie ordinaire. Non-discrimination

Vendredi dernier, une équipe du Centre pour l’Egalité des Chances a donc rencontré la direction et une partie de l’équipe pédagogique de l’école.
Le directeur a d’abord précisé qu’il n’avait jamais donné d’ordre interdisant la présence des couples homosexuels et que l’affaire avait pris des proportions invraisemblables suite à l’agitation médiatique. Et a rapidement décidé de corriger le tir.

Ainsi, les parents d’élèves ont reçu en début de semaine un courrier les informant qu’aucune sélection liée à l’orientation sexuelle n’aurait lieu à l’entrée du bal.
L’école pose néanmoins des conditions de bonne tenue (l’échange de baisers est ainsi interdit, tant pour les couples hétéros que pour les couples homos).
Aucune discrimination donc… Le collège a aussi spontanément proposé de rédiger un cahier des charges pour les prochains bals incluant une clause de non-discrimination.
Happy end Le Centre pour l’Egalité des chances souhaitait mettre en place une sensibilisation appropriée aux discriminations liées à l’orientation sexuelle durant le bal.
Cela a été refusé, mais des flyers de la campagne « La discrimination s’arrête ici » (ci-contre) de la Communauté française seront distribués aux élèves.
Enfin, l’an prochain, la journée de la Mixité organisée chaque année inclura une sensibilisation aux diverses orientations sexuelles.
Le Centre aurait souhaité une action ciblée sur ce sujet, mais l’école n’a pas souhaité le mettre en évidence, rappelant son souhait de mener des actions généralistes au sein de l’établissement, ce que le Centre regrette, ce genre d’action étant généralement plus efficace si elle n’est pas diluée dans un contexte plus large.

Mais la médiation a donc porté ses fruits, et est aussi un bon signal envoyé à l’ensemble des écoles de Belgique.
Arc-en-Ciel Wallonie s’est d’ailleurs félicité de ce changement de ton de la part de l’école.

Un lycée bannit les couples homos du bal de fin d’année

Têtu par Christophe Cordier 20 juin 2011,

La direction du collège Saint-Louis de Liège aurait donné des consignes aux organisateurs du bal pour qu’ils refusent les inscriptions de couples de même sexe. Les associations montent au créneau.

C’est ce que révèle la fédération des associations gays et lesbiennes wallonnes Arc-en-Ciel Wallonie, qui a été alertée par un élève.
En prévision du bal des rhétos (l’équivalent de la terminale en Belgique), les étudiants qui organisent la soirée auraient reçu la consigne de ne pas accepter l’inscription de couples homos.
La direction du collège dément formellement, mais a reconnu lors d’un contact téléphonique que « la présence de couples homosexuels lors de cet événement pourrait compromettre son organisation à l’avenir.
Certains professeurs verraient d’un très mauvais œil que des couples de garçons ou de filles soient présents ce soir-là et pourraient décider de ne plus venir au bal ».
Bernard Renson, directeur du collège Saint-Louis affirme pourtant que le bal est un moment de convivialité entre les élèves et les enseignants. Une convivialité limitée donc…

« Comportement provocant »

Arc-en-ciel Wallonie a regretté que la direction maintienne cette distinction entre couple homos et hétéros, sans même avoir pris la peine de sonder les enseignants.
Et les arguments de la direction démontrent que la tolérance en milieu scolaire est loin d’être acquise.
« Le comportement provocant de deux homosexuels ou un baiser entre un garçon et une fille, ce n’est pas du tout la même chose »,
affirme le directeur.

Interrogé par la Fédération LGBT sur les difficultés et la solitude que peuvent ressentir les jeunes gays ou lesbiennes pendant leur adolescence, le directeur précise : « Nous avons tous des particularités et les élèves sont cruels entre eux, c’est comme ça. Mais si un jeune a des difficultés, il peut s’adresser à notre psychologue ».
Pour la direction du collège liégeois, le rôle de l’école est de préparer les étudiants à leur futur métier. Elle préfère qu’ils ne s’écartent pas de la majorité et n’étalent pas leurs particularités.

Tabou

Ce cas démontre que l’homosexualité reste taboue en milieu scolaire.
Dans les écoles francophones de Belgique, les ministres de l’enseignement et de l’égalité des chances ont pourtant encouragé la diffusion d’une brochure intitulée « Peur de quoi ? » à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie le 17 mai dernier.
Une brochure qui a terminé dans la poubelle au collège Saint-Louis.
« Les campagnes qui ne sont pas globales ne méritent pas d’être relayées dans mon établissement, fussent-elles signée par la Ministre de tutelle »,
affirme le directeur.
Les faits ont été signalés au Centre pour l’égalité des Chances et la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet, choquée, a réagi, plaidant pour une école ouverte et tolérante.
Elle a également rappelé qu’un décret de 2004 interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et qu’il s’applique au milieu scolaire.

Quand un élu municipal prouve qu’il n’y a pas d’homophobie… grâce à Google

Têtu par Christophe Cordier 26 mai 2011,

A Mons, en Wallonie, un conseiller municipal s’est étonné qu’on débatte d’une motion contre l’homophobie alors qu’il n’avait pas trouvé trace d’actes anti-gay dans la ville, sur internet.

Mardi soir, séance houleuse au conseil communal de Mons, ville wallonne de 100 000 habitants, dont le maire, Elio Di Rupo, pourrait bien devenir le premier chef de gouvernement gay en Belgique .
On devait justement y voter une motion contre l’homophobie, un texte proposé par Ecolo, qui siège dans l’opposition.
Faisant écho à la campagne contre la violence homophobe actuellement menée à Bruxelles, la motion a pour objectif de sensibiliser la population, à encourager les victimes à porter plainte, à organiser des rencontres entre la communauté LGBT et la police, notamment dans les lieux de sortie et les associations.

Pas de trace sur… Google

Préparé et soutenu par l’ensemble des partis démocratiques représentés au conseil communal montois, le vote du texte ne s’est pourtant pas fait sans difficultés.
En séance, le chef du groupe MR (Mouvement Réformateur, droite libérale qui siège dans la majorité avec le Parti Socialiste) s’est étonné que l’on parle d’homophobie à Mons, arguant que cela n’existait pas dans sa ville puisqu’il n’en avait pas trouvé de trace en effectuant une recherche… dans Google !
Il a ensuite dénoncé une démarche électoraliste du parti Ecolo et nuancé les mots « agression » et « violence », allant jusqu’à remettre en question le terme d’homophobie en se demandant pourquoi on ne pourrait pas également parler d’hétérophobie.

Cette intervention a passablement énervé l’assemblée, notamment le Cdh (Centre Démocrate humaniste, centristes) qui a rappelé que le texte avait été discuté au préalable et que personne ne s’en était offusqué.
Ensuite, Ecolo a rappelé que si la violence homophobe à Mons était introuvable sur Internet, c’était justement parce que les faits n’étaient généralement pas dénoncés ou étaient requalifiés.
Christophe Dubois, conseiller communal Ecolo, relate ainsi le témoignage d’un homme insulté et tabassé à la sortie d’un bar gay.
Sa plainte avait été enregistrée comme racket, alors qu’il s’agissait bien d’homophobie
.

Municipales dans un an

Le texte a finalement été voté, mais ce débat en dit long sur la méconnaissance des problèmes rencontrés par les LGBT.
C’est d’autant plus étonnant que le MR était représenté à la Belgian Pride le 14 mai dernier, et que la lutte contre la violence homophobe faisait partie des revendications.
Détail piquant : la secrétaire politique d’Ecolo Mons Charlotte de Jaer a découvert que plusieurs élus MR soutenaient le groupuscule « Action pour la famille » qui milite notamment pour la suppression de l’adoption au sein des couples de même sexe. Ambiance, à un an des prochaines élections municipales en Belgique.

Le vote de cette motion engage maintenant les autorités montoises à initier des actions contre l’homophobie dans le monde scolaire, sportif, etc.
Symboliquement, la motion prévoit aussi que l’hôtel de ville affiche le drapeau-arc-en-ciel chaque année à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie.
Un forum sera déjà organisé par Ecolo le 1er juillet prochain à Mons au sujet de la relation entre la police et les LGBT.
La cellule « mœurs » de la police de Liège viendra notamment expliquer comment elle traite cette problématique

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Citations

Inversons les rôles : "Seules exceptions : quelques jeunes hommes sténographes qui bavardent et quelques hommes de ménage assez âgés, avec leur seaux et leurs balais. Cela vous permet de mesurer l’absurdité ridicule de la situation actuelle. » Charlotte Perkins Gilman discours lors de la Journée de la femme le 25 fév. 1912 in Chicago Daily Socialist, 26 fév. 1912

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