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Bordeaux : Festival Cinémarges : « Depuis 2004, notre propos s’est radicalisé »

Têtu par Mathieu Bouthier 27 avril 2011,

Du 28 avril au 4 mai, le festival de films LGBT de Bordeaux est consacré aux « écrivains en marge ».

Mais pas seulement, nous explique sa présidente Esther Cuénot. Rencontre.

Esther Cuénot, présidente de Cinémarges (à gauche) et son équipe : Mélanie, Séverine, Louis et Marine.

TÊTU : Quelle spécificité pour Cinémarges 2011 ?

Cette année, avec le thème « Ecrivains en marge », on s’intéresse aux liens entre littérature et cinéma.
Un angle décliné en quatre volets consacrés respectivement à Jean Genet, Hervé Guibert, Kathy Acker et David Wojnarowicz, et Joe Orton, personnage principal du film de Stephen Frears, Prick Up Your Ears.
Il s’agit néanmoins de ne pas s’enfermer dans cette question mais de creuser, alimenter et revenir à l’axe de réflexion qui anime le festival depuis douze ans à savoir, « Sexe, genres et identités ». « Ecrivains en marge », c’est plus un fil rouge qui vient servir le propos originel et original de l’événement…

_ Contracorriente, le film salué internationalement de Javier Fuentes-León fera l’ouverture du festival.

En quoi Cinémarges est-il plus original qu’un festival du cinéma gay et lesbien disons « classique » ?


L’exigence.
Notre programmation très pointue. Le spectateur peut voir des œuvres rares, des pépites que l’on va chercher dans des festivals tels que Pink Screen, le festival du Réel, le festival LGBT de Bruxelles etc.
De plus, nous organisons des cartes blanches, comme celle cette année attribuée au festival IdentiT.
Il viendra présenter des courts-métrages interrogeant les thématiques de genres, mais aussi les liens entre minorités visibles et luttes des classes, en opérant un retour critique sur l’actualité sociale et politique. Depuis 2004, notre propos s’est radicalisé.
Cette année-là, nous avons décidé de rebaptiser le festival gay et lesbien de Bordeaux en… Cinémarges.

Ce changement de nom, pour nous en tant que cinéphiles et militants LGBT, était symbolique.
Car depuis le début des années 2000, le cinéma gay est devenu de plus en plus mainstream.
Cette évolution reflète sans doute l’actualité et les revendications des gays qui tendent de plus en plus vers une certaine conformité.

Droit au mariage ou homoparentalité sont des questions importantes certes, mais leur traitement cinématographique ou tout simplement plastique ne débouchent pas forcément sur des objets très intéressants.
La créativité vient de la marginalisation qui est retournée socialement et artistiquement en création.
C’est logiquement du côté du cinéma trans qu’on trouve désormais aussi bien au niveau des points de vue, que de la forme et de la réflexion, les œuvres les plus radicales et novatrices. Celles qui provoquent la réflexion sur notre identité.

A découvrir aussi, Viola di mare, film italien signé Donatella Maiorca

Mais on ne va pas seulement réfléchir pendant cette semaine de festival ?

Bien sûr que non. On va aussi se détendre.
Après les projections, nous organisons dans différents bars de la vile des pots, ils seront l’occasion de discuter des films mais aussi de s’amuser.
La soirée de clôture après la projection du Rocky Horror picture show -si tous les gens jouent le jeu du costume- devrait être assez drôle.
Comme à chaque édition, il y aura aussi la grande soirée Cinémarges. Cette année, elle aura lieu le samedi 30 avril dans un endroit inédit, dans un squat, l’Hôtel particulier. Un endroit en marge en quelque sorte… Plus d’informations sur www.cinemarges.net

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Citations

Le tragique du drame de l’identité sexuelle réside dans le fait que notre société soi-disant égalitaire n’accorde aucune place a un comportement ambigu : on est soit complètement femme, soit complètement homme. Si l’on n’entre pas dans l’une ou l’autre des deux catégories, on n’a pas de place. Etre tout bonnement humain-e, mais ça ne suffit pas ! Bien au contraire, ça peut mener un-e être humain-e à un conflit déchirant qui se terminera bien souvent par le suicide.

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