Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

Le paisible Botswana qui s’enorgueillit de sa vie démocratique stable, sans polémique importante, se déchire pourtant sur la question de l’homosexualité depuis qu’un jeune activiste a entamé une action en justice pour abolir la criminalisation des gays.
E-llico.com
Mis en ligne le 18/03/2011
Coincé entre la très libérale Afrique du Sud où le mariage gay est autorisé depuis 1996, et le Zimbabwe dont le président Robert Mugabe fustige régulièrement les homosexuels, le Botswana voit s’affronter des visions radicalement opposées entre ceux qui qualifient les gays de "démoniaques" et les défenseurs des libertés.
La question a été portée devant la justice début mars par Caine Youngman, fondateur de Legabibo, un groupe de défense des lesbiennes, gays et bisexuels du Botswana, que le gouvernement a refusé de reconnaître en 2009.
Selon Caine Youngman, la loi botswanaise interdisant la sodomie, viole sa liberté d’expression pourtant reconnue par la Constitution.
Soutenu par des associations, cet homme de 27 ans a pu déposer sa plainte après deux ans de procédure.
Entre-temps, les gays du Botswana ont reçu le soutien inattendu mais prudent de l’ancien président Festus Mogae.
Maintenant président du Conseil national du sida, M. Mogae s’est élevé l’an dernier contre les discriminations liées aux orientations sexuelles, expliquant qu’elles gênaient la lutte contre le sida dans ce pays où un adulte sur quatre est séropositif.
"Nous ne voulons pas de discrimination.
Notre message sur le VIH concerne tout le monde", a déclaré M. Mogae.
"Si nous combattons les préjugés associés au sexe, nous devons aussi nous attaquer à ceux liés aux orientations sexuelles".
Festus Mogae a récemment raconté à la BBC qu’il avait donné l’ordre à la police de ne pas harceler ou arrêter les homosexuels pendant sa présidence, de 1998 à 2008.
Mais il n’est pas allé plus loin : "Je n’ai pas pu changer la loi car cela aurait mis le feu aux poudres sans nécessité.
Je ne voulais pas perdre une élection à cause des gays".
"La majorité des gens sont toujours opposés (à l’homosexualité).
Je dois donc les convaincre, avant de changer la loi unilatéralement", a-t-il relevé.
Certains responsables sont en effet violemment anti-gays.
Le vice-président du Parlement, Pono Moatlhodi, a estimé devant la presse que les homosexuels n’avaient pas leur place dans une société africaine.
"Je suis d’accord avec le président zimbabwéen Robert Mugabe pour qui ce comportement est celui de chiens occidentaux.
Je n’aime pas ces homos, et je ne les tolérerai jamais. Ils sont démoniaques et diaboliques", a-t-il dit.
Des dirigeants religieux conservateurs ont également affirmé que l’homosexualité était contraire à la culture botswanaise.
"Notre nation a bien fait de maintenir ces choses inacceptables et répréhensibles et nous devons refuser toute initiative qui conduirait à des mariages homosexuels", a déclaré Biggie Butale, chef de l’Eglise évangélique du Botswana.
Ces propos mettent en rage Caine Youngman : les homosexuels "n’ont pas été faits dans un cocon quelque part et apportés dans ce pays pour corrompre les Botswanais. (…)
Ils ne sont pas différents du reste de la nation et ils ont droit à la liberté", affirme-t-il.
Quant à l’actuel président, Ian Khama, il s’en tient à une ligne prudente. Il n’a, dit-il, rien contre les gays tant qu’ils "font leurs trucs" dans l’intimité.
Source : AFP
Têtu par Habibou Bangré 16 mars 2011,
Un groupe LGBT et une association remettent en cause la constitutionnalité de l’article 164 du code pénal, utilisé pour condamner les homosexuels.
L’article 164 du code pénal botswanais sur la sellette ?
Le 25 février, le coordonateur de Lesbians, gays and bisexuals of Botswana (Legabibo), Caine Yougman, a lancé une action en justice devant la Haute cour dans l’espoir d’obtenir l’abrogation de ce texte, qui condamne « la connaissance charnelle contre-nature » d’un maximum de sept ans de prison.
Il faut dire que, s’il ne vise pas nommément les relations gays et lesbiennes, l’article 164 a été utilisé en 2003 contre Utjiwa Kanane, condamné pour avoir eu des rapports homosexuels.
Quatre ans plus tard, Caine Youngman s’est vu refuser le statut associatif pour Legabibo - au motif que l’homosexualité était interdite.
« Vague d’homophobie »
Après cet épisode, Legabibo et le Réseau sur l’éthique, le droit et le VIH/sida (Bonela) sont tombés d’accord sur la nécessité de se tourner vers la justice.
Et la procédure lancée en février ne pouvait semble-t-il pas mieux tomber. « Nous réalisons qu’il y a une vague d’homophobie dirigée par certains politiciens et leaders religieux dans le pays.
C’est donc le bon moment pour remettre en cause le code pénal, puisqu’il est utilisé pour légitimer l’homophobie », confie à TÊTU Doris Kumbawa, chargée de la communication et du plaidoyer à Bonela.
Selon The Botswana Gazette, le juge Zibani Makhwade a été chargé de l’affaire et aucune date d’audience n’a pour l’heure été fixée.
Legabibo et Bonela seront représentés par l’avocat Uyapo Ndadi (photo).
Quels arguments fera-t-il valoir ? Interrogé par TÊTU, le groupe LGBT explique qu’il soulignera le caractère « non-démocratique » et « anticonstitutionnel » de l’article 164.
Notamment parce qu’il viole le droit de réunion des homosexuels et « permet un traitement particulier des personnes différentes à cause d’une non-conformité à des stéréotypes basés sur l’orientation sexuelle ».

"Les théories théologiques, morales, juridiques, médicales, biologiques, psychanalytiques, anthropologiques, etc., ne sont jamais que des raisons trouvées pour justifier a posteriori une intime conviction, évidemment injustifiable." Louis Georges Tin