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Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

Bas
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Brésil (3)

Le Brésil reconnaît les unions civiles entre homosexuels

Têtu par Rédaction (avec agence) 06 mai 2011,

« La discrimination génère la haine », vient d’estimer la Cour suprême : c’est pourquoi ces nouvelles unions génèreront les mêmes droits que le mariage pour la pension, l’héritage et l’adoption d’enfants.

Durant la gay pride de Sao Paulo, en 2009.

La Cour suprême du Brésil, le plus grand pays catholique du monde, a reconnu jeudi l’union civile pour les couples homosexuels, ce qui leur assure les mêmes droits qu’aux hétérosexuels.

La décision a été adoptée à l’unanimité par les dix juges, selon le président de la Cour, Cezar Pelluzo, en dépit de la farouche opposition de l’Eglise catholique.

A la différence de son voisin argentin, le Brésil n’a toutefois pas légalisé le mariage homosexuel.

Les mêmes droits

« Ceux qui ont opté pour l’union homosexuelle ne peuvent être des citoyens de deuxième catégorie », a déclaré la juge Carmen Lucia en votant en faveur de l’union civile des homosexuels.
« En l’absence d’une loi qui réglemente le mariage des homosexuels, la reconnaissance de l’union civile par la Cour suprême était le mieux à quoi on pouvait s’attendre.
Cela veut dire qu’aucun juge ne pourra leur refuser leurs droits », tels que la pension, l’héritage et l’adoption d’enfants, a expliqué à l’AFP la juge Maria Berenice Dias.

Présidente de la Commission de la diversité sexuelle des avocats du Brésil, Mme Dias, qui a consacré plusieurs années de sa vie à cette cause, a expliqué « qu’au Brésil, l’union civile donne pratiquement les mêmes droits que le mariage ».
Elle a rappelé que des couples avaient déjà obtenu la reconnaissance de ces droits dans plus d’un millier de jugements au cours des dernières années.
Mais, désormais, la norme sera claire pour tout le monde, selon elle.

Après l’Argentine, l’Uruguay et la Colombie

« La discrimination génère la haine », a argué quant à lui le juge rapporteur Carlos Ayres Britto.

« Plusieurs pays de la région ont déjà reconnu ces droits », a également plaidé l’avocat de l’Etat, Luiz Inacio Adams, citant l’Argentine, l’Uruguay et la Colombie.
Le Sénat argentin a approuvé en 2010 une loi qui a fait du pays le premier d’Amérique latine à légaliser le mariage des homosexuels sur tout son territoire. La ville de Mexico avait joué les pionnières en décembre 2009.

Assassinats de personnes LGBT

Les militants des droits des LGBT sont venus en masse au Tribunal suprême fédéral de Brasilia, la plus haute instance judiciaire brésilienne. « J’espère que cette décision sera un pas important pour d’autres actions et que le Sénat suivra l’exemple de l’Argentine qui a dejà approuvé le mariage civil pour les personnes du même sexe », a déclaré à l’AFP le président du Groupe Gay de Bahia (GGB), Marcelo Cerqueira.

Le Brésil organise depuis des années à Sao Paulo (sud-est) la plus grande gay pride du monde avec des millions de participants, mais est aussi « le pays numéro un en assassinats d’homosexuels », a rappelé le militant.
Fondée en 1980, le GGB a recensé 3.196 meurtres d’homosexuels jusqu’en 2009, soit 110 par an en moyenne.
En dépit de ces données alarmantes, le projet de loi de pénalisation de l’homophobie fait face à la résistance des groupes catholiques et évangéliques.

L’Eglise opposée

La demande de reconnaissance de l’union civile pour les homosexuels émane du gouverneur de Rio, Sergio Cabral, qui souhaitait donner les mêmes droits à tous ses fonctionnaires, et du procureur général de la République, Roberto Gurgel.

L’Eglise s’y est en revanche fortement opposée : « La pluralité a des limites », a déclaré l’avocat de la Conférence nationale des évêques du Brésil, Hugo José de Oliveira, en défendant la seule « union entre hommes et femmes » comme il est inscrit dans la Constitution.

Texte : Yana Marull/AFP. Photo : Agência Estado

Le beau geste d’une équipe de volley soudée derrière son joueur gay

Têtu par Alistair Dupaquis 18 avril

Après s’être fait traiter de « pédé » au cours d’un match par des supporteurs adverses, Michael avait dû révéler son homosexualité.

Ses fans et ses coéquipiers lui ont témoigné un soutien haut en couleur lors de la rencontre suivante.

Imaginez trois millie personnes vous traitant de « pédé » devant des caméras, en public, quand vous devez en plus donner le meilleur de vous-même…

_ Voilà ce qui est arrivé à un joueur brésilien de volley, le 1er avril dernier, lors de la première demi-finale de SuperLiga entre son équipe du Vôlei Futuro (basée à Araçatuba, au nord-ouest de l’Etat de São Paulo) et le club Sada Cruzeiro.

Dès que Michael Pinto dos Santos saisissait le ballon, les spectateurs s’en donnaient à coeur joie et scandaient des « bitcha ! bitcha ! » (traduisez Pédé ! Pédé !) que le sportif a tant bien que mal fait mine d’ignorer (voir la vidéo ci-dessous). « Des femmes, des enfants, en choeur »
Mais une fois la rencontre achevée (sur une défaite) le joueur a laissé éclater sa colère dans la presse.
Tout en profitant de l’occasion pour sortir, malgré lui, publiquement du placard : « Oui, je suis gay. Tout le monde sait qui je suis.
Mon équipe respecte complètement ma sexualité.
Je joue depuis dix ans et tout le monde s’est toujours bien comporté avec moi.
Je ne ressens pas le besoin de révéler ma sexualité à tout le monde ».

Dans cette interview au site GloboEsporte.com, Michael explique sa consternation devant ces injures, qui n’étaient pas proférées par un petit groupe comme ça arrive quelques fois, mais par une large partie du public. « Il y avait aussi des femmes et des enfants, tous en choeur », se souvient le joueur.

Maillot arc-en-ciel
Dans ce contexte électrique, et après le bruit causé par cette affaire dans le pays, la deuxième rencontre entre les deux clubs, samedi dernier, était attendue avec fébrilité.
Mais cette fois, les encouragements ont remplacé les huées : les supporteurs du Vôlei futuro avaient fait le déplacement et ont coloré les gradins en rose en brandissant des centaines de clap-claps roses gonflables marqués « Michael » pour acclamer l’équipe en général, et le joueur en particulier.
Une banderole « Le Vôlei Futuro contre les préjugés » a même été déployée, et, cerise sur le gâteau, les coéquipiers de Michael sont arrivés sur le terrain vêtu de rose pour l’échauffement.
Le libéro, que les règles du volley obligent à porter un maillot distinct de celui de ses camarades, a quant à lui arboré pendant tout le match un splendide tee-shirt arc-en-ciel.

Une belle preuve d’esprit d’équipe, qui a d’ailleurs mené le Vôlei Futuro à la victoire.
Un troisième match décisif aura donc lieu entre les deux clubs.
Ce sera peut-être l’occasion d’une nouvelle démonstration d’ouverture d’esprit des supporteurs du club.
Car il se dit que le maillot arc-en-ciel du libéro est tellement demandé par les fans qu’il pourrait être commercialisé…

Un député ouvertement gay menacé de mort

Têtu par Paul Parant lundi 28 mars 2011,

Jean Wyllys, le premier député ouvertement gay du pays, a fait l’objet de menaces sur Twitter.
Il n’entend pas pour autant interrompre son combat pour les droits des homosexuels.

Affiche de la campagne de Jean Wyllys aux élections législatives 2011.

« Depuis mon entrée en fonction, j’ai souffert d’un certain mouvement d’intimidation, mais ils (les délinquants) ne vont pas m’intimider.
Sans vouloir généraliser, je sais que ce sont des fanatiques religieux qui font cela », a déclaré Jean Wyllys, qui affirme qu’il n’a « absolument pas peur, mais je vais me défendre ».

Menaces sur Twitter

« Cela », ce sont des menaces de mort via son compte Twitter par le politicien ouvertement gay et militants des droits pour les homosexuels.
« Le mariage est un droit civil pour tous, et je vais me battre pour ce droit », a-t-il rappelé, alors qu’il s’apprête à déposer un amendement de la Constitution pour permettre le mariage des couples homos au Brésil –c’est d’ailleurs pour cette raison, pense-t-il, qu’il a été menacé.

Ces menaces, qui n’hésitent pas à invoquer un châtiment divin, on été publiées mi-mars depuis quatre comptes Twitter différents.
Le député a expliqué qu’il avait tenté de récolter des preuves avant de porté plainte, mais que les comptes ont été, depuis, bloqués.

Premier député gay

Elu le 1er février dernier député fédéral de Rio de Janeiro (et le premier ouvertement gay), Jean Wyllys est surtout connu au Brésil pour avoir remporté l’édition 2005 de l’émission de télé-réalité Big Brother Brésil.
Depuis, il a rejoint le PSOL, petit parti situé à la gauche du Parti des travailleurs auquel appartient Dilma Roussef, la présidente du pays.
Ces jours-ci, il s’attelle à la création d’un groupe informel et multipartite en faveur de l’égalité des LGBT.

Loin de céder à la panique donc, il semble prendre les choses avec philosophie.
Hier, il a écrit, toujours sur son compte Twitter : « Le psychanalyste Hélio Pellegrino dit qu’une personne qui reste aveuglée par la haine et la jalousie se condamne à rater sa vie. Une belle leçon pour beaucoup ! »

Le premier député ouvertement gay menacé de mort par des fondamentalistes

http://yagg.com/2011/03/25/bresil-l…

Publié par Judith Silberfeld

C’est par Twitter que les menaces sont arrivées : « Parce que vous avez offensé la bonté de Dieu vous devez mourir », « Soyez prudent si vous quittez la maison, vous pourriez ne pas y revenir », et une troisième, « La mort vient, vous n’aurez pas à attendre longtemps ».

OUVRIR LE MARIAGE AUX COUPLES DE MÊME SEXE

C’était le 18 mars dernier, il y a moins d’une semaine.
Jean Wyllys, ex-candidat de Big Brother Brésil, élu député le 1er février dernier sur la liste du Partido Socialismo e Liberdade (PSOL) à Rio de Janeiro, s’est attiré les foudres de chrétiens fondamentalistes parce qu’il s’apprête à présenter un amendement à la Constitution visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe, le 29 mars prochain, à l’occasion du lancement du Frente parlamentario mixto por la ciudadanía LGBT, un groupe composé de députés et de sénateurs de différents partis.

Les menaces émanent, semble-t-il, non seulement d’opposants au Brésil mais aussi des États-Unis et du Royaume-Uni notamment.

« NE PAS SE LAISSER INTIMIDER »

Plusieurs associations LGBT ont apporté leur soutien à Jean Wyllys.
« Nous vivons dans une démocratie régie par une Constitution, rappelle l’Associação brasileira de lésbicas, gays, bissexuais, travestis e transexuais (ABGLT), au nom des 237 associations qui la composent.
Nous ne vivons pas dans une théocratie régie par un livre sacré.
Dans une démocratie, par définition, chacun a des droits et des devoirs, dont le droit à la vie et le devoir de ne pas commettre de crimes.
Le député Jean Wyllys cherche à faire appliquer les articles 3 et 5 de la Constitution, le premier interdisant les discriminations, le second disposant que nous sommes tous égaux devant la loi, sans distinction aucune. (…)
ABGLT demande au député Jean Wyllys de ne pas se laisser intimider par ces menaces et de continuer à montrer le bel exemple d’un parlementaire au service de son électorat, s’acquittant de son mandat avec éthique et conformément aux principes constitutionnels. »

« SIGNAL D’ALARME »

Jean Wyllus peut aussi compter sur le soutien d’associations étrangères, comme la Federación argentina de lesbianas, gays, bisexuales y trans (FALGBT), qui a dénoncé « énergiquement » les menaces de mort.
« Ces attitudes violentes du fondamentalisme catholique et évangélique doit agir comme un signal d’alarme sur la nécessité de légiférer en matière de lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, a déclaré son président, Esteban Paulón. (…)
Nous félicitons Jean Wyllys pour son projet d’amendement constitutionnel. Nous espérons que le Brésil sera le prochain pays de la région à avancer vers la reconnaissance complète du droit au mariage pour les couples de même sexe et à garantir ainsi l’égalité devant la loi pour tou-te-s ses citoyen-ne-s. »

« ANTIDÉMOCRATIQUE »

En Espagne, la Federación estatal de lesbianas, gais, transexuales y bisexuales (FELGTB) a tenu à souligner, par la voix de Gabriel Aranda, chargé des questions internationales, que « l’institution du mariage doit être la même pour toutes les personnes, quelle que soit leur orientation sexuelle, et que la meilleure façon de la renforcer est de l’étendre à tou-te-s. (…)
Menacer un député qui défend ses idéaux dans le cadre parlementaire est antidémocratique (…).
Les groupes religieux ne peuvent pas se prévaloir de la liberté de culte pour s’attaquer aux droits fondamentaux ou menacer qui que ce soit
. »

Même son de cloche au Chili, où le Movimiento de integracion y liberacion homosexual (Movilh) a exprimé « sa très grande préoccupation » et « toute [sa] solidarité » à Jean Wyllys.

Record de crimes de haine anti-LGBT en 2010

Selon une organisation gay brésilienne, 250 personnes LGBT ont été tuées dans des crimes de haine en 2010.

E-llico.com Mis en ligne le 19/01/2011

Les derniers chiffres recensés par Grupo Gay da Bahia indiquent qu’une personne LGBT est tuée tous les jours et demi dans le pays.

Un chiffre en hausse puisqu’en 2009 198 LGBT ont été tuées.

Le plus inquiétant est que ces chiffres sont probablement en dessous de la réalité puisqu’ils sont basés sur les seules informations rapportées par la presse.

Ces statistiques font du Brésil le pays enregistrant le plus grand nombre de meurtres au sein de la population LGBT.

"Dans la pratique, le Brésil connaît une peine de mort beaucoup plus sévère que celle de la plupart des pays homophobes dans le monde", constate amèrement un représentant de Grupo Gay da Bahia.

Dans les écoles de samba de Rio, des toilettes réservées… aux gays et transgenres

Têtu par Rédaction 07 janvier 2011,

La découverte de ces aménagements dans plusieurs célèbres écoles de la ville a suscité la polémique.
Stigmatisation supplémentaire ou meilleure intégration ?

A deux mois du carnaval, une polémique vient d’éclater à Rio, après l’annonce de l’école de samba Unidos da Tijuca, championne en 2010, d’ouvrir des toilettes spécifiques pour gays, lesbiennes, et transgenres.
Les adversaires de cette mesure dénoncent une « discrimination » alors que ses partisans y voient une meilleure protection de leur vie privée.

Plus grand spectacle du monde C’est dans ces écoles de samba que des milliers de danseurs répètent les week-ends en vue des défilés sur le Sambodrome, qualifiés de plus grand spectacle du monde.
« En dépit d’une bonne intention de départ, ces WC sont un apartheid carnavalesque », s’est insurgé devant la presse Claudio Nascimento, directeur du programme gouvernemental « Rio sans homophobie ».
« Nous allons envoyer une lettre à toutes les écoles qui ont adopté cette mesure, pour qu’elles règlent cette erreur absurde. » a-t-il déclaré.

« Je ne vois aucun problème », a rétorqué le directeur culturel de la Ligue indépendante des écoles de samba, organisatrice du carnaval, Iran Araujo, précisant que rien n’empêchait les LGBT d’utiliser les autres toilettes.

Les militants gays sont partagés : certains ont déclaré à la chaîne de télévion GloboNews « approuver l’initiative » car ils sont parfois l’objet de moqueries lorsqu’ils fréquentent les toilettes.
« Je me sentirai beaucoup plus à l’aise », a déclaré pour sa part un travesti.
Mais un autre s’insurge : « si les gens commencent à trouver normal qu’on construise ce genre d’espaces exclusifs pour gays, cela va créer un précédent vers d’autres formes de discrimination. C’est dangereux. »
Un styliste estime quant à lui que « c’est un retour en arrière ».

« Plus de liberté » La révolte d’une partie des militants a augmenté lorsqu’ils ont appris que quatre autres écoles de samba, Grande Rio, Porto da Pedra, Viradouro et Vila Isabel disposaient déjà de toilettes séparées.
Mais Dona Benta, directrice administrative de Vila Isabel depuis 50 ans, a affirmé au quotidien O Dia de vendredi que « les toilettes séparées ont commencé à la demande des homosexuels eux-mêmes » désireux de « plus d’intimité ».
Un responsable de l’école Unidos da Tijuca évoque le même argument : des personnes transgenres ne se sentiraient pas à l’aise dans les toilettes des hommes, pas plus que dans celle des femmes et aurait souhaité un tel aménagement.

Rio de Janeiro a été élue première destination gay au monde.
Toutefois, l’homophobie reste forte au Brésil où les assassinats de LGBT (198 en 2009) ont connu une hausse spectaculaire de 62% depuis 2007.

Le nombre de LGBT assassinés au Brésil atteint des sommets

Têtu par Rédaction 18 octobre 2010,

Alors que la campagne pour l’élection présidentielle bat son plein au Brésil, on apprend que les meurtres de gays, trans ou lesbiennes ont atteint des chiffres sans précédent. Une association sonne l’alarme.

Près de 200 homos ont été assassinés l’an dernier au Brésil. C’est le constat alarmant de l’organisation LGBT Grupo Gay da Bahia, alors que la campagne électorale bat son plein dans le pays pour le deuxième tour de l’élection présidentielle.
Il s’agit d’un des chiffres les plus élevés au monde, et qui a connu une forte croissance. Très exactement, 198 homos ont été assassinés au Brésil (contre 35 au Mexique par exemple), onze de plus qu’en 2008 et 76 de plus qu’en 2007.

Or, Grupo Gay da Bahia remarque que la pénalisation des crimes homophobes, tout comme l’ouverture du mariage aux couples homos, sont des thèmes qui ont été propulsés au centre des débats électoraux, mais seulement du point de vue religieux et sans tenir compte de la recrudescence de ce type de meurtres. « Le fait qu’il n’existe pas de loi spécifique pour punir les crimes homophobes contribue à la violence »
Clandestinité Ainsi, en dépit de ces données alarmantes, le projet de loi de pénalisation de l’homophobie fait face à la résistance des groupes catholiques et évangéliques.
« Malheureusement, l’homophobie est l’un des aspects culturels de la société brésilienne qui pousse les homosexuels dans la clandestinité. (…) Gays, lesbiennes et travestis sont assassinés de façon cruelle, généralement avec le visage défiguré et finissent par être considérés comme coupables », a déclaré à O Globo Marcelo Cerqueira, président du GGB.

Préjugés

L’anthropologue brésilien Luiz Mott, ex-président du GGB, a confirmé que la plupart des crimes contre les LGBT sont motivés par « l’homophobie culturelle ».
« En raison du machisme et des préjugés, beaucoup d’hommes tuent des homosexuels imprégnés de l’idéologie selon laquelle les gays sont lâches, ont de l’argent, que les voisins n’auront rien contre et que les juges seront indulgents. » « Le fait qu’il n’existe pas de loi spécifique pour punir les crimes homophobes contribue à la violence » envers ces minorités, a-t-il ajouté.

Présidentielle : la candidate de Lula ne veut pas du mariage homo

Têtu par Pascal Roger-Praud 15 octobre 2010,

Déception quant à la favorite du second tour à l’élection présidentielle brésilienne : Dilma Rousseff compte opposer son veto à une loi sur le mariage des couples homosexuels. Raison invoquée ? Elle a d’abord « besoin de Dieu ».

Dilma Rousseff, candidate du Parti des Travailleurs, propulsée par le Président sortant, Luiz Ignácio Lula da Silva pour lui succéder, a promis dans une réunion de campagne qu’elle opposerait son veto, si elle était élue le 31 octobre prochain, aux propositions de loi visant à abolir l’avortement… ainsi que la loi légalisant l’union de couples homos. Problème : son parti a toujours promis de légaliser l’avortement et le mariage gay.

Elle a ajouté, à la sortie de cette réunion avec des représentants de l’Eglise universelle (évangéliste), que pour être élue, elle avait d’abord besoin « de Dieu, et ensuite des électeurs ».

Les Verts anti-mariage
Jamais élue à aucun mandat et arrivée en tête du premier tour avec une très confortable avance avec 47% des votes, Dilma Rousseff, ex-Première ministre de Lula, a besoin de capitaliser les 20% des votes qui se sont portés au premier tour sur Marina Silva, représentante du Parti des Verts, appartenant ouvertement à l’Eglise universelle et farouche opposante à l’avortement et à la légalisation du mariage gay.

_ Avec une cote de popularité de plus de 65% après deux mandats présidentiels, Lula n’a pas réussi son pari de faire élire sa candidate dès le premier tour.
Alexandre Peixe dos Santos, président de l’association de la gay pride de São Paulo a déclaré : « Elle préfère les voix des évangélistes plutôt que celles des homos, c’est lamentable. »

Le centre-droit plus gay friendly
Le concurrent de Dilma pour le second tour, José Serra (centre-droit), ancien ministre de la Santé qui a mis en place à São Paulo des dispensaires en libre accès et gratuit pour le dépistage HIV, la distribution de médicaments pour les soins des personnes infectées, défenseur de la gay pride de São Paulo et ancien maire de cette ville, a, lui, promis de défendre les droits des homos et l’union des couples homosexuels, comme il l’a toujours fait.
Il accuse aujourd’hui sa concurrente de renier les thèses historiques du Parti des Travailleurs par pur intérêt électoral et pour gagner les voix des évangélistes.

Le 31 octobre prochain, la communauté gay brésilienne aura sans doute à cœur de montrer son poids dans cette élection qui n’est pas encore gagnée pour Dilma.

Lula : un bilan globalement positif pour les LGBT du Brésil

Publié par Christophe Martet

Le Brésil, qui s’apprête à voter pour élire le nouveau chef de l’État, est le pays des superlatifs. Huitième puissance économique mondiale, le pays a réussi une conversion vers le développement sans égal, et il compte désormais sur la scène internationale.

C’est également au Brésil que se tient la plus grande Gay Pride du monde. Les organisateurs de l’édition 2010, qui s’est déroulé le premier week-end de juin, ont revendiqué 3 millions de participants à Sao Paulo, le poumon économique du pays.

Luiz Inácio da Silva, que tout le monde appelle Lula, élu en 2002 à la tête du plus grand pays d’Amérique latine, a un bilan globalement positif pour les LGBT brésiliens.
En 2008, il s’était prononcé en faveur du « mariage gay » dans une interview à la télévision brésilienne. « Chaque être humain peut vivre comme bon lui semble à partir du moment où il ne porte préjudice à personne », a expliqué le chef de l’État, rappelant que plusieurs projets de loi pour légaliser le mariage gay sont à l’examen au parlement. « Ce que nous devons faire, c’est l’approuver », a-t-il ajouté. Ce n’est pas encore fait, mais la décision de l’Argentine d’autoriser le mariage des couples de même sexe devrait faire avancer les choses plus vite.

En janvier 2010, à l’occasion de la Vème Conférence de militants LGBT d’Amérique latine et des Caraïbes, Lula avait adressé un message aux délégués, dans lequel il réaffirme son soutien à la défense des droits LGBT et au combat contre l’homophobie.

De nombreux états du Brésil (un pays fédéral) se sont dotés de contrats d’union civile pour les couples de même sexe sur le modèle du pacs.

Cependant, Lula n’est pas à un paradoxe prêt puisqu’en mai 2010, il rendait visite au notoirement homophobe Président iranien Mahmoud Ahmadinejad, ce qui a provoqué la colère des associations LGBT au Brésil.

C’est aussi sur le terrain de la lutte contre le sida que le Brésil fait figure d’exemple. Dès la fin des années 90, le pays s’est lancé dans une politique de prise en charge thérapeutique des malades.
En 2001, le Brésil part en guerre contre les laboratoires pharmaceutiques et produit des génériques des antirétroviraux.
La couverture médicale est exceptionnelle pour un pays en développement, où un quart de la population vit encore avec moins de deux dollars par jour.
Les campagnes de prévention sont très nombreuses et la distribution de préservatifs parfois massive, comme en février dernier, où 55 millions de préservatifs ont été distribués pendant le Carnaval de Rio.

Demain, la candidate du Parti des travailleurs, Dilma Rousseff, qui a le soutien de Lula, a toutes les chances de l’emporter. Ce serait la première fois qu’une femme dirigerait le pays.
Est-ce de bonne augure pour les homos brésiliens ? Réponse dans quelques mois.

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Citations

« Les féministes peuvent se disputer, ce sont des hommes comme les autres ! » Florence Montreynaud

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