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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Cameroun (2) vers la barbarie

Deux homos arrêtés après avoir été piégés sur internet

Têtu par Habibou Bangré 09 septembre 2011

Eric et Stéphane ont été victimes d’un « arnaqueur » qui s’est fait passer pour un homo sur un site de rencontre avant de les livrer à la police.
Ils ont fini par être libérés.

Alors que sept personnes ont été interpellées pour homosexualité au Cameroun au cours du mois dernier, deux nouveaux homosexuels présumés ont été arrêtés courant août à Yaoundé, la capitale politique du pays, après avoir été piégés sur internet, annonce dans un communiqué l’association gay-friendly Alternatives Cameroun.
Les deux hommes ont été victimes du même « arnaqueur » qui s’est fait passer pour gay avant de les livrer à la police.
Ces nouvelles arrestations interviennent dans un contexte particulièrement tendu alors que les autorités camerounaises plancheraient actuellement une révision du code pénal afin de durcir la pénalisation des relations gays et lesbiennes.

« Tentative d’homosexualité »

Stéphane et Eric ont séparément correspondu sur un site de rencontre avec un certain Albert Edouard.
Lors de leur rendez-vous respectif, l’« arnaqueur » a chaque fois voulu les conduire de force au commissariat du 10ème arrondissement de la capitale politique du pays.

Dans le cas de Stéphane, « Albert Edouard a déclaré au commissariat avoir été volé (…), il a également déclaré aux enquêteurs avoir été harcelé (…).
C’est ainsi que le chef d’accusation de vol, agression, harcèlement et tentative d’homosexualité a été arrêté contre Stéphane », explique le communiqué.
Quant à Eric, le faux partenaire a également tenter de l’emmener lui aussi au commissariat.
S’en est suivie une dispute qui a fini dans les « locaux de la police », où Eric a rejoint Stéphane en garde à vue pour « tentative d’homosexualité ».

Libérations

Eric a pu sortir le 30 août grâce à son avocat, et a donné l’alerte à Alternatives Cameroun.
Le conseil de l’association à Yaoundé, Me Michel Togue, est parvenu à faire libérer Stéphane le 1er septembre. Avec ces deux affaires, le décompte des personnes arrêtées et incarcérées en août pour homosexualité s’élève à neuf.

Le durcissement de la pénalisation de l’homosexualité inquiète les associations

Têtu par Habibou Bangré 03 septembre 2011,

L’Adefho et HRW s’alarment d’une révision du code pénal qui pourrait faire passer de 5 à 15 ans de prison le maximum de la peine pour homosexualité.

L’homosexualité sera-t-elle bientôt passible de 15 ans de prison ?
Selon l’Association camerounaise de défense de l’homosexualité (Adefho) et l’ONG américaine HRW, le Cameroun étudie une révision du code pénal qui prévoit un durcissement de la pénalisation des relations gays et lesbiennes, actuellement passibles d’un maximum de cinq ans de prison et d’une amende de 200.000 FCFA (environ 300 euros).
Cette nouvelle intervient alors qu’au cours du mois dernier, sept personnes ont été interpellées pour homosexualité dans la capitale du Cameroun.

« Les autorités camerounaises, notamment le ministre de la Justice Maurice Kamto qui en est le principal pilote, sont en train de préparer une réforme du code pénal dans laquelle l’homosexualité est punie d’une peine de prison allant jusqu’à 15 ans et une amende de 2 millions de FCFA d’amende », explique à TÊTU Stéphane Koche, vice-président de l’Adefho.

« Le ministre de la Justice est très homophobe »

« S’il est déjà revenu de sa phase de relecture et de mise en forme, il n’est pas exclu qu’il puisse être présenté au vote du parlement à n’importe quel moment.
D’autant que le ministre de la Justice est, comme il nous l’a avoué, très homophobe », ajoute le militant, dont l’association participe avec deux autres associations au Programme d’assistance et d’encadrement des minorités homosexuelles (PAEMH) financé par l’UE.

L’Adefho estime que pour empêcher le vote du texte il faut mener des actions « urgentes » et « discrètes ». Elle envisage d’identifier à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, les officiels en désaccord avec le projet de réforme et de dialoguer avec le ministre de la Justice.
Des actions qu’elle espère mener avec des activistes camerounais et des organisations internationales. Dont HRW, très inquiète
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Risque de marginalisation

Nath Dipika est chercheuse pour cette ONG au programme chargé des droits des LGBT en Afrique et en Asie. Elle confie à TÊTU qu’un durcissement de la pénalisation de l’homosexualité, aujourd’hui prévue dans l’article 347bis du code pénal, risque de « marginaliser plus encore une communauté vulnérable » aux violations des droits humains.

Elle ajoute que « rendre la loi plus sévère va (…) augmenter le pouvoir de la police et des autres autorités de violer les droits des personnes en toute impunité » et avoir « un impact particulièrement négatif pour la lutte contre le sida ».

Les homosexuels sont parfois stigmatisés à l’approche des élections dans plusieurs pays d’Afrique. La présidentielle camerounaise est prévue le 9 octobre prochain.
Le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 28 ans, est candidat à sa succession.

Quatre nouvelles arrestations pour homosexualité

Têtu par Rédaction (avec agence) 29 août 2011,

Quatre hommes accusés d’être homosexuels ont été inculpés après avoir été arrêtés à Yaoundé, portant à sept le nombre d’interpellations pour homosexualité enregistrées en moins d’un mois dans la capitale du Cameroun. Les arrestations pour homosexualité continuent au Cameroun. Après les trois hommes arrêtés le mois dernier nouvelles personnes soupçonnées d’être homosexuelles ont été inculpées à Yaoundé, la capitale politique du pays, a affirmé samedi leur avocat.
« Tous les quatre ont été écroués vendredi après leur inculpation », a déclaré à l’AFP Me Michel Togué. « Le motif d’homosexualité a été retenu pour les quatre, en plus de celui d’outrage à la pudeur sur mineur pour deux d’entre eux », a-t-il ajouté.

Les personnes inculpées sont âgés de 17 à 46 ans, selon l’avocat.
« Un homme a été arrêté à son domicile à Yaoundé le 10 août. Il affirme que quelqu’un est venu chez lui et lui a proposé de regarder en sa compagnie un film gay, ce qu’il accepté.
Le visiteur lui a manifestement tendu un piège puisque la gendarmerie est venue l’interpeller alors que les deux regardaient le film », a expliqué Me Togué.
« Trois autres hommes ont été arrêtés alors qu’ils lui rendaient visite pendant sa garde à vue. Au fur et à mesure qu’ils arrivaient, ils étaient entendus puis arrêtés à leur tour », a précisé l’avocat même si cette version des faits n’a pour l’instant pas pu être vérifiée auprès de la gendarmerie.

Heterhomo : le but n’est pas de les prendre en flagrant "délit" d’acte, mais seulement de supposer qu’ils sont homos, ainsi le pays va devenir une gigantesque prison pour innocents ! Bravo ! Bien d’autres peuvent se faire prendre et aussitôt libérés, ils recommencerons

Le gouvernement veut durcir la législation sur l’homosexualité

E-llico.com Mis en ligne le 22/08/2011 Deux jeunes hommes emprisonnés pour homosexualité dans l’attente d’être jugés "Le gouvernement prépare la réforme du code pénal. Dans (son) avant-projet de loi, il a maintenu et même renforcé le délit (d’homosexualité) en terme de pénalisation", a affirmé Me Alice Nkom, avocate et présidente de l’Association camerounaise pour la défense de l’homosexualité (Adhefo). "Il a étendu le champ d’action et a semé une espèce de confusion entre l’homosexualité et la pédophilie, ce qui devrait permettre au juge de condamner plus facilement et plus de personnes", a-t-elle poursuivi.

La partie traitant de l’homosexualité est "l’artcicle 347-1. (Son) premier alinéa reprend le texte actuel du code pénal c’est-à-dire +est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans toute personne qui a un rapport sexuel avec une personne de son sexe+", a précisé Stéphane Koche, vice-président d’Adhefo.

Les alinéas 2 et 3 quant à eux, pénalisent l’infraction d’homosexualité commise sur mineur entre 16 et 21 ans à une peine allant jusqu’à huit ans, et de 10 à 15 ans pour des actes homosexuels sur mineurs de moins de 16 ans, a t’il poursuivi.

Mettant sur un pied d’égalité homosexualité et pédophilie, "l’article 347.2 qui est intitulé +pédophilie+ en son alinéa 1 reprend in extenso l’alinéa 3 de l’article précédent", a-t-il conclu.

Depuis plus de 15 jours, deux jeunes Camerounais sont détenus en attente d’être jugés, après avoir été arrêtés par la police dans la nuit du 26 au 27 juillet. Selon la police, ils avaient été surpris avec une troisième personne en train de pratiquer des rapports sexuels dans un véhicule. Tous ont été inculpés mais la troisième comparaît libre. Leur procès reprendra le 23 août. En août 2010, l’ONG américaine HRW et l’ONG camerounaise Alternatives-Cameroun avaient demandé la dépénalisation des pratiques homosexuelles au Cameroun, invoquant les recommandations du Comité des droits de l’homme des Nations unies. (Source AFP)

Deux hommes accusés d’homosexualité maintenus en prison

Têtu par Rédaction (avec agence) 23 août 2011,

Arrêtés le 25 juillet dernier, deux jeunes Camerounais suspectés d’être homosexuels resteront emprisonnés après le refus d’un tribunal de leur accorder une demande de mise en liberté provisoire.

La demande de mise en liberté provisoire formulée par deux jeunes Camerounais, arrêtés pour homosexualité le 25 juillet dernier, a été rejetée mardi par le tribunal de première instance d’Ekounou, à Yaoundé, la capitale politique du pays. Le président du tribunal a estimé qu’il n’y avait pas « suffisamment de garanties de représentations » et a fixé la prochaine audience au 27 septembre.

« Je suis déçu », a affirmé à l’AFP Me Michel Togué, un des avocats des deux jeunes, âgés de 19 et 20 ans, soulignant que la législation pénale « dit que lorsqu’une affaire n’est pas en état d’être jugée, le tribunal met les prévenus en liberté provisoire avec ou sans caution ». « Il n’y a rien dans ce dossier sur le fond. Nous pensons pouvoir le démontrer et attendons que le parquet nous sorte des éléments à charge », a-t-il ajouté. Cinq ans de prison

Les deux hommes, Jonas et Franky, sont écroués depuis le 1er août à la prison Kondengui de Yaoundé. Ils avaient été interpellés avec un troisième, Hilaire N., dans la nuit du 25 au 26 juillet.
Selon la police, les trois hommes avaient été surpris alors qu’ils avaient des rapports sexuels à bord d’un véhicule.
Tous ont été inculpés de « faits d’homosexualité », selon le tribunal d’Ekounou, qui avait précédemment accordé la liberté provisoire au troisième.
Ils risquent tous les trois jusqu’à cinq ans de prison, la législation camerounaise interdisant les pratiques homosexuelles.
Le 18 août, les avocats des deux jeunes incarcérés avaient introduit une demande de mise en liberté provisoire, tandis que le procureur estimait « indispensable » la comparution des policiers qui avaient interpellé les prévenus.

En août 2010, l’ONG américaine Human Rights Watch et l’ONG camerounaise Alternatives-Cameroun avaient demandé la dépénalisation des pratiques homosexuelles au Cameroun, invoquant les recommandations du Comité des droits de l’homme des Nations Unies.
Selon ce comité, la criminalisation de l’homosexualité « viole les droits à la vie privée et à la liberté de ne pas être discriminé ».

Joseph Thiedjou : « Les actes d’homophobie au Cameroun sont quotidiens »

Publié par Julien Massillon http://yagg.com/2011/06/11/joseph-thiedjou-les-actes-d-homophobie-sont-quotidiens/
Une nouvelle agression homophobe s’est produite le samedi 14 mai dernier dans un bar de Yaoundé, au Cameroun.
Plusieurs associations travaillant aux côtés de la communauté homosexuelle sur place ont été saisies de cette affaire.
Aux alentours de 23 heures, deux jeunes hommes, Christian et Yannick prenaient un verre lorsque quatre personnes, dont le cousin de Yannick, les ont violemment attaqués.
« Vilainement amoché », Yannick a reçu des blessures très graves d’après son compagnon. Si ses jours ne sont pas en danger, sa vie quotidienne reste très difficile.

INFRACTION PASSIBLE D’UN EMPRISONNEMENT

L’homophobie de la société civile est en effet légitimée par l’État.
Au Cameroun, l’homosexualité est une infraction passible d’une amende et d’un emprisonnement.
Comme l’a expliqué Joseph Tiedjou, chercheur au sein de l’Association pour la Défense des Homosexuels (Adefho), à Yagg, « si un homosexuel porte plainte pour vol par exemple, c’est lui qui se retrouve en prison, parce que l’homosexualité prime sur les autres infractions  ».

REJET DE LA FAMILLE

L’homophobie est très présente dans toutes les couches de la société camerounaise.
Rejetés par leur famille, obligés de s’exiler, les homosexuel-le-s camerounais-e-s sont victimes aussi bien de l’ignorance de la population que des fondamentalistes religieux.
Dans la mentalité camerounaise, l’homosexualité ne vient pas d’Afrique, c’est un mal contagieux en provenance des autres continents.
D’après Joseph Tiedjou, beaucoup ne savent même pas ce qu’est l’homosexualité et s’imaginent que c’est un moyen détourné d’ascension sociale, une sorte de « promotion canapé ».
Par ailleurs, les responsables religieux considèrent que les homosexuel-le-s sont à l’origine de tous les problèmes de la société.
Résultat : « les actes d’homophobie au Cameroun sont quotidiens », affirme Joseph Tiedjou.

L’Adefho, présidée par l’avocate Alice Nkom, lutte contre cette loi : « Nous avons démontré que c’est un texte illégal et inapplicable », insiste Joseph Tiedjou, « mais les policiers continuent à s’en servir ».
Le texte requiert le flagrant délit pour entraîner la condamnation des personnes homosexuelles.
« Il faudrait un policier dans chaque maison, c’est impossible », explique le chercheur.
Les forces de l’ordre se contentent donc de dénonciations faites par le voisinage ou la famille.
Une « épée de Damoclès » pour les personnes suspectées d’être homosexuelles car leur entourage n’hésite pas à les faire chanter en menaçant de les dénoncer.

LES MILITANTS MENACÉS

Quant aux militants de l’Adefho et des autres associations qui viennent en aide aux personnes homosexuelles, ils sont eux-mêmes menacés du fait de leur engagement.
Pour améliorer la situation, ils comptent sur une mobilisation de la communauté internationale.

La France ne semble pas encore en avoir pris conscience puisqu’elle a une nouvelle fois débouté un gay camerounais de sa demande d’asile, il y a quelques semaines.

Violente agression d’un couple présumé gay

Par Habibou Bangré vendredi 10 juin 2011,

L’attaque s’est déroulée à la mi-mai à Yaoundé, la capitale politique.
Les associations LGBT locales dénoncent des « scènes de barbarie d’une violence inouïe ».

Le 14 mai, Christian et Yannick buvaient un verre dans un bar gay-friendly du Manguier, un quartier de Yaoundé, la capitale politique camerounaise.
Vers 23h, ils ont été attaqués par « un gang de quatre jeunes personnes » homophobes, dont le cousin de Yannick.

Trois associations camerounaises (Sid’Ado, l’Adefho et le Cofendho), qui ont interrogé Christian et l’un des propriétaires du bar, expliquent que Yannick a été victime d’une « bastonnade d’une rare violence », et qu’il a eu « plusieurs côtes brisées, des blessures graves et a failli perdre un œil ». Gourdins et machettes

« Quant à Christian, qui a essayé de se défendre et de défendre son ami, ils lui ont infligé le même traitement, poursuivent les associations.
Les agresseurs, accompagnés d’autres personnes qui sont arrivés du fait de l’altercation, l’ont traîné dans le quartier avec l’intention ferme de le brûler vif.
Parce que pour eux, il était et évident que Yannick était devenu homosexuel à cause de lui. »
Et le communiqué inter-associatif de préciser que Christian a été sauvé in extremis, pendant qu’au bar les autres clients étaient pris à partie par des individus « armés de gourdins et machettes ».

Sid’Ado, l’Adefho et Cofendho dénoncent des « scènes de barbaries d’une violence inouïe » et les « condamnent avec la plus vive énergie et avec ferme détermination ».

Deux lesbiennes renvoyées de leur lycée

http://yagg.com/2011/06/27/deux-les… Publié par Julien Massillon

Au cours du mois de mars, deux jeunes filles du lycée de Soa, à Yaoundé, ont contacté l’Association pour la défense des homosexuel-le-s (Adefho) et Sid’ado.
Toutes deux ont été exclues définitivement après qu’un étudiant a montré au proviseur une vidéo d’elles au cours d’une relation sexuelle.
Depuis, elle n’ont pas rejoint d’autre lycée, d’après les informations dont dispose Adhefo, contactée par Yagg.

Les nouvelles à leur sujet sont très parcellaires : comme l’explique Stéphane Koche, bénévole à Adefho, « elles ne sont jamais venues aux différents rendez-vous, avec des femmes pourtant, que nous avons pris avec elles ». Peur ? Timidité ? « Elles ne semblent pas être pressées de dire davantage de choses sur leur situation », se résigne-t-il.

Il faut dire que leur vie aurait basculé du jour au lendemain, dans un pays où l’homosexualité est illégale et très mal perçue.
Avant leur renvoi, elles vivaient ensemble mais taisaient leur relation amoureuse. D’après Adefho et Sid’ado, l’une d’elles était particulièrement « courtisée », mais « refusait toute avance ».
Elle aurait finalement expliqué les raisons réelles de son refus à l’un de ses courtisans qui lui aurait alors proposé d’éloigner les soupçons en se faisant passer pour son petit ami. Les deux jeunes filles ont accepté, mais le jeune homme en aurait profité pour les filmer sans leur consentement et aurait ensuite montré la vidéo au proviseur qui aurait renvoyé le couple.

Depuis, plus de nouvelles. Yagg a tenté de joindre le lycée où étudiaient les jeunes filles, mais il semble fermé du fait des congés scolaires.
Stéphane Koche a tout de même appris qu’au moins « l’une d’entre elles a composé son examen, le BEPC, en tant que candidate libre.
Et il y a de fortes chances pour que ce soit le cas pour sa compagne ».
Elles seraient également retournées dans leurs familles, mais on ignore la réaction de leur entourage.
Les deux associations qui militent aux côtés des personnes LGBT au Cameroun déplorent cette situation dans un pays où « soi-disant, il existe des droits pour tous et sans distinction ».

Des associations de défense des droits humains et de lutte contre le VIH demandent au gouvernement d’être cohérent

Publié par Judith Silberfeld http://yagg.com/2011/01/19/cameroun…

Il y a quelques jours, le ministre des Relations extérieures du Cameroun, Henri Eyebe Ayissi, convoquait Raul Mateus Paula, le chef de la délégation de la Commission de l’UE au Cameroun, pour lui faire savoir que le gouvernement désapprouvait le financement d’associations “qui violent les lois camerounaises”, faisant référence au financement par l’UE du Projet d’assistance et d’encadrement des minorités homosexuelles (Paemh), dont l’objet est la lutte contre l’homophobie.

Dans un communiqué commun, les associations Alternatives-Cameroun, Association des frères et sœurs unis pour l’espoir et la solidarité (Afsupes), Adepev, Colibri, FISS MST/SIDA, Humanity First Cameroon, Recap+, Reds, SunAids et l’Association des femmes africaines face au sida (Swaa-Littoral) demandent au gouvernement de “faire preuve de cohérence politique”.
Après avoir rappelé qu’en novembre dernier, lors de la présentation du rapport conjoint publié par Alternatives-Cameroun, l’Adefho, Human Rights Watch (HRW) et l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC), apportant “des preuves irréfutables de violations des droits de citoyens camerounais sur la base de leur supposée ou réelle orientation sexuelle ou identité de genre”, le Premier ministre Philémon Yang “s’est dit ignorant de ces violations et fortement préoccupé de cette situation et a promis d’y travailler”,
les associations s’interrogent : “Le gouvernement camerounais compte-il accepter les financements du Fonds mondial ?”.
Cet organisme qui “vient d’octroyer un financement de plusieurs milliards de francs CFA au Cameroun pour combattre le paludisme, la tuberculose et le VIH”.

“Si tel est le cas, comment le gouvernement camerounais compte-t-il protéger les militants associatifs dans la lutte contre le VIH auprès des MSM ?, demandent-elles.
Comment le gouvernement camerounais appliquera-t-il les directives de l’Onusida en matière d’accès universel pour les MSM et les personnes transgenres qui prônent l’abolition des lois discriminatoires ?”.
Les associations attendent avec impatience la réponse du gouvernement…

Le gouvernement réprouve le financement d’associations de défense des droits LGBT par l’Europe

Le gouvernement camerounais a officiellement réprouvé jeudi le financement de l’UE accordé à une association de défense des droits homosexuels. E-llico.com Mis en ligne le 17/01/2011

L’homosexualité est en passe d’être au centre d’une crise diplomatique entre le Cameroun et l’UE, comme le titre un quotidien local.

La subvention de l’association camerounaise Sid’ado (Adolescents contre le sida) d’un montant de 300.000 euros pour son "projet d’assistance et d’encadrement des minorités homosexuelles", a déjà suscité une vague de commentaires et de prises de positions d’une violente homophobie depuis plusieurs jours.

Mais elle remonte désormais jusqu’au gouvernement puisque jeudi dernier, le ministre camerounais des Relations extérieures a "convoqué" le chef de la délégation de l’UE au Cameroun pour lui signifier "la désapprobation du gouvernement face au financement des associations qui ’violent la loi camerounaise’" et lui demander de revenir sur cette mesure.

Un projet LGBT soutenu par l’Europe provoque des réactions anti-gays au Cameroun

Têtu par Habibou Bangré 11 janvier 2011

L’avocate Alice Nkom, défenseure des homosexuels, déclare à TÊTU avoir reçu des menaces de mort lorsque cet ambitieux projet financé par l’UE a été révélé. Sur internet, certains dénoncent une « promotion de l’homosexualité » venue de l’étranger…

« Sensibiliser l’opinion aux questions LGBT. Réduire les interpellations et gardes à vue abusives. Assister les détenus. Favoriser l’accès au traitement contre le VIH. Obtenir l’abrogation de l’article 347bis du code pénal condamnant les relations gays et lesbiennes »…
Ce sont des axes de travail du Projet d’assistance et d’encadrement des minorités homosexuelles (PAEMH), lancé le 22 décembre dans certaines provinces du Cameroun. _
Hostilité

Dans un article, le quotidien camerounais
Le Jour a annoncé que la délégation de l’UE au Cameroun avait choisi le PAEMH parmi divers programmes sur les droits humains qui lui avaient été proposés après un appel d’offre et finançait le projet pour 300.000 euros (285.000 selon nos informations).

Le programme a en effet été échafaudé par l’association des Adolescents contre le sida (Sid-Ado), avec l’expertise de l’Association de défense de l’homosexualité (Adefho) et du Collectif des familles d’enfants homosexuels (Cofenho). Trois structures qui ont en commun la « défenseure des homosexuels », marraine de Sid’Ado et présidente de l’Adefho et du Cofenho.

Menaces
« Je reçois des menaces de mort, d’agressions physiques, confie l’avocate à TÊTU. D’autres disent que l’Etat ne restera pas les bras croisés, qu’il faut m’arrêter. »
Lorsqu’on lui demande si elle fait l’objet d’une « fatwa », comme certains l’indiquent, elle répond : « On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête d’un extrémiste. Le fanatisme, insoupçonnable à vue d’œil, peut conduire les gens à commettre l’irréversible le plus idiot, le plus bête… »

D’où vient cette colère ? Me Alice Nkom évoque des jaloux, des xénophobes « qui n’ont pas liquidé leur haine du colon », ou encore aux « homophobes traditionnels, qui empruntent vite le raccourci “Tiens ! Ce sont les Européens qui ont apporté l’homosexualité au Cameroun et, maintenant qu’ils financent celle qui en fait l’apologie et la promotion, nos enfants ne vont pas résister à la tentation de la rejoindre dans l’espoir d’avoir une petite part du gâteau !” »

« Hors-la-loi »
D’autres nourriraient un sentiment de jalousie. « Des personnes qui auraient souhaité que cette subvention leur soit donnée à elles, et pas à nous, estime Stéphane Koche, chef du projet PAEMH et vice-président d’Adefho. Parce qu’elles pensent qu’elles remplissent les conditions pour recevoir une telle somme d’argent et qu’elles défendent des causes plus justes et plus honorables ; bref des causes défendables. Contrairement à nous… »

Me Alice Nkom ne compte pas sur une protection des autorités. « Je ne crois pas qu’elles considèrent qu’elles me doivent une quelconque protection ! »
Et Stéphane Koche d’enfoncer le clou : « Le porte-parole du gouvernement pense que nous sommes hors-la-loi.
Son conseiller technique n°1 l’a déclaré à la télévision dimanche. Si j’étais menacé, ce n’est certainement pas à eux que je demanderai protection ! ».

Une « fatwa » contre les homosexuels

http://yagg.com/2011/01/10/cameroun… Publié par Judith Silberfeld

« CONNIVENCE PASSIVE » Le site Camer.be, parmi d’autres, a repris la semaine dernière un texte d’un certain Sismondi Barlev Bidjocka, « journaliste, porte-parole de la jeunesse camerounaise », qui accuse les autorités camerounaises de « connivence passive » et « rappelle qu’en début d’année scolaire le Rassemblement de la jeunesse camerounaise a mené une campagne de sensibilisation dans les lycées et collèges contre la gangrène de l’homosexualité  ».

« Dans un pays sérieux, responsable et jaloux de sa souveraineté, la réaction ne devait pas se faire attendre, peut-on lire aujourd’hui sur ce même blog. Le Rassemblement de la jeunesse camerounaise mobilisera les jeunes pour une manifestation devant la représentation européenne à Mantanfen si le gouvernement ne réagit pas cette semaine. Nous demandons que ces financements soient officiellement interceptés et que le chef de délégation de l’UE soit convoqué. » « HAUTE VIGILANCE » « Nous devons être vigilants quant à [la] sécurité [d’Alice Nkom], explique le militant et universitaire Charles Gueboguo, cité par Mark Canavera. Elle est la seule avocate au Cameroun qui défend les droits des personnes LGBT, un travail qu’elle accomplit à titre gracieux. »
Dans une note publiée sur Facebook, Charles Gueboguo « en appelle par ce biais à une haute vigilance, pour que cette grande dame, qui n’a jamais cessé de combattre pour les droits humains au Cameroun, ne soit pas laissée seule entre les griffes de ce système homophobe… ».

De son côté, le Centre LGBT Paris IdF « demande aux institutions françaises et internationales de veiller à sa sécurité et d’intervenir avant qu’elle ne soit inquiétée ».

Deux homos incarcérés après des examens médicaux « dégradants »

Têtu par Habibou Bangré 19 octobre 2010,

Les deux accusés doivent comparaître le 12 novembre.
L’Association de défense de l’homosexualité et Alternatives-Cameroun se mobilise pour obtenir leur libération.

Tout est parti d’un larcin. Emmanuel est arrêté fin septembre à Yaoundé pour un vol perpétré au domicile d’une Française.

Lors d’une fouille à la compagnie de gendarmerie de Yaoundé, les éléments découvrent qu’Emmanuel possède des préservatifs et un lubrifiant qui porte la mention « Glisse entre mecs », selon les procès-verbaux d’enquête préliminaire que s’est procurée l’Association de défense de l’homosexualité (Adefho). Renvoi au 12 novembre

D’où vient ce matériel de prévention ? Le voleur désigne trois colocataires. Leur logement est perquisitionné, les trois occupants arrêtés et soumis à des examens anaux destinés à « confirmer » leur homosexualité.

« Les agents ont pratiqué des actes inhumains, cruels, dégradants s’apparentant à de la torture », peste, furieuse, Me Alice Nkom, présidente de l’Adefho.

A l’issue de l’examen médical, Roger et Marc, qui ont révélé leur homosexualité et disculpé Clément le troisième colocataire, sont incarcérés à la prison de Kondengui. « A l’audience du 8 octobre, l’affaire a fait l’objet d’un renvoi au 12 novembre prochain au tribunal de grande instance de Yaoundé », indique Me Alice Nkom, regrettant une affaire qui « pénalise lourdement le port du préservatif ».

Pas de flagrant délit

Selon l’article 347 bis du code pénal, Roger et Marc, 26 et 28 ans, encourent cinq ans de prison. Cependant, « l’affaire a été portée au tribunal par la procédure de flagrant délit - en l’espèce, il n y en a pas », souligne l’avocate.

En outre, « il ne leur a pas été rappelé qu’ils avaient droit à un avocat ni de garder le silence, a expliqué à Alternatives-Cameroun Me André Nlend, le défenseur des deux jeunes hommes.

Ils ont subi des examens médicaux forcés alors qu’ils étaient menottés. Il existe de nombreuses contradictions dans les procès verbaux établis, qui n’ont d’ailleurs pas été signés par mes clients. »

L’Adefho et Alternatives-Cameroun appellent à la libération immédiate de Bruno et Marc-Henri.
« Une requête a été introduite [en ce sens] auprès du juge du tribunal de première instance de Yaoundé et ils seront entendus pour cela le jeudi 21 octobre », annonce Alternatives-Cameroun.

Quant au voleur, Emmanuel, il ne serait même plus inquiété par la justice.

Climat d’acharnement contre l’homosexualité

Têtu par Habibou Bangré 07 septembre 2010

L’affaire qui met en cause deux Camerounais et un Australien accusés d’homosexualité traîne en longueur.
« Le dossier devrait déjà être classé » estime leur avocate, interrogée par TÊTU, alors qu’une autre dénonciation pour homosexualité a donné lieu à l’arrestation d’un quinquagénaire. Me Alice Nkom (ci-contre) ne cache pas son exaspération. En mars dernier, ses trois clients (deux Camerounais et un Australien) ont été arrêtés pour homosexualité dans le hall d’un hôtel de Douala. Une affaire qui ne semble pas près de trouver un épilogue.

Le procureur multiplie en effet les renvois. Motif ? Il exige la présence de tous les accusés. Une gageure. L’Australien John était de passage et s’en est retourné vivre dans son pays.
Stéphane, lui, a plié bagages pour la France, où il demande l’asile avec l’aide du comité de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie (Idaho) de Louis-Georges Tin. Quant à Jean-Jacques, originaire de Yaoundé, première ville camerounaise, il se terre.

Guet-apens contre un chef de village « Le dossier est tellement tordu et il y a eu tant de violations qu’il ne tient pas. Le procureur aurait dû les libérer et classer l’affaire sans suite dès le départ », commente l’avocate, présidente de l’Association pour la défense de l’homosexualité (Adefho).
Le prochain rendez-vous avec la justice est prévu le 6 décembre pour comparution des victimes et les débats. « Mais il n’y a pas de victime… », souligne Me Alice Nkom.

Le climat n’est décidément pas favorable aux gays dans ce pays d’Afrique centrale.
Le quotidien camerounais Le Jour relate l’arrestation fin août d’un chef de village de Mpalla (dans le sud) pris dans un véritable guet-apens pour le confondre en pleine relation homosexuelle.

Le jeune homme convoité par le quinquagénaire l’a piégé avec l’aide de la Direction générale de recherche extérieure (DGRE). Avant que la relation sexuelle ne soit consommée, le notable a été arrêté et conduit -menotté et nu - dans les locaux de la DGRE, où il a confessé les faits qui lui étaient reprochés.

Il devait être présenté au procureur vendredi 3 septembre selon le journal qui rappelle que s’il est reconnu coupable d’homosexualité, il risque une amende, et un emprisonnement allant de 6 mois à 5 ans de prison ferme.

Nouvel appel à la dépénalisation de l’homosexualité

Têtu par Habibou Bangré 20 août 2010

Human Rights Watch et Alternatives-Cameroun appellent le gouvernement à appliquer les recommandations du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies.

« Le Cameroun doit dépénaliser les pratiques sexuelles entre adultes consentants de même sexe. » Cet appel est signé de deux organisations pour les droits humains, l’américaine Human Rights Watch (HRW) et la camerounaise Alternative-Cameroun (AC), auteures d’un communiqué commun.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel message est lancé pour la dépénalisation de l’homosexualité, passible de cinq ans de prison. Seulement cette fois, la démarche est renforcée par le soutien du Comité des droits de l’homme des Nations Unies, à qui les deux ONG avaient exposé le 12 juillet « les violations et abus subis par des Camerounais sur la base de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre ».

Recommandation de l’Onu

En réponse, résument les organisations, le Comité des droits l’Homme des Nations Unies a « recommandé au gouvernement camerounais de mettre fin aux préjudices sociaux et à la stigmatisation dont sont victimes les personnes LGBT et d’adopter des programmes de santé publique “d’une portée universelle et qui assurent un accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à la prise en charge du VIH/Sida” ». Objectif : que le Cameroun se conforme au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont il est signataire.

Les recommandations seront-elles suivies d’effet ? Pas si sûr.
Interrogé par la BBC début juillet sur la demande d’asile d’un gay camerounais au Royaume-Uni, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma, a déclaré : « L’homosexualité est interdite par la loi, ça ne fait aucun doute. Mais ce que je peux souligner, c’est qu’aucun homosexuel n’est persécuté au Cameroun. »

Réagissant le même mois à la possibilité de la dépénalisation dans son pays, il avait par ailleurs indiqué que « le gouvernement applique les lois votées par les élus de la Nation dans un pays où 90% de la population est croyante (chrétiens et musulmans) ».

Laissant entendre que la loi répressive épouse les désirs du peuple. Un peuple qu’il ne faudrait pas contrarier avant la présidentielle de 2011 ? www.e-llico.com

LETTRE OUVERTE À PAUL BIYA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN, AU SUJET DES PERSÉCUTIONS POLICIÈRES HOMOPHOBES

Communication commune ADÉFHO | AFSUPES | TJENBÉ RÈD

Douala-Paris, 21 juillet 2010

Attn : Son Excellence Paul BIYA, Président de la République du Cameroun

C/c : Monsieur Bernard KOUCHNER, Ministre des affaires étrangères et européennes de la République française ;

Monsieur Lejeune MBELLA MBELLA, Ambassadeur du Cameroun en France, 73, rue d’Auteuil, 75116 Paris

Monsieur le Président,

Suite à la lettre que certains d’entre nous adressaient le 20 juillet 2006 avec Monseigneur Jacques GAILLOT, évêque de Parténia, à Votre Excellence au sujet de la mort du jeune Alim MONGOCHE en particulier et de la situation des personnes homosexuelles au Cameroun en général [1],

Nous regrettons de devoir revenir vers Votre Excellence au sujet de l’arrestation récente, au Cameroun, de deux Camerounais et d’un Australien soupçonnés d’homosexualité [2].

Selon la presse camerounaise qui rapportait ces faits le 29 mars dernier, l’un de ces deux Camerounais venait rendre visite à deux amis, le 26 mars, lorsqu’ils ont tous les trois été arrêtés dans le hall d’un hôtel à Douala. Stéphane M., militant camerounais de la lutte contre le sida, devait ainsi être présenté le 29 mars au procureur de la République à Douala-Bonanjo, après trois jours entre les mains de la police.

Le 26 mars, Stéphane M. descendait à cet hôtel, l’un des meilleurs de la ville, dans le quartier Bonanjo. Il était convié par deux amis, un Camerounais et un Australien, John.

Arrivé à la réception, s’étant fait annoncer, il attendait dans le hall lorsque, ses deux amis venant à lui, ils furent tous les trois pris par des policiers en civil qui attendaient là manifestement depuis un moment (peut-être avertis de la présence de personnes soupçonnées d’homosexualité par le personnel ou la clientèle de l’hôtel).

Les trois hommes furent conduits à la police judiciaire où ils sont restés jusqu’au 29 mars. Au commissariat, les deux Camerounais ont été sommés par les policiers d’avouer avoir entretenu des relations sexuelles avec l’Australien, ce à quoi ils se sont refusés, provoquant la colère des policiers qui se seraient alors juré de les envoyer à New Bell, la prison de la capitale économique du Cameroun.

Stéphane M., qui avait subi une opération chirurgicale quelques semaines auparavant, se trouvait dans un état de santé précaire ; venu pour rendre visite à des amis, il se retrouvait entre les mains de la police et pouvait même aller en prison. Les officiers auraient fait pression sur lui et sur l’autre Camerounais pour obtenir des aveux d’homosexualité, dans l’espoir que, pour les protéger, John débourse 5 millions de francs CFA (environ 7.630 euros).

Les trois hommes doivent leur salut à Me Alice NKOM, avocate et présidente de l’ADÉFHO (Association de défense des homosexuels) et du COFENHO (Collectif des familles d’enfants homosexuels), qui a écrit au procureur de la République près le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo pour dénoncer l’« illégalité de l’interpellation et du déferrement » des trois hommes. En effet, les textes camerounais ne condamnent l’homosexualité, passible de cinq ans de prison, qu’en cas de flagrant délit…

Votre Excellence a appelé, lors d’un discours prononcé le 10 février 2006, au respect de la vie privée.

Alors que la constitution de la République du Cameroun dispose en son préambule que le peuple camerounais est « résolu à (…) assurer le bien-être de tous (…) sans aucune discrimination », il nous paraît possible de souhaiter de nouveau que Votre Excellence rappelle Sa position, notamment :

1°) En ayant un geste envers la famille du jeune Alim MONGOCHE ;

2°) En engageant un processus de dépénalisation de l’homosexualité, comme y invite l’esprit de la constitution que le Cameroun doit à Votre Excellence ;

3°) En soutenant les associations qui militent pour que la vie privée soit respectée au Cameroun (notamment ADÉFHO, ALTERNATIVES CAMEROUN, COFENHO, PAN AFRICA ILGA ou PRODHOP, par ordre alphabétique) ;

4°) En soutenant les associations qui œuvrent pour que la prévention du sida au Cameroun soit effective aussi pour les personnes homosexuelles.

Daignez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.

Pour TJENBÉ RÈD (Fédération de lutte contre les homophobies, les racismes & le sida), le Président, David AUERBACH CHIFFRIN, Porte-parole suppléant et membre du comité de pilotage du Raac-sida (Réseau des associations africaines & caribéennes agissant en France dans la lutte contre le sida), Porte-parole du Collectif des ÉGOM (États généraux de l’outre-mer) dans l’Hexagone,

Pour l’ADÉFHO (Association pour la défense des homosexuels), la Présidente, Alice NKOM, marraine de l’association Sid’ado (Les adolescents contre le sida) Douala Cameroun

Pour l’AFSUPES (Association des frères et soeurs unis pour l’espoir et la solidarité), le Président, Maurice Éloi ABINA Douala Cameroun

Prison ferme pour deux hommes arrêtés après un rapport sexuel

Têtu Par Habibou Bangré 14 juin 2010
Les deux condamnés, qui avaient été arrêtés le 25 mars après une dispute, ont écopé de cinq mois de prison ferme.
L’Association de défense de l’homosexualité au Cameroun se déclare « attristée » et « assommée ».

Emile et Fabien ont été « lourdement condamnés à cinq mois de prison ferme ! » L’Association de défense de l’homosexualité (Adefho) se déclare « attristée » et « assommée » par la décision de justice prononcée vendredi à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun.
« Le dossier est pourtant vide, et l’accusation sans base », confie à TÊTU Sébastien Mandeng, vice-président de l’Adefho.
Les deux condamnés, qui encourraient cinq ans de prison, avaient été arrêtés le 25 mars. Selon Emile, Fabien lui a demandé une somme d’argent après leur rapport sexuel.
Une dispute s’en était suivie, attirant l’attention d’une patrouille de gendarmerie.

La justice réclame le retour d’un Australien

A noter que l’affaire des deux Camerounais et de l’Australien jugés pour homosexualité a été renvoyée au 2 août. Ce délai permettra à la justice de Douala – la capitale économique, où Jacques, Stéphane et John ont été arrêtés le 26 mars – d’étudier les documents fournis par l’avocate des trois accusés, Alice Nkom, par ailleurs présidente de l’Adefho.

En renvoyant l’affaire le 7 juin, le juge aurait en outre exigé la présence de l’Australien qui, simplement de passage au Cameroun, était rentré dans son pays. Le magistrat aurait ajouté qu’il disposait de moyens pour le faire revenir… S’avance-t-on vers un bras de fer Yaoundé et Canberra ?

Un Australien et deux Camerounais en justice pour homosexualité

Un procès pour homosexualité visant deux Camerounais, membres de l’association Alternatives-Cameroun, et un Australien s’est ouvert récemment à Douala, puis a été renvoyé au 7 juin a-t-on appris lundi auprès de cette association de défense des droits de l’Homme. Les trois hommes "ont été traduits en justice pour homosexualité", a affirmée à l’AFP Steave Nemande, défenseur des homosexuels et président d’Alternatives-Cameroun.

"La première audience de leur procès a eu lieu le 5 (avril) à Douala", la capitale économique, "et l’affaire a été renvoyée au 7 juin à la demande de leur avocate", a-t-il ajouté.

Le 26 mars, les trois hommes avaient été interpellés par la police dans "le hall" d’un hôtel de Douala et "gardés à vue sans aucune preuve" pendant trois jours avant d’être libérés, d’après Steave Nemande.

Ils risquent jusqu’à cinq ans de prison, selon la législation camerounaise qui interdit les pratiques homosexuelles.

En 2009, cinq Camerounais ont été arrêtés pour homosexualité, parmi lesquels "quatre ont séjourné en prison à Douala et Ebolowa (sud) ", selon Alternatives-Cameroun, qui réclame "la dépénalisation des pratiques homosexuelles au Cameroun".

Mis en ligne le 13/04/2010

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Citations

« Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours » Benoîte Groult

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