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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Canada (4)

Le mariage homosexuel au Canada : vers l’inévitable choc de la primauté des droits

Publié par ysengrimus le 15 mars 2009 http://ysengrimus.wordpress.com/200…

Au Canada, les homosexuels se marient.
Notre carte nationale est intégralement arc-en-ciel et ce, depuis le début du siècle.
Nous sommes le quatrième pays au monde ayant pris ce tournant décisif (coiffé au fil d’arrivée uniquement par les Pays-Bas, par la Belgique et, de l’épaisseur d’un cheveu, par l’Espagne).
Nous sommes le premier pays des Amériques à respecter et à protéger juridiquement l’intégralité de l’amour.
Même nos politiciens conservateurs, pense-petits, vétillards, démagogues et rétrogrades, n’osent plus soulever la question de la définition du mariage et les diverses tartufferies afférentes.
S’ils osaient, ils se mettraient à dos et le Canada juridique, raide et sourcilleux, qui interprète notre ci-devant charte des droits, et le Canada libertaire, débridé et séditieux, qui prendrait sans hésiter la rue sur cette cause, surtout dans nos trois pétales de villes : Montréal, Toronto, Vancouver.

L’affaire du mariage homosexuel est donc close au Canada… juridiquement, s’entend.
Ethno-culturellement, c’est une toute autre histoire.
Le multiculturalisme canadien paie, particulièrement sur cette question importante, le prix de sa non prise en compte de la tangible possibilité des dérives communautaristes.
Certains de nos compatriotes planétaires viennent de régions du monde encore profondément patriarcales et où l’homophobie est purement et simplement une norme d’acier, implicite, évidente, sereinement dogmatique.
Un enseignant de souche africaine d’une école secondaire du grand Toronto faisait récemment la promotion de la diversité des orientations sexuelles, en stricte conformité avec le programme académique de la province canadienne de l’Ontario.
Un de ses élèves, de souche africaine aussi, lui annonça intempestivement que, s’il parlait comme ça de l’homosexualité en la valorisant, c’est qu’il n’était pas un vrai africain
Il y a aussi le cas de ce jeune homme, libanais de seconde génération, musulman, que sa mère a surpris au lit avec un autre homme… et qui, depuis reçoit le sermon unilatéral, rigide, sectaire et parfaitement illégal (couperosé notamment de menaces de mort) qu’elle lui a servi, craint que ses droits canadiens ne le mènent directement en « enfer »…
Notons, et c’est absolument capital, que la dérive communautariste ne se restreint aucunement aux néo-canadiens.
Nos bons compatriotes du cru, alors là, comprenons-nous bien, ne sont pas en reste.
On peut ainsi mentionner ce jeune catholique de souche que son école catholique de souche a voulu empêcher d’aller au Bal de Graduation avec son amoureux, tout aussi catholique de souche.
Ces deux là, certainement moins impressionnables que ne l’auraient été certains de nos compatriotes immigrants, sont allés dare-dare devant les tribunaux et ont eu gain de cause… juste à temps pour le bal.
La charte canadienne des droits et libertés prime, en terre canadienne, sur les diktats des cultes et des sectes que notre multiculturalisme, tout aussi canadien et, il faut bien le dire, passablement élastique, autorise pourtant, malgré tout… et fort paradoxalement.

Il est clair, il est criant, il est patent qu’un jour ou l’autre, le choc de la primauté des droits va vraiment claquer sec sur cette question incontournable.
Nos réactionnaires canadiens de souche, catholiques irlandais, italiens, canadien-français, et protestants anglais, écossais, loyalistes (dont les deux cultes sont, trois fois hélas, protégés par la vieille constitution canadienne de 1867) vont, à un moment ou à un autre, établir leur jonction « solidaire » (de la solidarité calculatrice des causes circonscrites) avec nos réactionnaires néo-canadiens patriarcaux, issus de tous les coins du monde, musulmans, hindous, juifs, sikhs, pour chercher de nouveau à coller l’homosexualité masculine et féminine (ainsi, corollairement, que l’égalité essentielle des hommes et des femmes) au mur.
En visite, il y a quelques années, dans un grand pays dont je tairai ici le nom (il ne s’agit pas de cibler un groupe ethnique ou un autre mais bien de cerner un problème de principe), le premier ministre du Canada de l’époque de la mise en place du mariage homosexuel s’est fait niaiser et ridiculiser par des officiels bien couillus et bien railleurs qui se payaient sa poire en se tenant les côtes parce qu’il venait d’un pays où les gens de même sexe se marient.
Notre premier ministre, modeste et discret comme tout premier ministre canadien terne et blême qui se respecte, n’était pas chez lui.
Il a donc écrasé le coup sans faire de vague… fournissant ainsi, en fait, sans malice, l’exemple à suivre, en ces temps de transition de la grande plaque tectonique des mentalités. Simple. À Rome, il a fait comme les Romains…

Il va, un jour, falloir promouvoir cet exemple sous notre beau drapeau unifolié nunuche et mollasson, et choisir son camp.
On va un jour, c’est triste mais c’est comme ça, devoir dire à certaines personnes : à Rome, eh bien… vous faites comme les Romains. Si vous aspirez à vivre en ce pays, à bénéficier de son mode de vie et de ses libertés si durement acquises, il va falloir respecter… son mode de vie et ses libertés si durement acquises.
Il va falloir, un jour ou l’autre, le dire. C’est d’autant plus douloureux, emmerdant, contrariant, que le multiculturalisme est aussi une valeur canadienne et que de devoir l’écorner ainsi ne se fera pas sans arguties, jonglages et dilemmes divers.
Mais bon, la liberté d’expression pleine et entière aussi est une valeur canadienne, et cela n’en rend pas la propagande haineuse, le racisme, l’antisémitisme plus légitimes ou légaux.
Il faut ajuster, accommoder et surtout, trancher sans faillir ce nœud gordien du paradoxe du choc des droits… Racisme : non. Sexisme : non. Homophobie : non. Fin du drame.
J’avale alors la pilule et me console comme suit. Si nos compatriotes néo-canadiens passionnels provenaient de quelque république communiste rouge vif, ils se feraient dire, vite fait bien fait, d’écraser le coup avec leur doctrine prolétarienne libertaire et de respecter le bon capitalisme canadien ronron, en la ravalant, en vitesse, leur petite conception trublionne de la lutte des classes…
Le souci multiculturel de nos sophistes juridiques unifoliés prendrait le bord de la sortie sans complexe, face à des cocos utopiques aux idées sociales élargies.
Et, alors, alors seulement, le choc de la primauté des droits ne soulèverait pas le dixième des arguties que nous impose notre complaisance, aussi excessive que suspecte, devant le tataouinage abscons des cultes, le byzantinisme veule des sectes, la tyrannie rigide des croyances irrationnelles et le flafla bringuebalant des temples portatifs. Conclueurs, concluez.

Voici donc ma prise de parti. Limpide. L’égalité essentielle des hommes et des femmes et l’intégralité des droits, matrimoniaux, parentaux et comportementaux, des personnes de toute orientation sexuelle prime, au Canada, sur toute autre croyance ou diktat.
L’égalité des hommes et des femmes et la diversité des orientations sexuelles sont des droits fondamentaux, axiomatiques, inaltérables, inaliénables. Ce sont des droits de la personne, au sens le plus crucial du terme. Quiconque veut vivre au Canada doit respecter ces droits en toutes circonstances, comme nous nous devons tous de respecter l’égalité des races, l’égalité des chances et le droit à la libre expression. Il n’est pas possible de s’adapter convenablement en terre canadienne sans intérioriser la complète symétrie des droits hétérosexuels et homosexuels et l’intégrale égalité des hommes et des femmes. Ces droits priment sur toutes autres croyances, convictions ou valeurs.

Et… le monde entier, un jour, comprendra cela. Je demeure, l’un dans l’autre, optimiste.

L’homosexualité au Canada de fond en comble

http://francopresse.ca/index.cfm?Id…

Rendall Sylvain

OTTAWA – À partir du recensement de 2006 et avec l’aide de nombreuses études menées par certains médias, Statistique Canada a dressé le portrait de l’orientation sexuelle de l’ensemble des Canadiens, portrait qui semble démontrer que l’homosexualité prend du galon.

Bien avant de dévoiler les résultats de l’étude, Statistique Canada rappelle qu’elle « ne possède ni le nombre exact de personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, ni le nombre de personnes transgenres, mais l’organisme envisage de quantifier certaines estimations à partir de différentes enquêtes et du recensement. »

Le recensement de 2006 a tenu compte des couples de même sexe, mariés ou vivant en union libre.
Sans surprise, la moitié de l’ensemble des couples de même sexe au Canada vivait dans les trois plus grandes régions métropolitaines de recensement (RMR).

Statistique Canada confirme effectivement que l’homosexualité est plus présente dans les grosses agglomérations canadiennes : 21,2% de la proportion de tous les couples de même sexe peuplent le Grand Toronto, comparativement à 18,4% à Montréal et 10,3% à Vancouver.

L’étude chiffre à 45 300 le nombre de couples de même sexe en 2006. Du lot, 7500 (16,5%) se sont unis par les liens sacrés du mariage, tandis que 37 900 (83,5%) vivaient en union libre.
Dans 53,7% des couples s’étant liés, le sondage dénombre en majorité des hommes, comparativement à 46,3% des femmes.

L’étude détaillée donne une bonne indication du statut de l’homosexualité par province. Par exemple, la province de Terre-Neuve-et-Labrador compte 615 conjoints de même sexe, dont 460 dans la municipalité de St. John’s.

À l’Île-du-Prince-Édouard, 285 répondants se sont manifestés et 135 habitent Charlottetown.

La Nouvelle-Écosse est la province de l’Atlantique qui remporte la palme avec 2515, dont 1630 qui demeurent à Halifax.

Au Nouveau-Brunswick, ils sont 1545 éparpillés à Moncton (575), Fredericton (270) et Saint John (220).

La Belle Province constitue un bassin important de la communauté homosexuelle : 27 370 occupent le Québec, dont 2670 dans la Vieille Capitale, 16 725 à Montréal, 410 à Trois-Rivières, 460 à Sherbrooke, 435 au Saguenay Lac-Saint-Jean et 1230 à Gatineau.

Tout comme le Québec, l’Ontario est une place de choix pour les couples de même sexe comme en font foi les 35 020 unions qui se retrouvent un peu partout dans la province : 80 à Hawksbery, 85 à Timmins, 185 à North Bay, 1655 à Hamilton, 19 240 à Toronto, 3600 à Ottawa, 125 à Cornwall, 1340 à London et 570 à Windsor.

Au Manitoba, la plupart des homosexuels sont concentrés à Winnipeg : 1515 de ces couples sur 1870 y habitent.

En Saskatchewan (1130), deux marchés sont prisés, soit Régina avec 315 et Saskatoon avec 480.

Il va de même pour l’Alberta qui dénombre 6105 couples homosexuels, réparti notamment à Calgary (2820) et à Edmonton (2125).

Par ailleurs, Statistique Canada a recensé 14 075 partenaires de même sexe, dont 9370 peuplent le Grand Vancouver et 1440 Victoria.

Le sondage indique que peu d’entre eux vivent aux Territoires du Nord-Ouest (80), au Yukon (55) et au Nunavut (30).

Multiples études En plus du Recensement de 2006, Statistique Canada a garni son évaluation à l’aide de différentes études publiées. L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, publiée le mardi 15 juin 2004, rapporte que 1,0% des Canadiens âgés de 18 à 59 ans sont sortis du placard (gai ou lesbienne) en 2003, comparativement à 0,7% des Canadiens du même âge ayant déclaré se considérer comme des bisexuels.

De plus, le 14 juin 2010, Statistique Canada, avec l’aide du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), rapportait que 16% des crimes haineux ont été motivés par l’orientation sexuelle en 2008, soit 159, pratiquement le double du nombre enregistré en 2007. Qui plus est, 75% des crimes haineux motivés par l’orientation sexuelle en 2009 étaient de nature violente.

Finalement, dans une autre étude datant de 2004, soit l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, l’institution fédérale rapportait que la proportion des homosexuels et des bisexuels qui ont déclaré avoir été actifs physiquement en 2003 se chiffre à 31,4%, comparativement à 25,4% des hétérosexuels.

La fierté gay en chiffres : www42.statcan.gc.ca/smr08/2008/smr08_118_2008-fra.htm

Couples homosexuels

http://grandquebec.com/psychologie-…

C’est en juillet 2005 que le gouvernement canadien légalise le mariage de personnes de même sexe. À la suite de cette décision, Statistique Canada tient compte de ces mariages dans ses recensements. Le dernier recensement révèle qu’en général le nombre de couples de conjoints du même sexe a connu une hausse importante de 33% entre 2001 et 2006. Selon les données de 2006, c’est au Québec qu’on retrouve la plus forte proportion de couples homosexuels au Canada. Ils représentent 0,8% des mariages. Par contre, en 2006, on enregistre au Canada 45 345 couples gays mariés ou vivant en union libre.
C’est 0,6% de la population canadienne qui vit en couple composé de personnes du même sexe.
Cette situation fait dire aux experts que le Québec est devenu la plus compréhensive de toutes les provinces et territoires du Canada en ce qui concerne l’homosexualité.
On aperçoit une évolution importante dans les mentalité des gens qui sont moins gênés de révéler leur orientation sexuelle.

Toutefois, notons que la majorité de ces couples ne sont pas mariés.
Seulement 700 mariages homosexuels ont été célébrés au Québec depuis 2005, année de l’officialisation de ces mariages.
En Ontario, environ 7000 mariages gays ont eu lieu dans la même période.
C’est d’ailleurs à Toronto que l’on trouve le plus grand nombre de couples gays.
Par contre, ces chiffres correspondent à peu près au nombre de mariages hétérosexuels, les Québécois repoussant massivement le mariage « officiel ».

Admettons pourtant qu’il avait une confusion possible dans la question qui établissait la relation de mariage lors du dernier recensement. En effet, on avait plusieurs choix à cocher (époux, union libre de sexes opposés, union libre du même sexe, conjoints mariés de même sexe et un espace pour préciser le statut par écrit). Certains ont préféré cocher la case époux et d’autres ont complété la case d’explications. D’autres ont coché trois cases.
Pour un premier recensement qui porte aussi sur les couples gays, la situation est compréhensible et Statistique Canada assure avoir tenu compte de tous les chiffres et que les résultats sont valables. Lors du prochain recensement, le questionnaire sera vraisemblablement modifié

Un officier d’état civil ne peut refuser de célébrer un mariage gay

La Cour d’appel de la province canadienne de Saskatchewan a jugé qu’un officier d’état civil n’a pas le droit de refuser de célébrer un mariage entre personnes de même sexe en invoquant sa foi religieuse.
E-llico.com Mis en ligne le 11/01/2011

La Cour avait été saisie d’un projet de loi de la province qui permettrait à un officier d’état civil de refuser de célébrer une cérémonie civile contraire à ses convictions religieuses, et de transférer éventuellement cette tâche à un confrère.

Cette disposition a été jugée "inconstitutionnelle" par la Cour dans la mesure où elle "violerait l’égalité en droit des gays et des lesbiennes".

Plusieurs églises protestantes, dont l’Eglise adventiste du septième jour, d’une part, et des organisations de défense des libertés civiles et de défense des droits LGBT d’autre part, s’affrontaient dans cette procédure judiciaire déclenchée par le refus, en 2006, d’un officier d’état civil de célébrer un mariage entre deux hommes.

En Saskatchewan, un mariage peut être célébré officiellement tant par un officier d’état civil que par un membre du clergé, catéchiste ou missionnaire autorisé par une communauté religieuse, un représentant de l’Armée du Salut ou un rabbin.

La Cour suprême du Canada a confirmé en 2004 la validité légale du mariage homosexuel. Depuis 2003, plusieurs milliers en ont été célébrés, la plupart en Ontario et en Colombie Britannique.

affrontements lors d’une manifestation de néo-nazis anti-gays

Au moins deux personnes ont été blessées et trois autres arrêtées lors d’affrontements samedi entre un groupe de néo-nazis et des manifestants anti-racisme à Calgary au Canada. Une trentaine de membres de la Garde aryenne célébrant la "Journée mondiale de la fierté blanche" qui défilaient ont été pris à partie par près de 500 manifestants scandant "Racistes, sexistes, anti-gays, Garde aryenne va-t-en !". Ces échauffourées ont provoqué l’intervention de la police.

Mis en ligne le 14/03/2009

Un internaute homophobe condamné pour des écrits haineux

Un Canadien raciste et homophobe a été condamné à quatre mois de prison et à une restriction de l’utilisation de l’internet pendant trois ans par un tribunal de la province canadienne de Colombie britannique pour des écrits haineux mis en ligne sur l’internet. Le juge a estimé que Keith Francis William Noble, 31 ans, avait "volontairement fait l’apologie de la haine contre des groupes identifiés par leurs noms - juifs, Noirs, homosexuels, non Blancs et personnes métisses. Cette condamnation a été qualifiée d’inhabituelle par la police, qui a souligné que "le taux de conviction pour des délits liés à l’internet était très faible".

Mis en ligne le 06/02/2008

Toronto veut recruter des flics gay

Poursuivant ses efforts de diversité en matière de recrutement, la police de Toronto (Canada) lance une opération de recrutement dans les quartiers gay de la ville, rapporte le "London Free Press", un journal canadien.
"Notre service doit refléter la diversité des communautés de la ville" indique un porte-parole de la police.

Mis en ligne le 21/02/07

Entrée en vigueur de la loi sur le mariage homosexuel

La loi autorisant le mariage homosexuel est entré en vigueur mercredi au Canada. Le Canada devient officiellement le 4e pays à reconnaître l’union entre conjoints de même sexe après les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne, le mois dernier.

Mardi soir, les sénateurs ont mis fin à l’un des plus houleux débat de l’histoire canadienne en approuvant par 46 voix contre 22 le projet de loi C-38 conférant aux couples homosexuels le droit au mariage et à l’adoption.

Ils ont ainsi rejeté un amendement déposé par les sénateurs conservateurs visant à maintenir la définition traditionnelle du mariage. La semaine dernière, des groupes religieux, dont le primat de l’Eglise catholique du Canada, avait exhorté le Sénat canadien à ne pas adopter cette loi invoquant la sauvegarde "de l’institution fondamentale" du mariage hétérosexuel.

En dépit de ces pressions, les sénateurs ont entériné le projet de loi voté le 28 juin dernier par les députés canadiens et qui avait divisé les rangs des libéraux du Premier ministre Paul Martin forcé d’obtenir l’appui du Nouveau parti démocratique, une petite formation d’opposition de gauche, et des indépendantistes québécois.

La loi sur le mariage gay contraint deux provinces récalcitrantes, l’Alberta et l’Ile du Prince-Édouard d’admettre les droits des couples homosexuels, déjà reconnus par les autres provinces canadiennes.

Le leader conservateur Stephen Harper a promis d’abroger la loi sur le mariage homosexuel dans l’éventualité où son parti remporterait les prochaines élections fédérales annoncées pour l’hiver prochain.

Selon un récent sondage Ipsos-Reid, 55% des Canadiens estiment que le prochain gouvernement ne doit toutefois pas annuler la loi sur le mariage gay.

Mis en ligne le 21/07/05

L’homosexualité au Canada. Les années 1960

Durant les années 60 (et antérieurement), les tribunaux considèrent l’homosexualité comme un acte de grossière indécence, passible de poursuites et de condamnation criminelle.
Les homosexuels sont alors victimes de la répression policière, ecclésiastique et populaire ; l’église considère les homosexuels comme des pécheurs, la médecine comme des malades mentaux et la loi comme des criminels.
Tous les jours, les policiers présentent une cause d’homosexualité devant les tribunaux.
Les condamnés peuvent être emprisonnés pour une période de cinq ans.
Cette répression force les homosexuels canadiens à vivre dans la clandestinité.

En 1968, des gais et lesbiennes sont pour la première fois interrogés à la télévision de Radio-Canada à l’émission Dossier présenté par Bernard Derome.
L’une des invitées, Jeannine Mahès, est poursuivie, emprisonnée et internée à Saint-Jean-de-Dieu quelques jours après l’entrevue, puis elle perd la garde de sa fille qu’elle ne peut revoir durant quinze ans.

À la même époque, George Klippert, un mécanicien de Yellowknife, est emprisonné durant quatre ans pour avoir dit aux policiers qu’il avait eu des relations avec d’autres hommes.
Son cas se rendit jusqu’en Cour suprême du Canada et c’est son histoire qui poussa le ministre de la justice, Pierre Elliott Trudeau, à revoir le code criminel en regard à l’homosexualité.
George Klippert est la dernière personne au Canada à être arrêtée, inculpée, poursuivie, condamnée et emprisonnée pour son homosexualité.

Le 14 mai 1969, le gouvernement Trudeau réforme le Code criminel du Canada et décriminalise les actes homosexuels en présentant le bill omnibus : « Tout ce que nous proposons comme amendement au code pénal, c’est ce qui se fait entre deux adultes consentants, ça ne regarde pas la police. Nous n’autorisons pas l’homosexualité, mais n’allons pas punir, nous n’allons pas envoyer des policiers pour voir ce qui se passe entre adultes majeurs consentants, en privé. Les années 1970 Bien que le bill omnibus de Trudeau décriminalise l’homosexualité, le quotidien des homosexuels demeure difficile au Québec et au Canada.
Jusqu’au milieu des années 1970, l’homosexualité est considérée comme une maladie mentale au sein de la communauté médicale.

Jusqu’alors, la thérapie par électrochocs, insuline et lobotomie était préconisée par les psychiatres.

En 1971, le Front de libération homosexuel (FLH) est le premier regroupement gai du Canada. Le mouvement est né après une descente policière dans un bar des États-Unis, le Stone Wall Inn, où se déroula l’une des plus grande émeute en Amérique entre gais et policiers.
Au Canada, le Front de libération homosexuel ne dure qu’un an, victime de la répression policière

La première manifestation gaie au Canada se déroule devant le parlement du Canada à l’automne 1971.

À Montréal, durant les Jeux olympiques d’été de 1976, le maire Jean Drapeau lance une offensive de nettoyage des rues de la ville.
On tente de cacher les taudis, les sans abris et les bars/saunas gais.

Le soir du 21 octobre 1977, vers 23 heures, des policiers de Montréal, munis de gilet pare-balles et de mitrailleuses, effectuent la plus grosse descente jamais effectuée dans un bar.
Plus de 145 clients du bar TruXX sont arrêtés et accusés. Cette opération policière constitue la plus importante opération de masse depuis la crise d’octobre[1].
Le lendemain des arrestations, plus de deux milles personnes manifestent spontanément dans les rues du centre-ville de Montréal.

Jusqu’en 1977, Citoyenneté et Immigration Canada refuse toujours l’accès au territoire canadien à tout homosexuel déclaré.

En décembre 1977, pour la première fois en Amérique, le ministre de la justice québécois Marc-André Bédard présente un amendement avant-gardiste à la Charte des droits et libertés, interdisant toute forme de discrimination sur la base de l’orientation sexuelle.

En 1979, la commission des écoles catholiques de Montréal refuse la location d’un local à une association gaie. Après un jugement de la cour, les gais obtiennent pour la première fois gain de cause grâce à la Charte des droits de M. Bédard.

Dans plusieurs provinces canadiennes, le mariage entre conjoints de même sexe fut légalisé suite à des procès dans lesquels les juges ont déterminé que la loi existante sur le mariage (le limitant aux couples hétérosexuels) était anticonstitutionnelle. Le 20 juillet 2005, le Canada légalise le mariage homosexuel en adoptant la Loi sur le mariage civil.

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Citations

La femme est le trône de Satan, la pudeur lui est à charge ; fuis-la, lecteur. B. de Morlas, cité par Delumeau, La peur en Occident, coll. Pluriel, Éd. Hachette.

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