Les homosexuels de Hong Kong discriminés au travail
E-llico.com
Mis en ligne le 18/05/2012
Pas moins de 85% des LGBT exerçant une activité professionnelle affirment souffrir d’exclusion en raison de leur orientation sexuelle, révèle cette enquête réalisée auprès de 628 personnes pour le compte de la banque britannique Barclays.
Un total de 71% disent mentir au sujet de leur vie privée et 53% se sentent "épuisés, déprimés et stressés" par leur environnement au travail.
Quarante pour cent se déclarent malheureux au travail et 22% ont démissionné ou envisagé de le faire.
"Hong Kong a beaucoup à perdre si l’environnement (du travail) est discriminatoire", a réagi Richard Seeley, directeur général des opérations de Barclays à Hong Kong, lors d’une conférence de presse.
Hong Kong, tout comme Singapour, ne reconnaît pas les relations entre personnes du même sexe et se prive d’étrangers très qualifiés lorsque ceux-ci se voient par exemple refuser un visa d’accompagnement pour leurs concubins.
Hong Kong a décriminalisé l’homosexualité en 1991, quand le territoire était toujours colonie britannique, mais les conservatismes perdurent, selon les défenseurs des droits des minorités sexuelles.
L’étude montre toutefois une évolution des mentalités, 80% de 1.002 Hongkongais interrogés sans distinction de préférences sexuelles jugeant la discrimination des minorités LGBT "inacceptable".
Les jeunes ne désapprouvent pas l’homosexualité
Très peu de jeunes Chinois réprouvent les homosexuels, selon l’un des sites de rencontre plus populaires du pays.
Selon un sondage mené sur Jiayuan.com, 83% des Chinois nés entre 1980 et 1989 ne désapprouvent pas l’homosexualité ; à peu près le même pourcentage a été observée chez les personnes nées dans les années 1990.
Plus de 85.000 personnes ont été interrogés lors du sondage.
Mis en ligne le 17/02/2012
Des millions de mariages de façade pour les gays
Un professeur d’université chinois estime que 16 millions de femmes dans le pays le plus peuplé du monde sont mariées à des homosexuels.
Une situation qui révèle l’énorme pression sociale qui pèsent sur les gays et qui génèrent des dommages pour eux et les femmes qu’ils épousent.
E-llico.com Mis en ligne le 07/02/2012
Dans le quotidien "China Daily" qui consacre une large place au phénomène, l’universitaire estime que jusqu’à 90% des hommes gay chinois se marient pour se conformer à des normes sociales.
Selon le professeur Zhang Bei-chuan, 16 millions de femmes - l’équivalent de la population des Pays-Bas - seraient dans une situation de détresse résultant de ces mariages.
L’effet dommageable de ces unions de façade a été mis en évidence par une femme de 29 ans, Xiao Yao, qui a été mariée à un homme gay et dirige maintenant un site Web d’assistance pour les femmes dans des situations similaires.
Elle explique dans les colonnes du journal que "la plupart des épouses d’hommes gay souffrent en silence, avec des maris qui ne peuvent jamais les aimer et qui, comme cela a été mon cas, ont été violentées par des hommes qui vivent sous une pression énorme".
Toutefois, le chiffre avancé par l’universitaire est contesté au sein de la communauté gay chinoise qui le juge exagéré.
"Les hommes gay et les femmes de gays sont tous les deux victimes de discrimination et de stigmatisation.
Il ne faut pas blâmer simplement les uns ou les autres, estime un gay chinois. interrogé par "China Daily".
Un nouveau phénomène apparaît ces derniers temps qui consiste à contourner autant que faire se peut les dommages des mariages de façade.
Des sites de rencontre en ligne permettent à des gays et à des lesbiennes de conclure des mariages de convenance.
L’homosexualité a été dépénalisée en République populaire en 1997 et son statut comme un trouble mental révoqué en 2001, mais la protection juridique des homosexuels est minime, sans droit au mariage, ni loi anti-discrimination et des règles de censure fortes.
Le déracinement des lesbiennes
Têtu par Charlie Vandekerkhove jeudi 24 novembre 2011,
Dans un pays où l’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales en 2001, indépendance financière et éloignement des familles permettent aux jeunes lesbiennes de vivre leur sexualité librement.
Reportage, à Kunming, au sud-ouest de la Chine.
Il est encore tôt, ce samedi soir.
Dans le bar aux canapés rouges, une quinzaine de filles tout au plus.
Par groupes de cinq ou six, elles discutent, accoudées à de grandes tables noires, en sirotant leur Dali, la bière locale, dans des verres à shooters.
Une chanson en espagnol, tirée du film 2046, du célèbre réalisateur hongkongais Wong Kar-wai, se fait entendre au-dessus des discussions animées et des rires.
Une atmosphère conviviale et tranquille, interrompue seulement par les salves de musique techno qui entrent quand la porte s’ouvre.
Le Ta-Ta (« elle-elle » en chinois) est l’un des deux bars lesbiens de Kunming, une ville de 7 millions d’habitants, en pleine expansion, et la capitale du Yunnan, une région pauvre du sud de la Chine. Le bar est situé en plein cœur de Kundu, où pullulent les boîtes de nuit les plus kitsch -l’une a la forme d’un temple grec- et où se croisent la jeunesse chinoise branchée et les « expats », venus dépenser leur argent.
« Au lycée, ça n’a pas posé de problème »
Au Ta-Ta, la clientèle est exclusivement chinoise : des filles qui ont entre 20 et 25 ans, et qui pour la plupart ont quitté leur région natale.
C’est le cas de Jingyan, 22 ans, une petite brune à fossettes et aux yeux rieurs, qui étudie le français.
Originaire du Hebei, une province agricole à la périphérie de Pékin, elle avoue profiter ici de l’éloignement de sa famille, restée à l’autre bout du pays : « Mes amis savent que je suis lesbienne, mais pas mes parents.
Je devrais leur dire, mais c’est trop dur. »
Sa première copine, elle l’a pourtant rencontrée dans sa ville d’origine, alors qu’elle avait 15 ans.
« Nous étions au lycée, ça n’a pas posé de problème.
Les jeunes sont plus ouverts. Au lycée comme à la fac, on s’affiche plus facilement. »
Jingyan analyse la situation en termes de génération : « En Chine, la génération des années 80 a marqué un tournant décisif.
De nombreux changements sont arrivés dans la société grâce à elle.
Des changements dont nous, les plus jeunes, profitons aujourd’hui.
C’est particulièrement vrai pour les lesbiennes : beaucoup ont fait leur coming out à cette époque, et cela nous facilite les choses aujourd’hui.
Mais avec les parents, c’est beaucoup plus difficile. »
Tomboy et pretty tomboy
23 heures et le bar est déjà plein : ce soir, c’est Karaoké, le passe-temps favori des Chinois.
Pour l’occasion, quelques amis gays se sont déplacés et rejoignent l’estrade pour chanter.
L’un d’eux demande à celle qui l’accompagne, Linying de les rejoindre.
En vain. Cheveux courts et t-shirt de marque, Linying préfère exhiber fièrement des photos de sa petite amie sur son téléphone portable : « Elle est belle, hein ? » Belle oui, mince, pâle, les cheveux longs.
Fidèle aux canons de la beauté asiatique, et aussi féminine que Linying est masculine.
Jinyang explique : « En Chine, si tu es lesbienne, tu te définis comme T ou P, et souvent il y a les deux dans un couple. » Comprendre « Tomboy », garçon manqué, ou « Pretty tomboy », version féminine.
A 24 ans, Linying est financièrement indépendante et vit loin de sa famille.
« Je préfère ça plutôt que d’être forcée de me marier à un homme. Je connais des filles à qui c’est arrivé, les parents ont fait pression. »
Linying a déjà tenté d’aborder le sujet : « J’ai essayé de dire à ma mère que j’étais lesbienne, confie-t-elle. Elle n’a pas voulu me croire. Je n’en ai plus jamais reparlé. »
« Je fais comme si je n’avais pas de parents »
Xuan, 22 ans, est serveuse au Ta-Ta depuis quelques mois.
Derrière ses lunettes sans verres, elle raconte qu’elle est arrivée il y a un an à Kunming, pour suivre sa copine, étudiante.
« Je travaille ici tous les soirs, pour 9 000 yuans par mois (1 030 euros, ndlr) ».
Un salaire énorme à l’échelle de la Chine, où la moyenne est de 2 000 yuans (230 euros).
Xuan se voit vivre à Kunming encore longtemps : « J’ai fait des études de journalisme. J’ai travaillé pour des magazines, mais ça ne payait pas assez, alors j’ai arrêté.
Je voudrais ouvrir mon propre bar, ou une boutique de vêtements. »
Quant à sa famille, elle est restée en Mongolie intérieure, aux confins de la Chine du nord.
« Mon père est un peu violent, confie-t-elle, alors je préfère ne pas le voir. Je fais comme si je n’avais pas de parents. »
A Shanghai, une gay pride en pleine expansion
http://yagg.com/2011/10/18/a-shanghai-une-gay-pride-en-pleine-expansion/
Publié par Judith Silberfeld
À Shanghai, la date de la gay pride est annoncée au dernier moment depuis que le gouvernement a fait fermer certains lieux lors de la première édition, en 2009.
Cette année, la manifestation se tiendra du 22 au 29 octobre.
Organisée pour l’instant par des expatrié-e-s, la gay pride a vocation à revenir entre les mains de la communauté LGBT locale, expliquent les organisateurs/trices sur le site LGBT panasiatique Fridae.
« L’existence de la Pride de Shanghai permet de dire aux Chinois que, qu’ils se trouvent à Shanghai ou dans une petite ville, c’est ok d’être gay », souligne Dylan Chen.
« Il y a 40 ou 50 millions de gays et de lesbiennes en Chine, la plus grande population homo au monde, renchérit Kenneth Tan.
Nous ne sommes qu’au début de quelque chose de très important. »
L’article publié par Fridae a été écrit par Jennifer Chang et Lisa Dazols, un couple lesbien de San Francisco qui parcourt le monde depuis le mois de juin, à la rencontre de personnes LGBT qui font bouger les choses, dans le cadre d’un projet intitulé Out and Around : Stories of a Not-So-Straight Journey.
Le « mariage » d’un couple gay aurait été célébré en Chine
Par Sébastien Maudet mardi 23 août 2011,
A en croire le site Chine Informations, deux hommes de la ville de Shenzhen, dans la province du Guangdong, se seraient dit « oui » le 19 août dernier devant des proches, mais surtout devant des inconnus.
Cérémonie traditionnelle. Partage du gâteau. Echange de vœux, et le baiser final : tous les éléments d’une union traditionnelle étaient réunis, raconte le site Chine Informations.
Ce vendredi 19 août, Shenzhen, ville chinoise de la province du Guangdong, en bordure de Hong Kong, aurait en effet célébré son premier « mariage » homosexuel.
A en croire le site internet (qui relaye régulièrement des informations de Xinhua, l’agence de presse officielle du gouvernement de la République populaire), Mark et An An se seraient unis devant peu de proches, mais beaucoup de curieux.
Une union purement symbolique, étant donné que le mariage des couples homosexuels n’a aucune valeur légale en Chine.
« S’ils le savaient, ils nous tueraient »
« Je le prends pour époux. Je vais l’aimer, l’honorer, le protéger et le chérir dès ce jour, abandonnant tous les autres, pour ne garder que lui pour aussi longtemps que nous vivrons tous les deux » a déclaré le couple, devant de nombreux inconnus présents et les cinq uniques proches qui étaient là – leurs deux familles ayant refusé d’approuver et de venir à la cérémonie.
« Aujourd’hui, ils ne comprennent toujours pas. Ils disent qu’on est fous.
Et puis nous n’avons pas invité tout le monde car s’ils le savaient, ils nous tueraient. »
Malgré tout, rapporte encore le site, Mark et An An espèrent que leur union fera changer la société chinoise qui est encore très fermée à la communauté homosexuelle. En espérant obtenir un jour un certificat de mariage légal.
Une célèbre actrice critiquée pour sa condamnation de l’homosexualité
Une célèbre actrice chinoise, Lu Liping, a déclenché une vague de critiques après avoir cité la Bible pour justifier sa condamnation de l’homosexualité sur son blog.
E-llico.com
Mis en ligne le 06/07/2011 Lu Liping, âgée de 51 ans, est chrétienne. Elle enflamme la blogosphère chinoise depuis la semaine dernière pour avoir qualifié l’homosexualité de "crime que Dieu rejette".
Si certaines personnes lui ont apporté leur soutien, les plus nombreux lui reprochent son intolérance, en particulier parce qu’elle est un personnage public dont l’attitude a de l’influence sur la société civile.
"Comment peut-on se montrer aussi cruelle ?, interroge une lesbienne de 26 ans. Dieu ne leur apprend-il pas aussi à aimer ? Connait-elle seulement des gays ou des lesbiennes ?".
Li Yinhe, une sociologue qui se bat pour les droits LGBT, juge que les opinions de Lu Liping sont "éculées, ignorantes et passéistes".
"L’homosexualité n’enfreint aucune loi en Chine.
En tant que personnalité publique, Lu Liping ne devrait pas produire des commentaires si irresponsables.
Ses commentaires ne feront que renforcer la discrimination à laquelle est confrontée la communauté LGBT et exacerber ce qui est déjà un environnement dur pour les minorités sexuelles en Chine", a déclaré Ah Qiang, de l’association "Parents, Families and Friends of Lesbians and Gays (PFLAG), basée à Canton", cité par The Shanghaiist.
Plus étonnant, les médias gouvernementaux ont également pris ouvertement la défense des droits des homosexuels.
Le Quotidien du Peuple a publié un éditorial dans ce sens, et la télévision d’Etat, CCTV, a appelé l’actrice à "reconsidérer ses positions".
Lu Liping est devenue célèbre à la fin des années 1980, et l’année dernière, elle a remporté le titre de meilleure actrice au festival de cinéma annuel de Taiwan
Wan Yanhai, militant gay et anti-sida, témoigne de la situation des homos
Wan Yanhai, dissident chinois et militant gay et anti-sida, était à Paris le week-end dernier à l’invitation de "Queen Boat", un groupe de travail du Parti Socialiste.
Un correspondant d’E-llico l’a rencontré et interrogé sur la situation des gays en Chine. Compte-rendu.

E-llico.com
Mis en ligne le 23/05/2011
Wan Yanhai a répondu samedi 21 mai à l’invitation du groupe de travail "Queen Boat" qui fait partie intégrante du "Laboratoire des Idées" du Parti Socialiste.
"Queen Boat" réfléchit en particulier aux moyens d’actions pour la défense des droits des gays dans le monde entier et veille à la situation des gays dans la plupart des pays.
Wan Yanhai est le principal militant gay et de lutte contre le sida chinois et l’un des dissidents chinois les plus connus au monde.
Il est exilé aux Etats-Unis, où il bénéficie de l’asile politique par le gouvernement américain.
Récemment, il était à Oslo pour assister à la remise du prix Nobel de la Paix pour son collègue et ami Liu Xiabo (prix Nobel de la Paix 2010). C’est un blogueur et un cyber-dissident de tout premier plan.
Il est l’un des principaux signataires de la Charte 08.
Un correspondant d’E-llico.com l’a rencontré et interrogé sur la situation des gays et des séropositifs en Chine.
Sur une évolution du régime vis-à-vis des gays
Aujourd’hui, la pornographie est utilisée comme seul argument pour l’interdiction des sites web LGBT en Chine, ainsi que les publications (presse, ouvrages), les émissions de télévision ou les évènements "gay-friendly", estime Wan Yanhai.
Il n’y a donc pas selon lui d’attaque directe de la population LGBT autour de l’orientation sexuelle mais l’utilisation d’un argument détourné pour mettre fin à toute tentative de visibilité.
Globalement, tout est relativement possible en terme d’évènements, d’établissements LGBT tant que cela n’est pas visible et qu’il n’y a pas de publicité autour, explique Wan Yanhai.
La tolérance vis-à-vis des gays progresse, selon lui.
C’est la visibilité que les autorités redoutent et elles font tout pour éviter le développement d’une "communauté" gay organisée - même si ce n’est pas spécifique à l’homosexualité.
C’est une règle générale sur toute tentative de visibilité autour d’un "combat" en Chine.
Le mariage gay
Concernant le mariage gay, paradoxalement, Wan Yanhai ne pense pas que le gouvernement s’y opposerait - mais il n’en serait pas non plus un fervent défenseur.
Pour le gouvernement, le meilleur moyen de garder les choses sous contrôle est de "tolérer" pour éviter tout développement d’une force organisée autour d’une revendication communautaire, selon lui.
Se montrer "gay-friendly" pourrait leur attirer les foudres des mouvements religieux, qui eux arrivent à s’organiser, pense-t-il.
A propos de l’usage d’Internet
Concernant internet, depuis 2009, un logiciel espion équipe
obligatoirement tous les ordinateurs vendus en Chine (Green Dam Censorware System), un véritable mouchard que le gouvernement peut utiliser pour contrôler l’activité de tout ordinateur connecté sur internet et interdire l’accès aux sites "black-listés", affirme Wan Yanhai.
Il est donc de plus en plus difficile d’avoir des sites d’information à destination de la population LGBT, explique-t-il.
C’est une course sans fin pour déplacer en permanence les sites vers d’autres serveurs informatiques, à Hong-Kong, en Europe ou aux USA.
La menace des réseaux sociaux
Pour Wan Yanhai, la Chine est terrorisée par la montée en puissance des réseaux sociaux sur Internet, qui sont le terreau d’une organisation de la population à grande échelle.
Car il y a beaucoup d’activistes en Chine, de gens qui veulent changer les choses.
Mais le problème principal reste leur capacité à communiquer entre eux, à s’organiser et à se rendre visible.
Pour l’instant, le gouvernement arrive à maintenir tout cela sous contrôle. Mais la montée en puissance des systèmes de réseaux sociaux en ligne, de microblogging les inquiète au plus haut point.
Si les choses peuvent bouger, c’est bien grâce à ces technologies.
Mais le gouvernement l’a compris depuis bien longtemps.
Dès qu’un activiste est détecté, il est placé en hôpital psychiatrique "dans son intérêt". L’argument est donc la plupart du temps un "désordre psychique".
La diaspora chinoise et les gays
Wan Yanhai remarque un silence "notable" de la diaspora chinoise à l’étranger. Une fois qu’ils ont réussi à quitter le pays, les individus restent silencieux et cherchent avant tout à s’intégrer dans leur pays d’accueil.
Il y a donc peu de soutiens depuis l’étranger.
Pour Wan Yanhai, il faudrait aider au développement depuis l’étranger de magazines et de sites web en chinois ciblant la population LGBT.
Ce qui rendrait plus difficile leur contrôle.
Aider au développement d’activités économiques qui ne seraient pas liées à la prostitution ou la pornographie, afin de réduire les interdictions pour ces motifs.
Aider à la distribution de préservatifs, notamment auprès des étudiants.
Et de manière générale, aider à l’organisation d’associations très locales.
Eviter une visibilité globale qui s’attirerait les foudres des autorités.
Le sida
Concernant le HIV, il y a un double problème important selon Wan Yanhai :
la non-distribution de préservatifs et l’absence de prévention, notamment auprès des jeunes.
La prévention à l’école est quasi-inexistante.
La plupart des enfants ne reçoivent d’ailleurs aucune éducation sexuelle.
Il note cependant que dans un des rares ouvrages autorisés sur le sujet, les relations entre personnes de même sexe sont évoquées. "Un progrès notable" dit-il.
Les droits civils préalables à l’égalité des droits
Pour conclure, Wan Yanhai rappelle que se battre pour les droits des gays, c’est avant tout se battre pour les droits civils de la population.
Il faut d’abord résoudre le problème de la liberté d’expression et de droits de l’homme pour ensuite arriver à une égalité des droits.
Wan Yanhai : « En Chine, la question de l’homosexualité n’est jamais abordée »
Têtu par Cédric Douzant 24 mai 2011,
Au premier abord, son sourire et son ton posé ne laissent pas deviner sa détermination acharnée.
Pourtant, son parcours de militant est hors-norme, ses combats risqués et son principal ennemi redoutable.
Wan Yanhai est un des principaux militants pour les droits LGBT et la lutte contre le sida en Chine.
Aujourd’hui, victime de l’autoritarisme du gouvernement chinois, il s’est exilé aux Etats-Unis.
« Hooliganisme »
L’engagement de ce médecin est né dans les années 90.
A la tête d’importantes organisations de lutte contre le sida, il s’est rebellé contre les autorités chinoises, qui s’entêtaient à nier officiellement la présence de l’épidémie dans le pays.
Puis il s’est battu pour les droits LGBT et a notamment contribué à la décriminalisation de l’homosexualité en Chine.
« Aucun travail spécifique n’avait été mené, se souvient-il.
L’homosexualité était comprise dans le délit plus large d’hooliganisme qui a fini par disparaître, entraînant de fait la décriminalisation de l’homosexualité. »
Aujourd’hui, les homos chinois restent dans cet entre-deux paradoxal, ni admis, ni persécutés, sous la menace d’une dictature omniprésente, sans en être les cibles prioritaires.
« Après avoir parlé des droits LGBT dans un talk-show, j’ai reçu plusieurs appels de dirigeants.
Certains ont dit me soutenir, d’autres m’ont juste fait part de leur désaccord », explique par exemple Wan Yanhai, tout en rappelant ce que peut entraîner la simple désapprobation du parti.
Il en a déjà subi les conséquences et a eu droit à des baisses de salaires, des licenciements et un séjour en prison.
Mais pour lui, si Pékin brime la vie LGBT, c’est plus par stratégie politique et pour étouffer toute opposition, que par simple homophobie.
« Pour le gouvernement, le fait d’être gay est en soi moins un problème que la naissance d’une communauté politique ou sociale organisée, affirme-t-il.
De même, les autorités ne seraient peut-être pas contre le mariage homo.
Mais ce sujet est sensible, il pourrait provoquer de fortes oppositions, et le gouvernement ne prendra pas le risque de voir une question LGBT créer des débats et des troubles dans la société. »
Les homos chinois ont comme intégré cette obligation de discrétion et la possibilité d’une répression.
Ils restent condamnés à l’underground et aux soirées privées, qui peuvent encore être risquées si elles sont publiquement annoncées.
Seul refuge pour contourner cette chape de plomb selon Wan Yanhai : Internet, largement contrôlé en Chine.
« Dans le pays, aucun média gay indépendant n’existe, la question n’est quasi jamais abordée ailleurs et les films sont soumis à la censure.
Internet est crucial pour rencontrer des gens et organiser des événements mais, à l’heure actuelle, on ne peut pas garantir notre sécurité sur le net, qui est sous surveillance du gouvernement. »
Pour Wan Yahnai, un web libre serait aussi l’outil parfait pour améliorer la prévention contre le Sida.
« Un jeune qui se découvre gay n’a accès à aucune information sur la prévention, déplore-t-il.
Beaucoup vont dans les sex-clubs et se retrouvent contaminés.
Comme d’habitude, le gouvernement est paradoxal.
D’un côté, il essaye d’améliorer la prévention et on note des progrès, mais d’un autre, il est très difficile d’avoir accès à des préservatifs et ceux qui en possèdent peuvent être inquiétés. »
Et il rappelle que ses concitoyens ont besoin de plus de soutien de la part des pays étrangers, pour enfin avoir accès facilement à des préservatifs ou à un Internet libéré de la censure.
Les séropositifs souvent refusés par les hôpitaux chinois
Les Chinois porteurs du virus du sida se voient souvent refusés par les hôpitaux, a rapporté mercredi une agence de l’ONU, évoquant la persistance de discriminations en Chine en dépit de certains progrès.
E-llico.com
Mis en ligne le 19/05/2011
L’Organisation internationale du travail (OIT) est arrivée à cette conclusion après avoir rencontré une centaine de personnes contaminées par le virus du VIH et une vingtaine de directeurs d’hôpitaux et de personnels de santé qu’elle cite dans son rapport rendu public mercredi.
Un Chinois de 37 ans porteur du virus du VIH de la province septentrionale du Shaanxi a expliqué à l’OIT avoir eu beaucoup de difficultés à être soigné après la découverte d’une tumeur à l’estomac.
"Chaque hôpital me disait que je devais être opéré immédiatement, mais quand il découvrait que j’étais séropositif, aucun ne voulait plus m’accepter.
Ils me demandaient d’aller dans des hôpitaux pour les maladies infectieuses", a-t-il témoigné auprès de l’OIT, principale agence de l’ONU en charge de la politique de lutte contre le sida sur le lieu de travail.
"Un hôpital n’a pas accepté que je sois opéré", a-t-il poursuivi, car "ils m’ont dit que si les autres patients savaient qu’un séropositif était passé par le bloc opératoire, cela nuirait à la réputation de l’hôpital".
Selon les chiffres officiels, la Chine compte au moins 740.000 personnes séropositives - sur une population de 1,3 milliard d’habitants - un chiffre que de nombreux experts jugent largement sous-estimé.
En dépit de progrès récents, notamment dans le domaine de la prévention, la discrimination persiste, et elle est liée à deux facteurs, selon l’OIT.
De nombreux établissements hospitaliers généralistes dirigent les séropositifs vers des hôpitaux pour maladies infectieuses.
Mais ceux-ci ne peuvent y être admis que pour des traitements spécifiquement liés au sida.
Par ailleurs, les hôpitaux en Chine étant dans l’obligation de réaliser des profits, nombre d’entre eux refusent d’admettre des malades du sida de crainte de faire fuir les autres patients, selon le rapport de l’OIT.
Conscient du problème, le gouvernement chinois veut agir, selon l’OIT, qui appelle par ailleurs la Chine à mettre au point de meilleures règlementations et à favoriser une prise de conscience concernant les droits des malades du sida à l’accès aux soins. Source : AFP
Descente de police dans un bar gay de Shanghai
Têtu par Alexis Puzyrev 06 avril 2011,
Une soixantaine de personnes ont été arrêtées samedi soir dans un bar gay de Shanghai, et ont été soumises à un interrogatoire sur les pratiques sexuelles au sein du bar.

A une heure du matin, samedi soir, la police a perquisitionné brutalement le Q Bar, un lieu gay bien connu au sud de Shanghai.
Considéré par beaucoup de gays chinois comme une capitale de la vie nocturne, grâce à ses nombreux clubs et salles de danse, la ville n’est toutefois pas à l’abri d’un raid policier.
Les clients et membres du personnel du bar ont ainsi brutalement été emmenés au commissariat local.
Soumis à un interrogatoire sec, certains n’ont été relâchés que le lendemain matin.
Enfermé « comme un chien »
Les principales questions posées lors des interrogatoires étaient sur le contenu des spectacles de go-go boys du bar : portaient-ils des slips transparents ? Voyait-on leurs organes génitaux ?
Est-ce que le public leur glissait des billets dans les sous-vêtements ?
La police voulait ainsi retrouver des preuves pornographiques de la fête pour pouvoir sanctionner le bar.
Pour Steven Bao, un DJ de la soirée, il s’agit d’une simple dénonciation d’un club rival.
Il a donné son témoignage, recueilli sur le blog Shanghaiist où il a confirmé d’avoir été « enfermé comme un chien, dans le froid, sans une seule goutte d’eau ni nourriture, pendant 12 heures ».
Films pornographiques
Le rapport de la police publié dans Shanghai Daily, l’un des quotidiens chinois en anglais, donne une autre version.
Des travailleurs immigrés vivant dans des cabanes sur le toit du bâtiment se seraient plaints de la présence d’hommes nus buvant de la bière, parlant bruyamment, ou même ayant des rapports sexuels.
De plus, la police de la ville chinoise a déclaré que les clients du bar Q regardaient des films “pornographiques”..
Le pays n’a dépénalisé l’homosexualité qu’en 1997 et l’a rayée du registre des maladies mentales seulement en 2001.


