La justice ouvre la voie au débat parlementaire sur l’union gay
La Cour constitutionnelle du Costa Rica a rejeté mardi l’organisation d’un référendum sur les unions civiles entre homosexuels voulu par l’Eglise catholique, ce qui devrait relancer un débat parlementaire sur le sujet.
"Les droits des minorités qui sont issues de revendications contre la majorité ne peuvent pas être soumises à un processus de référendum où les majorités s’imposent", a tranché la Salle constitutionnelle, selon un communiqué officiel.
Cette considération va dans le sens du principal argument des défenseurs des droits de l’Homme et des associations de défense des homosexuels, opposées au référendum qui devait avoir lieu le 5 décembre.
Au Costa Rica, le catholicisme, dont 80% de la population se réclame, est la religion d’Etat.
Un projet de loi pour légaliser les unions entre personnes du même sexe avait été présenté en 2008 au Parlement, puis gelé.
La décision de la Cour constitutionnelle, qui ne peut faire l’objet d’appels, devrait relancer le débat.
Des groupes conservateurs proches d’organisations religieuses avaient réuni 150.000 signatures pour convoquer le référendum, aux termes d’une initiative prévue par la loi.
La Cour a estimé mardi que "les personnes ayant des relations avec une autre du même sexe forment un groupe présentant des désavantages et victime de discriminations, qui a besoin du soutien des pouvoirs publics pour la reconnaissance de ses droits".
Mis en ligne le 11/08/2010
Un référendum pourrait décider du mariage homosexuel
Têtu par Mathilde Guillaume 12 juin 2010
En cette terre catholique, l’annonce suscite une polémique : des catholiques veulent imposer un référendum pour bloquer cette possibilité.
Sur internet, les homos sont soutenus par des « hétéros pour l’égalité ».
La basilique Nuestra Señora de los Ángeles à Cartago, la capitale religieuse du Costa Rica.
L’annonce d’un possible référendum sur la reconnaissance légale du mariage gay a allumé une polémique incendiaire au Costa Rica.
Le débat anime les sites internet des journaux en ligne, les forums internet… et les sermons des messes catholiques, qui servent de tribune politique.
Ce référendum, d’initiative populaire, n’aura lieu que si la majorité des citoyens signe une pétition le réclamant.
« Que la majorité décide », déclarent les catholiques, sûrs de leur bon droit en terre catholique à 80%.
A la sortie des églises, les fidèles sont encouragés à signer cette pétition, et à collecter des signatures autour d’eux.
Soutenus par des hétéros
Mais les mouvements LGBT s’insurgent : « Les droits des minorités ne doivent pas être soumis au bon vouloir de la majorité », affirme-t-ils.
Ils sont soutenus par un groupe très actif sur internet, qui se fait appeler « hétéros qui soutiennent les droits des homos ».
La présidente du pays, Laura Chinchilla, a exigé « une discussion respectueuse, sans stigmas ni attaques ».
Elle est connue pour sa proximité avec l’Eglise et sa frilosité à l’égard des droits civils LGBT dont elle avait dit qu’ils n’étaient « pas une priorité ».
En cas de vote négatif au référendum, la possibilité du mariage gay serait rendue impossible. Photo : DR.


