Alors que les déclarations homophobes et les appels au meurtre d’homosexuels se multiplient au Cameroun, l’association Aides appelle la France à une réaction publique.
E-llico.com
Mis en ligne le 13/01/2011
Des ONG dénoncent des agressions répétées contre les homosexuels "La stigmatisation dont sont victimes les homosexuels est une menace directe pour leur santé et contribue à nourrir l’épidémie de VIH’, estime Aides en réaction à la série de déclarations homophobes survenues ces derniers jours au Cameroun après l’annonce d’un soutien financier de l’UE à un projet d’assistance aux minorités homosexuelles.
Ce projet axé sur la défense des droits des minorités sexuelles a ravivé une haine et une violence inouïe dans tout le pays.
A tel point que le Cameroun s’apprêterait à refuser purement et simplement ce financement de l’UE et mettre un terme à ce projet.
"Une telle décision serait de très mauvais augure pour l’avenir des programmes de prévention et d’assistance envers la communauté gay camerounaise, pourtant particulièrement exposée au risque VIH, souligne Aides.
De récentes études menées dans différents pays d’Afrique soulignent en effet une prévalence considérablement plus élevée au sein de la communauté gay que dans le reste de la population, en raison notamment de la stigmatisation et de la discrimination dont elle fait l’objet, qui rendent plus difficile l’accès à la prévention et aux soins".
Face à la législation particulièrement hostile, ce projet s’était donné pour objectif la réduction des interpellations et gardes à vue abusives de personnes homosexuelles, l’assistance aux détenus et un meilleur accès aux soins et aux traitements anti-VIH de 300 000 €.
Le gouvernement camerounais s’est officiellement engagé auprès du Fonds Mondial de lutte contre le Sida à intégrer les minorités sexuelles et les populations vulnérables dans son plan de lutte contre le VIH.
Or le 9 janvier dernier, le porte-parole du gouvernement a jugé illégales les associations impliquées dans le projet soutenu par l’UE, accusant Maître Alice Nkom, la fondatrice de l’Association de défense des homosexuels qui coordonne le projet soutenu par l’UE, de "crime contre la loi" pour ses prises de positions en faveur des homosexuels.
Aides dénonce une "incohérence notoire" et rappelle que "toute forme de discrimination est incompatible avec une politique de lutte contre le sida efficace".
"En sa qualité d’inspiratrice de la Déclaration pour la dépénalisation de l’homosexualité, ratifiée par 66 pays le 18 décembre 2008 à l’ONU, la France doit saisir cette occasion en réaffirmant haut et fort son engagement dans le combat international pour la dépénalisation de l’homosexualité", juge l’association.
Pour sa part, Act Up-Paris exhorte les autorités camerounaises à "endiguer les mouvements de haine à l’encontre des homosexuel-le-s, ainsi que des membres de l’association Adefho".

