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« Dans mon pays, ma sexualité est un crime »

Des gays témoignent à visage masqué

L’exposition « Les Condamnés » de Philippe Castetbon, accompagnée d’un livre

Des gays témoignent à visage masqué : « Dans mon pays, ma sexualité est un crime »



Têtu par Paul Parant 28 janvier 2010,

Un visage inédit –et masqué– de l’homophobie dans le monde : l’exposition « Les Condamnés » de Philippe Castetbon, accompagnée d’un livre, ouvre ce jeudi à Paris. TÊTU en dévoile des images en avant-première.

C’est un visage inédit de la répression des homosexuels dans le monde.
De l’Afghanistan au Zimbabwe, en passant par l’Egypte, Singapour ou l’île Maurice, 51 gays ont accepté de se prendre eux-mêmes en photo, le visage masqué d’une façon chaque fois créative, pour le nouveau projet artistique et militant de Philippe Castetbon.
4 condamnés de l'expo
Ce photographe, par ailleurs ancien directeur adjoint des programmes de PinkTV, a raconté à TÊTU la génèse du projet, un simple constat d’utilisateur de sites de rencontres gays : on trouve des utilisateurs dans le monde entier, parfois de pays très homophobes, toujours le visage masqué.
Un choc visuel, et aussi une frustration. « J’ai eu envie de retrouver cette sensation dans une exposition photo, pour frapper l’esprit des gens et les alerter sur la réalité de ces pays », explique-t-il.

L’exposition est à découvrir à partir de ce jeudi à la mairie du 3e arrondissement de Paris.
2 condamnés de l'exposition
Les condamnés, « Dans mon pays, ma sexualité est un crime », exposition à la mairie du 3e arrondissement de Paris, du 28 janvier au 25 février.

51 condamnés"Les Condamnés, dans mon pays, ma sexualité est un crime", livre aux éditions H&O, sortie le 5 février, 128 pages, 16 euros.
Voir aussi Têtu News n°152, actuellement en vente.

Ils habitent le Cameroun, le Yémen, la Malaisie ou la Jamaïque. Ils n’ont pas choisi de naître là, ils n’ont pas choisi d’être gay.

Ils sont chrétiens, musulmans ou athées. Dans ces pays-là, comme dans beaucoup d’autres, leur sexualité est un crime.

Ils sont condamnés à l’exclusion, aux violences, à la fuite. Quand ce n’est pas à la mort. Ils doivent se cacher.

Grâce aux sites de rencontres sur Internet, Philippe Castetbon, journaliste et photographe, a recueilli les témoignages et les photos d’hommes gay vivant dans 51 pays (de A comme Afghanistan à Z comme Zimbabwe) où l’homosexualité est interdite par la loi.

Une idée originale, des textes forts, des autoportraits artistiques pour témoigner de leur condition.

Condamnés à l’exclusion, aux violences, à la fuite, quand ce n’est pas à la mort, ils racontent la peur, le mensonge et l’humiliation. Dans ces pays où leur sexualité est crime, chacun a réalisé un autoportrait le visage caché pour ne pas être reconnu ni puni.

L’exposition (gratuite) à la mairie du 3ème arrondissement, sera suivie d’un livre, le 5 février prochain aux éditions H&O.

La Mairie de Paris s’est associée au projet. Elle a permis son montage et de trouver le lieu d’exposition.
e-llico

Conseil de Paris : la gauche vote une subvention à l’exposition Les Condamnés

Lors de la séance du Conseil de Paris du 9 février, une subvention de 6.000 euros pour la réalisation et le montage de l’exposition "Les Condamnés ;dans mon pays ma sexualité est un crime", actuellement visible à la mairie du 3ème arrondissement, était à l’ordre du jour.

Gauthier Caron-Thibault (conseiller PS de Paris) a souligné la pertinence du projet alors que "se multiplient dans nos villes des agressions homophobes".

L’équipe municipale a affirmé son soutien avec l’apport financier de trois délégations d’adjoints au maire (Culture, International et Discriminations). Tous les élus de la gauche présents ont voté en faveur de la subvention - qui a été adoptée - à la différence des 4 élus de droite présents.

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Citations

"L’homophobe se montre moins violent envers la folle ou la camionneuse, qu’envers ceux qui n’affichent pas le stéréotype car celui-ci permet de rassurer en gardant une distance, mais une fois le cliché disparu, l’angoisse de s’imaginer lui-même homosexuel déclenche la peur et le dégoût" Daniel Borillo

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