Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtu par Myrtille Rambion 30 octobre 2010
CHRONIQUE. Les questionnements sans fin sur son genre ont-ils coûté à la championne du monde du 800m ses sponsors ? Probable.
Pour continuer à courir, Caster Semenya est contrainte de se faire financer par SMS.

Quand le sort s’acharne, le sort s’acharne.
Autorisée au mois de juillet à recourir en compétition en tant que femme, Caster Semenya ne sait pas si elle sera dans la possibilité de le faire la saison prochaine.
Blessée au dos, la championne du monde du 800 mètres avait dû renoncer aux Jeux du Commonwealth, pourtant son objectif de l’année 2010.
Mais c’est bien une question d’argent qui pourrait finalement contraindre la Sud-Africaine la plus médiatisée des quinze derniers mois à renoncer à son sport.
Car à en croire son entourage, aucun sponsor ne veut d’elle, qui fut pourtant surnommée promptement « Golden Girl » par les médias de son pays.
« Nous avons démarché diverses entreprises, explique son agent Tshepo Seema.
Des sociétés automobiles, téléphoniques, des chaînes de restaurants, tout un panel très varié.
Mais nous n’avons pu décrocher un seul contrat de sponsoring en raison de la publicité négative des deux derniers mois. »
Des deux derniers mois ?
C’est-à-dire de la période où elle a regoûté à la compétition sans pouvoir échapper à la suspicion qui entoure toute l’« affaire » depuis le début.
En tant que cible marketing, Semenya est insaisissable.
Pire : invendable. « Caster a été autorisée à courir en tant qu’athlète femme, poursuit son agent, elle devrait pouvoir avoir des sponsors.
Mais les sociétés que nous avons rencontrées nous ont dit qu’il y avait beaucoup d’incertitude autour de Caster. Ils ont dit : "On ne touche pas à elle". »
Encore étudiante, Caster Semenya bénéficie d’une bourse d’État, reçoit gratuitement des tenues et des chaussures (encore heureux !) et jouit des structures d’entraînement de l’Université de Pretoria.
Mais elle n’a aucun « deal » financier lui permettant de réellement gagner sa vie.
Pas « complètement désargentée » d’après son manager, l’athlète d’ordinaire timide est pourtant sortie de sa réserve le mois dernier, laissant planer plus qu’un sérieux doute quant au caractère non-alarmant de sa situation.
Caster Semenya s’est en effet fendue d’un communiqué dans lequel elle appelle au soutien des particuliers qui le souhaiteraient, grâce à des SMS surtaxés.
« J’aimerais demander de l’aide aux Sud-Africains afin de me soutenir via différentes plateformes mises en place par mon équipe, a-t-elle écrit.
Je fais la promesse à la nation que, par l’excellence et la force mentale, je m’efforcerai de ne pas faillir à ma réputation de Golden Girl. »
À chaque SMS envoyé correspond un don de 5 rands (soit quelque 50 centimes d’euros) à un fonds spécial réservé à l’entraînement de la championne.
Début octobre, elle est même allée plus loin en rencontrant les membres d’un groupe Facebook créé spécialement pour la soutenir.
Ils entendent récolter de l’argent en lavant des voitures et en vendant des tee-shirts.
Sauf qu’ils n’ont pas encore les sous nécessaires à l’impression des dits tee-shirts.
« Nous avons vu une interview d’elle à la télé, explique Thobeka Macgai, l’instigatrice de l’initiative aux côtés de son frère Clement.
Il était clair qu’elle était fauchée, qu’elle n’avait aucun sponsor, qu’elle était toute seule.
Nous nous sommes dit "pourquoi ne pas l’aider ?"
Elle est Sud-Africaine et elle nous représente. »
Caster Semenya est extrêmement populaire en Afrique du Sud, où elle est même devenue un symbole de lutte pour l’ANC.
Au-delà des questions de genre, elle représente le rêve de beaucoup de laissés pour compte, nés, comme elle, dans un petit village très défavorisé.
« Beaucoup d’entre nous, Africains, conclut Thobeka Macgai, sommes d’origines pauvres.
Et l’argent peut être un obstacle à la réalisation de nos rêves.
Si nous ne la soutenons pas, la carrière de Caster pourrait se désintégrer. Et nous ne voulons pas que cela arrive à Caster. Nous ne voulons pas voir ça. »

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