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Des brèches dans l’école mixte

www.lesnouvellesnews.fr

Écrit par Arnaud Bihel - 16 Septembre 2010

La présidente de la Délégation du Sénat aux droits des femmes s’inquiète d’une remise en cause de la mixité à l’école.
Au coeur du débat, le travail de la sociologue Marie Duru-Bellat, pour qui « la mixité durcit les stéréotypes  ». Et si cette dernière reste mesurée, il est à noter que la fin de la mixité en France est actée dans la loi depuis deux ans.

La mixité à l’école remise en question ?

Le sujet s’invite dans l’actualité, suite au petit succès d’un article publié par le Figaro, le 14 septembre, qui constatait « la fin d’un dogme ».

Ce traitement médiatique a conduit la sénatrice socialiste Michèle André, présidente de la Délégation aux droits des femmes, « à élever une mise en garde contre certaines tentations qui se font jour dans le débat public de remettre en question la mixité à l’école. »

A l’origine, un article publié dans la revue de l’OFCE de juillet, consacrée aux discriminations entre les femmes et les hommes.
La sociologue Marie Duru-Bellat constate : « La confrontation à l’autre durcit les stéréotypes du masculin et du féminin, avec des conséquences concernant notamment la confiance en soi ».
Les enseignants consacreraient en effet plus de temps en classe aux garçons : 56 % pour ces derniers, 44 % pour les filles.

Des stéréotypes qui vont aussi influer sur l’approche des matières : « La lecture est ainsi associée aux filles et les mathématiques aux garçons.
La société les influence très clairement.
Une élève bonne en maths va souvent craindre par exemple d’être considérée comme peu féminine.
Et un garçon qui apprécie la littérature va redouter la réaction de ses camarades », expliquait ainsi Marie Duru-Bellat au Figaro.fr

La fin de la mixité obligatoire votée il y a deux ans

« Le débat, qui conduit à poser la question de l’opportunité d’un retour, même partiel et temporaire à la non-mixité, reste très ouvert », conclut la sociologue.

Marie Duru-Bellat reste toutefois prudente.
Elle ne prône pas le retour aux écoles de filles d’un côté, de garçons de l’autre.
Mais « des phases de non-mixité brève  ». Ajoutant : « Un retour frontal et proclamé à la non-mixité n’est en revanche pas envisageable car il aurait une connotation symbolique désastreuse. »

Le débat reste très ouvert, c’est un fait. Et il n’est pas nouveau. En mai 2008, un amendement à la loi anti-discriminations a mis fin à l’obligation de mixité dans l’école publique en France - une obligation introduite en 1975 dans l’enseignement primaire et secondaire.
Rue89 constatait alors que « la non-mixité à l’école fait débat dans les mouvements féministes ».
Mais la socialiste Laurence Rossignol voyait surtout, dans cette brèche, « une grande porosité du gouvernement à toutes les menées qui sont possibles contre la mixité », et en particulier les menées de mouvements religieux.

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Citations

"Les Minangkabau de la province indonésienne de Sumatra Ouest, au nombre de quelque 8 millions de personnes, sont la plus grande société matrilinéaire dans le monde". Wikipédia

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