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Des femmes oui, mais surtout femmes de...

"Femmes de… ou « fille de", vont faire leur entrée dans les conseils d’administration (CA) des fleurons de l’économie française  : Madame Florence Woerth, épouse du ministre du travail, chez Hermes ; Madame Amelie Castera, certes bardée d’un parcours Essec-ENA-Cour des comptes mais aussi épouse de Frédéric Oudéa (Pdg de la Société générale), chez Lagardère ; Madame Bernadette Chirac épouse d’un ancien Président de la République, chez LVMH.

Dans le mini-cercle des femmes administratrices, elles vont rejoindre celles qui, jusque là, doivent leur nomination, avant tout, au lien de parenté qui les unit aux dirigeants des sociétés concernées. Citons Delphine Arnaud, fille du Pdg de LVMH, Nicole Dassault, épouse du Pdg, qui entre au conseil de Dassault Aviation et siège déjà à plusieurs autres conseils ou encore Elisabeth Badinter, fille du fondateur de Publicis, Marcel Bleustein-Blanchet, qui préside le conseil de surveillance du groupe.

Fort heureusement, des économistes et business women ont réussi à être repérées par les dirigeants de ces hautes sphères.
Le groupe PPR a en effet proposé pour son conseil d’administration : Laurence Boone, chef économiste à Barclays Capital France, Yseulys Costes, Pdg de 1000mercis.com, et Caroline Puel, Prix Albert-Londres, correspondante en Asie pour des radios publiques françaises.
Laurence Dors, ex-DG adjointe de Dassault Systèmes a rejoint le CA de Renault, Mireille Faugère, ex-manager à la SNCF celui d’EDF, tout comme Pascale Sourrisse, DGA du groupe Thales…
La porte s’entre-ouvre à ces femmes dotées des compétences requises pour apprécier la gestion d’entreprises qui pèsent sur l’avenir de millions d’emplois et sur la santé de l’économie.

Elle s’entrouvre seulement. Mais lundi, les patrons l’ont écrit dans le code AFEP-Medef : ils se fixent des objectifs chiffrés d’au moins 20% de femmes dans leurs CA d’ici à trois ans et 40% à l’horizon de six ans.
Une façon, d’anticiper la loi Zimmermann décriée par une bonne partie des sénateurs UMP, une façon peut-être d’éviter qu’elle ne franchisse la barrière du Sénat après avoir franchi celle de l’Assemblée Nationale le 20 janvier dernier.
Un code est tout de même moins contraignant qu’une loi.
L’initiative AFEP-Medef s’ajoute à nombre d’incantations restées sans effet.

Quoi qu’il advienne, le petit cercle de capitaines d’industries qui adoube les administrateurs sera libre de choisir des « femmes de » ou des expertes en économie.

Des alibis ou des décideuses.

Libre de s’ouvrir à un monde qui lui est encore étranger, celui de la moitié féminine de l’humanité, ou de cultiver l’entre-soi en levant des coupes en cristal sur ce toast que l’on prête à un ancien Président de la République :
« A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent ! »

En route vers la parité dans les entreprises

Écrit par Isabelle Germain - 21 Janvier 2010

Votée ! Dans une Assemblée Nationale aux rangs dégarnis, la proposition de loi sur la parité dans les instances dirigeantes des entreprises a été adoptée le 20 janvier.

Initiée par Marie-Jo Zimmermann, présidente UMP de la délégation aux droits des femmes et Jean-François Copé, président du groupe UMP, cette loi veut installer progressivement autant de femmes que d’hommes à la tête des grandes entreprises. Un objectif ambitieux puisqu’aujourd’hui, à peine 10 % de femmes contribuent à la prise de décision dans ces entreprises.

www.lesnouvellesnews.fr

Le texte vise les Conseils d’administration (CA) et conseils de surveillance des 650 sociétés cotées, mais pas les comités exécutifs. Il devrait s’étendre, selon le vœu du gouvernement, aux entreprises publiques. Le législateur y est allé piano. Contrairement aux premières ambitions exprimées, le but est d’atteindre 40 % de femmes dans les cinq ans (et non plus 50 %) avec un palier intermédiaire de 20%, trois ans après la promulgation de la loi. Chaque CA devra nommer au moins une femme dans les six mois. La sanction ? Comme en Norvège : nullité des nominations si les quotas ne sont pas respectés. Et même : nullité des délibérations. Une sanction supplémentaire que Marie-Jo Zimmermann a fait voter, avec l’appui de la gauche et d’une partie de l’UMP, contre l’avis du gouvernement.

Même Xavier Darcos, le Ministre des affaires sociales, pourtant amer, a salué cette loi. Il s‘était fait voler la vedette par Jean-François Copé début novembre. Le député annonçait la loi qui vient d‘être votée tandis que le ministre promettait une loi sur l’égalité professionnelle. Sans rancune apparente. Xavier Darcos a promis que les décrets d’application « ne traîneraient pas. »

La parité de haut en bas

Les principales critiques des députés portent sur le timing et l’ordre des priorités. Marie-Georges Buffet (PCF) regrette par exemple qu’on ne s’attaque pas d’abord aux inégalités salariales et aux autres questions liées aux femmes dans l’entreprise. D’autres lois s’y sont pourtant déjà essayées : on en compte six depuis 1972… Sans grand succès. Marie-Jo Zimmermann en est persuadée : "le jour où les CA seront féminisés à 40%, les six lois que nous avons votées seront peut-être enfin respectées".
La science du management enseigne en effet que « un escalier se balaye toujours en commençant par le haut »… Et c’est très poussiéreux ! Un proverbe chinois dit que le poisson pourrit toujours d’abord par la tête.

Au-delà des théories, tout va dépendre maintenant de l’énergie que mettront les dirigeants d’entreprises à composer leurs viviers de femmes candidates à ces conseils d’administration.
Car aujourd’hui encore, ceux qui rejettent cette loi invoquent le manque de femmes à ces hauts niveaux.
Anticipant l’objection, Marie-Claude Peyrache et Véronique Préaux-Cobti ont créé, en 2008, le programme « BoardWomen Partners » qui consiste à accompagner les « hauts potentiels féminins » vers ces sommets.
Mieux : elles ont convaincu les plus grands patrons de s’engager à prendre en main le programme. Ce qu’ils ont fait dans une tribune diffusée dans l’Express.

Comme l’ont fait remarquer Catherine Genisson, ( PS), ou Françoise de Panafieu (UMP), cette nouvelle loi à elle seule ne règlera pas la question de la parité.
Une question sur laquelle les législateurs avancent en ordre dispersé. Françoise de Panafieu estime par exemple que les députés ont "un certain culot" à exiger des entreprises de féminiser leurs instances alors que la loi sur la parité en politique est loin d’être appliquée (seulement 18% de députées). Marie-Jo Zimmermann s’inquiète de la tournure que va prendre la réforme du congé parental. Il devait être incitatif pour les pères dans un souci de parité domestique et professionnelle… Il n’en prend pas le chemin. Mais la nouvelle loi donne cinq ans pour tout changer.

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Citations

"1934 Gorki écrit dans la presse soviétique que la condamnation de l’homosexualité constitue une victoire de l’humanisme prolétaire, car c’est elle qui produit le fascisme. Par une triste ironie de l’Histoire, l’Allemagne nazie mettait en place à la même époque un plan de persécution et d’extermination des homosexuels en les assimilant aux communistes." Daniel Borillo

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