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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Des lycéens se mobilisent contre le mal-être adolescent et l’homophobie

Il leur faut remplacer un MEN rétrograde, pleutre et indigent

Têtu par Cédric Douzant 22 mai 2011

Pour lutter contre le mal-être des jeunes, la plus grande association lycéenne française lancera en septembre une campagne dans les établissements scolaires.
Son but : combattre les grandes causes de déprime, et tout particulièrement l’homophobie
.

« Je me sens mal ».
C’est cette phrase, qu’ils ont trop souvent entendue dans la cour de leur lycée, qui a poussé les dirigeants de l’AEVL (Association des Elus et de la Vie Lycéenne), à lancer une campagne nationale de lutte contre le mal-être des ados, baptisée « Mettre des mots sur les maux ».

Enquête dans les lycées

« Nos adhérents sont de plus en plus nombreux à dire qu’ils se sentent mal dans leur peau et les facteurs de ce malaise, qui peut être la cause de l’échec scolaire, sont nombreux », explique Jordan Boissière (ci-dessus, à gauche), lycéen à Poitiers et secrétaire général de l’AEVL.

Pour cerner précisément les maux qui rongent les ados, l’AEVL a lancé il y a 6 mois une enquête adressée à tous les lycéens français.
C’est 2 500 écoliers qui y ont participé, faisant surgir les principales causes de mal-être : discriminations et racisme, addiction à l’alcool, complexes physiques, phobies scolaires et, omniprésente dans les retours des lycéens, l’homophobie, qui sera un des principaux axes de la campagne.

« L’homophobie revient dans presque tous les questionnaires, confie Jordan Boissière.
Les répondants en ont soit été eux-mêmes victimes, soit simples témoins.
Nous n’avons pas de cas d’agressions mais beaucoup d’élèves subissent des invectives et des injures homophobes.
Cette stigmatisation touche surtout les garçons, mais plusieurs filles nous ont également rapporté avoir été victimes de harcèlement parce qu’elles étaient lesbiennes.
 »

« Banaliser l’homosexualité »

Pour Charles Dechamps, président de l’AEVL et lycéen à Nice (ci-dessus, à droite), il faut « banaliser l’homosexualité » dans les lycées et faire connaître les structures qui aident les ados homos et tous les jeunes qui se sentent mal.
« Trop de jeunes gays se disent qu’ils ne sont pas normaux ou n’osent pas en parler, analyse-t-il.
Notre campagne ne met pas en place d’outils spécifiques ou inédits mais vise à mieux faire connaître des structures comme la Ligne Azur qui répondent aux questions des jeunes homos. »

Pour « faire passer son message », l’AEVL a vu grand.
Forte de ses réseaux locaux, la plus grande association lycéenne, qui compte 20 000 membres, a prévu de distribuer des kits de prévention et 100 000 affiches qui devraient envahir les 4 000 lycées français.
Elle multiplie également les partenariats, avec la Licra, le Fil Santé Jeunes ou Suicide Ecoute, et compte organiser des interventions d’associatifs dans les lycées pour sensibiliser les élèves sur les discriminations, le mal-être ou le harcèlement.

« Ecrans de fumée »

A terme, l’objectif de Charles Dechamps paraît ambitieux : il espère que dans 2 ans, si le même questionnaire est soumis aux lycéens, les réponses auront changé et que le mal-être des jeunes se sera atténué.
« Jusqu’à maintenant, ce phénomène ne s’estompe pas, déplore-t-il.
Si des choses avaient été faites avant, on n’aurait pas besoin de lancer cette campagne… »
Et si l’AELV se veut parfaitement indépendante et apolitique, ses dirigeants deviennent vite critiques face à l’engagement du MEN contre les discriminations.
« Il y a certainement de la bonne volonté et ils disent qu’ils essaient d’agir, estime Jordan Boissière.
Mais leurs actions ne sont que des écrans de fumée qui ne vont jamais au fond des choses. »

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Citations

« Il est frappant de constater que lorsqu’on aborde la plupart des aspects de la vie (développement de la fibre maternelle chez les petites filles, façon dont on leur apprend à se servir de leurs mains, à être adroites pour les intégrer et les exploiter plus tard dans les tâches ménagères ou professionnelles) un seul domaine reste totalement exclu, celui de la sexualité. Nous savons, bien sûr, que là aussi les hommes et les femmes se comportent différemment, mais nous jugeons ça naturel ». Ursula Scheu

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