Têtu par Paul Parant vendredi 08 juillet 2011,
Cinq militants ont été retenus par la police française pendant plusieurs heures alors qu’ils tentaient de remettre une simple pétition de soutien à la gay pride de Moscou. Nikolai Alekseev, militant russe, est resté plus longtemps en détention.

« La police française se conduit comme la police russe ! » Louis-Georges Tin, qui en sait quelque chose, ne décolère pas.
Lui qui a été arrêté le 28 mai dernier à Moscou, alors qu’il tentait d’y défendre la gay pride, a de nouveau été arrêté ce matin.
Par la police française cette fois. Avec lui, quatre autres militants : Audrey Greiombe et Eric Marty, militants à Act Up-Paris, le photographe américain Charles Meacham, et Nikolaï Alekseev, organisateur de la gay pride de Moscou, venu spécialement pour l’occasion.
Les cinq militants se sont rendus paisiblement ce matin à l’ambassade de Russie à Paris (photo) afin de remettre la liste des 14.000 signataires d’une pétition de l’organisation All Out pour la tenue de gay prides en Russie, et particulièrement à Moscou.
Réaction « disproportionnée »
« J’étais en train de sonner à l’entrée de l’ambassade, raconte à TÊTU Audrey Grelombe, « encore un peu sonnée » par les événements. J’expliquais à l’interphone la raison de notre venue lorsque deux cars de police se sont arrêtés à notre hauteur.
Nous avions une pancarte “14.000 personnes soutiennent la marche de Moscou” qu’ils ont pris pour une banderole de manifestation.
Leur réaction a été disproportionnée. »
« Tout s’est produit par surprise, nous explique Louis-Georges Tin.
Vers 11h30, des policiers français sont arrivés vers nous calmement.
Dans un premier temps, ils ont semblé vouloir servir d’intermédiaire pour nous permettre d’avoir accès à un représentant de l’ambassade.
Puis, brusquement, et sans raison apparente, ils nous ont arrêtés et embarqués vers le commissariat du 4e arrondissement. »
La raison de leur arrestation ? « Trouble à l’ordre public et manifestation illégale ! »
Nikolaï Alekseev en garde à vue

« La police a reçu des ordres, c’est certain, mais de la part de qui ? » s’interroge le fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.
« On s’aperçoit qu’à l’étranger, la France critique les infractions aux droits de l’homme, mais sur son territoire, elle n’hésite pas à entraver les droits de ses propres citoyens. »
Pendant trois heures, les militants ont attendu et ont laissé leur déposition, puis ils ont été relâchés.
Tous, à l’exception de Nikolaï Alekseev (photo ci-dessus), retenu pour « outrage à représentant de l’ordre ».
« Il a demandé en anglais à avoir accès à son téléphone afin d’informer sa famille et son avocat, mais le policier ne le comprenait pas.
Il lui a même dit “Ici on parle français, sinon rentre dans ton pays espèce de con”, raconte encore Louis-George Tin. »
« Le policier a été très violent envers lui », raconte Audrey Grelombe. Vendredi en fin de journée, le militant de Gayrussia était toujours en détention et placé en garde à vue.
La manifestation de soutien à la gay pride de Moscou, prévue depuis quelques jours, est maintenue, ce soir à 19h devant l’ambassade, 40-50 boulevard Lannes, 16e arrondissement de Paris.

