J. Edgar de Clint Eastwood
Avec "J. Edgar", Clint Eastwood s’attaque à un mythe américain, l’énigmatique Hoover, patron du FBI pendant 48 ans, qui a survécu à huit présidents, cultivé l’espionnite aiguë, la manipulation et l’obsession anticommuniste jusqu’à la paranoïa.
E-llico.com
Mis en ligne le 10/01/2012
Ce 32e film de Clint Eastwood réalisateur sort en France mercredi.
Edgar J. Hoover, l’une des figures les plus complexes et controversées de l’histoire politique américaine, ne pouvait que fasciner Eastwood, qui dirige pour la première fois Leonardo DiCaprio.
L’acteur campe avec maestria le directeur du FBI sur plus de soixante ans, du début du XXe siècle à sa mort en 1972, à 77 ans. Un rôle qui pourrait lui valoir son premier Oscar.
Le scénario, un peu décousu par excès de flashbacks, est signé Dustin Lance Black, oscarisé pour celui de "Harvey Milk" en 2009.
Les reconstitutions des différentes époques, costumes ou décors, sont éblouissantes.
Au côté de DiCaprio, se retrouvent les excellents Armie Hammer (Clyde Tolson), étoile montante de Hollywood, Naomi Watts (Helen Gandy), Judi Dench (Annie Hoover) ou encore Josh Lucas (Charles Linbergh).
Monstre froid maniaque du secret, d’une ambition dévorante, obnubilé par son image, raciste, misogyne et homophobe en public, J. Edgar se comportait en roi du monde et fut un homme au pouvoir hallucinant avant de finir en pathétique parano.
Clint Eastwood, 81 ans, qui a grandi sous son règne et avoue en être resté marqué, avait envie de se glisser dans la tête de J. Edgar, mais pas au travers "d’un banal biopic", dit-il.
Homosexualité
"C’est un film qui parle de relations humaines, des rapports intimes entre Hoover et son entourage", explique le réalisateur, qu’il s’agisse de Clyde Tolson, numéro 2 du FBI et son probable amant, de Helen Gandy, sa secrétaire dévouée, de sa mère adulée avec laquelle il habitait, de Robert Kennedy et des présidents successifs…
Eastwood insiste aussi sur le Hoover visionnaire, instigateur des méthodes modernes d’expertise médico-légale et père d’un arsenal de lois fédérales dont l’influence perdure de nos jours aux Etats-Unis.
"Imaginez que chaque citoyen soit identifiable par sa carte, son code, les empreintes de ses doigts.
Imaginez à quelle vitesse nous retrouverions les criminels", lance ainsi le jeune Edgar.
Le film montre comment ce manipulateur peaufinait son image, s’affichant avec des stars et laissant croire qu’il avait arrêté, revolver au poing, les plus grands gangsters des années 30, lui qui n’allait jamais sur le terrain…
Il orchestrait aussi la popularité des agents du FBI, devenus héros de BD, de films ou de vignettes sur les paquets de céréales.
Cela peut surprendre, mais le réalisateur a choisi de n’accorder qu’un strapontin au clan Kennedy, sur lequel tout avait été dit, selon lui.
L’assassinat de JFK est évacué en moins d’une minute, sans images.
"Le président a été abattu", annonce sèchement Hoover à Bobby Kennedy, avant de raccrocher.
Il reste également muet sur les rapports de Hoover avec la mafia.
Quant à l’homosexualité de J. Edgar, Clint Eastwood l’aborde sur la pointe des pieds.
Il dépeint l’attachement jaloux de Clyde Tolson à son mentor et on le voit embrasser Hoover, les deux hommes se presser la main ou encore le directeur du FBI enfiler une robe de sa mère après sa mort…
Des rumeurs affirmaient qu’il aimait se travestir en femme et participait à des orgies
Marc Dugain à propos de J. Edgar
Clint Eastwood a fait un traitement trop soft de l’homosexualité de Hoover
L’écrivain et scénariste Marc Dugain, auteur en 2005 de "La Malédiction d’Edgar" (Gallimard), et qui va adapter son roman pour la télévision, s’avoue déçu par le film de Clint Eastwood, "J. Edgar", en salles le 11 janvier, qu’il juge "très partiel et incomplet".
E-llico.com
Mis en ligne le 10/01/2012
Que pensez-vous du film de Clint Eastwood consacré au patron du FBI, sur lequel vous avez vous-même enquêté pendant trois ans ?
Le point de vue de Clint Eastwood est très partiel, incomplet.
Il insiste sur le côté super flic de Hoover et élude l’aspect politique, pourtant primordial.
Certes, il ose aborder le sujet de l’homosexualité mais tout cela reste "soft". En réalité, il y a des témoignages sur des soirées chaudes délirantes auxquelles il participait.
Et cela masque tout l’aspect politique du personnage, sa relation avec McCarthy, qu’il avait pourtant mis en place puis éjecté, ses liens très ambigus avec les Kennedy, pratiquement occultés, comme ceux avec la mafia.
Imaginez ces deux homos, Hoover et son alter ego Clyde Tolson, numéro 2 du FBI, racistes, antisémites, terriblement misogynes et homophobes publiquement qui se retrouvent face au clan Kennedy.
C’est un choc frontal phénoménal !
Dommage d’allouer autant de moyens pour un film décevant. Je trouve que l’on reste sur sa faim.
Comment expliquez-vous ce parti-pris de Clint Eastwood ?
Clairement, il n’a pas pas voulu s’attaquer au mythe Kennedy.
C’est sans doute son vieux fond républicain, un petit côté Inspecteur Harry qui perdure…
Aujourd’hui, outre-Atlantique, les films proprement politiques ne passent pas au cinéma. Il est probable que les producteurs du film de Clint Eastwood ont dû lui conseiller : pas trop de politique !
Aux Etats-Unis, il y a une quasi omerta concernant l’assassinat de JFK, à la fois du côté des républicains, qui craignent de voir mise au jour leur implication, et des démocrates qui veulent perpétuer le mythe.
Cependant, Leonardo di Caprio est excellent.
Le personnage de Clyde Tolson tient bien la route, sa relation avec Hoover est bien rendue, même s’il était plus méchant et pervers dans la réalité.
L’affaire Lindbergh, la police transfrontière, la naissance de la police scientifique sont aussi bien vus.
En avez-vous fini avec Hoover ?
Non, pas du tout. Je vais tourner cet été un film, une grosse fiction documentaire en anglais, sur Hoover aux Etats-Unis ou au Canada pour la chaîne Planète (Canal +) pour une sortie en France, en Europe, et au Canada en 2013. Ce sera le plus gros projet de 2013 pour la chaîne.
Je suis en train d’écrire le scénario. Aucune idée pour l’instant sur le casting. Ce sera un huis clos entre Hoover, Clyde Tolson et Robert Kennedy, ministre de la Justice de 1961 à 1963. Le film portera essentiellement sur les aspects politique et personnel des personnages.
Premières images de Leonardo DiCaprio en gay dans le placard pour « J. Edgar »
Têtu par Paul Parant 20 septembre 2011
Le film de Clint Eastwood sur Hoover, avec aussi le bel Armie Hammer, ne sort qu’en janvier en France, mais la première bande-annonce vient d’être diffusée. Que montrera-t-il exactement ?
Le projet attire bien des curiosités depuis qu’il a été annoncé, au moment où le grand Clint Eastwood terminait encore la post-production de Au-delà, son film précédent.
Songez-donc : un biopic sur John Edgar Hoover, le sulfureux patron du FBI, avec Leonardo DiCaprio dans le rôle-titre, et le beau Armie Hammer (les jumeaux sexy de The Social Network, c’était lui !), le tout sous la houlette du réalisateur de Million Dollar Baby et de Minuit dans le jardin du bien et du mal !
La question qui se posait était : comment les rumeurs sur l’homosexualité de Hoover seront-elles traitées dans le film ?
Le scénariste gay Dustin Lance Black, oscarisé pour Harvey Milk, n’a pas fait l’impasse sur le sujet, au contraire.
Mais Clint Eastwood, de son côté, a annoncé que ce n’était pas son sujet principal – « C’est un film sur la façon dont cet homme a manipulé tout le monde et réussi à rester à son poste pendant près de 40 ans », a-t-il récemment déclaré.
Un personnage complexe
Alors, que verra-t-on exactement dans le long-métrage ?
La forte complicité entre Hoover et Clyde Tolson, son adjoint (interprété par Armie Hammer), au minimum.
La bande-annonce, qui vient d’être révélée, les montre se tenant la main dans une voiture.
Et, interrogé par le site After Elton, Dustin Lance Black assure qu’il n’a pas « dé-gayifié » le personnage.
« Ecrire un scénario sur quelqu’un comme Hoover sans m’intéresser à ses sentiments, ça ne risque pas de m’arriver », assure-t-il.
« J’espère que le film va s’intéresser à sa sexualité de façon humaine et réaliste, et pas par des clichés. »
Allusion à une autre rumeur concernant Hoover, selon laquelle il aimait se travestir…
Ce qu’on ne devrait pas voir dans le film d’Eastwood !
On saura donc en novembre, à l’heure de la sortie du film aux Etats-Unis, ce que le résultat final s’attache à montrer.
En tout cas, il s’annonce comme le portrait fascinant d’un homme ambigu, reconnu comme l’artisan d’un maintien de l’ordre efficace lorsqu’il était en poste, de 1924 à sa mort en 1972, mais également contesté pour des méthodes très « limites » de manipulation, chantage, proximité avec la mafia et diffusion de fausses rumeurs… y compris sur l’homosexualité supposée d’un candidat démocrate à l’élection présidentielle !
Gageons que cela fera au moins un film complexe et intéressant… A retrouver dans les salles françaises le 11 janvier.
Regardez la bande-annonce :
Têtu par Louis Maury 31 janvier 2011
Clint Eastwood commence début février le tournage de J.Edgar Hoover, un biopic qui promet d’être très sulfureux.
On y racontera le destin de ce policier très controversé, qui fonda et dirigea le FBI pendant 40 ans. Homosexuel honteux, manipulateur hors pair, il terrorisa l’Amérique.
C’est le 2 février que Clint Eastwood donnera le premier clap d’un des films qui fera sûrement l’événement à sa sortie déjà prévue pour décembre 2011.
Le scénario, explosif dit-on, est signé Dustin Lance Black, le jeune gay oscarisé pour Milk.

Le film suivra la carrière de 1935, date à laquelle ou il créa le F.B.I, à sa mort en 1972.
John Edgar Hoover (ci-dessus) a durant son règne été l’un des hommes les plus puissants des Etats-Unis : fort de sa position et de ses réseaux, il fit chanter politiciens (la famille Kennedy), personnalités du show-biz (notamment Marilyn Monroe et Frank Sinatra), partis, syndicats et politiques (comme Martin Luther King) tout en maintenant des liens étroits avec la mafia, qui put quant à elle se développer sans trop d’accrocs.
Pour mieux protéger, disait-il, l’Amérique des visées communistes.

On sait aussi aujourd’hui que le crime organisé fut relativement épargné par Hoover, car le milieu le faisait chanter en menaçant de révéler son homosexualité.
Les Oscars dans le collimateur
C’est Leonardo di Caprio (à gauche) qui campera Hoover.
Armie Hammer (vu dans Social Network, à droite) sera Clyde Tolson, son amant.
Ed Westwick (Chuck de Gossip Girl) aura le rôle d’un agent qui doit écrire une bio autorisée de Hoover. Et qui ne laissera pas le premier policier d’Amérique insensible.
Naomi Watts jouera sa fidèle secretaire Helen Gandy et Josh Lucas sera l’aviateur Charles Lindberg.

