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Don du sang : 76% des Français trouvent l’exclusion des gays non justifiée

Don du sang ouvert aux homosexuels ?

Vif débat au Sénat

Les sénateurs ont vivement débattu mercredi d’un amendement PS/Verts visant à permettre aux personnes homosexuelles de donner leur sang alors que cela leur est interdit depuis une circulaire de 1983, quelques voix de l’UMP réclamant en vain "un geste" en ce sens.

E-llico.com

Mis en ligne le 06/04/2011 Nora Berra suscite une vague d’indignation

Le Sénat a finalement adopté un sous-amendement indiquant que "nul ne peut être exclu du don en dehors de toute contre-indication médicale".
Ce sous-amendement a été présenté par la majorité.
Son adoption a fait "tomber" l’amendement PS/Vert, le rendant caduc.

Le rapporteur du projet de loi révisant les lois bioéthique Alain Milon (UMP) a indiqué qu’à "titre personnel", il était "pour" l’amendement PS/Verts.

La secrétaire d’Etat à la Santé Nora Berra, dont les propos sur le sujet ont fait polémique, a reprécisé qu’"il n’y pas de groupe à risques mais des comportements à risques".
Elle a justifié non une "exclusion" mais une "contre-indication" pour le don du sang justifiée par "la sécurité sanitaire".
L’amendement incluant non seulement le don du sang mais aussi le don d’organes, Nora Berra a rappelé qu’il n’y avait aucune exclusion en matière de don.
Selon l’Agence de biomédecine, les hommes ayant des relations avec des hommes (HSH) ne sont pas exclus du don d’organe.

Michel Cointat (UMP) a affirmé que "l’orientation sexuelle ne doit pas être prise en compte". Et il a expliqué qu’en matière de don "il y a une pratique, que nous devons tous désavouer".

L’ancien garde des Sceaux Robert Badinter (PS) a aussi pris la parole pour critiquer "cette pratique d’exclusion".
"On dit qu’ils sont indignes de participer à un acte de solidarité humaine", a-t-il expliqué, évoquant une "flétrissure".

Bernard Cazeau (PS), l’un des signataires de l’amendement, a exhorté à "faire un geste fort" envers "des concitoyens stigmatisés".
Et d’évoquer aussi "une confusion dans la tête des responsables des établissements de recueil de greffe" sur la question du don d’organes
.

Marie-Hélène Des Esgaulx (UMP) a interpellé la ministre : "Vous auriez pu faire une ouverture sur cette circulaire" de 1983.

Nora Berra a proposé "de travailler après le débat avec les acteurs concernés" sur le sujet. Source : AFP

La situation française n’est pas la même partout.

publié par Audrey Banegas
http://yagg.com/2010/06/14/journee-…
Chaque pays détermine ses critères de sélection et la perception du risque des donneurs homosexuels n’est visiblement pas partagée par tous.

En Europe, les homosexuels peuvent par exemple donner leur sang en Espagne où cette restriction n’a tout bonnement jamais existé.
En Italie et au Portugal, la restriction avait bien été appliquée dès les années 1980, mais elle a été levée depuis plusieurs années (en août 2006 pour le Portugal).

La Suède a changé ses critères, à son tour, en mars 2010. Les gays suédois peuvent donc désormais donner leur sang, à la condition – un peu particulière – de n’avoir pas eu de rapport sexuel avec un homme au cours des douze derniers mois.

La Suisse pourrait suivre, comme l’explique un article de La Tribune de Genève. La question a en tout cas été soulevée au sein du Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge suisse, qui chapeaute les centres et évalue les critères de dons. Il faudra attendre l’année prochaine pour connaître ses conclusions.

Au niveau mondial, l’Australie applique, par exemple, les mêmes conditions que la Suède.
Cependant l’interdiction des donneurs gays reste ferme au Canada, au Royaume-Uni, en Israël, en Russie et aux États-Unis.

ÉTATS-UNIS : UNE « POLITIQUE SCIENTIFIQUEMENT INFONDÉE »

Aux États-Unis, justement, ce sujet a particulièrement fait polémique ces derniers jours. En effet, vendredi dernier, après deux jours de délibérations, un comité du HHS (US department of Health and Human Service) a voté pour conserver la politique d’interdiction de don du sang pour les hommes gays. Rea Carey, directeur du National Gay and Lesbian Task Force, a qualifié la décision du comité de « scandaleuse, irresponsable et archaïque ».

Lors des délibérations, mercredi et jeudi, un groupe de législateurs, mené par le sénateurs du Massachusetts John Kerry et le représentant de l’Illinois Mike Quigley, s’est adressé aux membres du comité pour soutenir une modification de cette interdiction.

« Cette discussion a une véritable signification sociale pour les homosexuels », a déclaré John Kerry devant le comité, « ils sont clairement la cible de cette politique, qui a été initiée dans les années 80, lorsque l’on n’en savait très peu sur le VIH/sida, excepté que les hommes gays semblaient contracter la maladie quasiment exclusivement à l’époque.
Aujourd’hui, cette politique qui persiste porte en elle un stigmate social pour sa population qui est toujours engagée dans une lutte pour des droits civils sur tous les fronts  ».

Avant d’ajouter : « Les individus qui pratiquent systématiquement des relations hétérosexuelles non protégées n’ont même pas à faire face à des périodes de différé, alors que des partenaires homosexuels mariés et monogames qui ont des relations protégées et sûres sont interdits à vie  ».

John Kerry s’est dit accompagné dans cette démarche par les plus importantes organisations de banque du sang du pays. La Croix Rouge américaine, l’American Association of Blood Banks et les America’s Blood Centers, s’accordent en effet pour dénoncer une politique « scientifiquement et médicalement infondée ».

En France, depuis 2000, suite au scandale du début des années 1990 du sang contaminé, seul l’EFS et le Centre de transfusion sanguine des armées sont habilités à recueillir du sang en France, sous tutelle du ministère de la Santé. L’EFS a t-il l’intention de faire évoluer les choses ? Ces derniers jours, Yagg a tenté de le contacter, pour l’instant sans succès.

76% des Français considèrent comme "non justifiée" l’exclusion des homosexuels du don de sang selon un sondage BVA.

Le sondage a été réalisé à la demande d’Alexandre Marcel, l’homosexuel d’Alès qui a porté plainte en avril dernier contre l’Établissement Français du Sang pour discrimination après s’être vu refuser le droit de donner son sang.

"Savoir que 76% des personnes interrogées sont favorables à ce que les gays donnent leur sang me donne l’impression d’être moins seul dans mon combat", a-t-il affirmé au site Yagg.

e-llico Mis en ligne le 10/06/2009

Don du sang


Don du sang et homosexualité (France 3 10/12/08)
envoyé par GayClic. - L’info internationale vidéo.


Communiqué du 7 février 2009 par SOS-homophobie

Don du sang des gays : quel débat ?

En début de semaine, le conseil de Paris a voté à l’unanimité un voeu visant à l’ouverture d’un débat sur l’arrêté de la ministre de la Santé qui maintient l’exclusion des homosexuels masculins des dons de sang.

SOS homophobie salue cette résolution consécutive à la position de la ministre de la Santé, mais doute de l’utilité d’un débat qui a déjà eu lieu.

En effet, un groupe de travail a déjà été réuni au ministère de la santé en 2006* alors que les données scientifiques à l’époque étaient les mêmes qu’aujourd’hui. Le ministre s’était alors prononcé pour ouvrir la possibilité aux homosexuels de donner leur sang.

Pour justifier son changement de position, la ministre a précisé les conditions auxquelles les gays pourraient donner leur sang : prévalence égale entre homosexuels et hétérosexuels. SOS homophobie est révoltée par ces propos puisque cela signifierait qu’il faudrait, soit le décès des nombreux gays séropositifs, soit la nouvelle contamination de nombreux hétérosexuels.

Cette condition est absurde : autant dire clairement que les homosexuels ne pourront jamais donner leur sang. Cela serait plus honnête.

En fait, c’est bien, comme le rappelle Act Up Paris, du taux de nouvelles contaminations dont il faut tenir compte puisqu’il indique bien les comportements actuels des deux groupes vis à vis du VIH et de sa prévention. Et il montre clairement que le taux de contamination est plus important chez les hétérosexuels que chez les gays. Mais ce constat scientifique impliquerait alors, par le même principe de précaution, d’interdire de don les hétérosexuels…

* En mai 2006, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, avait conduit une série de réunions avec des associations LGBT et de lutte contre le VIH, la Halde, l’Établissement Français du Sang et la Direction Générale de la Santé.
Au terme de ces entretiens, Xavier Bertrand, avait annoncé le 7 juillet 2006 mettre fin à cette discrimination  : il le confirmait dans des entretiens avec Têtu et Le Monde (10 juillet) : « La contre-indication permanente actuelle visant "les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes" ne me semblait pas satisfaisante, car elle stigmatisait de facto une population et non des pratiques. Elle va donc disparaître », « J’entends que l’on ne parle plus à l’avenir de "populations à risque" mais bien de "pratiques sexuelles à risque" », précisait le ministre toujours dans Le Monde.
Dans le questionnaire médical que tout candidat au don doit remplir, la question « Avez-vous eu des rapports homosexuels ? » devait donc être changée en « Avez-vous eu des pratiques sexuelles à risque ? ».
Comme la levée de l’exclusion des homosexuel-le-s tardait à venir, SOS homophobie avait, en septembre 2007, demandé audience au cabinet de Roselyne Bachelot, pour connaître le point de vue de la nouvelle ministre de la Santé. Le 27 novembre 2007, la ministre annonçait à la presse sa décision d’ouvrir le don de sang aux homosexuels. Sur France Info, elle qualifiait cette mesure de "démarche discriminatoire qui n’est pas tolérable" et ajoutait que cette suspension interviendrait "d’ici quelques jours". _

Les homos américains bientôt autorisés à donner leur sang ?

Des sénateurs américains ont appelé jeudi à l’abrogation de l’interdiction faite depuis 1983 aux hommes homosexuels de donner leur sang, la jugeant "dépassée et médicalement et scientifiquement douteuse".


Le sénateur démocrate John Kerry, à la tête d’un groupe de 17 démocrates et un indépendant, a écrit à la FDA, l’autorité américaine de contrôle des médicaments, pour exhorter cette agence fédérale à lever l’interdiction.

"Nous écrivons aujourd’hui pour exprimer nos inquiétudes concernant des critères dépassés, médicalement et scientifiquement douteux, appliqués aux donneurs de sang potentiels", écrivent les sénateurs dans cette lettre rendue publique par le bureau de John Kerry.

Ils soulignent le fait que "les hôpitaux et les services d’urgence dans tout le pays ont constamment et de manière urgente besoin de produits sanguins" et appellent à "revoir, modifier et moderniser" la politique qui s’applique aux donneurs, "tout en assurant que le sang fourni correspond aux normes les plus élevées possible".

La Croix Rouge américaine et d’autres organisations soutiennent une levée de l’interdiction, la jugeant "scientifiquement et médicalement injustifiée".

Cette interdiction, entrée en vigueur au plus fort de l’épidémie de sida, s’applique aux hommes ayant eu des rapports sexuels avec d’autres hommes après 1977.

Le bureau de John Kerry signale que les personnes ayant eu des relations sexuelles hétérosexuelles avec une personne porteuse du VIH se voient interdire de donner leur sang pendant un an, alors que l’interdiction qui s’applique aux hommes homosexuels est à vie.

Il souligne aussi que le sang prélevé fait systématiquement l’objet de deux tests différents pour détecter la présence éventuelle du VIH et que le risque de contamination est "virtuellement nul".

Ellico mis en ligne le 05/03/2010

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Citations

"Je sais la dette que j’ai contractée envers les vieilles féministes, maintenant dans leur tombe. Si, dans ma vie, j’ai pu poursuivre des études, faire ce que je voulais et comme je le voulais, si j’ai pu voyager seule autour du monde, si j’ai pu faire librement publier mes idées et même si je peux aujourd’hui parler à ce pupitre, je le dois à ces femmes, et il est peu de personnes que j’honore et respecte davantage". Karen Blixen. Suite demain…

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