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In and Out, Festival de Nice.

Le Printemps arabe à l’honneur du festival de cinéma LGBT de Nice

Têtu par Frédéric Maurice 29 septembre 2011

C’est hier qu’a débuté « Ze Festival », la nouvelle génération du festival de cinéma LGBT de Nice.
TÊTU a rencontré l’un des organisateurs, qui explique pourquoi il a décidé de mettre cette année l’accent sur le cinéma arabe.

Le réalisateur Gaël Morel entouré de Jean Flores et Jacky Siret, deux des organisateurs de « Ze Festival »

Très attendu, son dernier film est sorti hier en France.
C’est à Nice que Gaël Morel a choisi d’aller le voir.
Notre paradis (dont la bande-annonce est visible ici) inaugurait hier soir la quatrième édition du festival automnal de cinéma LGBT de la Côte d’Azur, plus connu sous le nom d’« Eté Indien ».
Ou plutôt « Ze Festival », c’est la nouvelle appellation de cet événement qui reste, en revanche, fidèle à sa vocation de défricheur.

A raison de deux ou trois projections par jour, dans diverses salles de Nice, dix-huit longs-métrages sont à l’affiche jusqu’au 7 octobre.
Et pour la première fois, une douzaine de courts-métrages.
Jacky Siret, le programmateur qui a mis l’accent sur le cinéma arabe, répond aux questions de TÊTU.

TÊTU : Pourquoi avez-vous rebaptisé le festival « Eté indien » en « Ze Festival » ?

Jacky Siret : C’est un clin d’œil à notre prestigieux voisin, le Festival de Cannes. On trouvait que le nom n’était plus vraiment significatif, qu’il manquait de connotation culturelle, LGBT ou cinéma.
« Ze Festival » va nous permettre de faire la transition en douceur entre « l’Eté indien » qu’on lui a accolé cette année pour ne pas égarer les habitués et le futur nom qui sera sûrement « Ze Festival LGBT de Nice » dès l’année prochaine…

Comment la programmation est-elle conçue ?
On essaie de dégager une thématique chaque année.
Vu l’actualité et notre proximité géographique avec l’Afrique du Nord, il nous a semblé évident de mettre à l’honneur le Printemps arabe.
Mais il est très difficile de trouver des films LGBT traitant de la condition arabe ; il n’y en a pas beaucoup.
Au Festival de Cannes où je fais un peu mon marché, j’ai trouvé Quelques jours de répit de Amor Hakkar qui viendra présenter mercredi, jour de sa sortie nationale, ce film avec Marina Vlady sur deux Iraniens qui passent la frontière.

Dans les court-métrages, j’ai trouvé Hudûd, une petite perle de Federico Ariu, un Belgo-Iranien. Et dimanche, Everett Lewis présentera en avant-première mondiale Some far where qui a été tourné en Jordanie.

Quels seront les autres moments forts en matière de ciné ?
Outre celui que j’ai déjà cité, Everett Lewis présentera deux autres de ses films dimanche : Prends-moi et Lucky bastard (ci-dessous).
The Ballad of Genesis and Lady Jade de Marie Losier, sur ce personnage qui a subi des tas d’opérations pour ressembler à sa copine sera projeté en avant-première mercredi.
Lundi, ce sera une soirée filles consacrée à Maria Beatty qui viendra présenter son dernier film, the Return of post apocalyptic cowgirls.
Le 7 octobre, Ze Festival s’achèvera sur l’Infidèle, un film expérimental pour lequel le réalisateur s’est enfermé une soirée avec un acteur porno.
Il y aura aussi des inédits dans la région comme Ausente de Marco Berger jeudi et l’Homme qui aurait aimé vivre sa vie d’Oliver Hermanus mardi.

Quelle est la spécificité de « Ze Festival » ?
On a la chance d’être le premier de la saison.
Ce qui nous permet de présenter beaucoup de films en primeur : cinq avant-première cette année dont une mondiale, trois sorties nationales et neuf inédits.
Pour la première fois, on propose aussi une quinzaine de court-métrages dont une petite perle, Mathi(eu) de Coralie Prosper qui raconte l’histoire d’un collégien qui aspire à changer de sexe.

Et les autres moments forts ?
Les résultats du concours photos sur le thème Débauche et sentiments samedi à 11 heures et en soirée, le concert de King’s queer, un binôme très marginal et déjanté. Dimanche midi, brunch sur la plus belle terrasse du château de Nice, ce sera une vraie auberge espagnole où chacun apporte ce qu’il veut.

Comment vois-tu le cinéma LGBT évoluer ?
Il se calque sur l’actualité.
J’ai vu beaucoup de films sur l’homoparentalité l’an dernier et sur les transgenres cette année, c’est pourquoi le dernier jour, on présente Roméos par exemple, un très beau film.
A l’inverse, des thématiques ont disparu. Ca n’est plus possible de trouver des films traitant du sida, ça semble malheureusement complètement démodé.
Est-ce qu’on va avoir des films sur l’homosexualité dans les pays arabes maintenant ? Je l’espère…

Festival In & Out à Nice : « L’homosexualité au cinéma change »

Têtu par Frédéric Maurice 21 avril 2011,

Jusqu’au 27 avril, les troisièmes « Rencontres in & out » de Nice explorent l’intimité dans les films gays et lesbiens. Une tendance de fond que décrypte Benoît Arnulf, grand connaisseur à 33 ans du cinéma LGBT, et directeur artistique de ce festival de cinéphiles. Interview.

Benoît Arnulf (troisième à gauche) et une partie de l’équipe organisatrice des « Rencontres In & Out ». Photo : FM pour TÊTU.

TÊTU : Qui sont les Ouvreurs ?

Benoît Arnulf : Une association que des cinéphiles ayant à cœur de défendre la culture gay et lesbienne ont fondée il y a trois ans à Nice avec pour vocation de créer ce festival « In & out ».

On a, depuis, étoffé notre champ d’action en animant des séances de prévention contre l’homophobie dans les lycées niçois.
Enfin, on organise aussi toute l’année des petites manifestations cinéphiles comme des projections en plein air l’été dans le Vieux-Nice.

Pourquoi ce thème de « l’intime » ?
L’homosexualité au cinéma change.
Les cinéastes abordent cette thématique à hauteur de l’individu, de façon plus personnelle, moins universelle, politique ou sociétale comme c’était le cas jusqu’ici.
Un exemple avec le film qu’on a projeté mardi en ouverture.
Dans Cuchillo de palo, la réalisatrice paraguayenne Renate Costa, parle de la persécution des homosexuels dans son pays, sous la dictature de Stroessner, à travers le regard qu’elle portait sur son oncle qui en était victime.
C’est un film sur la mémoire d’un pays à l’échelle, très intime, d’un individu. On est captivé par cette histoire parce qu’elle nous parle. On passe du personnel à l’universel.

Les moments forts de cette troisième édition ?
L’âme de ce festival, c’est la rencontre avec les cinéastes.
On est donc très contents d’avoir tous les jours un invité.
On a une rétrospective intégrale des trois longs et deux courts-métrages du portugais João Pedro Rodriguez.
Ce qui, à mon avis, n’avait jamais été proposé. Mercredi, il est venu parler de son œuvre et de son prochain film.
On est aussi très content d’accueillir Céline Sciamma qui casse la baraque avec Tomboy annoncé comme le grand film français de ce printemps.
On a aussi Vincent Dieutre qui viendra nous parler de son dernier film qui ne sortira pas en salle, Emilie Jouvet avec son ton très libre et très politique et Louis Dupont qui fait partie des habitués du festival avec un travail en profondeur sur l’esthétique des corps.

Quelle est la spécificité de ce festival ?
Je suis soucieux de structurer ma programmation avec une thématique transversale et, chaque jour, une cohérence avec des films qui se répondent.
C’est un festival de films et de cinéastes avant d’être un festival militant gay et lesbien. On ne renie pas cette dimension là. On la revendique plus facilement dans nos sections documentaires.
On insiste aussi beaucoup sur la convivialité parce qu’un festival de province doit amener des films que les spectateurs ne verraient pas en salle car la distribution est difficile en France. Et on a envie de montrer que Nice peut être une ville ouverte qui a de l’ambition avec des manifestations de grande qualité, exigeantes dans leurs contenus.
Il y a un public pour ça à Nice. La preuve : on a attiré 2 200 spectateurs l’an dernier. On a l’objectif de faire mieux avec toujours une trentaine de films mais un jour de plus cette année.

In & out, jusqu’au 27 avril. Plus d’infos sur www.lesouvreurs.com

Nice / Cinéma

3ème édition du festival In & Out

Programme écléctique pour la 3ème édition du festival In & Out - centré sur la thème de l’Intime cette année - et qui se déroule du 19 au 27 arvil à Nice.

E-llico.com

Mis en ligne le 19/04/2011

"Pour sa 3ème édition, In & Out se place sous le signe de la continuité, explique Benoît Arnulf, le directeur Artistique du festival azuréen.
Avec, nous lʼespérons, autant dʼaudace que les années précédentes, et par-dessus tout le désir de sʼaventurer hors des sentiers battus".

Cette année, le festival a choisi dʼinscrire "lʼIntime" en thème central de sa programmation, la question inspirant une part importante des réalisateurs dont les films seront projetés.

"LʼIntime, domaine profondément intérieur et réservé offre un terrain d’expérimentation pour repenser la place des sexualités, des corps et des genres dans le monde actuel.
Autant de tentatives singulières pour (re)conquérir cet espace de liberté, propice à toutes les transgressions mais de plus en plus sous surveillance", selon Benoît Arnulf.

La programmation 2011 est éclectique avec 30 films proposés. In & Out, ce sont avant tout des rencontres et le festival heureux accueille cette année plusieurs cinéastes qui offrent des univers d’une grande diversité commeJoão Pedro Rodrigues, Emilie Jouvet et Vincent Dieutre.

Reviennent aussi à Nice, Céline Sciamma pour son dernier film, "TomBoy", fraîchement récompensé au Festival de Berlin, et Louis Dupont pour le dernier volet de sa trilogie, "Les garçons du Lido".

Nouveauté et éclectisme commandent toujours la programmation, deux tiers des trente films proposés étant inédits à Nice.
A l’image du film d’ouverture, "Cuchillo de Palo", éblouissant pavé jeté dans la douloureuse mémoire de son pays par une jeune réalisatrice paraguayenne.

Il en va de même pour la mémoire des cultures gays et lesbiennes, célébrée lors des hommages rendus au philosophe Michel Foucault, à l’écrivain Jean Genet, au cinéaste allemand Werner Schroeter ou encore au journaliste et activiste Jean Le Bitoux.

Plus d’infos sur : rencontrescinema.blogspot.com

Par Frédéric Maurice 16 septembre 2010
Forte du succès encourageant rencontré l’an dernier par sa première édition, l’association revient du 23 au 30 septembre avec la deuxième salve de « l’Eté indien », son festival de cinéma LGBT niçois.
Et cette année, les réalisatrices lesbiennes sont particulièrement à l’honneur !


Vincent Péchenot, Jacky Siret, Brigitte Riffaud et Jean Flores, les principaux dirigeants de Polychromes, l’association culturelle LGBT qui organise ce deuxième « Eté indien » du 23 au 30 septembre à Nice (Photo Frédéric Maurice/TÊTU).

C’est bien connu : l’été indien est particulièrement cinégénique sur la Côte d’Azur. Il l’est davantage depuis que Polychromes lui consacre un festival.
Une semaine de projections dans trois salles de Nice. Pour la plupart des films en avant-première.
Certains en présence de leurs auteurs.

Resserré autour des œuvres, le programme se veut plus riche.
Neuf long-métrages. En fait, l’essentiel de la production gay de l’année écoulée. Quelques-uns des films sélectionnés ont d’ailleurs déjà fait sensation.
Comme Jamais sans toi du brésilien Aluisio Abranches sorti en France le 12 mai, une troublante histoire d’amour entre deux demi-frères.
C’est aussi le cas de deux autres pépites découvertes au dernier Festival de Cannes : les Amours imaginaires du surdoué canadien Xavier Dolan qui met en scène la rivalité entre deux amis, une fille et un garçon, s’éprenant du même mec et Kaboom, production américaine déjantée de Gregg Araki qui a remporté la première « Queer palm » décernée sur la Croisette au film le plus gay.
Enfin, tout juste sorti dans les salles (le 22), Un Amour fou, documentaire dans lequel Pierre Thoretton retrace les cinquante années, ardentes et tourmentées, de passion entre Yves Saint Laurent et Pierre Bergé.

Trois longs-métrages lesbiens pour le crû 2010

Mais ce qui caractérise cette deuxième édition, c’est aussi la place accrue accordée au cinéma lesbien.
Avec trois films projetés au cours d’une « soirée filles » le 27. I Can’t think straight de Shamin Sarif, deux femmes aux origines orientales qui se rencontrent à Londres et vont vivre une romance bouleversante. And then came Lola d’Ellen Seidler et Megan Siler, la course frénétique à travers San Francisco d’une photographe en quête de la copine et du job de ses rêves.
Enfin, dans un registre d’auteur plus exigeant, Bandaged, un thriller de Maria Beatty dans lequel une jeune femme défigurée s’amourache de son infirmière au passé trouble. « C’est un film très photographique que nous aurons la chance de projeter en présence de sa réalisatrice qui est ouvertement lesbienne », s’impatiente Brigitte Riffaud.

En charge de la sélection féminine, la secrétaire adjointe de Polychromes espère susciter l’intérêt « car on a toujours plus de mal à attirer les femmes que les hommes dans tous les événements culturels qu’on organise. C’est pourquoi on a donc construit cette programmation lesbienne de façon éclectique afin que chacune puisse y trouver son bonheur. »

L’ambition de l’Été indien : la diversité

La diversité, c’est plus généralement l’ambition de l’Eté indien.
« On va même jusqu’à proposer Shahada, un film allemand de Burhan Qurbani dont la thématique n’est pas directement gay, mais qui interroge sur la difficulté qu’ont les jeunes musulmans à trouver leur place dans nos sociétés occidentales », relève Jacky Siret, coordinateur du festival qui se réjouit de la participation de SOS racisme au débat qui suivra cette projection le 28. Car même s’il tient à privilégier le septième art, l’Eté indien ne se cantonne pas aux projections.
Outre l’ouverture et la clôture qui donneront lieu à des soirées, divers événements agrémenteront ce deuxième opus : un concours photo, un brunch associatif ou encore un concert de la chorale de Polychromes.

Renforcer la culture homo sur la Côte d’Azur

Au-delà du cinéma « qui est l’une des disciplines artistiques que la culture gay a le plus imprégnée », pour le président Jean Flores, « il est important de donner une consistance à cette culture homo sur la Côte d’Azur qui est depuis longtemps, sans le dire, une destination prisée des artistes homosexuels comme Jean Cocteau, Jean Marais et tant d’autres.
Bien que plutôt conservatrice, voire réac’, cette région abrite une importante communauté gay pour laquelle l’offre culturelle était inexistante avant Polychromes. Sans "l’Eté indien", plusieurs de ces films, pourtant dignes d’intérêt, n’auraient jamais été projetés dans la région. Leur donner l’existence qu’ils méritent auprès du public, c’est la fonction pédagogique et citoyenne d’un festival comme celui-ci. »

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Citations

"La femme mariée est soustraite aux protections de la loi, tandis que l’homme marié est soustrait aux sanctions de la loi". Guillaume Carnino.

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