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Gay Games de Cologne, déroulement

Têtu par Rédaction 26 juillet 2010 L’interprète de « Tell It To My Heart » dans les années 1980 se refait une santé auprès des gays en acceptant d’interpréter l’hymne des jeux de Cologne.
Ecoutez ici la chanson.

Les huitièmes Gay Games, c’est imminent !

Le plus grand rassemblement sportif LGBT au monde aura lieu à Cologne, du 31 juillet au 7 août.
Quelque 10.000 participants sont attendus, pour des événements festifs, culturels mais surtout sportifs, dans pas moins de 35 disciplines !

Déjà, afin de se mettre l’eau à la bouche, nous vous proposons d’écouter l’hymne officiel de ces jeux : Facing a Miracle, interprété par la diva Taylor Dayne, qui sera d’ailleurs présente à la cérémonie d’ouverture au stade Rhein Energie de Cologne.

Ecoutez ce morceau, sur des images de la cérémonie d’ouverture des Gay Games de 2006, à Chicago :

EN DIRECT DES GAY GAMES : Cologne, c’est parti !

Têtu par Myrtille Rambion 01 août 2010,

Jusqu’au 7 août, TÊTU vous fait vivre de l’intérieur et au quotidien les Gays Games de Cologne. Premières émotions avec la cérémonie d’ouverture qui a eu lieu ce samedi soir. Au menu : du feu, des paillettes et des athlètes. Dont Matthew Mitcham. Ambiance et galerie photos. De nos envoyés spéciaux à Cologne Une cérémonie d’ouverture, ça ne se prend pas à la légère. Plusieurs heures avant le coup d’envoi de la première manifestation officielle de ces 8e Gay Games, celle qui dit haut et fort que « ça y est, c’est parti ! », il fallait ainsi voir l’agitation sur les pelouses bordant le RheinEnergie Stadion.
Oui, le stade même qui accueille habituellement en son sein le FC Köln et les matches de Bundesliga.

C’est dire l’écrin de prestige. Les dernières répétitions avec force drapeaux et grosses caisses, les filles des « Chosen Few », le club de football lesbien de Johannesburg, qui pour tuer le temps soufflent dans des vuvuzelas tout en se chambrant et en matant gentiment, les organisateurs qui donnent à la presse les règles de bonne conduite (« Ne marchez jamais au milieu dans le rectangle rouge ! Rouge, c’est dangereux ! ») et les équipes de télévision qui s’agitent des cars régies aux cabines de commentateurs en passant par les plateaux provisoires.
Car, et c’est ça aussi, la magie de Gay Games organisés dans l’une des villes les plus gay friendly d’Europe et même du monde : cette cérémonie d’ouverture n’aura pas été vue seulement par les 9.000 participants et les milliers de spectateurs ayant fait le déplacement au stade. Elle aura également été diffusée en direct et en intégralité à la télévision. La délégation française à l’honneur19h30.

Après un warm-up sexy et souriant de la Djane Hildegarde ayant porté les spectateurs à température idéale, un interlude percussions et une prestation de cheerleaders aussi enthousiasmante qu’un épisode de Glee, le compte à rebours est lancé. Les baffles soufflent l’introduction du Right Here, Right Now, de Fatboy Slim, six bandes de tissu sont déployées pour former un rainbow flag géant, et le défilé des délégations peut commencer.

Soixante-quatorze exactement, par ordre alphabétique, et sans distinction dans les honneurs qui leur sont accordées, qu’elles soient fortes de plus de 2.000 membres (Allemagne) où qu’elles n’en comptent qu’un seul (Angola, Colombie, Chypre, Inde, Libéria…).
A l’applaudimètre, le Team France emmené par la capitaine Christelle Foucaud et par le président de la FSGL Bruno Aussenac, a été l’un des plus appréciés.
Il faut dire que, venus en nombre (483), les Bleus vêtus du survêtement officiel remis par Rama Yade trois semaines plus tôt ont assuré le spectacle, notamment en offrant une fin de cortège avec un marié en short moulant, cuissardes rouges et traîne tricolore du plus bel effet.

Parmi les quelque 9.000 autres sportifs présents, les six-packs du Team Philadelphia, les princesses sri lankaises en costumes traditionnels et les tutus thaïlandais n’ont pas été en reste.
Quant au « Viva Colonia » entonné (sur l’air de « Viva España », sicher !) par le Team Cologne, hôte de l’événement, pour conclure le défilé, la légende urbaine veut qu’il ait résonné de nombreuses heures plus tard dans les tramways qui repartaient vers la vieille ville… Légende vérifiée, bien sûr.

La flamme et Mitcham

Quelles images retenir ? « Le moment qui m’a le plus touché, commente Sandrine, d’Entre2Basket, ç’a été lorsque la flamme s’est allumée. Alors que ce sont mes premiers Gay Games, j’ai finalement ressenti beaucoup plus d’émotions là que lors de l’entrée dans le stade. » Une flamme, à l’image de celle allumée lors des Jeux Olympiques, qui ne s’éteindra elle aussi qu’à la fin de ces huit jours de partage.

Une flamme portée au sens figuré également par des personnalités, venues porter un message de soutien fort au RheinEnergie Stadion.
Le maire de Cologne Jürgen Roters par exemple, mais surtout le vice-chancelier ouvertement homosexuel Guido Westerwelle, qui a tenu à souligner : « Nous ne voulons pas des privilèges, nous voulons le respect. »

Outre les coprésidents de la Fédération des Gay Games, Emy Ritt et Kurt Dahl, un autre invité de marque était très attendu : Matthew Mitcham. Très sexy dans son petit gilet gris sans manche et sa chemise blanche, le champion olympique du plongeon à 10 mètres a lu le serment des participants aux Gay Games, qu’il a lui aussi promis de respecter, ce qui implque également, « d’avoir un super fun ! ». Cela dit dans un sourire gourmand.
Du super fun, il y en a eu pour cette première soirée à Cologne au son de l’Eurodance d’Agnes, chanteuse à voix, à paillettes et à danseurs bac option beau gosse tout d’abord, puis de Taylor Dane, venue entonner avec dix danseurs (cinq filles, cinq garçons, pas de jaloux) quatre de ses morceaux avant de clore par l’hymne officiel de ces Gay Games : Facing a Miracle.
Miracle du sport ou de l’amour, de la rencontre en tout cas, c’est ce qu’une partie des participants est ensuite allée chercher du côté de la Lanxess Arena, sur l’autre rive du Rhin, pour la soirée de lancement des Gay Games. Mais ça, c’est déjà une autre histoire… Gay Games 2010 : Ouverture Par Mathias Casado Castro


Gay Games : Les basketteurs français bousculent le protocole de la cérémonie d’ouverture

Têtu par Rédaction 05 août 2010

VIDÉO. Le club parisien Entre 2 Basket a envoyé plus d’une soixantaine de sportifs et de sportives aux Gay Games de Cologne. Avec une présence si imposante, ils pouvaient bien mettre un peu d’animation dans la cérémonie d’ouverture. Regardez.

Soixante basketteurs envoyés à Cologne sur les 70 membres de l’association : c’est dire si Entre 2 Basket a mobilisé ses troupes pour être de la partie.
Grâce à un système d’aide aux sportifs les moins fortunés pour boucler leur budget, et les encouragements des anciens qui ont déjà vécu des Gay Games, la délégation des basketteurs est l’une plus fournie parmi les sportifs français.
TÊTU n’est donc pas peu fier de sponsoriser ces équipes, quatre de garçons et deux de filles.

De quoi se payer le luxe de faire un petit pied de nez au protocole lors de la cérémonie d’ouverture.
Au dernier rang de l’équipe France, très remarquée pour sa tenue officielle qui donnait une belle impression de nombre, les vétérans d’Entre 2 baskets ont voulu rappeler le chic à la française. Regardez ces images de la cérémonie d’ouverture jusqu’au terrain.


GayGames : de la cérémonie d’ouverture aux terrains de basket
envoyé par TETUMAG. - Foot, rugby, surf et encore plus de sports en vidéo.

EN DIRECT DES GAY GAMES : Matthew Mitcham se livre à TÊTU

Têtu par Myrtille Rambion 02 août 2010

Ouvertement gay, le champion olympique de plongeon constate son immense popularité aux Gay Games de Cologne, dont il est ambassadeur.

Après sa rencontre avec le footballeur gay Yoann Lemaire, le sexy Australien se confie avec le (beau) sourire…

Le voir. Mieux, lui parler, le toucher et se faire prendre en photo à ses côtés. Dès la cérémonie d’ouverture, Matthew Mitcham a été ovationné.

C’est qu’il fallait par exemple voir le beau Matthew superviser d’un œil attentif les nageurs australiens engagés dans la compétition ce dimanche dans le bassin du Sportspark Müngersdorf de Cologne.

Et l’entendre joindre la parole au geste, en se fendant d’un « Good luck ! You’re hot ! » à l’intention de ses compatriotes en maillot. Il n’a refusé aucun autographe, aucune discussion impromptue, aucune séance de pose improvisée. Neil et Scott, de San Francisco, photo dédicacée bien en main, ont apprécié.

« C’est vraiment sympa de recevoir le soutien d’un sportif aussi accompli que lui, se sont-ils félicité. Il y en a tellement peu qui sont out au haut niveau et cela nous fait du bien d’avoir un ambassadeur comme lui. C’est bon pour la visibilité. »

Le français parfait du beau Matthew

Comme il l’a lui-même confié à TÊTU, ce rôle, Matthew Mitcham l’endosse d’ailleurs avec sérieux.

« Avec tous ces gestes d’affection, les gens me font me sentir un peu spécial quelque part, a-t-il expliqué.

Quand on est enfant, on veut toujours être spécial et aujourd’hui j’ai l’impression de l’être un peu.

Non pas parce que je pense que j’ai réussi quelque chose de "spécial", mais parce que les gens me disent que c’est le cas, vous comprenez ? »

On comprend d’autant mieux que Matthew sait également s’exprimer dans un français parfait.

Sa timidité le pousse encore à opter pour sa langue maternelle lors des interviews ; pourtant, il serait tout à fait en mesure de s’acquitter de l’exercice dans la nôtre sans rougir.

Encore étudiant, le champion olympique n’aurait d’ailleurs rien contre le fait de se lancer dans une carrière à la télévision française, plus tard, lorsqu’il sera retraité des plongeoirs…

Un membre du Team France en particulier peut en témoigner, lui qui a eu le privilège d’être présenté à Matthew Mitcham et d’avoir parlé en tête-à-tête avec lui :

Yoann Lemaire, le footballeur ardennais dont nous vous avons conté les mésaventures ici-même.

L’ancien sociétaire du FC Chooz, venu à Cologne pour concourir au sein de l’équipe « France-Espagne » de foot, n’est toujours pas revenu de cette rencontre.

« Il m’a parlé de sa vie, a-t-il précisé des étoiles plein les yeux, il est très humble, très simple et… très charmant ! »

Si le charme de l’Australien n’a pas laissé le Bleu insensible, l’inverse est également vrai. « Yoann m’a raconté son histoire, explique Matthew Mitcham, et cela m’a touché. Je veux absolument lire son livre. »
Ce qui devrait être chose faite très prochainement puisque le Sydneysider d’adoption repartira de Cologne avec un exemplaire sous le bras.

« Ces Gay Games sont encore plus émouvants que ce que je pensais » Nommé ambassadeur des Gay Games pour cette édition 2010, Matthew Mitcham reconnaît volontiers qu’il ne savait pas exactement à quoi s’attendre avant que la manifestation ne commence. Mais maintenant que cette aventure est devenue concrète, il tente de mettre des mots sur ses sensations.

« Ces Gay Games sont encore plus spéciaux, encore plus émouvants et encore plus englobants que je ne le pensais, analyse le plongeur australien. Aujourd’hui, pour les sportifs de ma génération, les Jeux olympiques ont totalement perdu cet aspect ; tout ce qui compte, c’est de gagner. Alors qu’ici, il ne s’agit pas seulement de gagner. Il s’agit de vivre ensemble une grande fête, de se souvenir des luttes passées et de participer, peu importe qu’il y ait ou non la victoire au bout. On n’est pas obligé d’être le meilleur. » Ambassadeur idéal ? En tout cas, ça y ressemble.

EN DIRECT DES GAY GAMES : Au cœur de la soirée France, avant celle au Ministère

Têtu par Myrtille Rambion 05 août 2010 Mercredi soir, l’équipe de France s’est retrouvée au Wolkenburg, à Cologne, pour fêter ses premiers médaillés. L’occasion pour ces derniers d’apprendre qu’ils seront reçus par Roselyne Bachelot en septembre. Ambiance.

Il y avait beaucoup de choses à célébrer ce mercredi soir au Wolkenburg (ci-dessus), l’un des plus beaux lieux de réception de Cologne, une vieille demeure avec cour intérieure où l’équipe de France a organisé sa soirée officielle.
Les premiers médaillés, bien sûr, mais aussi le sentiment d’appartenance à une même équipe. Celle dont le nom est flanqué en lettres capitales sur les quelque 524 survêtements réalisés pour l’occasion, ceux-là même qui avaient été remis aux participants tricolores par Rama Yade trois semaines avant le début de la compétition.
Même les Etats-Unis ont été impressionnés. Et la reconnaissance ne s’arrêtera pas là, puisqu’une heure à peine avant le début de la fête, Bruno Aussenac, le président de la FSGL a reçu un message de la Ministre en personne.
« Roselyne Bachelot m’a annoncé qu’elle recevra tous les médaillés au Ministère, a-t-il tenu à faire savoir aux participants, lesquels ont accueilli la nouvelle avec force applaudissements et cris de joie.
« Alors, a-t-il conclu, ramenez des médailles ! » Dans le même temps, mais cela, les exilés volontaires en Allemagne ne le savaient pas encore, la Mairie de Paris a de son côté indiqué que les médaillés parisiens seraient, eux, reçus à l’Hôtel de Ville.
Quant à Rama Yade, elle a tenu à faire une nouvelle fois passer son message fétiche aux participants, à savoir : « Ne soyez pas timides ! »

Il n’y avait qu’à laisser traîner ses oreilles ce mercredi soir pour se rendre compte de ce que porter pour la première fois ce survêtement « France » représente réellement pour les participants hexagonaux.
« Nous sommes hyper fières d’avoir France écrit dans le dos, disaient ainsi en chœur les filles de Décalage Handball. C’est une force, cela nous donne un poids incroyable, et ce, même si c’est politique.
C’est quand même la première fois que quelque chose est fait dans ce sens et c’est un geste super important. »
« Les autres équipes, même les Etats-Unis viennent encore nous voir pour nous parler de l’impression qu’on leur a faite avec notre tenue pendant la cérémonie d’ouverture, constatent de leur côté les membres d’Entre2basket. Ils nous disent : "mais comment vous avez fait ?" Visiblement, ça les a marqués. » « Une fierté et un signe de reconnaissance »

À quoi sert une équipe de France aux Gay Games ? À fédérer d’abord.
« L’idée de mon rôle, au départ, c’est vraiment ça, détaille Christelle Foucault, la présidente de l’équipe de France.
Fédérer, organiser, établir une connexion entre les différents participants même si, bien sûr, je ne peux pas connaître tout le monde personnellement. » Et visiblement, ça marche. Ainsi peuvent en témoigner les Marsupiloupettes, volleyeuses strasbourgeoises.
« Pour nous, faire partie de l’équipe de France, c’est quelque chose de super, explique Malice, la responsable du groupe. Nous, nous sommes de province, et nous ne connaissions pas les autres filles, dont beaucoup jouent à Paris. Et là, c’est comme un signe de reconnaissance, ça nous fait un point de départ pour discuter. »

« Il s’agit peut-être de petites gouttes d’eau, conclut Christelle Foucault, mais c’est déjà mieux que les éditions précédentes et je dois dire que je suis assez contente ! »
Au point d’avoir encouragé, ce mercredi soir, tous les membres de cette équipe de France à aider la FSGL à constituer un dossier solide pour une nouvelle candidature de Paris à l’organisation des Gay Games.
Ce serait pour 2018 cette fois et, pourquoi pas, la probable première édition de la réunification avec les Outgames… À suivre. (Photos : Mathias Casado Castro)

EN DIRECT DES GAY GAMES : Les « Iron Ladies » thaïlandaises affolent le tournoi de volley

Têtue par Myrtille Rambion vendredi 06 août 2010

Jupettes et maquillage, cris stridents, poses chorégraphiées sur le terrain : les Mai Thai font le show à Cologne. Mais sans faire oublier l’essentiel, à savoir qu’ils pratiquent un volley-ball bluffant. Et le bouche-à-oreille fonctionne.
De nos envoyés spéciaux à Cologne

Un gymnase niché dans un parc non loin du Aachener Weiher, le réservoir bien connu des amoureux de la promenade à la « kölsch » et des cygnes.
À l’extérieur de la salle, quelques volleyeurs font des étirements, mais rien ne vient troubler la tranquillité environnante.
À l’intérieur en revanche, c’est une tout autre histoire. D’abord parce qu’une salle de volley n’appelle pas exactement au silence. Entre le bruit des ballons, les échauffements des uns et des autres, les encouragements des supporters et les appels entre coéquipiers sur le terrain, l’ambiance sonore est vite assurée.
Ensuite parce que, en ce milieu de journée aux Gay Games, grâce au spectacle en train de se dérouler sur le court n°3 de ce gymnase colognais, elle est encore montée d’un cran, voire deux. Car une équipe française affronte l’attraction du tournoi (les sportifs de l’association Contrepied, en noir sur les photos). Les Mai Thai. Comme leur nom le laisse présager, tout un programme…

Les Mai Thai aiment se donner en spectacle
Leurs « hiiiiiiii ! » et leurs « aoooow ! » stridents retentissent dans le gymnase. Cette équipe de volleyeurs thaï n’a plus besoin de se faire un nom, depuis le début de la compétition, le bouche-à-oreille a fonctionné.
Tout droit sortis du film « Iron Ladies », il y a notamment Nan, le n°2 au crâne rasé, Odet le n°3 et Mod le n°13.
Tous trois maquillés et en mini-jupes à volant par-dessus le short.
Et quels joueurs avec ça ! Tout le monde ne parle que d’elles.
Jamais pour se moquer, toujours avec beaucoup d’admiration.
Car elles assurent. « Au début, cela peut paraître super drôle ou énervant pour certains peut-être, explique à la sortie du terrain Jonathan, de l’association Contrepied.
Et en fait, c’est fascinant parce qu’elles jouent avec une facilité tout en rigolant entre elles et en faisant des chorégraphies. »
Les Mai Thai sont poseuses, les Mai Thai aiment se donner en spectacle sur le terrain et en-dehors, les Mai Thai n’ont pas peur de l’outrance.
Et surtout, les Mai Thai sont une équipe phénoménale. Qui a explosé tout le tableau de la compétition A.
Non contentes de ne pas avoir perdu un match, elles n’ont en outre pas concédé le moindre set. Les Français en savent quelque chose… Du volley de très, très haut niveau. Acrobatique, athlétique et efficace. « Prendre plaisir à être nous »
« Tout en ayant cette attitude archi-folles, d’ailleurs il ne viendrait à l’idée de personne de dire autre chose qu’« elles » à leur propos, détaille Jonathan, elles ont une rapidité, une détente, une vitesse de bras, elles sont partout en défense et, vous avez vu, elles jouent avec deux passeuses de manière à être toujours trois attaquantes ! »
De fait, cela donne une prestation qui ne ressemble à rien de ce que l’on connaît.
C’est puissant, c’est athlétique, c’est fin, c’est tactique, c’est acrobatique.
Nan, le capitaine de cette formation, en est déjà à ses quatrièmes Gay Games. Il dit : « tout ce qui compte, c’est de s’amuser et de prendre plaisir à être qui nous sommes. »
Mod, dont les smashs sont aussi élégants que percutants, découvre quant à lui pour la première fois l’événement. Et il est conquis.
« Ici, c’est pour tout le monde, s’enthousiasme-t-il, et on rencontre plein de gens d’horizons différents. Il y a un esprit de camaraderie et beaucoup de bonne humeur. Les gens ne sont pas en colère. Et puis il y a les soirées… j’adore ça ! J’adore danser. »

Même si Nan assure « peu importe que l’on gagne ou que l’on perde, ce qui compte encore une fois, c’est qu’on s’amuse », l’objectif premier des Mai Thaï lorsqu’ils entrent sur le terrain est de gagner. « Il y a presque une sélection pour jouer chez elles, explique Jonathan.
Ce n’est pas du tout comme chez nous où l’on est davantage un groupe de copains qui jouent ensemble. »
Reste que pour ces volleyeurs, le voyage qui les a conduits de Bangkok à Cologne ne s’est pas fait tout seul. Ils ont été aidés dans leur recherche de sponsors par un Allemand, Arne, qui connaît le capitaine thaïlandais depuis deux ans.
« Trois d’entre eux n’avaient pas du tout d’argent, précise le Berlinois qui a organisé l’accueil de l’équipe dans sa ville dix jours avant le début de la compétition.
Pour la plupart, rien que les droits d’inscription aux Gay Games représentaient un mois de salaire. » Dès lors, pas besoin d’avoir à chercher très loin cette fameuse envie de gagner. Et avec style en plus. Le leur.

John Amaechi, un ambassadeur sans langue de bois

Têtu par Myrtille Rambion 07 août 2010
Parmi les six ambassadeurs sportifs de la 8e édition des Gay Games, l’ancien basketteur John Amaechi a été l’un des plus remarqués. Avec un flegme tout britannique il s’est confié à TÊTU.

Deux mètres zéro huit qui se déploient dans un hall d’hôtel, ça ne passe pas inaperçu. « C’est le basketteur, regarde ! » ne peut s’empêcher de faire remarquer à voix haute et avec admiration un blondinet au groupe qui l’accompagne vers la salle du petit-déjeuner.
Ce matin-là, John Amaechi, le basketteur en question, a gentiment accepté de se poser pour évoquer avec TÊTU son rôle d’ambassadeur des Gay Games. Ancien joueur professionnel en France (Cholet, Limoges), l’Anglais de 39 ans né à Boston a surtout évolué en NBA, le championnat nord-américain, où il a défendu les couleurs des Cleveland Cavaliers, du Orlando Magic et du Utah Jazz.
En 2007, une fois à la retraite, il a fait son coming-out en publiant le livre Man in the Middle. Aucun joueur de NBA ne l’avait fait avant lui ; aucun autre ne l’a fait depuis. « Le milieu du sport reste bien plus stupide que d’autres milieux professionnels sur les questions d’homophobie, analyse John Amaechi.
On ne devrait plus entendre des mots comme "pédé" utilisés comme une insulte sur les terrains par exemple. Cela ne devrait plus exister. Et pourtant… La haine est quelque chose de si puissant.

Il faut éduquer les gens, et ce, dès le plus jeune âge. ». Encore surpris que son histoire ait été reprise dans les médias du monde entier, le désormais diplômé de psychologie continue à expliquer aux uns et aux autres son vécu de joueur dans le placard, puis de son coming out pas toujours bien accueilli par ses anciens coéquipiers.
« En fait, ce qui m’étonne le plus, dit-il, c’est surtout que les gens soient encore intéressés. Je veux dire, ce n’est que moi ! Mais c’est très agréable et beaucoup de gens ont envie de discuter. » Pas d’exception à la règle à Cologne où il a pris très à cœur son rôle d’ambassadeur « Parler, c’est facile pour moi », s’excuse-t-il presque.

« Il y a des cas où je ne recommande pas le coming out »

N’ayant jamais joué au sein d’une équipe LGBT, pas même aujourd’hui puisque sa vie professionnelle ne lui laisse que peu de temps pour le sport, John Amaechi a découvert l’esprit qui peut y régner à l’occasion de cette 8e édition des Gay Games. Qui sont donc également ses premiers Jeux du genre.
« J’ai vécu de l’intérieur ce que sont les valeurs des Gay Games, dit l’ancien basketteur pro. En sport, c’est encore très difficile pour certains de ne pas se sentir marginalisés, de ne pas avoir peur d’être insultés, mais lors d’événements comme celui-ci, tous se sentent en sécurité. Quant à l’esprit de camaraderie que j’ai vu ici, je vous assure qu’il est le même que dans des équipes professionnelles !
Maintenant que j’ai fait l’expérience des Gay Games, tout cela me parle bien plus. » John Amaechi a d’ailleurs profité de son séjour à Cologne pour assister à un certain nombre de compétitions. « Je suis allé voir du football, bien sûr, énumère-t-il, de l’athlétisme où j’ai vu quelques très bons sprinters, du foot féminin également, du cheerleading, et j’ai surtout découvert le plongeon où il y avait une ambiance incroyable avec tout ce public, ainsi que le water-polo. »

Aujourd’hui très impliqué dans la lutte « contre tous les fanatismes », pour reprendre ses propres termes, John Amaechi travaille notamment à l’insertion d’enfants via le sport. Il a d’ailleurs fait construire le Amaechi Basketball Centre à Manchester, un complexe sportif doublé de salles d’études. Volontiers porte-parole de la communauté LGBT lorsqu’on le sollicite pour tenir des conférences ou parler de son expérience dans les écoles, il ne pratique pas la langue de bois. Ainsi, il y a quelques mois, il avait suscité un début de polémique en déclarant qu’il ne poussait pas les sportifs en activité, surtout les footballeurs, à sortir du placard. Il s’en explique : « heureusement, il y a des endroits où même vis-à-vis du coach, ce n’est pas un problème d’être ouvertement homosexuel, mais c’est loin d’être une généralité. Alors il y a effectivement des cas où je ne recommande pas le coming out. »
Le jour où l’on ne parlera plus des sportifs out…

John Amaechi ne s’arrête pas là dans son explication, pour être bien sûr de ne pas avoir été mal compris. « Pour moi, on ne peut pas dire "c’est comme ça qu’il faut faire et pas autrement", énonce-t-il. Le coming out est quelque chose de personnel. Un jeune de 17 ans au fin fond de l’Arkansas qui n’ira pas à la fac s’il dit qu’il est gay, parce que ses parents lui couperont les vivres, non, je ne lui conseille pas de le dire. Une jeune trans qui se découvre, si elle sait que faire son coming-out à ses parents signifie qu’elle va finir à la rue, même chose. Encore une fois, bien sûr que je préfère le coming out, mais je ne le recommande pas…
Il faut faire très attention. » Les exemples de Matthew Mitcham et Gareth Thomas veulent lui faire croire que quelque chose est en train de changer dans le monde du sport de haut niveau.
« Mais, conclut-il, cela n’en fait jamais que deux que vous me citez. Il se sera vraiment passé quelque chose le jour où l’on n’en parlera plus. Parce que, comme dit l’expression : ce sont deux doigts d’une main, mais il en reste beaucoup d’autres… »

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Citations

"Femme empressée à perdre, et née pour tromper, experte à tromper, Gouffre inouï, la pire des vipères, belle pourriture, Sentier glissant… chouette horrible, porte publique, doux poison…" (La tradition chrétienne médiévale)

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