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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

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Education au genre : l’école est-elle prête ?

Osez le féminisme a été sollicitée par La Ligue de l’enseignement pour participer à son dossier du mois : "Education au genre : l’école est-elle prête ?"

Nouvelles lignes de front du féminisme - Mobiliser l’École contre la reproduction des inégalités

Le féminisme d’aujourd’hui s’attache moins aux droits formels - conquis par nos aînées - et plus à conquérir l’égalité dans les faits, dans le monde du travail en particulier.

L’école est l’un des lieux privilégiés d’un combat, toujours d’actualité, contre les inégalités et les représentations qui leur sont associées, et bien souvent les font vivre.

Entretien avec Caroline De Haas

Quelles sont aujourd’hui les « lignes de front » du féminisme ?

Comme tout mouvement social, le féminisme est traversé par de nombreux débats.
Des débats de fond comme des débats stratégiques.
Il l’est peut-être même davantage car il s’intéresse à des sujets privés voire intimes et remet donc profondément en cause la façon dont la société est organisée.

Une des questions qui me semblent les plus intéressantes, car d’elle découle tout le reste, est celle de l’universalisme (versus le différentialisme).

Les femmes et les hommes sont-ils les mêmes ?
Un des principes fondateurs du féminisme auquel j’appartiens – comme la grande majorité des féministes aujourd’hui, Elisabeth Badinter incluse – est de considérer que les différences physiques entre femmes et hommes ne devraient avoir aucune conséquence sur les rôles et les places qui leur sont attribués dans la société.

Malheureusement, qu’il s’agisse de répartition des tâches ménagères, de salaires, de violences ou d’accès aux soins, on se rend compte que l’égalité reste un joli mot… bien creux.
Il est inscrit dans notre Constitution mais cela ne suffit manifestement pas à lui permettre de devenir une réalité.
Nous nous battons pour lutter contre cette image de la femme qui serait seulement une mère et une épouse vivant au service des autres au détriment de son émancipation propre.

« Osez le féminisme ! » semble avoir réactivé le mouvement, dans une génération qui peut sembler moins impliquée que les précédentes. Pour la génération des années 1970, le féminisme signifie quelque chose.
Les quadragénaires ont peu connu ces combats mais elles se rendent compte qu’il y a un problème.
Mais les 15-30 ans, et en particulier celles qui ne sont pas rentrées dans le monde du travail, sont parfois étonnées lorsqu’on leur dit qu’il y a des inégalités.
Elles pensent que nous avons acquis tous les droits.

Or, il existe encore d’énormes inégalités dans notre société ; une mobilisation est non seulement possible mais nécessaire. Possible car en menaçant de supprimer les crédits alloués au Planning familial l’an dernier, le gouvernement a réactivé la conscience de milliers de femmes qui savent à quel point le droit à l’IVG et à la contraception est fondamental pour maîtriser sa vie.
En France, les femmes constituent encore 82 % des travailleurs précaires et les écarts de salaires, qui s’étaient réduits depuis une cinquantaine d’année, stagnent lamentablement au- dessus des 20 %.

Mais ce combat est nécessaire pour tous : tant que les femmes sont laissées en position inférieure, c’est toute la société qu’on empêche de progresser.

L’École est sans aucun doute l’un des leviers fondamentaux dont dispose la puissance publique pour inverser la tendance sexiste – plusieurs fois millénaire – de notre société.
Cette dernière doit être utilisée comme un outil politique mis au service de la construction de rapports nouveaux entre les sexes.
Des rapports fondés sur l’égalité, le respect, le partage des tâches domestiques et non sur la domination d’une moitié de la population sur l’autre comme c’est encore trop le cas aujourd’hui.

On conçoit bien dans ces conditions l’importance de la formation initiale et de la formation continue ensuite.
Au-delà, quel peut être le rôle de l’École ?

La question des violences est également très importante. Il est primordial de lever les tabous.
Il faut en parler davantage dans les médias, mais aussi à l’École.
Il faut lutter contre cette idée qu’une femme qui est violée (75 000 par an en France !) l’a obligatoirement cherché et faire changer la honte de camp.

Évidemment, même s’il peut passer par une vigilance sur des questions d’orientation, le travail à mener à l’école est d’abord un travail d’éducation.

Il n’est le même que celui entrepris contre les violences ou les inégalités dans le milieu du travail.

Mais tout vient du fondement patriarcal de notre société, construite sur un rapport de domination des hommes sur les femmes.

Il faut déconstruire des millénaires de préjugés et de supériorité d’un sexe sur l’autre et cela demande beaucoup d’énergie et de moyens !

Propos recueillis par Richard Robert

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Citations

Le genre est une question de culture : il se réfère à la classification sociale en « masculin » et « féminin ». Le genre est le sexe social, la part variable de l’identité sexuelle, par opposition au sexe biologique considéré comme immuable. Guillaume Carnino.

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