Des LGBT au coeur de la révolte
Têtu par Pascal Parvis 09 février 2011,
On ne sera pas surpris d’apprendre que de nombreux homos font partie des Egyptiens en révolte contre leur gouvernement.
Leurs témoignages donnent une vision saisissante du mouvement…
Ils sont plusieurs blogueurs ou usagers de Twitter, actifs sur la toile bien avant les événements, parfois même comme opposants au régime d’Hosni Moubarak.
Ils sont homos, pas toujours ouvertement dans leur vie quotidienne, mais aucun d’eux ne met en avant son orientation sexuelle ou son identité de genre dans les revendications qu’il porte, en ce début d’année, au cœur de la révolte contre le pouvoir égyptien.

Ainsi Bahaa Saber (photo ci-dessus). Ouvertement gay, il a été arrêté, torturé et violé par la police l’an dernier (les forces de sécurité égyptiennes font fréquemment l’objet d’accusations d’abus sexuels envers des suspects).
« Au bout d’un moment, on arrête de prêter attention aux charges retenues contre vous », lâchait-il avec courage au Los Angeles Times.
Le site anglophone LGBT Asylum News, qui cite de nombreux autres activistes homosexuels, mentionne encore un blogueur connu sous le nom de Sandmonkey, arrêté, torturé par les forces de l’ordre égyptiennes puis relâché au bout de quelques heures.
Le récit d’« IceQueer »
Le site GayMiddleEast a interrogé longuement « IceQueer », un blogueur gay du Caire, interne en médecine de 22 ans qui raconte de l’intérieur les révoltes de ces tout derniers jours.
Il raconte sa chance de n’avoir pas subi de violence, et se félicite au contraire de voir « combien les manifestations sont pacifiques et joyeuses ».
« Je constate avec joie à quel point l’Egypte est à la fois diverse et unifiée ! Je tenais un panneau sur lequel était écrit “laïcité” et mes amis (hétéros, gays, filles, chrétiens et musulmans) tenaient des pancartes aussi et nous criions que la manifestation venait du peuple et n’était pas manipulée par un parti ou une religion.
Tout était vraiment beau et ressemblait à un carnaval européen », a-t-il raconté, même s’il précise que ses amis ont été légèrement blessés. Grâce à une connexion internet, il alimente son compte Twitter régulièrement et s’enthousiasme de constater l’impact énorme des nouvelles technologies sur cette contestation.
Y a-t-il des revendications homosexuelles dans le mouvement ?
« On ne peut pas tout demander à la fois, précise-t-il. Déjà, demander la “liberté” et “la chute du régime” a secoué tout le pays, alors imaginez ce qu’il se passerait si l’on demandait des droits pour les LGBT ?
La communauté LGBT égyptienne n’aura pas de droits avant que l’Egypte ne devienne un pays laïque. »
Un lieu de drague connu
Le site interroge aussi le blogueur sur la réputation de la place Tahrir, épicentre du mouvement, comme un lieu de rencontres gays avant le début du mouvement.
« Oui, c’est drôle, quand je donne rendez-vous à mes amis sur la place Tahrir pour manifester, je leur dis “Si je vous avait proposé il y a une semaine un rendez-vous sur la place Tahrir puis une balade jusqu’au pont Kasr El-Nil, vous m’auriez vu comme un chaud lapin ! »
En 2005, un rapport de HWR pointait des cas d’arrestations et de tortures de la part du gouvernement égyptien envers des hommes accusés d’homosexualité.
Son blog, il le décrit comme "un documentaire non-stop de certaines parties de sa vie" et celui-ci connaît un important succès de fréquentation en Egypte et au délà.
"Je suis ouvertement gay vis-à-vis de mes parents et de tous mes amis proches hétéros", affirme-t-il.
Le bloggeur explique qu’au Caire "les gens se rencontrent principalement grâce à un site de rencontre sur Internet, mais également se rencontrent dans des parties privées" pour vivre leur sexualité.
"l’exposition au médias occidentaux via internet et la télévision a aidé beaucoup de gens à comprendre leur sexualité".
"Je vois déjà une nouvelle génération prendre beaucoup moins de temps à s’accepter dans sa sexualité que leurs aînés", estime IceQueer.
Officiellement, l’homosexualité n’est pas interdite par la loi égyptienne, mais les homosexuels sont poursuivis et condamnés à partir d’autres qualifications, comme "débauche" ou "atteinte à la morale et à l’ordre public".
"Le fait est que la plupart des policiers jouent avec la loi égyptienne et piègent les suspects en utilisant ces termes", affirme le jeune homosexuel.
Elton John interdit de concert en raison de son homosexualité
Elton John est interdit de concert en raison de son homosexualité.
L’Union des musiciens égyptiens a émis un avis défavorable à la venue du chanteur, qui devait donner un récital privé au Caire le 18 mai prochain.
"Comment autoriser un homosexuel, qui veut abolir les religions, qui a affirmé que Jésus était gay, et qui appelle les pays du Moyen Orient à accorder la liberté sexuelle pour les gays ?", a expliqué Mounir al-Wasimi, le président l’Union des musiciens égyptiens.
Mis en ligne le 05/05/2010
Une pub Coca-Cola joue la carte de l’homoérotisme en Égypte
http://yagg.com/2010/08/27/une-pub-coca-cola-joue-la-carte-de-lhomoerotisme-en-egypte/
Publié par Yannick Barbe
Pour promouvoir en Égypte la nouvelle façon d’ouvrir une bouteille de Coca-Cola (finis les décapsuleurs), la marque a lancé cet été plusieurs pubs télé qui jouent la carte de l’humour et, pour l’une d’elles, celle de l’homoérotisme.
Deux hommes, dans un cinéma, l’un prend la main de l’autre pour… ouvrir sa bouteille de soda.
Une ambiance très drague clandestine.
Rappelons qu’en Égypte, même si l’homosexualité ne constitue pas un délit, plusieurs articles de loi relatifs à la « débauche » et à la prostitution sont utilisés pour condamner et emprisonner des homosexuels.
En mai dernier, un concert que devait donner Elton John au Caire avait été interdit par l’Union des musiciens égyptiens, en raison de l’homosexualité du chanteur et de ses propos sur les religions.
Menace d’expulsion d’un homosexuel égyptien : Saad libéré du centre de rétention administrative pour raisons de santé
Ce n’est pas une victoire, mais c’est un soulagement : Saad, l’homosexuel égyptien menacé d’expulsion par la France, a été libéré du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot où il se trouvait depuis le 29 janvier suite à son arrestation.
Saad a été libéré du Mesnil-Amelot ce mercredi 11 février en fin de matinée pour raisons de santé par le Prefet de Police, sur avis médical du Centre de Rétention Administrative (CRA).
Le jeune homme avait entamé une grève de la faim depuis 3 jours.
Selon l’Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour (Ardhis) et le Réseau éducation sans frontières (RESF), son maintien en rétention présentait "des risques gravissimes d’atteinte à son intégrité psychique et physique". "Il a un besoin urgent de protection et de soins ici en France. Le renvoyer en Egypte est l’exposer une déchéance et une mort certaines", affirment les associations.
"La lutte pour sa régularisation continue", précisent les associations qui ont engagé une mobilisation contre l’expulsion de ce jeune demandeur d’asile homosexuel en raison des risques qu’il encourt dans son pays eu égard à son orientation sexuelle.
Saad a déposé un recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) début janvier 2009 et attend sa convocation devant la Cour depuis cette date.
Il risque à tout moment l’expulsion malgré l’appel formé par son avocat devant la Cour administrative d’appel de Paris.
Une demande de régularisation pour soins, soutenue par le corps hospitalier, n’a pas abouti.
Persécuté par sa famille en Egypte qui lui a fait subir d’importantes mutilations en raison de son homosexualité, Saad demande le statut de réfugié à la France.
Une lettre de soutien, en ligne sur le site de RESF, est disponible pour soutenir Saad :
Mis en ligne le 11/02/2009
Un film sur l’homosexualité
16 février 2009
C’est le scandale du moment en Egypte : un film traitant de l’homosexualité suscite la polémique et agite les tribunaux égyptiens.
Le film sera-t-il interdit ?
Des jeunes, du sexe, de la drogue, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce film, intitulé « Hors Contrôle« , la polémique du moment en Egypte et dans le monde arabe par extension. Le film traite en fait d’une liaison homosexuelle entre deux femmes.
Film sur l’homosexualité en Egypte
envoyé par akelhawa. - Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.
International : protestation contre les arrestations de séropositifs en Egypte
Plus de 115 organisations de défense des droits humains et de lutte contre le sida ont adressé une protestation au gouvernement égyptien à propos des arrestations de personnes vivant avec le VIH ordonnées par celui-ci ces derniers mois.
Les signataires, qui proviennent de 41 pays, comprennent notamment Human Rights Watch et Amnesty International.
Dans leur lettre au ministre de la Santé et à l’ordre des médecins égyptiens, les organisations dénoncent une "violation de l’éthique médicale" à l’égard des personnes suspectées d’être porteuses du virus.
Cinq hommes de plus ont comparu devant un tribunal du Caire la semaine dernière, après une nouvelle rafle policière.
Au total 12 hommes ont été arrêtés et quatre condamnés à un an de prison.
Les personnes arrêtées sont testées de force et la police utilise la détention comme méthode de pression pour obliger ces personnes donner le nom de partenaires sexuels.
Elles sont généralement accusées de "pratique de débauche", ce qui sous-entend des relations sexuelles entre hommes dans la loi égyptienne.
Mis en ligne le 08/04/2008
Des séropositifs arrêtés et maltraités en attendant d’être jugés pour homosexualité
Des Egyptiens séropositifs ont été arrêtés, torturés et sont actuellement enchaînés à leur lit d’hôpital 23 heures par jour en attendant d’être jugés pour leur homosexualité présumée.
L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a fait état mercredi d’une série d’arrestations après l’interpellation de deux hommes en octobre 2007 lors d’une altercation dans une rue du Caire. Ils ont été détenus par la police des moeurs lorsque l’un d’entre eux a dit être séropositif.
En Egypte, bien que l’homosexualité ne soit pas officiellement considérée comme un délit, une loi relative à la "débauche" prévoit des peines de prison et peut être utilisée pour poursuivre les homosexuels.
Les deux hommes disent avoir été battus après avoir refusé de signer des dépositions préparées par la police, puis menottés à un bureau pendant quatre jours et soumis à un examen anal pour "prouver" leur homosexualité.
HRW estime que de tels examens constituent une torture et n’ont aucune base médicale.
Des mois plus tard, les deux hommes sont toujours enchaînés à leur lit d’hôpital 23 heures par jour en attendant que le Procureur général statue sur leur homosexualité, d’après HRW, qui ajoute que deux autres hommes, dont les coordonnées ont été trouvées sur les deux premiers, ont également été arrêtés.
En novembre, quatre autres hommes ont été arrêtés et sont poursuivis "apparemment seulement parce qu’ils se trouvaient dans un logement auparavant occupé par l’une des personnes arrêtées précédemment", affirme HRW.
L’un des quatre hommes aurait été battu par la police et tous auraient été privés de nourriture et de couvertures durant les quatre premiers jours de leur détention.
Ils ont été soumis à un test HIV sans leur consentement. "Des gens comme vous devraient être brûlés vivants. Vous ne méritez pas de vivre", aurait affirmé un responsable à l’un d’eux, séropositif, selon HRW.
Ces quatre hommes ont été condamnés à un an de prison pour "débauche" et l’un d’entre eux est également enchaîné à son lit d’hôpital 23 heures par jour, selon HRW.
"Le gouvernement devrait cesser les arrestations arbitraires basées sur (l’accusation de) sida et prendre des mesures pour mettre fin aux préjugés et à la désinformation sur le sida, a affirmé HRW.
Ces arrestations et ces procès choquants incarnent l’ignorance et l’injustice".
"L’Egypte met en jeu non seulement sa réputation à l’international mais aussi sa propre population si elle répond à l’épidémie de sida avec des peines de prison au lieu de mesures de prévention et de soins", selon Scott Long, de HRW.
"Ces cas montrent que la police égyptienne agit sur la base de la dangereuse croyance que le sida n’est pas une maladie devant être traitée mais un crime devant être puni", poursuit-il.
Mis en ligne le 07/02/2008
Foire du livre du Caire : l’Egypte revient sur sa censure
Les autorités égyptiennes ont finalement décidé d’autoriser la vente de livres - dont deux traitant de l’amour et l’homosexualité - qui étaient interdits jusqu’ici, lors de la Foire du Livre du Caire 2008, ont annoncé leurs éditeurs mercredi. Les autorités n’ont donné aucune explication sur ce revirement, pas plus qu’elles n’avaient motivé la saisie des livres de plusieurs auteurs occidentaux ou arabes laïcs lundi.
Mis en ligne le 31/01/2008
Un baiser lesbien dans un film déclenche les foudres des islamistes
Une scène de baiser lesbien dans un film actuellement sur les écrans égyptiens déclenche les foudres des autorités islamiques.
Sorti en salles en décembre, le film du jeune réalisateur Khaled Youssef (assistant de Youssef Chahine), rencontre le succès dans les cinémas égyptiens. La polémique liée à l’une des scènes de "Hina may’sara" (Jusqu’à nouvel avis) semble ne pas y être pour rien. On y voit une femme tentant de séduire l’héroïne du film, une jeune femme pauvre jouée par la vedette Summaya Al-Khashab.
Des professeurs de l’Université islamique Al-Azhar du Caire se sont publiquement insurgés contre un film assurant selon eux "la promotion de l’homosexualité et de la débauche".
S’exprimant au micro de la chaîne de télévision émirati Al Arabiya, le professeur de droit islamique Elwi Amin a ainsi nié l’existence de lesbiennes en Egypte : "Il n’y a pas de lesbianisme en Egypte et il n’y en aura jamais", a-t-il affirmé.
Blâmant "l’influence de la culture occidentale immorale qui contrôle les médias", il a en outre dénoncé le long-métrage comme faisant partie d’un "complot américano-sioniste".
Mis en ligne le 09/01/08
Le ministre de la Culture accusé d’homosexualité après avoir critiqué le port du voile
Le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, a décidé mardi de ne plus quitter son domicile en raison de sa mise en cause par l’Assemblée pour avoir jugé rétrograde le port du voile. Deux cent trente intellectuels et artistes, dont le cinéaste Youssef Chahine, lui ont exprimé leur solidarité dans une pétition. Lors d’un débat parlementaire, un député islamiste a publiquement insinué que Farouk Hosni était homosexuel.
Mis en ligne le 22/11/06
11 gays toujours emprisonnés
N’oubliez pas ! 11 Egyptiens gay sont toujours emprisonnés. C’est pour "pratique de la débauche" qu’ils ont été condamnés à trois ans de prison en février 2003. La libération de trois autres détenus, et la diminution des arrestations de ce type, semblerait marquer, pour Amnesty International-LGBT, un changement dans la politique de l’Egypte à l’égard des homosexuels.
Mais il convient de rester sur ses gardes. Amnesty International-LGBT, ainsi que d’autres ONG, nous rappellent que l’Egypte utilise systématiquement contre les hommes supposés gay la détention et les mauvais traitements. Ainsi, "des examens médicaux sont régulièrement pratiqués sur les personnes arrêtées pour déterminer leur virginité anale. Les résultats sont utilisés dans les actes d’accusation", peut-on lire dans leurs communiqués.
Par ailleurs, La commission des Droits humains de l’ONU a exprimé son inquiétude. Elle recommande, en autres, à l’Egypte de "ne plus pénaliser les relations sexuelles entre adultes consentants".
A Amnesty International-LGBT, le combat continue. Vous pouvez les aider, en demandant la libération immédiate et inconditionnelle des 11 Egyptiens incarcérés. Informations et actions sur le site.
www.amnestyusa.org/outfront
Mis en ligne le 02/09/04
Le livre noir des persécusions
Edifiant et terrible, le rapport du Human Rights Watch (HRW), une association US spécialisée dans les droits de l’homme, sur les persécutions exercées par le gouvernement égyptien à l’égard des homos.
Publié le 1er mars dernier, ce document de 144 pages recense les arrestations, désormais nombreuses, d’homosexuels en Egypte.
Tout le monde se souvient de l’arrestation de cinquante deux d’entre eux en 2001 (l’affaire du Queen Boat) qui avait abouti à la condamnation à d’importantes peines de prison de près de trente personnes et connu un retentissement mondial. Selon des informations recueillies à diverses sources et malgré les protestations régulières émanant de l’étranger, le HRW affirme que "les autorités égyptiennes ont interpellé, emprisonné et torturé plusieurs centaines d’hommes suspectés d’avoir eu des relations homosexuelles".
De nombreux témoignages indiquent que les persécutions ont toujours cours et que la police torture les homosexuels présumés souvent avec l’appui de médecins officiels qui doivent apporter la "preuve médicale" de rapports homos. Ce rapport a été soutenu par plusieurs associations égyptiennes des droits de l’homme. Sollicités par le HRW, le porte parole du gouvernement égyptien tout comme son collègue en charge des droits de l’homme au ministère des Affaires étrangères ont refusé de s’expliquer sur ces faits.
jean-françois laforgerie
Infos : www.hrw.org/reports/2004/
Mis en ligne le 23/03/2004
La haine du pape copte pour les gays
Le chef de l’Eglise copte orthodoxe, Chenouda III, accentue sa campagne contre les homosexuels.
Dans un entretien à la presse publié mercredi 17 septembre, il explique les raisons de son hostilité au mouvement de revendication des gays : "Les homosexuels sont des impudiques, qui clament haut et fort leur homosexualité, s’en enorgueillissent et réclament des droits en tant qu’homosexuels". " Il était nécessaire que nous nous opposions à eux".
Fatwa : le site gayegypt.com menacé par les Islamistes
Un site islamiste (al-intashar.tk) apportant son soutien aux groupes terroristes ayant frappé ces derniers mois (notamment à Bali) s’en prend aussi très directement aux éditeurs du site www.gayegypt.com, ainsi que le révèlent ceux-ci qui citent al-intashar : " (gayegypt) est un grand ennemi du site al-intashar.
C’est une tentative égyptienne et occidentale pour déshonorer l’Islam et faire que les déjà peu islamiques lois égyptiennes changent pour devenir encore plus occidentalisées sous la pression des pathétiques Nations Unies et autres organisations d’égalité des droits. Ce site a signé son propre arrêt de mort " conclut al-intashar. Les éditeurs de gayepgypt.com ont tenté de situer les auteurs de cette fatwa (au Quatar, au Pakistan, en Egypte même) et citent d’autres propos homophobes présents sur le site islamiste.
Mis en ligne le 22/08/03
La traque sur le net continue
Amnesty International poursuit sa mobilisation contre les atteintes aux droits des gays dans le monde.
C’est en faveur d’un homosexuel libanais de 26 ans, arrêté et condamné en Egypte, pour avoir utilisé un site internet gay britannique que l’organisation lance aujourd’hui un appel.
Wassim Tawfiq Abyad a été condamné par la justice égyptienne à 15 mois de prison après avoir été piégé par un policier par l’intermédiaire d’un site gay. Lors du procès, logs et e-mails ont été utilisés comme preuves.
Amnesty International dénonce les méthodes des autorités égyptiennes qui piègent les gays grâce à internet.
"Il est choquant qu’un homme puisse être emprisonné en Egypte pour s’être servi d’un système de communications privées utilisé par des milliers de personnes au Royaume-Uni" écrit l’organisation qui appelle à adresser des lettres de protestation contre la condamnation de Wassim Tawfiq Abyad, "afin que le gouvernement égyptien reçoive clairement le message, du monde entier, que la persécution de personnes en raison de leur orientation sexuelle est inacceptable, et que piéger des gens est une violation des droits de l’Homme".
Mis en ligne le 07/05/05
Un Démocrate au front
Parlementaire américain ouvertement gay, grande figure politique Démocrate et défenseur acharné des droits des homos, Barney Frank est intervenu à plusieurs reprises à propos des persécutions des autorités égyptiennes à l’encontre des homos.
Il a révélé, lundi 14 avril, qu’il avait adressé il y a quelques jours un courrier à l’ambassadeur d’Egypte aux Etats-Unis pour dénoncer les mensonges de ce dernier.
Le diplomate égyptien avait, lors d’une rencontre en 2002, affirmé à quelques parlementaires américains mobilisés sur cette question que son pays ne persécutait pas les gays. "Au vu des récentes condamnations et arrestations d’homosexuels en Egypte, je ne peux pas arriver à une autre conclusion : vous m’avez menti", a écrit Barney Frank à l’ambassadeur.
Le parlementaire demande aux associations homos d’intensifier leur lobbying afin que la coopération avec l’Egypte soit réduite.
Les Etats-Unis sont aujourd’hui le principal bailleur de fonds étranger du pays.
mis en ligne 16/04/2003
21 homosexuels condamnés
Un tribunal égyptien a condamné samedi 21 jeunes gens accusés d’homosexualité à trois ans de prison ferme et acquitté 29 autres, dans le deuxième procès de ces Egyptiens dénoncé par des ONG internationales.
Les condamnés ont la possibilité de faire appel et l’appel est suspensif de la peine. Tous âgés d’une vingtaine d’années et actuellement en liberté, ils n’étaient pas présents au tribunal.
La plupart des accusés avaient été arrêtés le 11 mai 2001 au Caire sur un bateau transformé en boîte de nuit, le "Queen Boat". Les jeunes gens, qui ont toujours plaidé non coupables, avaient d’abord comparu devant la Haute cour de sûreté de l’Etat. Ce tribunal d’exception avait condamné, en novembre 2001, 21 des accusés à des peines allant d’un à deux ans de prison ferme, alors que 29 avaient été acquittés. Les deux derniers accusés avaient été condamnés à 3 et 5 ans de prison pour "mépris de la religion".
Cependant, en mai 2002, le président Hosni Moubarak, seul habilité à confirmer ou annuler les jugements de la Haute cour en vertu des prérogatives que lui confère l’état d’urgence en vigueur depuis 1981, avait confirmé les peines des deux hommes, mais cassé le jugement sur les 50 autres cas et renvoyé l’affaire à la justice ordinaire.
Amnesty International était intervenue à deux reprises pour demander la libération des prévenus, l’ouverture d’une enquête sur des allégations de torture pendant leur détention, et le respect du droit à vivre librement sa sexualité en Egypte.
Mis en ligne le 17/03/03
NOUVEAU PROCÈS POUR LES 52
Reporter, Guillaume Perrier est un des journalistes français qui connaît le mieux l’affaire des 52 homosexuels du Queen Boat. Il y a consacré un reportage (1) et revient pour "Illico" sur la récente décision du président Moubarak d’annuler le verdict de la Haute Cour de Sûreté de l’Etat. Interview.
Comment analysez-vous le geste de Moubarak ?
C’est typique de sa politique, un mélange de mains tendues et de reculades permanentes.
Il ne s’attendait pas à une telle réaction internationale.
La solidarité avec les victimes a été très sous estimée (les associations gay de San Francisco ont ainsi envoyé des avocats pour conseiller les accusés et les inciter à une défense collective).
Ce geste est une façon de rassurer les Etats-Unis, surtout après le 11 septembre, mais aussi l’Europe.
Que pensez-vous du nouveau procès qui aura lieu ?
Il va y avoir un nouveau procès et cela m’inquiète.
Les vingt-neuf acquittés, du moins ceux qui n’ont pas quitté le pays, vont de nouveau être arrêtés, interrogés par la police, humiliés, torturés comme la première fois.
En Egypte, la détention provisoire est illimitée. Vous savez, ils ont tous subi un examen médical avec notamment la mesure du diamètre de l’anus. Les vingt-neuf acquittés étaient actifs, ceux qui ont été condamnés passifs.
Moubarak va-t-il continuer cette politique contre les gays ?
Depuis l’arrivée de Moubarak, depuis vingt ans, le pays est en état d’urgence permanent. Moubarak restreint tous les lieux gay — ce qui n’était le cas dans les années 70 par exemple.
Il ne faut pas qu’il y ait trop d’affirmation, trop de visibilité. Cela va sans doute continuer. Le gros revirement a été internet.
Moubarak a pris des mesures radicales et débloqué des fonds hallucinants pour en assurer le contrôle et la surveillance.
Dans votre article, vous expliquiez qu’on assiste en Egypte à une affirmation de l’identité homosexuelle ?
La culture gay s’est énormément construite dans l’adversité, c’est le cas ici même si cela ne prend pas les mêmes formes.
Cela se manifeste aujourd’hui par une solidarité identitaire mais c’est plutôt le fait d’homosexuels éduqués, européanisés, très influencés par les Européens avec lesquels ils sont en contact et par leur culture.
jean-françois laforgerie
(1) "Le Caire : panique chez les gays", in "Le Nouvel Observateur", janvier 2002.
EGYPTE : PAS DE TOURISTES GAY
" Nous ne voulons pas de touristes gay en Egypte et nous sommes heureux quand ils ne viennent pas " a déclaré un porte-parole de la compagnie aérienne Egyptair en marge d’un salon du tourisme à Berlin.
Ce responsable de la compagnie nationale égyptienne réagissait ainsi, dans une interview au magazine gay-presse.de (magazine en ligne), à une manifestation d’Amnesty International protestant lors de ce salon contre les récentes condamnations d’homosexuels en Egypte.
On notera que ces propos homophobes font écho aux craintes de certains voyagistes gay américains qui multiplient leurs avertissements à leurs clients, leur recommandant d’être très prudents s’ils se rendent en Egypte.
Mis en ligne le 27/03/2002

