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Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Egypte (1)

L’homophobie et le sexisme institutionnalisés briment 55 à 60 % de la population, empêchant leur développement humain voire économique.

C’est cruel et stupide.

L’homophobie développe la clandestinité et la honte de soi et donc la propagation du SIDA dans la population homo. L’obligation pour les homos et bisexuel-les d’avoir des relations hétéros non désirées entraîne l’infection des hétéros et réciproquement, atteignant ainsi des femmes enceintes et leurs futurs enfants !

Halte à l’aide inutile dans ces pays là ! (sauf aide conditionnée à l’égalité).

www.e-llico.com

Le petit-fils d’Omar Sharif fait son coming-out

Le petit-fils de l’acteur d’origine égyptienne Omar Sharif fait son coming-out dans une tribune du magazine LGBT américain The Advocate.
"J’écris cet article dans la peur. Peur pour mon pays, pour ma famille et pour moi-même.
Mes parents seront choqués de le lire, ils auraient sûrement préféré que cela reste dans l’ombre et dans le silence.
Mais je n’en peux plus",
écrit Omar Sharif Jr, âgé de 29 ans et récemment émigré aux Etats-Unis, qui appelle "au respect des droits de tous les Egyptiens, quels que soient leur genre, leur orientation sexuelle ou leur orientation politique".

La tribune du jeune homme n’est pas exempte d’ambiguité puisqu’il regrette l’ère Moubarak, "une Egypte pluraliste, où malgré le manque de choix au niveau politique, la société était faite d’une multitude de croyances".
"Je me souviens avoir connu des homosexuels qui étaient discrètement acceptés", affirme Omar Sharif Jr qui déplore l’arrivée au pouvoir des islamistes.
"Suis-je toujours le bienvenu en Egypte ?", s’interroge-t-il.

Mis en ligne le 19/03/2012

Ligne rouge pour les femmes d’Égypte

Écrit par La rédaction - 21 Décembre 2011

Manifestation inédite, mardi au Caire, pour dénoncer les violences à l’encontre des femmes. L’armée a fini par s’excuser. Au Bahreïn aussi, la répression vise les militantes. www.lesnouvellesnews.fr/index.php/revue-de-presse/54-lu-sur-la-toile/1577-ligne-rouge-pour-les-femmes-degypte

Des centaines de femmes ont manifesté mardi soir au Caire.
Elles étaient entre 2 000 et 10 000, selon les sources.
En tout cas, le plus important rassemblement du genre « depuis qu’une marche contre le colonialisme britannique, en 1919, a lancé l’activisme au féminin  » dans le pays, écrit le New-York Times.
Les organisatrices elles-mêmes ne s’attendaient pas à une telle affluence.
« On ne touche pas aux femmes d‘Égypte, elles sont une ligne rouge », scandaient notamment les manifestantes.
Des femmes « de tous les milieux sociaux, de tous les âges, certaines portent le voile, d’autres pas », témoigne sur place la Française Sylvie Nony.

Ce mouvement entendait répondre aux actes de violences commis par les forces armées contre des manifestantes de la place Tahrir.

La vidéo de soldats traînant une femme au sol et la rouant de coups de matraque et de pieds a fait le tour d’internet ces derniers jours.
Et l’image a fait la une de la presse mondiale
.
« Des femmes sont battues et humiliées dans les rues mêmes où elles avaient risqué leur vie pour la révolution voici tout juste quelques mois  » déplorait lundi Hillary Clinton.
Pour la responsable de la diplomatie US, ces violences « déshonorent » l’Égypte
Face à ces critiques, le Conseil suprême des forces armées, qui dirige le pays, a exprimé mardi soir ses « profonds regrets pour les atteintes » aux manifestantes.
La veille encore, lors d’une conférence de presse, un général membre de ce Conseil avait refusé de présenter des excuses.

En Egypte, « prononcer le mot homosexuel reste impossible »

Têtu par Sébastien Letard 13 mars 2011
Un mois après la chute de Moubarak, la situation des LGBT reste floue sur les bords du Nil.
Et dans ce pays très conservateur, où une grande partie de la société n’est que peu ou pas éduquée, rien ne garantit que le vent de liberté souffle jusqu’à la communauté homosexuelle.

Depuis un mois, les Egyptiens se laissent aller à imaginer leur avenir.
Evoquer celui des gays et lesbiennes d’Egypte ne semble pourtant pas à l’ordre du jour.
Karim se décrit comme un activiste gay de 29 ans.
Il milite sur Internet et à participé aux manifestations de la place Tahrir au Caire, mais en gardant son homosexualité sous silence.
« Je ne crois pas que la situation des gays s’améliore après la révolution, confie le jeune homme.
Même si en Egypte il n’y a pas les mouvements radicaux d’Arabie Saoudite par exemple, il s’agit d’une culture ancestrale, très traditionnelle et conservatrice.
L’homosexualité est encore souvent associée à la pédophilie ou à un comportement sexuel bestial
. »

Même dans les milieux intellectuels, le sujet semble souvent devoir rester tabou, selon le jeune homme.
Sur son lieu de travail, Karim considère ses collègues comme « des intellectuels » avec qui la discussion est libre : « On peut parler sans problème de politique, de religion, de liberté de conscience.
Mais prononcer le mot "homosexuel" reste impossible », regrette-il.
Il garde aussi le souvenir de la première fois qu’il a parlé de son homosexualité, face à un psychologue.
« Quand j’ai évoqué cette question, il m’a répondu que je devais me convaincre d’être hétérosexuel
.
Le traitement qu’il me proposait était de commencer de me brûler avec un briquet dès qu’une pensée homosexuelle me traversait l’esprit. Bien sûr, je ne l’ai pas fait ! »

Dans son militantisme sur la toile, Karim multiplie les mesures de prudence (changement régulier de pseudo, anonymat total, etc.)
La communauté garde le souvenir des mesures de répression du début des années 2000 quand les autorités s’étaient notamment servi du web.
Plus généralement c’est une grande partie de la population qui reste imprégnée de l’atmosphère de l’époque
.

Mépris des droits de l’homme

Le 11 mai 2001, c’est avec l’affaire du « Queen Boat » que le climat se durcit. Le régime fait arrêter et mettre en prison 52 hommes censés se trouver à bord de ce bateau-discothèque connu comme lieu de rencontre homo. S’en suivent deux procès très médiatisés (photo ci-dessus) au mépris des règles élémentaires de respect des droits de l’homme.
Jusqu’en 2004, les poursuites à l’égard des membres de la communauté homosexuelle se poursuivront.
A cette époque, les protestations sont assez fortes sur la scène internationale, mais en Egypte, le consensus est large.

Hossam Baghat a été exclu de l’organisation égyptienne des droits de l’homme pour avoir protester contre ces procès.
Dans ses écrits, il a tenté d’expliquer l’absence de mobilisation : « L’assaut du 11 mai s’inscrit dans l’effort du régime pour se présenter comme le gardien de la vertu publique pour contrer le mouvement islamiste des Frères Musulmans, explique le chercheur qui vit aujourd’hui aux Etats-Unis.
Mais au lieu de jouer un rôle d’avant-garde, la plupart des organisations de défense des droits de l’homme égyptiennes ont choisi de suivre le courant pour ne pas être critiquée dans les médias.
Plus encore, beaucoup d’activistes des droits de l’homme ont spontanément exprimé des opinions homophobes dans la presse.
Interrogé au sujet des droits des homosexuels, le dirigeant d’une association légale de charité a parlé de la « ligne rouge » que les groupes de défense des droits de l’homme ne peuvent franchir dans leur lutte pour les libertés civiles. »

Encore 50 ans ! Aujourd’hui, si les campagnes de répression systématique ont cessé, la lutte pour la défense des droits de la communauté LGBT reste en sommeil selon Karim : « Pour l’instant, on est très loin d’un mouvement revendicatif, explique le militant.
La communauté gay n’existe d’ailleurs pas vraiment.
Pour beaucoup, l’homosexualité se limite à quelques relations secrètes en marge d’une vie d’homme marié.
Ils ne sont pas prêts à défendre une identité. Et encore moins leurs droits.
Si, par chance, notre pays s’engage vers la démocratie, j’ai parfois l’impression qu’on ne pourra pas aborder des sujets comme les discriminations à l’égard des homosexuels avant 50 ans ! » regrette Karim.

Pour la communauté LGBT, l’avenir semble donc moins éclaircit qu’en Tunisie. Dans ce pays, après le départ de Ben Ali, elle s’est manifestée au grand jour. Mais là aussi, tout n’est pas rose.
Portés par le mouvement de libération, des internautes ont appelé à l’organisation d’une première marche des fiertés à Tunis en juin.
Ils ont dû renoncer. « Nous avons reçu des menaces, explique Simone Mizrahi.
Certains participants nous ont gentiment demandé d’annuler l’événement. L’événement est donc suspendu. Pour l’instant ! »

« Les persécutions à l’encontre des homosexuels ont des chances de baisser en intensité »

17 février 2011

http://yagg.com/2011/02/17/egypte-l…

Publié par Christophe Martet
Mohammed Mezziane, né à Casablanca au Maroc en 1963, est aujourd’hui doctorant au Centre de recherches historiques de l’École des Hautes études en sciences sociales (EHESS).
Ses recherches et ses écrits concernent les discours sur la masculinité, la sexualité et l’homosexualité, sur les périodes moderne et contemporaine, au Moyen-Orient et tout spécialement en Égypte.

Alors qu’un appel à manifester vendredi 18 février à Alexandrie a été diffusé sur internet par un groupe homosexuel égyptien, Mohammed Mezziane analyse pour Yagg les événements récents qui se sont produits dans le pays et ce qui pourrait changer pour les homosexuels, très sévèrement réprimés par le régime d’Hosni Moubarak.

Quelle est votre appréciation des récents événements en Égypte ?
J’ai suivi ces événements sur la chaîne de télé Al Jazeera.
J’ai trouvé les manifestants impressionnants : leur long souffle, ils ont tenu 18 jours ; la manière dont ils ont contourné les provocations de la dictature ; la façon parfaitement bien organisée avec laquelle ils ont utilisé les médias (dont Al Jazeera) malgré l’absence d’un chef charismatique pour mener les troupes et éviter le désordre. 

Cette révolution montre d’abord que l’utilité réelle d’un chef charismatique est très surestimée par les théoriciens des révolutions. Les révolutions tunisienne et égyptienne s’en sont passé.
L’élément récurrent dans la prise de parole de la plupart des manifestants interviewés par Al Jazeera était ce ras-le-bol d’être traité par le régime et ses sbires comme des « animaux ».
Tous les manifestants plaçaient la dignité et le respect de leur dignité d’Homme en première position, une priorité qui précéderait les revendications d’ordre économique ou social.

Les homosexuels peuvent-ils espérer voir leur situation s’améliorer avec la fin de la dictature ?
Je ne sais pas si la situation des homosexuels s’améliorera sous le nouveau régime en construction, mais elle ne risque pas d’être pire.
Je rappelle que Moubarak a été le premier dictateur arabe à mener une persécution systématique et à grande échelle contre l’homosexualité et les homosexuels entre 2001 et 2005.
Des milliers d’hommes ont été arrêtés par la police des mœurs.
Les amis et connaissances homos de ces hommes ont été arrêtés aussi, à partir des carnets d’adresses des hommes arrêtés, ou d’une dénonciation obtenue sous la menace.
Dans les grandes villes, la police des mœurs a constitué d’énormes fichiers de présumés homosexuels, et ceux-ci étaient souvent harcelés.
Une partie de ces exactions a été bien documentée par HRW, notamment pour la période 2001-2003.
Par ailleurs, même si la société égyptienne ne semble pas très favorable aux homosexuels, il ne faut pas sous-estimer le fait que ce sont les outils de la dictature qui organisaient et programmaient la persécution à l’encontre des homosexuels.
Ce n’était ni le voisinage ni les collègues de ces homosexuels.
Donc, à partir de ce constat, je pense que les persécutions ont des chances de baisser en intensité.

Les événements d’Égypte et la fin du règne d’Hosni Moubarak ont suivi de peu la chute de Ben Ali, en Tunisie. Ces deux révolutions sont-elles plutôt de bonne augure pour les homosexuels de ces deux pays ?
On sait que les dictatures ne profitent qu’à un nombre très limité de gens, y compris à quelques homosexuels privilégiés qui ne sont pas inquiétés pour leur sexualité.
Ce sont le plus souvent les homosexuels des classes moyennes et pauvres qui sont pris pour cible par la répression et qui payent le plus lourd tribut.
La démocratie permettra peut être, je l’espère en tout cas, de poser la question non pas en terme de privilèges de caste, mais de droits.
À ce titre, je pense que ces révolutions sont une bonne augure, même si le combat est loin d’être gagné…

Avez-vous connaissance de débats autour de la question homosexuelle, dans le cadre de cette « révolution » ?
Je n’ai pas connaissance de débat en relation directe avec la révolution, je ne vis pas en Égypte.
Mais depuis quelques années, des forums de discussion se sont développés et multipliés sur internet (Facebook, Twitter, etc.).
Il y a aussi des œuvres amateurs (vidéo, montages de photos) ou des documentaires professionnels (émissions de télévision consacrées à l’homosexualité) qui sont mis en ligne sur YouTube.
Ces œuvres et ces discussions humanisent d’abord la figure de l’homosexuel.
Elles s’opposent en quelque sorte aux discours des médias officiels qui présentent une image simpliste et diabolisée de l’homosexuel : « le traître travaillant pour l’Occident », « l’apostat en rupture de valeurs humaines », « le malade qui ne veut pas se soigner »…
Ensuite, dans ces forums circule une masse d’informations très variées et individuelles sur la sexualité, les désirs sexuels, leurs légitimités dans un cadre privé.
Elles sont l’occasion de vives discussions, d’échanges d’expériences.
Les intervenants dans ces discussions internet ne sont pas qu’égyptiens, il y a aussi des maghrébins, des jeunes des pays du Golfe ou du Moyen-Orient
.

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Citations

" Un-e bon-ne homo est un-e homo invisible, il-elle rigole des plaisanteries homophobes, il-elle en raconte même, il-elle laisse sans réagir prononcer des insultes homophobes, il-elle ne manifeste pas, il-elle paye ses impôts, il-elle ne revendique rien et se laisse plumer ". Heterhomo

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