D’après l’ONG Al Chaqaeq, la première à avoir fait la lumière sur cette tragédie, la fillette a été mariée fin mars dans le cadre d’un « mariage-échange » (une pratique courante au Yémen où les familles respectives « échangent » les jeunes filles à marier).
La gynécologue témoigne à l’AFP : « la fillette était très timide, elle a refusé de se déshabiller et de se faire examiner.
Son époux m’a demandé de lui déchirer l’hymen, mais j’ai refusé. ».
Le « couple » est revenu au dispensaire trois jours plus tard, la jeune fille souffrant d’une infection. La jeune fille vient d’être violée, ligotée avec une bande de tissu car elle se débattait.
Ce drame intervient au moment même qu’un projet de loi fixant l’âge minimum du mariage pour les femmes à 17 ans est examiné au Parlement.
Les islamistes et les conservateurs s’opposent à ce que cette loi soit assortie de sanctions.
Chaza Nasser, l’avocate de Nojoud Ali (que nous avions reçu à la Maison de la Mixité), prône pour des sanctions – des peines de prison – accompagnant la loi.

