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Enquête : en France, un homosexuel sur deux a été insulté
Communiqué de SOS-Homophobie
Créé le 23.03.11

Deux homosexuels s’embrassent, le 29 juin 2002 à Paris, dans le cortège de la "Gay Pride" Jack Guez
Il y a plus d’agressions homophobes que racistes.
C’est ce qui ressort de la première grande enquête de victimisation auprès de la population homosexuelle, menée par l’Ifop et publiée dans l’édition d’avril du magazine Têtu.
En France, 31 % des gays et bisexuels font l’objet d’insultes homophobes.
Le pourcentage atteint 48 % chez les homosexuels et descend à 12 % chez les bisexuels, qui affirment généralement moins leur identité sexuelle.
Même enseignement en ce qui concerne les agressions physiques : 14 % des gays et bisexuels déclarent en avoir été victimes.
Mais ce taux monte à 24 % chez les homosexuels et tombe à 5 % chez les bisexuels.
Les agressions liées à l’orientation sexuelle sont donc plus nombreuses que celles liées à la couleur de la peau si on compare ces résultats à ceux d’un sondage CSA pour le Conseil représentatif des associations noires.
Dans celui-ci, 7 % des personnes appartenant à une minorité visible assuraient avoir été victimes d’une agression physique et 25 % d’une agression verbale.
En raison de débordements sur ce sujet, nous sommes contraints de fermer cet article aux commentaires.
Merci de votre compréhension.
Agressions homophobes en France : mais que fait l’Etat ?
Paris, le 24 mars 2011
C’est la première fois qu’une enquête de ce type, réalisée par un institut de sondage, est menée*.
Elle met notamment en avant le fait que les discriminations à caractère homophobe sont jusqu’à deux fois plus nombreuses que celles racistes, notamment en ce qui concerne les agressions physiques.
Ce sondage nous rappelle qu’être gay ou lesbienne aujourd’hui, en France, peut vous causer les pires maux.
Vous pouvez être rejeté, insulté, discriminé, frappé, voire tué pour ce que vous êtes.
Alors, que fait l’Etat ? Que fait le gouvernement ? Lui qui, d’un ministère à l’autre, ne tient jamais la même ligne par rapport à la lutte contre l’homophobie.
Si le ministère des Sports et celui de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ont affiché leur volonté d’avancer dans ce domaine, avec des efforts qui restent à confirmer, d’autres minimisent voire nient le problème.
Citons le ministère de l’Education nationale, qui n’a pas encore mis en oeuvre suffisamment d’actions pour lutter contre les souffrances à l’école liée à l’homophobie - on se souvient notamment de l’épisode du "Baiser de la lune", révélateur de la frilosité du ministère à ce sujet.
Mais aussi du ministère de la Santé - qui maintient toujours l’interdiction aux gays de donner leur sang -,
ou encore de celui de la Justice et de celui de l’Intérieur, dont les fonctionnaires ne sont pas suffisamment formé-e-s pour accompagner des victimes d’homophobie.
C’est donc, à chaque fois, au gré des personnalités des ministres et des secrétaires d’Etat que de timides avancées ont lieu, sans jamais qu’une réelle politique globale de lutte contre les discriminations, et notamment contre l’homophobie, prenne place.
Nous retrouvons cette situation au niveau local : d’une collectivité à l’autre, la politique anti-discrimination change du tout au tout.
Combien de sondages, de chiffres, de statistiques faudra-t-il encore pour que les politiques se saisissent véritablement du sujet ?
Combien de milliers de gays et lesbiennes devront-ils et elles être encore victimes avant que soit instaurée une politique de lutte contre l’homophobie de réelle envergure ?
SOS homophobie rappelle que la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle passe par l’éducation et la prévention.
Chaque enfant et adolescent ne devrait pas quitter le système scolaire sans y avoir été sensibilisé, comme certain-e-s le sont par notre association.
Des actions de formation dans le milieu professionnel, comme celles - toujours plus nombreuses - que SOS homophobie mène, sont aussi indispensables.
Aller sur le terrain, dialoguer, déconstruire les clichés et les préjugés, sont autant de moyens pour que, peu à peu, les mentalités évoluent vers plus de respect.
Mais aussi, et surtout, SOS homophobie rappelle également que toute politique de lutte contre l’homophobie restera en grande partie inefficace si l’inégalité de droit persiste.
En refusant de reconnaître aux couples homosexuels français le droit de se marier et d’être parents, les politiques établissent une hiérarchie entre les citoyen-ne-s.
Nous ne pouvons être étonnés, dès lors, dans un pays qui affirme que l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité, que près de la moitié des gays et lesbiennes soit victime de propos homophobes, et qu’un quart soit atteint dans son intégrité physique.
Un sondage exclusif dans TÊTU : Un homo sur quatre a déjà été agressé physiquement
Par TÊTU 23 mars 2011,

Des chiffres inquiétants qui servent de point d’entrée à un grand dossier consacré à la police et à la lutte contre les actes de violences homophobes.
Un sondage Ifop réalisé pour TÊTU révèle qu’un homo sur quatre (24%) a déjà été agressé physiquement en tant qu’homosexuel au cours des dix dernières années, et qu’un sur deux (48%) a déjà été agressé verbalement.
Ces chiffres inquiétants, inédits en France, servent de point d’entrée au dossier consacré dans TÊTU d’avril, en vente à partir d’aujourd’hui, à la police et la lutte contre les faits d’homophobie.
D’autres chiffres montrent aussi que les homos ne sont pas à égalité devant les agressions, avec de grosses différences selon l’âge, le sexe, ou le milieu socio-professionnel.
Enquête dans un commissariat
Alors que la loi pénalise depuis sept ans les insultes et les agressions à caractère homophobe, la police nationale ne compile toujours aucune donnée sur ces faits.
Le reporter de TÊTU, Marc Endeweld, est allé enquêté dans le commissariat du 4e arrondissement, au cœur du Marais, pour constater comment les policiers appréhendent la population homo et les situations qui lui sont propres.
A lire également, le témoignage de Nadia, adjointe de sécurité pendant deux ans à la police aux frontières d’Orly, et victime de harcèlements homophobes dans son service.

