Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtue par Julie Lezzie 28 mai 2010,
Souvent critiquées et rejetées par les lesbiennes qui leur reprochent de ne pas savoir ce qu’elles veulent, les bisexuelles dénoncent l’intolérance au sein de la communauté LGBT. TÊTUE leur donne la parole pour combattre les clichés dont elles sont trop souvent victimes.
Entre bisexuelles et homos, le courant passe mal.
L’exemple le plus probant de cette ségrégation est sans doute le fameux « …bi s’abstenir » qui conclut quantité de petites annonces de rencontres entre filles.
Nombreuses sont les lesbiennes qui excluent d’office les bisexuelles de leur vie sentimentale de peur d’être forcément trompées.
« Très souvent, être bi, c’est être le mouton noir à cinq pattes ! » regrette Marianne, 38 ans. « Je trouve dommage d’avoir à justifier sa bisexualité face à des homos qui prônent la tolérance et l’acceptation…
En ce qui me concerne, je me fiche de savoir si mes partenaires sont hétéro, bi ou lesbienne.
Etre bi ne signifie pas que l’on ne sait pas ce que l’on veut, c’est juste combiner des attirances et plaisirs différents. » Cynthia, 30 ans, a l’impression d’être jugée en tant que bisexuelle : « les lesbiennes nous reprochent de profiter des deux sexes, mais pourquoi devrait-on se limiter à l’un d’entre eux ? Soit elles nous acceptent comme on est, soit on reste entre bi. »
Emma, 29 ans, s’insurge contre la réputation d’éternelle insatisfaite de la bisexuelle, soutenant qu’ « il n’est pas tant question de sexe que d’ouverture de cœur. Les hommes et les femmes apportent des choses très différentes : ce que l’on ne trouve pas chez l’un, on le trouve chez l’autre. »
C’est probablement ce que pense la génération touche-à-tout, pour laquelle rien ne vaut l’expérience. Souad, 20 ans constate une véritable explosion des mœurs parmi les jeunes de son âge.
« Beaucoup de filles se proclament bisexuelles pour le fun, comme elles se vantent d’avoir le dernier sac à la mode. Moi-même, j’ai ôté toute barrière sexuelle : l’âge et le sexe de la personne m’importent peu. »
Mais avant que lesbiennes et bisexuelles se confondent, il faudra dépasser certaines idées reçues qui ont la vie dure. « Je ne comprends pas pourquoi on nous reproche d’être instables », s’interroge Kathrina.
« J’aime les femmes comme les hommes et je sais très bien où je mets les pieds et ce que je veux. Hétéros, bi ou homos, on est toutes les mêmes. »
Pour Lili, les relations quelles qu’elles soient sont une question de confiance.
« Il faut dire à l’autre ce que l’on imagine sur le long terme.
Il peut y avoir des craintes, des incompréhensions, alors, il faut être patiente et prouver que l’amour n’a pas de sexe.
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a tout autant de types de bisexuelles que de types de lesbiennes : des libertines, des romantiques, des stables et des instables…
Certaines ont besoin de fréquenter les deux sexes en même temps sous peine de ressentir un manque ; d’autres, comme moi, ne sortent qu’avec une personne à la fois. »
Et Fryda de conclure : « Je suis bi et fière de l’être ! Je trouve les lesbiennes jalouses, possessives et plutôt instables elles-mêmes.
Ce qui ne nous empêche pas de nous entendre à merveille ! »
Photo Andrea Rankovic - Fotolia

"1934 Gorki écrit dans la presse soviétique que la condamnation de l’homosexualité constitue une victoire de l’humanisme prolétaire, car c’est elle qui produit le fascisme. Par une triste ironie de l’Histoire, l’Allemagne nazie mettait en place à la même époque un plan de persécution et d’extermination des homosexuels en les assimilant aux communistes." Daniel Borillo