Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

Têtu par Anne Vigna 17 mai 2012,
Les associations locales s’inquiètent : malgré des signaux encourageants, ces « cliniques » où l’on torture gays et lesbiennes pour les « réparer » continuent d’exister… Elles sont à l’ordre du jour de la journée contre l’homophobie et la transphobie 2012.
« Vergüenza » (honte) : action contre les cliniques du collectif Artikulación Esporádika (source).
Malgré les espoirs suscités par la nomination d’une ministre de la Santé activiste et lesbienne, les cliniques privées qui pratiquent des traitements illégaux de « dé-homosexualisation » n’ont toujours pas fermé leurs portes en Equateur.
Fermeront-elles un jour ?
« On l’espère bien sûr, on se bat pour ça, mais on est très pessimistes », avoue Tatiana Cordero, de l’organisation Taller de Comunicación Mujer et qui parle au nom du collectif LGBT qui s’est constitué pour dénoncer ces soi-disant « centres de santé », qui continuent d’exister dans l’indifférence générale.
Au programme de l’IDAHO
Car l’équateur est l’un des pays où existent encore ces cliniques de guérison de l’homosexualité, de celles qui font l’objet d’une préoccupation particulière du comité Idaho, en cette Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.
Rappel des faits. Après la fuite de quatre lesbiennes de deux de ces cliniques, le collectif a lancé une offensive médiatique.
En conférence de presse, il dénonçait le cas de garçons, filles, trans, et qui ont tous subi les pires violations des Droits de l’homme dans ces cliniques telles que « Puente a la vida » (ci-contre, photo extraite d’un reportage de CNN).
De plus, le collectif a présenté le compte-rendu le plus complet à ce jour (et désormais en ligne, en espagnol) sur le nombre et l’état de ces cliniques :
« Sur les 205 cliniques répertoriées, 70% présentaient des irrégularités graves comme l’absence d’autorisation pour fonctionner, ou encore aucune informations sur le type de traitements et les professionnels qui travaillent.
En résumé, le ministère de la Santé en Equateur ne sait rien sur ce qui s’y passe, et qui y travaille dans 70% des cas », réagit Cayetana Salao de Artikulación Esporádika.
Sont dénoncés également les mauvais traitements infligés aux jeunes drogués, qui sont la proie première de ces cliniques.
Indifférence
Mais la presse se fera surtout l’écho des traitements infligés aux homosexuels.
Le témoignage d’un père qui a fait interner son fils adolescent lorsqu’il apprend son homosexualité est repris dans presque tous les journaux du pays.
En conférence de presse, ce père affirme que « mon fils a été torturé pendant sept mois et je m’en veux terriblement. J’ai tellement eu honte d’avoir fait ça que je n’ai jamais dénoncé cette clinique ».
Pour le collectif, c’est une réussite médiatique.
La conférence est reprise dans tous les médias alors que la nouvelle ministre est nommée.
Pourtant, plusieurs mois passent, et rien n’a changé.
Les seules fermetures qui ont eu lieu datent du mois d’août 2011 et le sont pour « manque d’équipements » et non pour « violations aux Droits de l’homme ».
« Victoire » ?
L’organisation AllOut.org, qui avait sonné le tocsin sur ce sujet, « a crié victoire trop tôt, dès la nomination de la nouvelle ministre de la Santé, puis retiré le sujet » de la page d’accueil du site.
« Nous sommes en colère parce que sur le terrain, rien n’a changé », s’insurge Tatiana Cordero.
Contactée par TÊTU, l’organisation explique « qu’il était question d’interpeller le président Correa afin qu’il réagisse et qu’il s’engage, ce qui a été fait ».
La ministre de la Santé a redit en février son attachement à leur fermeture, tout en précisant que l’investigation nécessaire allait prendre du temps…
Le collectif équatorien se sent donc seul dans cette lutte, mais pas démotivé.
En ce 17 mai, on entendra encore parler d’eux à Quito, la capitale, où plusieurs manifestations contre les cliniques feront un bruit qui ira peut-être jusqu’au ministère de la Santé.
Tëtu par Anne Vigna 02 février 2012,
Un mouvement qui lutte depuis plus de dix ans pour la fermeture de cliniques privées qui pratiquent des traitements illégaux de « dé-homosexualisation », en particulier sur les lesbiennes. « La nomination de Carina devrait faire évoluer les choses, même si nous ne pouvons pas encore crier victoire », estime Tatiana Velasquez de l’organisation féministe Taller de Comunicación Mujer.
« Conjoncture favorable »
Alors que le comité composé de plusieurs associations dont Fundación Causana espérait un premier geste de la ministre devant sa présentation à la presse, Carina Vance n’a pas du tout abordé le thème des cliniques.
Fin novembre, trois cliniques ont pourtant bien été fermées par l’Etat équatorien, mais aucune enquête n’est menée sur les traitements pratiqués.
L’organisation AllOut.org pense que c’est déjà gagné, suite à une dépêche américaine selon laquelle un porte-parole du ministère de la santé aurait déclaré qu’il allait fermer ces cliniques.
Mais les organisations locales sont plus sceptiques : « Pour l’instant, rien ne permet de l’affirmer. L’Etat le fera peut-être car il y a une conjoncture favorable en ce moment avec la campagne que nous menons. Mais ce thème est très compliqué car les directeurs des cliniques ont des appuis au sein de l’Etat », explique Cayetana Salao de l’organisation Artikulación Esporádika.
Pour les organisations locales, il s’agit de ne pas baisser les bras avant que tous les « centres de tortures pour lesbiennes, gay et trans soient bel et bien fermés » comme le proclame le site internet de la campagne des ONG locales.
La nomination d’une politicienne ouvertement lesbienne en tant que ministre de la Santé en Équateur a créé la surprise cette semaine, et ce d’autant plus qu’elle a annoncé une mesure visant à faire cesser les "traitements de lesbiennes" par des établissements religieux.
E-llico.com
Mis en ligne le 25/01/2012
Carina Vance Mafla (photo), d’origine américaine, a frappé fort lors de son arrivée en annonçant que son ministère [la santé] allait travailler en étroite collaboration avec une organisation de défense des droits des lesbiennes, la Causana Fundacion, et d’autres groupes de droits civils, afin de fermer les cliniques religieuses qui pratiques des thérapies de "guérirson" des lesbiennes.
Elle est elle-même ancienne directrice exécutive de la Fundacion Causana.
Par le passé, elle a appelé à de profondes réformes du système de santé du pays, et en particulier la fermeture de cliniques religieuses de "guérison de l’homosexualité", la régulation de la distribution de traitements contre le VIH, et la lutte contre la discrimination des personnes LGBT au sein du système de santé.
Une pétition en ligne sur Change.org en faveur de la fermeture de ces cliniques homophobes a rassemblé 113.761 signatures, et une pétition similaire sur Allout.org compte actuellement 64.650 signataires.
La fermeture de plus de 30 cliniques est déjà dans la ligne de mire mais aussi des institutions, que d’ex patients ont dénoncé comme torturant et maltraitant physiquement et psychologiquement les lesbiennes.
Plus de 200 établissements de ce type au total ont été recensés dont certains clandestins.
La Fundacion Causana, basée à Quito, s’est félicitée dans un communiqué du succès de la campagne en faveur des fermetures : "Après dix ans de protestations, l’Equateur a conclu un engagement avec les organisations civiques afin de faire cesser la croyance selon laquelle l’homosexualité serait une maladie et de mettre fin à l’usage de la torture dans les cliniques qui prétendent la guérir".
Tous rendent hommage au président équatorien, Rafael Correa, qui a soutenu une constitution protégeant les personnes LGBT.
Têtu par Anne Vigna 04 octobre 2011,
En Équateur, depuis 10 ans, les associations lesbiennes dénoncent les tortures physiques et psychologiques qui sont infligées aux lesbiennes pour tenter de les « soigner ».
Aujourd’hui, les premières dénonciations commencent tout juste à avoir un peu d’effet.
Ci-dessus et en bas : des actions menées par les associations pour dénoncer ces cliniques.
Paola Ziritti a 28 ans aujourd’hui. A 24 ans, elle a connu ce que les associations LGBT de Quito, la capitale de l’Équateur, dénoncent comme de « l’enfermement forcé » dans une clinique qui a fait croire à ses parents qu’elle pouvait « dé-homosexualiser » sa fille.
Elle a connu pêle-mêle « les coups, les abus sexuels, les privations en tout genre, les insultes constantes et les chaînes.
J’ai passé près de trois mois enchaînée avant que ma mère réalise son acte et me libère », explique-t-elle par téléphone depuis l’Equateur.
Paola a dû suivre un vrai traitement psychologique pendant plus de six mois pour tenter de se remettre de sa « cure contre l’homosexualité » qui a duré un an et demi.
Aujourd’hui, son témoignage est capital car c’est la toute première femme à avoir accepté de porter plainte contre ces « traitements » pratiqués dans des cliniques qui se cachent derrière des prétendus soins aux drogués.
« Depuis 10 ans, nous avons été au courant de 30 cas de lesbiennes.
Mais il existe 207 cliniques de ce type et nous avons réussi à en faire fermer seulement 27 après le témoignage de Paola », raconte Tatiana Velasquez de l’organisation lesbienne Taller de Comunicación Mujer.
« Traitement » humiliant et dévastateur
Ces premières fermetures ont eu lieu en août 2011 et voilà qu’en septembre, deux lesbiennes réussissent à s’enfuir de deux cliniques et portent plainte.
L’organisation féministe internationale CLADEM lance de nouveau une action urgente auprès de l’Etat équatorien pour demander « une enquête sérieuse sur ces pratiques dégradantes et illégales et la fermeture de ces centres ».
Selon le réseau des associations LGBT locales, les cliniques ont aussi enfermé des gays et des trans et travestis mais à une échelle moindre : « sans doute parce qu’ils arrivent à quitter la famille plus tôt que les filles », explique Tatiana.
Mais tous vivent le même « traitement » humiliant et dévastateur pour leur personnalité.
« Les filles nous ont toutes raconté la même chose : elles sont menacées de viol ou violées, menottées, privées de nourriture et obligées de s’habiller comme des prostituées », raconte encore Tatiana.
« Sauvés de l’enfer »
Aux côtés de Paola, des associations locales sont en train de préparer une plainte auprès de la Commission interaméricaine des Droits de l’homme, car la justice équatorienne n’est pas assez efficace.
« Les fermetures des premières cliniques c’est bien, mais ce n’est pas suffisant.
Il s’agit des plus petites et toutes regroupées dans la même région.
Pourquoi celle où j’ai souffert continue de fonctionner ? », ajoute Paola qui a été menacée depuis que son témoignage est passé à la télévision équatorienne.
Les faits dénoncés la semaine dernière lui donnent raison : les tortures continuent dans l’indifférence générale.
« Sauf que de plus en plus de femmes dénoncent car Paola a eu le courage de parler », conclut Tatiana.
Paola raconte qu’un groupe de jeunes gays et lesbiennes l’ont arrêtée l’autre jour dans la rue pour la remercier : leurs parents allaient les envoyer dans les mêmes cliniques et ont compris le danger.
« Ils m’ont dit que je les avais sauvés de l’enfer ».
Veuillez noter que l’article 516 du code pénal équatorien, particulièrement la clause n° 1, assimile l’homosexualité à un crime et prescrit des peines de quatre à huit années d’emprisonnement pour des actes homosexuels pratiqués par des adultes consentants âgés de plus de 21 ans (ICCHRLA, avr. 1996).
Les autres composantes de l’article 516 rangent l’homosexualité dans la même catégorie que l’inceste et la pédophilie (IPS, 26 nov. 1997).
Selon la présidente de la Commission oecuménique des droits humains de l’Équateur (CEDHU), les homosexuels sont victimes d’abus, mais ils ont trop peur de porter plainte (ICCHRLA.).
La présidente rapporte que les homosexuels sont dépeints comme des gens anormaux et dangereux qui corrompent la jeunesse.
Cependant, après deux mois d’une campagne ponctuée de démonstrations contre l’article 516 dirigée par la communauté gay, la Cour constitutionnelle équatorienne, dans une décision qualifiée d’historique, a jugé anticonstitutionnelles les sanctions carcérales imposées à des personnes consentantes qui pratiquent des activités homosexuelles et a décriminalisé l’homosexualité (AFP, 25 nov. 1997).
Cette décision rendue le 25 novembre 1997 survient également à la suite du procès intenté par la communauté gay contre le gouvernement le 24 septembre 1997 dans le but de le forcer à dépénaliser l’homosexualité (AFP, 25 nov. 1997).
Selon Orlando Montoya, une des dirigeants de l’organisation Triangulo Andino, la plus grande organisation de gay et lesbiennes d’Équateur, l’aspect le plus important de cette résolution réside dans le fait que la reconnaissance des droits dont jouissent les citoyens équatoriens doivent être octroyés aux LGBT (IPS, 25 nov. 1997). La décision a été accueillie par des célébrations publiques de la communauté homosexuelle sur tout le territoire équatorien.

« On ne naît pas femme, on le devient » Simone de Beauvoir