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Etats-Unis : Une étude revoit à la baisse la population homo enfin apparemment

En résumé : les homos et les bi qui se reconnaissent "avoir des tendances homosexuelles ou avoir eu des relations homosexuelles", sont bien 11 % de la population. On le savait déjà.

Mais nuance : seulement 3,8 % se reconnaissent "être" voire "fier-e-s d’’être" homosexuel-le ou bisexuel-le, en raison de la honte inculquée dès le plus jeune âge. Ce chiffre faible devrait augmenter progressivement, car les jeunes font leur coming out et vivent leur homosexualité plus tôt.

Mais cela montre tout le poids de l’homophobie intériorisée par les LGBT. Cela changera si on parle normalement d’homosexualité dès l’enfance.

Tëtu par Marie Billon 14 avril 2011

Une synthèse réalisée par un « think tank » estime la taille de la communauté LGBT américaine à 9 millions d’individus.
Un chiffre plus faible que les traditionnels 10% évoqués grosso modo depuis des années. Quelles conséquences ? Quels enjeux ?

Neuf millions d’Américains appartiennent à la communauté LGBT, soit 3,8% de la population.
Ce sont les chiffres qui ressortent d’une compilation d’études réalisée par le Williams Institute de l’Université de Californie et publiée début avril.
L’organisation s’est basée sur une dizaine de sondages effectués aux niveaux national et local entre 2004 et 2010.
Selon cette étude, 1,8% des Américains se considèrent comme bisexuels, dont une majorité de femmes. 1,7% se considèrent gays ou lesbiennes, et seulement 0,3% se disent transsexuels.

« Chiffre minoré »

Cependant les chiffres sont doublés voire triplés lorsqu’il s’agit de connaître les tendances homos des Américains : dix-neuf millions, soit 8,2% d’entre eux, auraient déjà eu des rapports homosexuels, et 25,6 millions, soit 11% de la population des États-Unis, reconnaissent être en partie attirés par le même sexe.

Les différentes méthodes utilisées dans les études (porte-à-porte, téléphone, internet, etc) peuvent expliquer ces écarts car « elles affectent la volonté de l’interrogé à se placer dans des catégories (…) encore stigmatisées », explique l’étude. Pour cette raison, « 9 millions est bien sûr un chiffre minoré », précise l’attachée de presse du Williams Institute, Cathy Renna.

Quota ? Il n’empêche qu’on est loin des 10% de LGBT communément admis aux Etats-Unis. Ce chiffre, désignant une population « essentiellement homosexuelle », est basé sur la fameuse étude effectuée en 1948 par le professeur Alfred Kinsey. Il s’était alors appuyé sur un échantillon d’individus masculins. D’autres études, ces dernières années, avançaient des chiffres entre 5% et 15%.

Ces 3,8%, inférieurs aux chiffres précédents, ne doivent cependant pas porter un coup à la volonté des politiques d’agir en faveur des droits des LGBT insiste le Williams Institute.
« Je ne savais pas qu’il y avait un quota à atteindre pour avoir des droits civils », s’étonne Cathy Renna. Plusieurs groupes LGBT le craignent pourtant.

« Si vous n’êtes pas compté, vous ne comptez pas »

Pour Richard Socarides, président de « Eqality Matters », et ancien conseiller en questions LGBT de Bill Clinton, cette étude devrait cependant être complétée par les données du recensement national décennal.
Aucune question sur l’orientation sexuelle n’est pour l’instant posée, mais Barack Obama a demandé à ce que les couples homos mariés soient désormais recensés comme tels.
« Les chiffres sont importants, explique Gary Gates, en charge de l’étude. Dans notre système, vous ne comptez pas si vous n’avez pas été compté. »

Pour l’auteur de l’étude, connaître la taille de la communauté LGBT est un « premier pas décisif pour l’information de ceux qui font les politiques publiques, pour comprendre les besoins particuliers en matière de santé ainsi que les disparités économiques, prendre en compte l’impact économique du droit au mariage, et évoluer les besoins en allocations des couples homosexuels. »

Cette étude américaine n’est pas la première à faire valoir l’importance d’un recensement fiable de la population LGBT.
Le même besoin a été éprouvé au Royaume-Uni en septembre dernier (lire notre article).
Mais la France, elle, n’a pas encore bénéficié d’études crédibles à ce sujet.

Photo : Paul Parant/TÊTU

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Citations

"Qu’il s’agisse du sur-mâle viril plein d’assurance ou de la femme-objet incarnation parfaite de la féminité, on ne peut exister en tant que stéréotype, d’où une grande frustration". Guillaume Carnino.

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