Communiqué de presse de la FÉDÉRATION LGBT
Pour la première fois en France, samedi 4 juin 2011 deux femmes vont s’unir à la mairie de Nancy.
La FÉDÉRATION LGBT a la joie d’annoncer ce mariage, unique à plus d’un titre, puisque Stéphanie, l’une des membres de notre Conseil d’Administration, s’unira à Élise, sa compagne, à la mairie de Nancy, en présence de leurs familles et amis.
L’ensemble des membres du C. A. et les adhérents de la FÉDÉRATION LGBT adressent à Élise et à Stéphanie, nos deux amies, leurs félicitations et tous leurs vœux de bonheur.
La FÉDÉRATION LGBT est touchée du fait qu’il s’agisse d’un mariage d’amour et peut témoigner que cette union est basée sur un projet de vie commune et de construction humaine volontaire malgré les discriminations et interdits étatiques.
Être discriminée pour pouvoir se marier
Élise et Stéphanie vont donc se marier demain à Nancy alors même que le mariage n’est habituellement pas légal entre deux personnes de même sexe.
Ce mariage de deux lesbiennes ne sera possible que parce que l’État refuse son changement d’état civil à Stéphanie, qui est une femme transgenre, puisqu’elle a refusé, en première instance et en appel, de se soumettre à l’exigence étatique de prouver sa stérilisation.
L’État se retrouve devant ses contradictions
refusant le changement d’état civil d’une femme transgenre, contraignant Stéphanie à se marier samedi sur la base de son état civil masculin actuel, alors qu’elle est une femme sociale reconnue par tous.
Quoi que décide Stéphanie, la discrimination imposée par l’État est de toute façon son vécu.
C’est pour toutes ces raisons que la FÉDÉRATION LGBT note que ce mariage d’amour prend une dimension militante en raison des discriminations volontairement imposées aux futures épouses par l’État français, au mépris des plus élémentaires droits humains.
Alors même qu’Élise, non concernée personnellement par la question transgenre, va devoir supporter ces discriminations et leurs conséquences quotidiennes.
Changement d’état civil libre et gratuit des personnes transidentitaires et ouverture du mariage aux couples de même sexe vont de pair
La FÉDÉRATION LGBT, qui connaît bien Élise et Stéphanie, partage à la fois leur bonheur mais aussi leur indignation de ce vécu discriminatoire au quotidien.
La FÉDÉRATION LGBT rappelle d’ailleurs qu’elle est la première association nationale LGBT a s’être prononcée pour l’application par la France de la résolution 1728, votée le 29 avril 2010, par le Conseil de l’Europe.
Cette résolution 1728 stipule, en son alinéa 16.11.2, la garantie par les États membres, dans leur législation et leur pratique, du droit des personnes transgenres à obtenir « des documents officiels reflétant l’identité de genre choisie, sans obligation préalable de subir une stérilisation ou d’autres procédures médicales comme une opération de conversion sexuelle ou une thérapie hormonale ».
La FÉDÉRATION LGBT se réjouit que la France ait voté cette résolution à l’unanimité de ses représentants, et exige désormais que l’État français l’applique aux personnes transidentitaires, en cohérence avec son vote, en abandonnant une jurisprudence discriminatoire.
En Europe cela est possible. L’Allemagne vient d’abandonner l’exigence de stérilisation, pourquoi pas la France ?
L’égalité des droits pour tous les citoyens, dont celui d’avoir des papiers d’identité en conformité avec son identité sociale, passe par ce changement d’état civil libre et gratuit pour les personnes transidentitaires ainsi que par l’ouverture du mariage, laïc et républicain, aux couples de même sexe.
La FÉDÉRATION LGBT vous invite à la conférence de presse qui aura lieu à Nancy, samedi 4 juin, à 15h, place de la Carrière (à proximité de la place Stanislas) au village associatif de de la Marche des Fiertés de Lorraine. Les organisateurs du Collectif LGBT Lorraine, Élise et Stéphanie s’y exprimeront.
Deux lesbiennes, dont une transgenre, se disent « oui » à Nancy
Têtu par Rédaction 05 juin 2011,
Les errements judiciaires dont sont victimes les transgenres ont cependant permis à Stéphanie, toujours considérée par un homme par l’état civil, d’épouser Elise, samedi à Nancy.
Deux lesbiennes se sont mariées samedi à Nancy dans la stricte application de la loi républicaine puisque Stéphanie, transgenre, est toujours considérée comme un homme.
Un « pied de nez militant » alors que le mariage entre personnes de même sexe reste interdit en France.
« Un symbole »
« Il s’agit du premier mariage en France sur ce modèle-là », a reconnu Laurent Hénart, adjoint (Parti Radical) au maire de Nancy.
Le procureur de la République à Nancy avait observé, quelques jours avant l’union, que l’« on ne (pouvait) pas empêcher un homme et une femme de se marier ».
« C’est un symbole pour les millions de gays et lesbiennes qui aimeraient avoir les mêmes droits, pour que la France devienne un vrai pays républicain », ont déclaré Stéphanie Nicot, née Stéphane, 59 ans, et sa compagne Elise, 27 ans
Les mariées ont ensuite rejoint la Marche des fiertés lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) qui a rassemblé 2.000 personnes dans la cité lorraine.
« Très humaniste »
La mairie dirigée par André Rossinot a par ailleurs déclaré que « la logique de ce mariage avait été celle de l’application républicaine de la loi », en précisant que la cérémonie s’était faite de manière « très humaine, très humaniste ».
Les deux femmes, en couple depuis quatre ans, ont exprimé leur « émotion », lors de ce mariage « qui se voulait un moment d’amour et de tendresse avec nos proches », ont-elles expliqué devant la presse à l’issue de la cérémonie.
La témoin de mariage d’Elise a cependant regretté que l’adjoint au maire qui a uni les deux jeunes femmes ait « appelé Stéphanie Nicot sous son ancien prénom masculin ».
« Drame des transgenres »
Mme Nicot dit avoir subi une intervention chirurgicale pour devenir une femme, mais elle refuse de fournir à la justice les documents attestant de l’opération.
La présentation de tels documents est indispensable pour obtenir le changement de sexe à l’état-civil, en vertu d’une jurisprudence établie par la Cour de cassation en 1992.
« C’est une situation un peu folle », a-t-elle ajouté, en observant que « le problème auquel (elle est) confrontée n’est pas résolu ».
Début avril, la cour d’appel de Nancy a confirmé son refus du changement d’identité de Stéphanie Nicot, qui s’est pourvue en cassation.
« Paradoxalement, en nous discriminant, on nous a fait le plus beau cadeau », a réagi Stéphanie lors d’une conférence de presse.
Selon Laurent Hénart, « le vrai scandale, ça n’est pas que deux femmes se marient, c’est de voir que Stéphane est devenue Stéphanie et qu’il n’est toujours pas reconnu comme tel.
Ce mariage, c’est le drame des transgenres », a-t-il ajouté.


