Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtue par Ursula Del Aguila Chef de rubrique Têtue.com 17 juin 2010
Eh oui, la butch actuelle a une ancêtre… la garçonne, évidemment. Gigola, interprétée par Lou Doillon dans le film qui sortira en novembre prochain, est une garçonne des années 1960, héroïne du roman éponyme de Laure Charpentier. À lire et à voir absolument !
Gigola est un magnifique roman sulfureux de Laure Charpentier censuré à sa sortie en 1972 à cause de ses scènes de sexe, superbes et crues, pour reparaître en 2002.
Il dépeint l’histoire d’une garçonne des années 1960, oiseau nocturne, portée sur le whisky et les femmes.
Adapté et inspiré du roman éponyme et aussi d’un autre de ses livres, Père, impair et passe, le film Gigola réalisé par l’auteure des romans elle-même sortira dans les salles en novembre prochain.
Lou Doillon vibrante de vérité en Gigola
Gigola, interprétée par une Lou Doillon vibrante de vérité et ultra-émouvante –ce rôle révèle l’immense actrice qu’elle est–, y est une jeune femme de 23 ans, cheveux coupés courts, qui préfère à une carrière bourgeoise et terne de médecin, l’ambiance moite et dangereuse de la nuit, des bars louches, et la compagnie des femmes qui ne disent pas non à l’amour lesbien contre quelques billets et qu’on dispute aux macs.
Elle pleure son grand amour suicidé et mentor (sa directrice de collège) et se console aux bras d’une jeune entraîneuse fragile, la pulpeuse Marie Krémer et d’une vieille lesbienne riche et en mal de frissons, poignante Marisa Paredes.

Le quartier Pigalle des tripots et des putes recréé au Portugal
On sent l’ambiance sombre et populaire des romans de Francis Carco et d’Albert Simonin, on palpe l’immense tendresse de Laure Charpentier pour ses personnages, et on se délecte des dialogues crus et drôles du scénario qui rappellent Audiard.
Le quartier de Pigalle a été magnifiquement recréé à Lisbonne en novembre dernier pour les besoins du tournage.
Mais le film a connu mille obstacles avant de se faire.
Les réalisateurs pressentis voulaient plaquer leur phantasme d’hommes
Lasse d’avoir des réalisateurs hommes, comme Volker Schlöndorff, un temps pressenti, qui voulaient « plaquer leur phantasmes masculins », l’écrivaine et réalisatrice Laure Charpentier a décidé de se lancer dans l’adaptation cinématographique de son histoire, et a su s’entourer d’une équipe « familiale », qui a porté son « bébé » et d’acteurs et d’actrices impeccables : Thierry Lhermite en père de Gigola, Rossy de Palma géniale en barman de Chez Moune, le bellâtre Eduardo Noriega en mac italien, et Marisa Berenson en madone hallucinée et mère de Gigola…
Quelle immense joie de voir enfin un film qui parle de la vie interlope des lesbiennes des années 1960, habillées en trois-pièces, et sirotant des whiskys on the rocks au comptoir de chez Moune.
Une faune nocturne atemporelle que Gigola nous dévoile et à laquelle Laure Charpentier rend hommage dans son film.
Gigola est un film qui enflamme et rudoie, comme une étreinte rapide et brutale avec une gigola de passage.
http://yagg.com/2010/09/30/decouvre…
Publié par Judith Silberfeld
Gigola, l’excellent film de Laure Charpentier, avec la non moins excellente Lou Doillon dans le rôle-titre, a enfin son affiche officielle.
Lou Doillon en garçonne qui n’hésite pas à monnayer ses charmes (et ceux des autres) auprès, notamment, de Marisa Paredes, très touchante en lesbienne sur le retour, y est irrésistible.
Thierry Lhermitte (bah oui) et Marisa Berenson jouent ses parents, largués tous les deux mais dans des styles différents.
DANS LES SALLES LE 19 JANVIER
Le film fait actuellement le tour des festivals (il sera présenté prochainement à Hambourg, Pusan en Corée du Sud, Montréal et Séville). Il sortira sur les écrans français le 19 janvier 2011
Par Cécile Strouk jeudi 11 novembre 2010
INTERVIEW. Le festival Chéries-Chéris accueille cette année, et en avant-première, l’adaptation sur grand écran de « Gigola », réalisée par Laure Charpentier, l’auteure du roman éponyme.
Cette nostalgique d’un temps où les lesbiennes étaient encore des garçonnes livre son expérience à TÊTUE.
En 1972, Laure Charpentier publie Gigola, un roman autobiographique sur l’homosexualité féminine. Jugé trop sulfureux, il est immédiatement censuré, puis publié 30 ans plus tard par Fayard.
Gigola est aujourd’hui devenu un film -avec Lou Doillon dans le rôle titre- qui fait revivre la nuit interlope lesbienne des années 60.

TÊTUE : Gigola est en ouverture du festival Chéries Chéris. C’est un honneur ?
Laure Charpentier : Oh oui ! J’étais très fière quand Pascale Ourbih, que j’ai rencontrée lors de la projection du film à Cannes, a tenu à ce qu’on présente Gigola en compétition de son festival LGBT.
Le public français est-il prêt à recevoir un film comme ça ?
La France est à la traîne. Ou elle suivra ou elle bloquera complètement. C’est un film qu’on aime passionnément ou qu’on vomit.
Mais qui peut aider à ouvrir les mentalités, à faire accepter les différences. Comme je le dis souvent, l’amour n’a pas de sexe.
C’est comment une garçonne dans les années 60 ?
C’est une femme émue par les femmes. Une femme authentique et attirante qui a une forteresse intérieure, qui sait se battre, qui a de l’argent et qui se fait entretenir par des putes ou des vieilles.
Puis, il y a le dress code : costume trois-pièces, chemise, cheveux courts, cravate. C’est une dandy.
Pourquoi avez-vous décidé d’adapter ce livre au cinéma ?
Ça a commencé en 2002, après la publication de Père, Impair et passe, dont je m’inspire aussi dans le film.
Huit réalisateurs se sont proposés, dont Volker Schlöndorff (Palme d’or pour Le Tambour en 1979).
Mais personne ne convenait. Alors, je me suis décidée à le faire.
J’ai d’abord écrit le scénario, plus rythmé que le livre, avec des dialogues plus forts. Puis, je me suis mise à la réalisation. L’expérience a été superbe. J’ai eu une équipe qui ne m’a jamais fait sentir que c’était mon premier film.
Vous avez confié le rôle principal à Lou Doillon…
Oui, Volker voulait Asia Argento. Mais moi, je la trouvais trop sexe pour le rôle. Puis, un jour, à l’hôtel Costes, j’ai vu Lou Doillon.
Et je me suis dit, d’instinct, qu’elle pourrait le faire. Je la connaissais à peine. Mais je trouvais que sa personnalité flashait.
On lui a envoyé le scénario, elle a accepté, heureuse.
Pendant le tournage, on a eu une osmose, des larmes ont même coulé pour certaines scènes… C’est un rôle d’actrice parfait pour elle, qu’elle a complètement assumé.
Voir sa vie transposée sur grand écran, c’est…
…un immense plaisir, impossible à dépeindre.
Mais c’est aussi un hommage à toutes les survivantes de cette époque et à toutes celles qui ont disparu.
C’est mon bijou.
Publié par Judith Silberfeld

http://yagg.com/2010/11/15/gigola-r…
À peine remise de l’ouverture du Festival Chéries-Chéris à Paris, vendredi dernier, Laure Charpentier a fait l’aller-retour samedi 13 novembre à Séville où son film, Gigola, a reçu le Giraldillo d’argent du premier film au Festival de cinéma européen.
Laure Charpentier
Selon l’agence de presse espagnole Europa Press, une mention spéciale a été accordée à Lou Doillon pour son rôle dans le film de Laure Charpentier, « une réalisatrice hors du commun qui nous entraîne dans un voyage dans Paris à une époque où la liberté sexuelle des femmes est toujours un défi ».

Critique :
Trop proche de son sujet, Laure Charpentier oublie de prendre du recul par rapport à son héroïne.
Vue de 2011, George peine à nous émouvoir.
Elle maltraite les prostituées qu’elle prend sous son aile, frappe l’héritière qui l’entretient, sans que jamais le film ne prenne de distance par rapport à l’histoire.
Vieille dame accro aux tapins féminins
Plus que pour la réalisation, on ira donc voir Gigola pour ses actrices.
Lou Doillon réussit à être tout à fait crédible en garçonne, malgré quelques passages où elle semble un peu absente.
Et on retrouve avec plaisir la charismatique Marisa Paredes en vieille dame accro aux charmes des tapins au féminin.
Ceci étant dit, malgré ses défauts, Gigola reste un beau projet. Il a un mérite, à ne pas oublier : c’est le premier film français qui prend comme sujet principal le monde de la nuit lesbienne des années 60 et la culture, aujourd’hui disparue, des garçonnes.
On est ravi de voir (ou de revoir, pour celles qui l’on connu) le cabaret Chez Moune de la grande époque, peuplé de lesbiennes androgynes qui accompagnent fièrement « leur femme ».
Les thématiques lesbiennes sont assez peu abordées par le cinéma français pour que l’on ne manque pas cette occasion de voir une romance lesbienne sur grand écran. Mais, une fois le film vu, on se rabattra plus sûrement sur la lecture du roman, nettement plus réussi.

"Dans l’imaginaire érotique des hétérosexuels, les douches collectives revêtent une importance consternante". Léo Bersani