Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Par Gwenaël André mardi 04 mai 2010.
« Libres regards » est un festival sur le thème de l’homosexualité qui se déroule les 7, 8 et 9 mai, à Belfort, dans la cité du Lion. Portrait de la sémillante Ophélie Thiébaut qui est à l’initiative d’un festival placé sous le signe de l’ouverture et du décloisonnement.
Ce festival est pour le petit Sacha, bientôt deux ans, et pour l’amie avec qui Ophélie (photo) élève Sacha, pour ses copines lesbiennes, ses amis gays.
A moins que ce festival s’adresse à un vaste public hétérosexuel. Ou qu’il soit pour elle seule, pour son plaisir de femme lesbienne désireuse de porter un regard sur l’homosexualité. Ou tout à la fois.
L’intitulé va donc de soi : « Libres Regards ».
Il signifie « que nous avons envie de sortir des caricatures et des idées reçues sur l’homosexualité.
Nous souhaitons montrer des choses différentes.
Pour que les gens qui fréquentent habituellement les milieux culturels se mettent à réfléchir autrement. Notamment sur l’évolution des mœurs… »
Ophélie Thiébaut, 26 ans, a déjà sérieusement écorné les conventions en obtenant l’autorisation que le petit Sacha porte le nom de son amie accolé au sien, à la crèche.
Ou que le maire de leur village, dans le pays de Montbéliard, fasse réimprimer des documents aux noms de madame et madame, pour le baptême républicain de Sacha.
Six années de militantisme à l’APGL (association des parents gays et lesbiens) lui ont permis d’apprendre « à ne pas imposer les choses aux autres, c’est la plupart du temps inutile de vouloir passer en force. Mieux vaut préparer les gens, dialoguer avec eux… »
Elle a réussi à persuader le centre chorégraphique national de Belfort d’accueillir le festival
Ophélie a utilisé son pouvoir de persuasion pour convaincre le centre chorégraphique national de Belfort d’ouvrir les portes de ses locaux au festival, d’apporter son expertise à la programmation et à la direction artistique.
A priori, pas évident. Mais Ophélie est du métier, son expérience d’administratrice de projets culturels dans une compagnie théâtrale a convaincu le centre chorégraphique « que je savais de quoi je parlais ! Et que l’ambition de construire un festival de grande qualité pouvait aboutir ».
Résultat : une ouverture, le 7 mai, au centre chorégraphique national de Belfort, avec une exposition photo de Cathy Peylan, Femmes en danse.
« C’est clairement un choix personnel. J’ai été séduite par les photos de Cathy Peylan, qui transfigurent une violence d’exister, traduisent l’émotion d’une femme face à une danseuse… »
Fin de soirée au cinéma des Quais, avec la projection du film espagnol de Roberto Caston, Ander, « Ander » : histoire d’amour gay en Pays basque sur un amour hors norme entre un agriculteur et un immigré péruvien. Puis échange avec les gens dans la salle sur l’homosexualité au cinéma. Le 8 mai, à 14 h, au centre chorégraphique, débat sur l’homoparentalité avec un ancien président de l’APGL, Eric Garnier, et l’écrivaine Myriam Blanc, auteure d’Elles eurent beaucoup d’enfant. Un minimum de 30.000 enfants vivent, aujourd’hui, en France, dans des familles homoparentales…
Le festival s’offre ensuite un joli décalage avec la diffusion d’un film de 1961, La rumeur, de William Wyler, histoire d’une enseignante soupçonnée de lesbianisme dans un pensionnat de jeunes filles !
Ophélie Thiébaut a également invité une musicienne américaine, Claire Timmerman, pour un concert de musiques actuelles au LG’s Bar de Belfort, le 8 mai au soir. Le festival alterne les formes artistiques et s’achève donc, le 9 mai, au centre chorégraphique, dans un agréable mélange des genres, avec Domestic Flight, spectacle de la compagnie La Zouze mêlant danses, comédie, musique, cirque, libres jeux pour libres regards.

Lorsque l’on parle des « hommes » en désignant des êtres humains des deux sexes, on établit déjà les premières bases de la domination masculine. Godelier.