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Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

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Interventions en formation professionnelle socio-éducative

Etat de la formation question LGBTphobie et de sexisme

La formation professionnelle des personnels éducatifs nous apparaît depuis plusieurs années comme la pierre angulaire de toutes actions en école sur les questions relatives à l’homophobie et les homosexualités, les questions de genre et de sexisme.

arrêter de dire pédé
Connaissances en la matière, comportements les plus adéquats et démarches pédagogiques ne s’inventent pas sans un minimum de savoirs et savoirs-êtres que l’expertise de certains spécialistes peut apporter.
Cela nous semble d’autant plus un passage obligé qu’évoquer le sexe et la sexualité ne sont pas des thématiques neutres : elles exigent des formateurs et enseignant-e-s, personnels éducatifs une certaine clarification des valeurs personnelles et professionnelles qui peuvent toucher à l’intime.
Bref, on n’évoque pas ces questions comme on étudie Ronsard.
Des valeurs humaines, un goût du dialogue et un respect d’autrui sont nécessairement convoqués.
Cela et d’autres éléments aussi, comme une connaissance accrue des études sur le genre et les sexualités sont donc des préalables à toutes conceptions pédagogiques, et exigent une formation complète et adéquate tant en formation initiale qu’en formation continuée.

En 2005, le MEN ne semble pas encore prêt à quelques injonctions de formation Lgbt dans les lieux de formation de maîtres et professeur-e-s de l’hexagone.
Pourtant, quelques structures s’organisent et proposent leurs initiatives.
D’autres pratiquent une auto formation comme avec le développement de la mallette pédagogique "Vivre ses différences, comment parler de l’homophobie" à destination des lycées (de l’association Couleurs Gaies à Metz).
Les syndicats évoluent aussi, avec en 2004, l’organisation par le SNES / FSU d’un premier stage syndical. La question homophobe est aussi abordée ici et là en complément de réflexion sur les autres discriminations ( par exemple, depuis trois ans se déroule, dans l’académie de Créteil, une action de formation continue destinée aux professeur-e-s du second degré où il s’agit de repérer les discriminations pour mieux agir).
Ci et là, quelques conférences dans l’IUFM sensibilisent les enseignant-e-s.
A ce titre Sos Homophobie a obtenu un agrément du rectorat de Versailles (national depuis) pour intervenir dans les lieux de formations afin de sensibiliser les élèves du secondaire et par là même de toucher les enseignant-e-s

Cela demeure cependant très partiel et secondaire, on se contente de juste sensibiliser sans réel plan de formation.

Néanmoins, d’autres vont plus loin. Ainsi, le travail effectué par l’association marseillaise LGBT Formation - à laquelle nous nous associons - développe un programme de formation ambitieux avec un partenariat institutionnel.
Financé par la DGS, la CPAM des Bouches-du-Rhône et soutenu par le Rectorat d’Aix-Marseille, ce projet a permis de former plus de 200 personnes et s’étend désormais au Vaucluse.

Le MAG ( mouvement pour les jeunes gais) commence à développer des interventions.

La ligue des Droits de l’Homme organise aussi sous la houlette d’Eric Verdier une formation-action sur les problématiques de la jeunesse homosexuelle en plusieurs modules qui jalonnent l’année 2005 (voir l’article).

Il est clair que toutes les initiatives d’horizon les plus divers ne sont pas de trop. Nous avons plus d’un million de personnels de l’éducation nationale à sensibiliser et former, plus les personnels socio-éducatifs des structures territoriales, plus les personnels des secteurs de santé ainsi que les secteurs de formation des adultes
Vaste marché, vaste ouvrage ! Reste quelques questions :
comment élaborer un programme de formation efficient ?
Quels sujets prioriser et sur quel mode intervenir ?
Comment évaluer les dispositifs ?

Observant donc en février 2005 l’aube de nouveaux dispositifs de formation, nous avons interrogé les acteurs les plus impliqués.

Interview de jacques Fortin, un des responsables du réseau LGBT FORMATION :

1) pouvez-vous nous décrire les actions de formation que vous proposez ? en direction de quels personnels sont-elles destinées ?_
Une journée de sensibilisation à l’homophobie élaborée par une équipe (psy, enseignant-e-s, travailleurs sociaux, associatifs) et validée par notre comité de pilotage (DDASS, CPCAM, Rectorat Aix Marseille, Mutuelles de Provence, Ville de Marseille, Conseils généraux, Région etc).
Comprenant : un tour de table, le film "être et se vivre homo", un exposé sur l’aspect psy de l’homophobie, homophobie intériorisée, un exposé sur sur l’aspect social de l’homophobie (comment ça fonctionne) avec double prévention (en "défense des jeunes potentiellement LGBT et en prévention des passages à l’acte de violences homophobes chez les jeunes), tout ceci interactif, puis des mises en situation concrètes avec élaboration de réponses possibles.
Cette journée peut être modulée selon les publics et connaître des journées de reprise et complément.

Nous avons un document de vingt pages qui précise notre démarche, plus deux rapports d’évaluation du même volume sur les années 2003 et 2004.

2) quels sont les thèmes inscrits à votre programme ? comment les abordez-vous ?

Notre angle d’abord est celui de la santé et de la socialisation des jeunes 13 - 25.

3) comment vos formations sont-elles accueillies ?
Par qui ? Les institutions et services de l’Etat nous ont reçu dès le départ avec intérêt. La mise en place d’un comité de pilotage bi annuel est la preuve de la poursuite de cet intérêt. Quant aux stagiaires il est impossible de vous répondre aussi rapidement sur le quasi milliers de personnes que nous avons eues en journées depuis deux ans. Nous avons deux rapports d’évaluations.

4) Comment les professionnel-le-s peuvent-ils-elles faire appel à vous ? Nous sommes pour ce qui concerne l’éducation nationale inscrit au PAF

Ils-elles passent par les canaux normaux de l’administration.
Par ailleurs les inspections académiques font appel à nous directement (elles font partie de nos comités de suivi). Ainsi nous ont-elles commandé dernièrement cinq journées pour toutes les infirmières scolaires du Vaucluse (70), avant nous avons fait les infirmières et médecins scolaires des Bouches du Rhône, ainsi que les assistantes sociales scolaires des deux IA.

Pour les autres professions cela va des organismes de formations de travailleurs sociaux ou d’infirmières ou de DEFA par une commande directe auprès de nous des directions de ces établissements.
Pour les centres sociaux, planning familial, centre info jeunesse, centres d’accueils pour jeunes, de prévention etc… nous faisons des envois postaux suivis d’appels téléphoniques puis ils commandent. ou bien nous sommes inscrits dans des politiques de la ville qui nous commandent des journées, ou bien les services par exemple des conseils généraux nous commandent des journées etc…

Nous sommes financés par les plan régionaux santé jeunes, les politiques de la ville, les services jeunes des collectivités locales, le PAF et nous négocions une nouvelle convention cette fois triennale espérons nous avec la direction générale de la santé (ministère).

5) quels sont vos projets ?
Nous organisons cette année des journées de formations d’intervenant-e-s pour développer notre action plus largement éventuellement en coopération avec d’autres associations ou équipes.

Au PAF voici l’intitulé :

-objectifs : sensibilisation aux souffrances et aux prises de risques liées à l’homophobie subie par les adolescent-e-s.

-contenu : représentation de l’homophobie, homophobie intériorisée et conduites à risques, réflexion sur la construction sociale de l’homophobie, analyses de situations professionnelles.

-stage présentiel : 1 jour. & avez-vous d’autres commentaires ?

LGBT Formation s’est donc donné pour mission :

1° de sensibiliser à l’homophobie les personnels ayant à s’occuper des jeunes qu’il s’agisse des métiers de santé physique et psychique (médecins, infirmier/es, psychologues, activité de prévention etc), des métiers de l’éducation (dont l’éducation nationale, l’éducation surveillée etc), des métiers sociaux (éducateurs de quartiers, animateurs, assistanat social, conseil familial etc), des métiers de l’animation, du loisir et du sport, et de prendre part le cas échéant à la formation initiale de ces personnels. Cette sensibilisation s’adresse aussi au secteur associatif en relation avec la jeunesse : associations familiales, éducation populaire, scoutisme etc.

2° Outre la sensibilisation l’association propose un suivi des personnels et institutions rencontrées dans leur mise en pratique ultérieure de cette sensibilisation afin d’aider ces diverses professions à intégrer dans leur problématique professionnelle la dimension de lutte contre l’homophobie c’est à dire d’une part apprendre à "voir et entendre" les situations, d’autre part élaborer des réponses pratiques ponctuelles et des stratégies de prévention des passages à l’acte homophobes comme de leurs effets sur les victimes (diagnostics, soutien, accompagnement etc).

Ceci parce que LGBT Formation estime qu’il n’y a pas un "savoir" ni un "prêt à penser" ni des "modes d’emploi" à transmettre, mais qu’il importe que les métiers "de la jeunesse" en intégrant cette question parviennent à la traiter chacun selon leur angle de perception et d’intervention.
LGBT Formation a donc plus une vocation méthodologique que prescriptive.

3° sur la base de ce travail et de l’expérience accumulée, en relation avec un comité scientifique et un comité de suivi composé des financeurs et prescripteurs, LGBT formation organise des sessions de formation d’intervenant/es en vue du développement de cette action de sensibilisation et des suivis.

4° le travail porte sur les jeunes dans le double souci

a) de mieux comprendre le fonctionnement de l’homophobie comme participant de la "police des genres" en quelque sorte et à ce titre s’exerçant sur toutes les personnes dans leur cheminement de construction de soi et de rapports avec autrui, dont évidemment les personnes LGBT, et entraînant non seulement des souffrances chez les "victimes" et leur entourage mais des conduites délictueuses dans le droit fil de la stigmatisation de l’homosexualité.

b) de parer les effets de l’homophobie sur la santé des jeunes (physique et psychique) ainsi que sur leur insertion dans la vie sociale (scolarité, famille, vie amoureuse etc).

Il s’agit donc d’un travail

- qui porte essentiellement sur l’homophobie ce qui, sans évidemment éviter le sujet, n’a pas le même sens qu’une information sur les homosexualités et diversités identitaires LGBT,

- qui est centré sur les difficultés et atteintes occasionnées aux jeunes par l’homophobie, dans une triple optique de santé, de prévention et d’insertion.

- et qui a pour public, pour cible les "éduquante-s" des diverses professions publiques et privées, et secteurs associatifs s’occupant de la jeunesse.

J. Fortin Site internet : http://www.lgbt-formation.org/

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Citations

"La femme mariée est soustraite aux protections de la loi, tandis que l’homme marié est soustrait aux sanctions de la loi". Guillaume Carnino.

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