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« Femslash » : un genre littéraire taillé sur-mesure pour les fans des séries télé
Têtue par Margaux Guignard 07 mai 2010
Vous rêvez peut-être de lire la suite de « The L word », ou de voir les deux héroïnes de votre série préférée entamer une relation torride et passionnelle ? Ne cherchez plus, vous êtes fan de « femslash ».
TÊTUE a interrogé Kyrian et Jamie les créatrice de ST Editions, site francophone dédié à ce genre peu connu en France.
Des fanfictions aux « Webseries » (histoires en plusieurs saisons et épisodes), en passant par des récits originaux, Kyrian et Jamie se consacrent entièrement à l’écriture. Ensembles, elles ont créé un site internet sur lequel elle vendent leur oeuvres, ainsi qu’une interface dédiée au mouvement Femslash.
TÊTUE : Quand et pourquoi avez-vous commencé cette aventure ?
L’écriture en double main s’est faite naturellement il y a cinq ans. Nous écrivions d’abord nos histoires de notre côté, et nous avons jugé amusant et enrichissant de mettre en commun nos idées. L’avantage d’écrire à deux, selon notre méthode, bien entendu, est de ne pas savoir ce que l’autre va écrire. Nous avons une idée de base que nous définissons au préalable, mais nous ne savons jamais comment notre récit va se construire et se conclure. Stephen King disait que l’aboutissement d’une intrigue ne doit pas être connue de son auteur lors de l’écriture, le cas échéant, le lecteur en aura aussi connaissance. Nous aimons être surprises et surprendre…
Vos personnages sont-ils tous lesbiens ?
Non. Nous avons un panel de personnages clefs récurrents d’un récit à un autre, et de tendances sexuelles diverses. Nous voulons que nos récits soient proches de la réalité et nous ne catégorisons pas nos personnages. Il n’y a pas la fille hétéro, le voisin gay efféminé ou la butch type qu’on croise dans les bars. Nos personnages sont comme tout le monde parce qu’homo ou pas, ce qui importe est leur sensibilité et leur capacité à réfléchir et affronter les situations dans lesquelles ils se trouvent…
Quel genre d’histoire plaît le plus aux lesbiennes ?
Question amusante dont nous parlions avec un auteur pas plus tard qu’hier. Si je me fie aux statistiques de ventes, je dirai sans conteste que les romances simples sont favorites. Un personnage en rencontre un autre, sans tisser de grandes intrigues, et nous développons l’aboutissement de leur relation voire plus si affinités. Les thrillers ont leur lot d’adeptes également. La saga en trois volumes de « Serial Killer » sont sans conteste nos meilleures ventes. Savoir pourquoi un genre plaît plus qu’un autre ? Excellente question… Il faudrait demander ça aux lecteurs.
Vous écrivez aussi des fanfictions ou « femslash », parlez nous de ce mouvement ?
Le Femslash est un phénomène directement importé des Etats-Unis. Je dirai que pour certains, c’est une religion.
Le femslash regroupe toutes les créations lesbiennes d’une communauté de fans, se rapportant à une série tv, à un film, un livre ou même des animés (« Yuri ») mettant en scène des personnages déjà créés par des scénaristes ou auteurs.
Par exemple, pour la série Buffy Contre les vampires, des fans ont imaginé une relation saphique entre Buffy et Faith, entre Buffy et Willow ou entre Faith et Dawn et j’en passe ! D’autres fans de la saga Twilight de Stephenie Meyer, ont écrit des romances entre Bella et Alice ou Alice et Rosalie…
Ensuite, « les Subtext » ou dialogues implicites déjà rédigés par les auteurs/scénaristes, ont un rôle très important puisqu’ils aident à nourrir ce type de fantasmes chez les téléspectateurs.
Il faut le dire, le Femslash implique un fantasme, une relation saphique entres deux personnages d’univers semblables ou différents, et grand nombre de ces récits présentent des scènes sexuellement explicites. Tout ce qui est proscrit à l’écran par les chaînes télé ou les compagnies de production est réécrit par les fans sans aucune censure.
Le public français est-il client de cette littérature ?
A l’échelle francophone, ces « pairing », ou couples, sont les plus lus et demandés par les lecteurs. Mais nos lecteurs ne sont pas seulement français. Nous recevons des commentaires du Canada, de Belgique, de Suisse, d’Algérie et même de Suède, du Brésil ou des Etats-Unis pour ceux qui lisent le français.
En terme de public, la réalité veut que les nouvelles générations soient davantage intéressées par les séries télé ou les films à succès que par du Sartre ou Oscar Wilde.
Et s’ils peuvent retrouver des « héros » connus et réactualisés à leurs goûts, ils prendront le temps de lire. Le femslash est cependant peu connu en France, et les auteurs peu nombreux, ce qui est fort dommage.
Avez-vous imaginé une suite à « The L Word » par exemple ?
Non, pas une suite directe de la dernière saison puisque nous n’avons pas suivi la série jusqu’à son terme. Cependant, nous avons repris certains personnages dans une histoire « semi » originale qui mettait en scène tout le cast de « The L Word » de la saison 1 et 2. C’est une webserie appellée « Sunnydale Show ». L’intrigue se base sur celle du film « Truman Show ». Tout le monde connaît le principe de « Big Brother ». Plusieurs personnes sont enfermées dans un lieu confiné, et filmées 24h sur 24. Le personnage principal de ce jeu est lesbien, ne sait pas qu’il est filmé et les organisateurs font appel aux actrices de la série The L Word pour intégrer le casting de l’émission en jouant leur rôle.
Cela ne pose aucun problème en terme de droit ?
Tout le monde a le droit d’écrire du femslash mais pas de le vendre évidemment. Les personnages n’appartiennent pas aux fans mais à leurs créateurs respectifs ou aux producteurs.
Un fan qui reprend des personnages déjà existants pour créer sa propre histoire se doit de préciser dans l’en-tête de son récit ce qu’on appelle un « Disclaimer » qui rappelle à qui appartient chaque personnage emprunté.
Bientôt se déroulera la journée mondiale du Femslash (17 juillet prochain), en quoi cela consiste ?
Cette journée est organisée par les groupes communautaires anglophones qui réunissent plusieurs auteurs et créateurs de femslash pour répondre aux questions des internautes. Cette réunion est virtuelle, ce qui est dommage, mais il ne faut pas oublier que les organisateurs ou participants de ces communautés sont des bénévoles.
Nous n’allons pas y participer cette année, faute de temps, bien que certains de nos textes soient traduits en anglais. Peut-être l’année prochaine mettrons-nous en place l’équivalent francophone à condition de réunir assez d’auteurs, participants voire des sponsors qui nous permettraient d’organiser la première convention physique centrée sur le femslash.
Quels sont vos prochains projets ? un livre en cours ?
Plusieurs autres récits sont en cours de correction et nous continuerons d’écrire des fanfictions bien entendu. Nous traduirons certains de nos récits en anglais dès que nous aurons le temps. Il est aussi question de scénariser une de nos sagas quand le quatrième tome sera prêt et de le présenter à des producteurs…
http://steditions.com/
Inspiré du célèbre film : « Pretty Woman » et de cette réplique de Vivian Ward : « Je veux vivre un conte de fée ». I want you to be with me raconte l’histoire de Sarah Leary, une jeune blonde de 24 ans.
Alors qu’elle attend patiemment ses clients sur Hollywood Boulevard, une limousine s’arrête et une femme d’affaires lui propose 4000$ pour un « moment » à ses côtés, elle ne peut refuser ! C’est incertaine qu’elle accepte ce nouveau contrat et monte à bord du véhicule pour passer sa nuit avec elle…
Prix imprimé €26.95 - Ebook €9.75
Deux jeunes femmes en couple ont un fantasme : S’offrir les services d’une professionnelle pour une soirée torride dans leur maison de Malibu.
Elles ont l’argent pour se payer les faveurs de Faith Ryan, vingt-huit ans, qui accepte de les suivre et de se soumettre à tous leurs désirs.
Seulement, quand les désirs consommés laissent place aux discussions et aux sentiments, le prix à payer peut s’avérer conséquent.
Prix imprimé 20.70€ -Ebook 8.57€

"Les victoires gays se limitent à une élite, la facilité de la victoire est obtenue sur des segments privilégiés de la société". Léo Bersani