A Tours, 1.500 défenseurs des droits homosexuels ont manifesté
pour la 5ème Lesbian & Gay Pride.
Le cortège s’est heurté à 24 contre-manifestants anti-homo d’extrême droite, ce qui a donné lieu à un face-à-face tendu, sans gravité toutefois compte tenu de la présence policière.
e-llico Mis en ligne le 22/05/2011
Quels sont ces opposants contre la Gay-pride de Tours ?
11 mai, 2011
http://pdnews.yagg.com/2011/05/11/e…

Depuis deux semaines, une pétition appelant à lutter contre la Marche des Fiertés à Tours a suscité l’émoi des internautes.
Et pour cause, la première version – aujourd’hui censurée – ne faisait pas dans la demi-mesure : « Il y a une quinzaine d’années, la gay pride, c’était 50 folles déguisées qui se dandinaient à Paris.
Aujourd’hui, il y en a une dans chaque ville, tout le monde s’y mêle car il est tendance pour les personnes qui se disent branchées de se joindre à l’arc-en-ciel Gay (…), affirment les pétitionnaires.
Si nous ne faisons rien, quel aura été notre rôle face à de telles abjections ?
(…) Cette minorité (env. 6% de la population) n’a pas à exhiber sa marginalité sexuelle devant les yeux des riverains qui se baladent paisiblement en ville.
Les yeux des enfants n’ont pas à être pris en otage par ce genre de spectacle ! »
Lancée le 26 avril dernier par un collectif appelé « Ensemble contre la Gay Pride à Tours » sur le site france-petitions.com et destinée au préfet d’Indre et Loire, elle a réuni jusqu’à présent 400 signatures.
Sur son blog, baptisé pasdegaypridecheznous, le collectif dit rassembler des « personnes de sensibilités parfois différentes sur la base d’un front commun, celui de lutter contre la Marche des Fiertés à Tours » et promet de « mener un certain nombre d’actions légales pour s’opposer à la Gay Pride du 21 mai prochain ».
En témoigne cette lettre ouverte adressée à Mgr Bernard Aubertin, archevêque de Tours, le 28 avril.
Tout en se défendant d’être homophobe – « Il ne s’agit pas de juger les individus qui s’abaissent à de telles pratiques » – le « collectif » emploie des mots très durs contre l’homosexualité et la gay pride, qualifiant la première de « perversions sexuelles » et la seconde d’« abomination […], scandalisant [les] enfants, blessant tous ceux qui ont une idée de la réelle dignité de la nature humaine ».
Plus loin, le collectif fait le lien entre homosexualité et pédophilie : « Après tant de scandales de la pédophilie dont quelques pasteurs de l’Église se sont apparemment rendus complices, peut-on donner garantie à ces gayprides par notre silence ? »
Mais se garde bien de donner davantage de détails sur ceux qui le composent.
Louis Dubois, chef de Vox Populi.
GROUPUSCULE
En revanche, le site france-petitions.com qui accueille la pétition du collectif révèle l’identité de son initiateur : un certain Louis Dubois.
L’homme n’est pas un inconnu sur la région de Tours.
Il est à la tête de Vox Populi, « la voix du peuple » en latin, un mouvement qui se présente sur son blog comme un « groupe de résistance dissident pour une Touraine enracinée » et dit se situer sur un terrain « strictement local […] à l’échelle Tourangelle ».
En fait de groupe, il s’agirait plutôt d’un « groupuscule », constitué d’un « noyau dur d’une trentaine de membres et « d’environ 70 personnes, 80 au maximum » lors des manifestations, selon un observateur qui souhaite garder l’anonymat.
Créé en 2010, Vox populi a acquis une certaine notoriété en organisant une série d’actions coups de poing ces deux dernières années : opposition à la Gay Pride 2010, au Salon de l’érotisme, et aux défenseurs des sans-papiers.
« Ils n’ont pas d’influence mais ils commencent à être connus sur Tours », raconte ce témoin privilégié de la vie politique tourangelle.
Selon lui, Vox Populi puiserait sa force dans le manque de dynamisme politique de la ville.
« En 1995, le règne de Jean Royer, maire très à droite notamment sur les questions de société, s’est achevé et la ville est passée à gauche (lire Mort de Jean Royer, surnommé « père la pudeur » et bête noire des homos).
Depuis, comme le rapport gauche-droite n’est plus aussi clivant, les gens ont l’impression qu’il n’y a plus d’opposition et ne se reconnaissent plus dans le système. »
Un vide politique qui aurait profité à Vox Populi, lequel prend soin de préciser qu’il « n’est rallié à aucun autre mouvement politique et n’est le sous-marin d’aucun parti électoraliste ».
Son blog fait pourtant apparaître des liens avec des groupes identitaires, parmi lesquels le blog Zentropa, point de rendez-vous des jeunes fascistes français et européens, et le Mouvement d’action sociale (MAS), groupuscule très influencé par les néofascistes italiens de la Casa Pound.
Ces derniers ont créé un grand centre culturel de l’extrême droite romaine au sein d’un quartier populaire de Rome.
Une initiative que Vox Populi souhaite manifestement reprendre à son compte.
En effet, l’un de ses buts est de « pouvoir ouvrir un local [afin d’] accueillir toutes sortes de manifestations (conférence, séance de sport, salle ciné…).
Un bastion [qui] permettrait à Vox Populi d’étendre son réseau en étant encore plus présent publiquement et d’avoir un point fixe connu de tous pour se retrouver », écrit le groupuscule sur son blog.
AMBIANCE PESANTE
Au LGP Région Centre, organisateur de la gay pride de Tours, on déplore la publicité accordée à l’extrême-droite.
Son président, Romain Ménage, confie « passer son temps à répondre à la presse sur ce sujet ».
« En tant que citoyen, je suis atterré de voir une ville comme Tours associée à l’extrême-droite, dit-il.
Mais comme président du centre LGP, je n’ai aucune inquiétude sur le déroulement de la Marche.
Le service d’ordre est important et la police municipale est là pour sécuriser le parcours.
Ce qui m’embête, c’est que toute cette affaire génère une ambiance pesante sur la ville. Alors que la Marche se veut festive. »
Il salue la mobilisations des internautes qui ont crée une page « Contre la page anti gay pride de Tours » sur Facebook.
Pour le politologue Jean-Yves Camus, cette affaire démontre que « c’est bien la visibilité [des homosexuels, ndlr] qui est en cause.
Jean-Marie Le Pen avait en 1996, lors de l’affaire Poulet-Dachary [du nom de cet élu FN de Toulon assassiné en août 1995 alors qu’il fréquentait des bars homosexuels], énoncé l’idée d’une non-immixion du FN dans la vie privée de ses membres, rappelle ce spécialiste de l’extrême-droite.
Mais à Lyon notamment, des militants pro-Gollnisch ont participé à la perturbation des kiss-in.
La question de l’homosexualité est un grand non-dit à l’extrême-droite.
Il existe des homophobes déclarés (Renouveau français, catholiques intégristes), des homosexuels au FN et ailleurs, notamment dans la sphère néo-nazie ; et des gens qui sont sur la ligne de Vox Populi. »
L’année dernière, la gay pride de Tours avait rassemblée environ 1 500 personnes, selon Romain Ménage.
Il espère qu’elle en attirera « au moins 2 000 » le 21 mai prochain, « ne serait-ce que pour en rabattre à l’extrême-droite ».
Les organisateurs de la Marche ont mis en place un nouveau circuit rythmé par des animations, des concerts et des expositions.
De son côté, Vox Populi, qui dénonce la « censure […], le matracage médiatique [sic] et les actions d’opposition » à son égard et l’« immunité […], voire [la] bienveillance de la part des politiques et des médias » dont les « groupes » LGBT bénéficient selon lui, maintient son appel à manifester lors de la gay pride
Une gay pride « repensée » à Tours
Têtu par Pascal Matthieux 18 mai 2011,
Avec Nantes, la capitale de la Touraine inaugure samedi la saison des gay prides en France. Comme chaque année, TÊTU fait le point sur les préparatifs de chaque marche.

Il sera sans aucune doute l’une des vedettes de la gay pride de Tours le 21 mai : le DJ tourangeau Rubin Steiner mixera pour l’after de la Marche, au pied du château de la ville ligérienne. Mieux, le très frais titre Gay and Proud qu’il signe avec le rappeur canadien Ira Lee sert de bande originale au teaser de la fête.
Comme un pied de nez au rap homophobe de Sexion d’Assaut contre lequel la LGP Centre, organisatrice de l’événement, n’a pas ménagé ses efforts ces derniers mois.

Une photo de l’édition 2010 de la Marche de Tours (Photo P. Matthieux/TÊTU) Bars et discothèques
Elaboré par une nouvelle équipe présidée par Romain Ménage, le programme connaît quelques notables changements qui se résument par la volonté de mieux penser le « juste avant » et le « juste après » du défilé.
Ainsi, le village associatif ouvrira ses portes dès midi dans le parc du Château qui sert désormais de point de départ et d’arrivée de la marche.
Un premier DJ chauffera la foule avant qu’elle ne s’ébranle, vers 15h.
Au retour, outre Rubin Steiner, des animations sont prévues jusqu’à 22h.
« L’an passé, explique Romain Ménage, il faisait beau mais beaucoup de gens sont partis frustrés de ne pas pouvoir continuer à s’amuser dans le village associatif ».
Exit donc la soirée officielle salle Paul Bert.
Les marcheurs qui veulent se transformer en clubbers n’auront que l’embarras du choix parmi les bars et discothèques partenaires de la Gay Pride.
Placée sous le slogan national « Pour l’égalité : en 2011 je marche, en 2012 je vote », la marche tourangelle suscite à nouveau cette année l’excitation d’un groupuscule « travail-famille-patrie » qui tire dans tous les coins pour « barrer la route à la décadence » : pétition postée sur un site d’extrême-droite, lettre ouverte à l’archevêque de Tours, page Facebook, contre-manif, avec, à chaque fois et tout en s’en défendant, des discours qui usent eu abusent des insultes homophobes les plus sordides.
Gay pride 2010
Têtu par Pascal Matthieux mercredi 19 mai 2010
Quelques milliers de personnes sont attendues samedi pour la Marche des fiertés de la ville du Centre, qui ouvre la saison des gay prides françaises. Le programme des festivités.

Placée cette année sous le signe de la lutte « contre les homophobies d’Etat »
qui subsistent partout sur la planète et tout particulièrement en Europe,
la seule Lesbian and Gay Pride de la région Centre, le samedi 22 mai à Tours, sera marquée par trois nouveautés.
Tout d’abord, l’association fondatrice, la LGP Centre, s’est associée avec son homologue orléanaise, le Groupe Action Gay et Lesbien (GAGL) du Loiret tant pour l’organisation de la marche que pour l’animation du char principal.
C’est même un des responsables du GAGL, Romain, qui endossera le rôle du Monsieur Loyal.
« C’est important que les associations travaillent ensemble au niveau régional, explique Alexandre Couteau, le président de la LGP Centre.
Ca nous donne plus de poids lorsque qu’il faut porter des revendications ».
Seconde innovation : terminés les discours syndicaux et politiques tous prononcés à la queue leu leu, à l’issue du défilé, sur le podium installé près du château de Tours et devant un public fatigué et innatentif. Les prises de parole auront cette année lieu tout au long du parcours.
Char de plombiers !
Enfin, cerise sur le gâteau, tous ceux qui fantasment sur « le-beau-plombier-qui-sonne-à-la-porte » vont pouvoir se rincer l’oeil à bon compte.
Le site toutelaplomberie.com sponsorise en effet un char sur lequel évolueront de beaux pombiers en tenue de travail !
Pour le reste, on ne change pas une formule qui gagne, chaque année, de nouveaux afficionados.
Le rassemblement est prévu à 14 heures place des Halles pour un départ annoncé à 15h. Le parcours reste identique, avec un rassemblement, en fin de course, dans le parc du Château de Tours où des stands associatifs, un animation musicale et une buvette attendront les marcheurs.
Avant la soirée officielle salle Paul Bert où se succéderont trois DJ.
A Tours, la gay pride attire les opposants à la « décadence »
Par Pascal Matthieux dimanche 23 mai 2010
Tours ouvrait hier la saison 2010 des Marches des fiertés en France. Mais une vingtaine de militants anti-gay pride attendait les participants, avec des slogans pas très friendly…

Ils étaient vingt-cinq, le 22 mai à Tours en haut de la rue Nationale, tenus à bonne distance du cortège de la gay pride par un cordon de policiers plus symbolique que dissuasif. Vingt-cinq militants de Vox Populi, dont deux enfants, droits dans leurs bottes, bien rangés derrière leur banderole qui disait « non à la gay pride » et scandant des slogans haineux rythmés par un chef de bande ganté de noir qui donnait le ton : « La décadence, y en a assez, le cul c’est pour chier ».
Mais les « olés » et les sifflets des 1 350 manifestants n’ont eu aucun mal à couvrir le son de ces insultes.
« Ne répondons pas à la provocation »
Avant de repartir de la place Jean-Jaurès où avait eu lieu la minute de silence pour les victimes du sida, le président de la LGP Centre, Alexandre Couteau ; avait prévenu au micro : « Ils ont assuré à la police qu’ils sont pacifistes.
Montrons leur notre intelligence en ne répondant pas à la provocation ».
Au moment de passer à proximité de ce grouspuscle extrémiste, avant de tourner à droite dans l’étroite rue Colbert, les manifestants ont globalement respecté la consigne.
Il y eut bien quelques doigts lévés, des huées ou des « le fascime ne passera pas ».
Mais il y eut aussi des baisers de drag queen et des signes de la main de Soeurs de la Perpétuelle Indulgence adressés aux excités de Vox Populi. Il y eut aussi les réactions indignées de passants choqués par tant de haine. Et la caravane passa, fière et joyeuse.
Heterhomo :
Ils osent dire ce que beaucoup pensent : "le cul c’est fait pour chier" la voilà bien le dogme homophobe et sodomophobe contre la nature humaine, car tous les médecins le savent : le point G de l’homme, celui qui procure la plus grande satisfaction sexuelle y compris chez les hétéros, se trouve au fond du rectum ; mais voilà : il faut accepter d’être passif dans la relation avec une gonzesse !
Retour sur la Lesbian & Gay Pride de Tours en images
Publié par Yannick Barbe Samedi 22 mai,
la 5e Lesbian & Gay Pride de Tours, qui ouvrait la saison des marches LGBT en France, a rassemblé environ 1300 personnes dans les rues de la ville.
Un défilé à peine perturbé par quelques militants du groupuscule d’extrême droite Vox Populi qui appelaient à manifester contre la gay pride.
Yagg vous propose de regarder le reportage de France 3-Centre sur la marche de Tours samedi dernier :
Un événement qui a aussi inspiré La p’tite Blan avec son personnage de Marie-Amélie :

