C’est, en gros, le discours qu’a tenu la sexologue et professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Francine Duquet.
Elle a récemment été invitée à la Polyvalente à présenter le film Sexy Inc., réalisé par Sophie Bissonnette de l’Office national du film, dans le cadre du projet Outiller les jeunes face à l’hypersexualisation :
http://www.hypersexualisationdesjeu…
Le phénomène devient banal
Le phénomène concerne tous les jeunes et leurs parents.
Pourtant, ils étaient très peu nombreux et nombreuses à s’être déplacé-e-s pour entendre Mme Duquet expliquer le phénomène et proposer des pistes concrètes de solution.
Elle a d’abord défini le mot hypersexualisation, relativement nouveau : il s’agit de donner un caractère sexuel à un produit ou à un comportement qui n’en possède pas.
Elle cite en exemple : un père qui dit à sa fillette de 8 ans qu’elle est sexy, ce qui est inapproprié. Cela peut être fait sans arrière pensée, simplement parce que c’est accepté dans le vocabulaire.
Ce qui montre bien aussi à quel point le phénomène devient banal.
Justement, c’est là que se situe le plus gros du problème.
La pornographie est accessible à tous.
« Même si votre enfant n’en cherche pas, il pourra tomber tôt ou tard sur un site porno, s’il n’y a pas assez de contrôle. »
Le message : la fille doit être soumise et devenir un parfait instrument de plaisir pour le gars et se soumettre à ses moindres caprices.
Le gars, lui, se doit d’être un incroyable performeur et amener la fille au 7e ciel.
« Ils font du copier-coller avec ce qu’ils voient, qui ne correspond pas à la réalité », déplore Mme Duquet.
Ce ne sont plus des cas isolés
Le résultat de ce lavage de cerveau : une très grosse pression sociale qui fait que des jeunes filles se croient obligées d’être dévergondées pour être hot.
De petites filles de plus en plus jeunes demandent, par exemple, si elles vont être obligées de faire une fellation pour avoir un chum.
« Ce n’est pas un problème généralisé, mais ce ne sont plus quelques cas isolés.
Les jeunes sont tous concernés, à divers degrés. »
Francine Duquet déplore le fait que beaucoup de parents interviennent peu.
« Lors de mon enquête, j’en ai rencontré, des jeunes et des parents.
Souvent, ces derniers n’osent pas intervenir parce qu’ils ont peur de passer pour quétaines et de briser la relation avec leurs enfants en brimant leur liberté.
Ce silence fait que tout est acceptable.
Moi, je leur dis, au contraire, qu’ils doivent savoir où leurs enfants sont rendus, installer un logiciel de protection sur Internet et bien connaître le fonctionnement du clavardage pour aller voir ce qui se passe.
Ils ont le droit de savoir.
Un jeune tout seul dans sa chambre avec un ordinateur branché sur Internet avec une caméra, on ne devrait jamais voir ça. »
Les enfants ont besoin de repères.
Les parents devraient leur expliquer que ce qu’ils voient n’est pas la réalité.
Ils devraient aussi regarder certaines émissions avec les jeunes, à MusiquePlus, par exemple, et leur faire voir le contenu avec un point de vue sain, afin de développer leur esprit critique.
Le site Internet http://www.ydesfemmesmtl.org/ donne de bons conseils aux parents qui souhaitent avoir des informations et des trucs pour en parler avec leurs enfants.
BRIGITTE DUBE (SECTION GASPESIE)
Général - Publié le 16 octobre 2009
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