Têtu par Rédaction 5 octobre 2010,
Invité d’un talk show la semaine dernière, le journaliste sportif ouvertement gay Paolo Colombo a évoqué l’homosexualité de plusieurs joueurs du calcio. « Il ne s’agit pas de faire de l’outing, mais pourquoi ne pas en parler ? », a-t-il expliqué.
« Le football italien est rempli de footballeurs gays ! »
Voilà le genre de déclarations qui fait trembler l’Italie sur ses fondements…

A l’origine de cette révélation iconoclaste, un coutumier du genre : Paolo Colombo, journaliste sportif de la chaîne La7.
Signe particulier : il est ouvertement gay.
« Tellement de gays à la Juventus ! »
Cet habitué des vestiaires était l’invité du talk-show de Piero Chiambretti la semaine dernière.
Et le sujet de l’homosexualité parmi les joueurs de foot était bien entendu au menu.
« Si j’ai fait mon coming out en 2008, c’était pour montrer qu’on pouvait jouer au foot et être gay », explique Colombo, qui évoluait à l’époque dans une équipe LGBT.
Un geste adressé aussi à tous les entraîneurs qui multiplient les déclarations à l’emporte-pièce contre les homos.
Et Colombo de rappeler les paroles de Luciano Moggi, ex-entraîneur de la Juventus de Turin : « Il a déclaré qu’il n’y avait pas de gays dans son équipe, qu’il n’en voulait pas, et que s’il y en avait eu, il les aurait chassés. Et pourtant il y en avait tellement ! »
Le journaliste serait-il tenté par l’outing en série ? « Je veux juste faire tomber les tabous, les préjugés, sans donner de noms, sans dire untel ou untel est gay.
Mais pourquoi ne pas en parler ? »
Car le tabou, quel que soit le pays, reste puissamment ancré dans le monde du football, et comme le rappelle le présentateur, toutes les questions sur le sujet posées à des entraîneurs ou à des joueurs se soldent toujours par un « no comment » définitif.
« Un réflexe d’auto-défense du monde du foot », interprète Colombo, qui témoigne : « Il y a des joueurs gays. Je m’en aperçois quand je fais des interviews en tête-à-tête, quand nous parlons, quand je saisis certains regards... »
Les clubs font disparaître des photos
Alléché, Chiambretti perd un peu son sang-froid : « Mais est-ce que vous pouvez nous désigner une équipe ?
Dans quels vestiaires peut-on être sûr de trouver un gay ? »
L’interview se transforme en jeu de devinettes : « Dans des équipes en haut du classement », répond Colombo. « Je suis certain que la Juventus est pleine de gays ! » s’emporte Piero Chiambretti, visiblement de connivence avec Paolo Colombo.
« Vous voyez ce que je veux dire… », lance l’un. « Parfaitement », répond l’autre, qui précise : « L’un d’eux évolue entre le centre et l’attaque… » Un autre homo aurait aussi quitté récemment le Milan AC.
Il n’en fallait pas plus pour enflammer les forums de tiffosi !
« Il y a des joueurs sous contrôle, raconte encore Paolo Colombo, des joueurs pour lesquels les clubs ont fait disparaître des photos parce qu’on les voyait en compagnie d’hommes dévêtus.
Il y a une espèce de pudeur de la part des clubs pour protéger les joueurs. »
Une omerta qui n’est pas très compatible avec une vie affective épanouie. Colombo évoque ainsi la relation qu’il a entretenue avec un joueur étranger, à la fin des années 90, avant que son amant ne préfère se marier.
Décidément, tout n’est pas tout rose dans le monde du foot.

