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Ils sont « Nés comme ça » et se souviennent des premiers signes de leur gaytitude

Têtu Paul Parant 12 mars 2011

Des gays et des lesbiennes racontent le début de leur vie au travers de photos d’enfance.
Des témoignages qui visent à encourager de jeunes homos qui se sentent « différents ».

Ecran d’accueil du blog « Born This Way »

« Dès l’âge de sept ans, raconte Matt, du Connecticut, je disais aux autres gamins que j’étais gay.
Je ne savais pas ce que ça voulait dire, mais je devinais que c’était pas bien et que ça attirait sur moi l’attention des autres.
Le fait que ce soit de l’attention négative n’avais pas d’importance.
Et puis, vers quinze ans, j’ai réalisé que j’étais VRAIMENT gay.
Et là, ce fut le début de l’angoisse adolescente
. »

Dizaines de récits

Un témoignage parmi de nombreux autres dans le blog « Born This Way » (la référence à la chanson de Lady Gaga est évidemment voulue).
Des gays, lesbiennes ou trans, qui n’ont pas choisi de l’être mais qui sont « nés comme ça » et décrivent en image le moment où ils ont compris, même rétrospectivement, qu’ils étaient ainsi.
Une sorte de prolongement du récent article de TÊTU « Les premiers signes de ma gaytitude », ou du récit de cette mère américaine qui écrivait « Mon fils est gay, et alors ? »…

Le créateur du blog, Paul V., a d’abord recueilli les photos et les témoignages de ses amis Facebook, mais rapidement, les témoignages ont commencé à affluer par dizaines.

La preuve qu’on naît gay ?

Parfois, ils sont accompagnés d’un mot d’encouragement à l’attention des générations suivantes.
Comme le récit de Kyle, habitant du Maine : « Cette image a toujours symbolisé la vision calme que j’avais de moi-même, se souvient-il, en évoquant une photo où on le voit, à trois ans, plongé son nez – et la moitié de son visage – dans une tulipe.
Je me suis toujours vu comme différent.
Différent dans ma façon de penser, différent socialement, différent en tant que gay. (…)
Mon message pour les gamins d’aujourd’hui, c’est : si vous ne trouvez personne pour vous défendre, faites-le vous-mêmes.
La douleur, les désillusions, il faut renvoyer tout cela ailleurs, sinon ça vous pèsera.
Soyez loyaux avec vos amis. Et ne laissez jamais quelqu’un projeter leurs propres insuffisances sur vous.
Aimez sans retenue et essayez d’être gentil. Sauf si on vous veut du mal. »

Dans une interview à CNN (voir ci-dessous), Paul V. explique « si, ne serait-ce qu’une fois, un jeune LGBT découvre mon blog et se sent moins seul, s’il se sent mieux avec lui-même, mon but sera atteint ».
Pour lui, le sempiternel débat sur le côté inné ou acquis de l’homosexualité peut être tranché d’une phrase : « Pour moi, cela ne fait aucun doute.
Ces photos sont la preuve qu’on est gay de naissance, que ce n’est pas un choix, et ces choses viennent en nous dès l’enfance. » La preuve en images, en quelque sorte. Et ce n’est pas Lady Gaga qui le contredirait !

HETERHOMO : on sait que la psychologie sexuelle homo ou hétéro se forme de 0 à 2 ans ou à la rigueur jusqu’à 5 ans. On ne nait pas gay mais presque.

Dans le nouveau TÊTU : « Le jour où j’ai compris que j’aimais les garçons »

Têtu par Rédaction 24 octobre 2010 Une attirance pour les muscles de Capitaine Flam, une fascination pour les mannequins en slip de La Redoute…
Puis, une dizaine d’années plus tard, adolescent ou jeune adulte, une confirmation : « j’aime les hommes ».

Panorama de vos premiers indices gays.

Pour Pierre, c’est clair. Il a compris en 1982, quand jeune ado il a vu Boy George à la télé se dodeliner sur Do you really want to hurt me ? : « J’avais des réserves, mais inutile de le nier, je l’ai désiré. »
Dominique, séduisant quinqua de Neuilly : « Quand j’avais 13 ans, un feuilleton me passionnait à la télévision, Le jeune Fabre, avec Mehdi, révélé quelques années plus tôt dans Belle et Sébastien.
Et je suis tombé amoureux de lui, d’un mec ! Je ne suis pas sûr d’en avoir eu conscience à l’époque… »
Pour Aurélien, 15 ans, né avec internet, ça s’est passé sur son ordi : « Je faisais des recherches sur l’équipe de rugby de Toulouse et je suis tombé sur le calendrier des Dieux du stade. Je ne pouvais m’empêcher de revenir voir ces photos.
La première fois, cela me faisait rire, mais ensuite la vision de ces hommes nus m’excitait. »

« Je me rappelle encore de ses mollets poilus »

Les premiers signes de « gaytitude », notion qui résume une attirance pour une figure masculine, des attitudes appartenant à l’autre genre ou des comportements apparentés à l’homosexualité adulte, apparaissent tôt, voire très tôt.
Souvent des icônes ou des personnages puissants, des héros de BD, des stars de la télé, un chanteur ultra-sexy de boys band, une pub qui montre un corps masculin nu comme un ver…
Pourquoi une telle fascination ?

Pour Michel Dorais, sociologue, il s’agit avant tout de trouver des modèles : « Il est malaisé de dire si un enfant aime Goldorak parce qu’il s’identifie à lui ou parce qu’il fantasme sur ses qualités de héros. (…)
Nous construisons volontiers notre identité par identification ou par opposition avec des modèles disponibles. »

Arnaud, 22 ans : «  À 8 ans, je passais mes après-midis d’été dans un centre aéré où je me réjouissais de retrouver le moniteur.
Il devait avoir une vingtaine d’années et me paraissait très grand.
Il était brun, un regard sombre, et je me rappelle encore de ses mollets poilus.
J’étais très fier de manger à la cantine à ses côtés et je crois que je ne le lâchais pas d’une semelle. » Et oui, tout ne commence pas à l’adolescence…

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Citations

C’est dans le processus même de socialisation des êtres que se lient la passivité et la soumission féminines, l’activité et la domination masculines. En omettant de soulever le problème de la formation d’un comportement spécifiquement sexuel, la science fait croire que le comportement sexuel, tel qu’on le rencontre aujourd’hui, est un comportement « naturel ».

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