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Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

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Inde (1)

Première gay pride à New Delhi depuis la dépénalisation de l’homosexualité

L’Inde interdit les mères porteuses pour les couples gays étrangers

TËTU par Rédaction (avec agence) 18 janvier 2013,

L’Inde interdit désormais le recours à une mère porteuse par les couples homosexuels ou les célibataires étrangers, selon une annonce publiée sur le site internet du ministère de l’Intérieur.

Mères porteuses en Inde (DR).

De plus en plus de couples gays, ou de célibataires, venus de l’étranger, vont en Inde pour avoir recours à une « mère porteuse » pour devenir parents – par GPA.
Le sujet fait consensus contre lui auprès de la plupart des politiques français. Et pose déjà des problèmes de retour en France et de nationalité, puisque cette pratique est interdite en France et que la filiation de l’enfant nés par GPA n’est pas reconnue.

Mais les nouvelles règles de l’Etat indien, transmises aux ambassades étrangères fin 2012, devraient mettre fin à cette pratique.
Elles stipulent que les couples étrangers souhaitant avoir recours à une mère porteuse en Inde doivent être « un homme et une femme, mariés ensemble depuis au moins deux ans ».

Un secteur en plein essor

La directive précise également que la demande de visa autorise l’entrée dans le pays des parents adoptant du bébé né d’une mère porteuse en Inde, afin d’éviter que ces enfants ne se retrouvent ensuite victimes d’un vide juridique.
Les couples devront également demander un visa médical, et non plus un visa touristique, selon ces nouvelles règles.

Ces changements sont passés inaperçus lors des derniers jours de 2012 et viennent juste d’être répercutés par la presse indienne.
Le nombre d’Indiennes ayant tenu le rôle de mère porteuse contre rémunération n’est pas connu, mais il est en plein essor selon les milieux médicaux et les experts.
Un projet de loi est en préparation pour réglementer cette activité.
Certains estiment que le manque de législation dans ce domaine encourage une économie de l’« utérus à louer » et facilite l’exploitation des femmes les plus pauvres.

L’Inde – et le monde – face au viol

Mis en ligne le 02/01/13 I Rédaction par La rédaction

http://www.lesnouvellesnews.fr

Le drame du viol collectif de New Delhi résonne comme un signal d’alarme pour l’ensemble de la communauté internationale.
Pour « mettre un terme à la culture du viol ».


La future loi sur les violences sexuelles en Inde pourrait prendre le nom de l’étudiante de 23 ans décédée deux semaines après avoir subi un viol collectif à New Delhi, le 16 décembre.
Ses parents approuvent cette proposition lancée par un ministre.
Pour l’heure, le nom de l’étudiante n’a pas été dévoilé.
Un groupe d’expert a été mis en place par le gouvernement indien pour étudier une évolution de la législation contre le viol.

Et l’onde de choc que le drame a provoquée en Inde a largement dépassé les frontières du pays.
Au Népal voisin également, l’affaire a suscité une vague de protestation pour demander aux autorités d’ouvrir les yeux sur les violences faites aux femmes.
Quelques semaines plus tôt, le viol d’une jeune femme à l’aéroport de Katmandou avait déjà choqué le pays
.

Plus largement encore, le crime de New Delhi résonne comme un signal d’alarme pour l’ensemble de la communauté internationale.
Le viol et la mort de la jeune Indienne « est un appel à faire tout ce qui est nécessaire pour éradiquer cette violence absurde dirigée contre les femmes, pour le seul fait qu’elles sont des femmes », écrit la directrice d’ONU Femmes le 1er janvier.
« Nous devons travailler encore plus dur pour changer ces préjugés profondément ancrés qui commencent dès la naissance – et même avant », insiste Michelle Bachelet.

« En 2013, mettre un terme à la culture du viol » : c’est également le vœu que fait Lauren Wolfe sur CNN.
L’appel de la journaliste engagée se conclut par ces mots : « Comprenons enfin que le viol n’est pas une question qui affecte seulement les femmes.
Il affecte les familles, les communautés, les cultures entières.
Il n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un système basé sur la discrimination, comme l’était l’esclavage (…) Si c’est un problème que les hommes ont créé, c’est un problème que les hommes peuvent résoudre
 ».

L’occasion de rappeler une initiative parmi d’autres :
"One billion Rising", un appel lancé à l’automne dernier par Eve Ensler L’auteure de la pièce de théâtre « Les Monologues du Vagin » veut voir le 14 février prochain, partout dans le monde, « un milliard d’indignés » descendre dans la rue et danser contre les violences faites aux femmes. Un appel relayé en France via ce blog.

« La peine capitale n’est pas la réponse »

L’horreur suscitée par le viol collectif de New Delhi a engendré, en Inde, de nombreux appels à punir les violeurs par la peine de mort.
Mardi 1er janvier, l’État du Tamil Nadu a mis ces appels en pratique en présentant un plan d’action prévoyant notamment la peine capitale ou la castration chimique pour les crimes sexuels à l’encontre des femmes.
Mais attention aux réponses expéditives. La peine de mort n’est pas la solution, rappellent les organisations de défense des droits de l’homme comme Amnesty International ou Human Rights Watch.
Cette dernière insiste sur la nécessité pour l’Inde de revoir l’ensemble des politiques de réponse aux crimes sexuels.
La Haute Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme, Navi Pillay, est sur la même longueur d’ondes : « Quelle que soit la gravité des crimes commis, la peine capitale n’est pas la réponse.
Ce dont nous avons besoin, c’est d’une nouvelle prise de conscience de l’opinion publique et d’une meilleure application des lois dans l’intérêt de toutes les femmes.

Quant à la castration chimique… ce genre de « solution » fait rire jaune la sexosophe Joselyne Robert : « Faut-il être candide ou de mauvaise foi pour penser que le viol et la violence sont actes de trop-plein de désir  ?
Pour imaginer que c’est une overdose de libido qui pousse au viol ?
Ce qui conduit au viol, c’est le mépris et la rage de soumettre la femme. Rien d’autre. »

Genre, testostérone et humiliation

Mis en ligne le 24/07/12 I Rédaction par La rédaction http://www.lesnouvellesnews.fr

L’affaire, sur laquelle revient LeMonde.fr, est très médiatisée en Inde.
Pinki Pramanik, une ancienne athlète indienne, explique son apparence masculine par des injections de testostérone.

Accusée de viol, et d’avoir menti sur son genre sexuel, Pinki Pramanik vient de passer près d’un mois en prison.
Dans un entretien au magazine indien anglophone Outlook, elle conteste cette double accusation.
Sa voix grave et sa pilosité son dues, dit-elle, à la « médecine russe » administrée par ses entraîneurs lors de sa carrière d’athlète internationale : des injections régulières de testostérone.

Pinki Pramanik dénonce par ailleurs le test de genre « humiliant » qu’elle a subi : « On m’a fait une piqûre qui m’a endormie et je me suis réveillée les pieds et les mains attachés au lit, sans mes habits ».

L’Inde met la main sur la correspondance passionnée entre Gandhi et Hermann Kallenbach

http://yagg.com/2012/07/12/linde-me…

Publié par Maëlle Le Corre
En 2012, parler de la sexualité du Mahatma Gandhi reste loin d’être au goût du gouvernement indien.
En mars 2011, une biographie de Joseph Lelyveld intitulée Great Soul : Mahatma Gandhi And His Struggle With India révélait la relation passionnée qui unissait Gandhi à un architecte allemand, Hermann Kallenbach. Les deux hommes s’étaient rencontrés en Afrique du Sud en 1904.

OUTRAGE

Le livre avait créé le scandale en Inde et avait même été interdit dans la province d’origine du « père de la nation », le Gujarat : « L’écrivain a heurté les sentiments de tout un peuple.
Cette tentative de diffamer le Mahatma Gandhi ne peut être tolérée
 », avait déclaré Narendra Modi, Premier ministre de cette région.
Pour une partie de la population indienne, laisser entendre que Gandhi ait pu être homosexuel constitue un outrage à sa mémoire.

40 ANS DE CORRESPONDANCE

Force est de constater que le sujet est toujours aussi sensible aujourd’hui.
Le gouvernement indien vient d’acquérir des documents ayant appartenu à Hermann Kallenbach pour 1,28 million de dollars (environ un million d’euros), juste avant la vente initialement prévue le 10 juillet à Sotheby’s.
Les archives avaient été mises en vente par la petite nièce de l’architecte.
Parmi elles, plus de 1000 lettres, télégrammes et photos ont été récupéré-e-s, soit une correspondance entre les deux hommes qui s’est étendue de 1905 à 1945.

UN TESTAMENT

Spécialiste des manuscrits à Sotheby’s, le Dr. Gabriel Heaton a affirmé dans un communiqué que cette correspondance représentait un « testament de la signification de Kallenbach dans la vie de Gandhi comme un membre clef de son cercle de proches ».
L’étude et la connaissance de ces éléments seraient donc un moyen de jeter la lumière sur certaines zones d’ombre dans la vie d’un des personnages historiques les plus marquants du XXe siècle. « Il y a des lettres de Gandhi destinées à Kallenbach, mais aussi beaucoup de lettres du fils de Gandhi. Des lettres très intimes, qui s’étalent sur plusieurs décennies », affirme le Dr. Gabriel Heaton.

ENTERRER LES RUMEURS

Désormais les documents seront conservés aux archives nationales d’Inde à New Delhi. Le gouvernement indien semble bien décidé à enterrer les rumeurs qui planent sur une possible histoire entre le Mahatma Gandhi et Hermann Kallenbach, qu’il considérait comme l’amour de sa vie, selon la biographie de Joseph Lelyveld.
Pour Sanjiv Mittal, haut-fonctionnaire au ministère de la Culture indien, rien à voir avec la relation entre les deux hommes : « Nous possédons déjà une partie de la collection. Notre idée est de combler les vides ».

Non, le gouvernement ne veut pas repénaliser l’homosexualité

Têtu par Rédaction (avec agence) 23 février 2012,

La dépénalisation de l’homosexualité serait-elle en danger dans la plus grande démocratie du monde, où la société est encore très homophobe ?
Une fausse information a circulé sur les intentions du ministère de l’Intérieur indien…

La fausse information a circulé durant une partie de la matinée : le ministère de l’Intérieur indien voudrait demander à la justice de pénaliser de nouveau les relations homosexuelles.

Heureusement, il n’en est rien. A la source de cette rumeur, un magistrat,
P.P. Malhotra, qui s’est présenté comme un représentant du ministère de l’Intérieur et qui a effectivement demandé à la Cour suprême de revenir sur la décision d’un tribunal de New Delhi de dépénaliser les relations homosexuelles, les jugeant « contre nature, propagatrices du sida » et allant à l’encontre de « l’ordre social ».

Une dizaine de recours examinés

Mais dans un communiqué visant à clarifier la position du gouvernement, le ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il n’« a pris aucune position sur l’homosexualité » et que le gouvernement n’allait pas faire appel de la décision dépénalisant les relations homosexuelles.
Une porte-parole du ministère de l’Intérieur, Ira Joshi, a affirmé à l’AFP qu’il semblait y avoir eu « un problème de communication », sans plus de précisions.

Reste que la plus haute juridiction du pays examine actuellement une dizaine de requêtes demandant la révision d’un jugement qui légalisait pour la première fois les relations homosexuelles entre adultes consentants – un arrêt historique qui battait en brèche une législation du colonisateur britannique vieille de 150 ans et considérant l’homosexualité comme un crime.
73% des Indiens hostiles à l’homosexualité

L’Inde est officiellement une république démocratique, laïque et multiculturelle, mais elle est parfois décrite comme prude et conservatrice.
Un sondage réalisé l’an dernier par la chaîne de télévision CNN-IBN révélait toutefois que 73% des personnes interrogées jugeaient que l’homosexualité devrait être illégale.
Une grande partie de la société indienne considère l’homosexualité comme une maladie mentale ou un vice honteux à cacher.
Aucune figure du milieu sportif, politique ou du cinéma ne s’est publiquement déclarée homosexuelle.

Tout juste peut-on citer Manvendra Singh Gohil, surnommé le « prince gay ».

Depuis la dépénalisation des relations entre adultes consentants de même sexe, l’Inde a vu émerger un petit milieu homosexuel, qui s’est notamment illustré avec le lancement d’une « gay pride » tous les ans à New Delhi, bien que beaucoup moins colorée et audacieuse que dans les pays occidentaux.
L’« Association internationale de voyages gays » a récemment inscrit l’Inde comme une destination possible pour les touristes homosexuels.

New Delhi et Bangalore célèbrent la Gay Pride

Deux des plus grandes villes d’Inde - New Delhi et Bangalore - ont célébré la Gay Pride le week end dernier en rassemblant plusieurs milliers de personnes.

Les organisateurs de la Gay Pride de Bangalore ont rappelé qu’ils espéraient que la Cour suprême du pays soutiendrait la décision de 2009 qui a jugé que les lois contre l’homosexualité violaient la constitution.

Dans un communiqué, ils ont appelé à l’État de fournir des services publics à la communauté LGBT, sans discrimination, en particulier pour la communauté transgenre.

Mis en ligne le 28/11/2011

L’Eglise et des groupes hindous de droite ne veulent pas de gays à Goa

Têtu par Rédaction (avec agence) 21 octobre 2011,

Avec 400.000 touristes étrangers par an dans un pays par ailleurs encore très conservateurs, la cohabitation avec les religieux de Goa connaît des accrocs, alors que le gouvernement veut favoriser le tourisme gay.

Depuis fort longtemps, l’Etat de Goa, sur la côte sud-ouest de l’Inde, avec ses grandes plages et ses cocotiers, est une destination prisée par les touristes étrangers – ils sont 400.000 à affluer chaque année.
Célèbre aussi pour ses boîtes de nuit, elle attire aussi une importante clientèle gay.

Mais l’Eglise catholique locale et des groupes hindous de droite ne l’entendent pas de cette façon. Ils ne souhaitent pas que que les homos soient les bienvenus à Goa, et ils l’ont fait savoir très publiquement.

Les gays, un marché attractif La polémique fait suite à une annonce du gouvernement selon laquelle il n’y était pas opposé.
Le responsable du tourisme au sein du gouvernement local, Swapnil Naik, a en effet déclaré cette semaine que même s’il ne courtisait pas activement les touristes homosexuels, Goa ne pouvait ignorer ce marché, car il s’agissait d’une tendance émergente.

Dattaram Sawant, membre de l’organisation radicale hindoue Janajagruti Samiti (connue pour s’être opposée en 2008 à un film dans lequel on voyait des divinités indiennes nues), a alors déposé plainte auprès de la police pour empêcher que le sujet soit évoqué lors d’un prochain salon du tourisme.
L’image de l’ancienne colonie portugaise, estime-t-il, a déjà souffert dans le passé d’une réputation de « sexe et drogues » et qu’il ne voulait pas lui voir coller « une autre étiquette ».

« Après la drogue… »

De son côté le groupe Bharat Swabhiman Trust, lié au gourou populiste Baba Ramdev qui avait un jour déclaré que l’homosexualité pouvait « se guérir », a également condamné le gouvernement.
« Goa a déjà autorisé le trafic de drogues, les casinos et la prostitution. Maintenant la communauté gay, lesbienne et transgenre.
Qui d’autre reste-t-il à inviter ici ? », s’est insurgé son porte-parole, Kamlesh Bandekar.

Le père Francisco Caldeira, porte-parole de l’archevêché catholique de Goa et Daman, a quant à lui déclaré qu’« on ne pouvait empêcher les gens de venir ici en vacances » mais que « les campagnes touristiques ne devraient pas spécialement les inviter », en faisant référence aux homos.

L’Inde peine à combattre le SIDA chez les homos

Par Rédaction (avec agence) 25 août 2011

Alors que la contamination au VIH a fortement diminué en Inde depuis dix ans, les homos et les trans restent une population à risque.
En cause : un manque de moyens, que dénoncent les ONG.
Si l’Inde a réussi ces dix dernières années à réduire de moitié le nombre de personnes atteintes du sida, la réalité est plus sombre.
En effet, le taux de contamination au VIH reste très fort chez les homosexuels et les trans.
Cette anomalie a été relevée le mois dernier par le ministre de la Santé Ghulam Nabi Azad dans un discours donné à l’occasion d’une conférence sur le sida. De son côté, l’organisation indienne de contrôle du sida (NACO) estime que 7,3% de la population homosexuelle est infectée, contre 0,31% de l’ensemble de la population de plus de 18 ans.

La plupart des homosexuels, craignant l’homophobie, sont contraints de dissimuler leurs activités sexuelles, tandis que d’autres n’ont aucune idée des risques encourus lors de rapports non protégés, explique à l’AFP Maksoom Ali, le directeur de la fondation Pahal, dans l’Etat de l’Haryana (nord), qui fournit des préservatifs et des tests de dépistage gratuits.
« De nombreuses personnes pensent que les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ne peuvent pas attraper le sida.
C’est ce qui explique que les homos et les trans ont beaucoup de rapports à risque
 ».
La plupart de ceux qui viennent à la fondation Pahal sont de modestes ouvriers, des paysans ou des professionnels du sexe.

Un manque de moyens

Bien que le gouvernement ait donné des fonds à des organisations de lutte contre le sida travaillant avec les communautés homosexuelle et transsexuelle, de nombreuses ONG se plaignent du manque de moyens.
Selon l’agence Onusida des Nation Unies, environ un tiers des homosexuels n’a pas accès au dépistage, à l’éducation sexuelle ou aux préservatifs gratuits.

Militant pour le droit des homosexuels et conseiller technique pour l’Onusida concernant les minorités sexuelles, Ashok Row Kavi estime que les autorités n’ont pas véritablement conscience de l’ampleur du problème.
« Nous ne connaissons pas la proportion d’hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et le nombre est beaucoup plus élevé que ce que nous sommes prêts à accepter », explique-t-il.
« C’est très inquiétant parce qu’à peine 4% de l’argent public pour la lutte contre le sida va à ce groupe », souligne le militant.

L’homosexualité, un sujet tabou

La Haute Cour de Delhi a dépénalisé en 2009 les rapports sexuels entre gays et lesbiennes adultes, dans un arrêt historique battant en brèche une législation du colonisateur britannique de 1860 qui considérait l’homosexualité comme un crime. Cependant, le regard de la société change lentement et même si plusieurs grandes villes indiennes ont chaque année leur Marche des fiertés LGBT, l’homosexualité reste un sujet tabou, surtout dans les campagnes, où elle est considérée comme une maladie honteuse.

Les homosexuels choqués par les remarques homophobes d’un ministre

Têtu par Rédaction (avec agence) 05 juillet 2011,

« C’est une maladie venue de l’Occident », a déclaré le ministre indien de la Santé et de la famille, alors que les LGBT indiens venaient de célébrer le deuxième anniversaire de la dépénalisation de l’homosexualité.

Des LGBT indiens se sont rassemblés, samedi à New Delhi, pour célébrer les deux ans de la dépénalisation de l’homosexualité dans leur pays (Photo : AFP). Les mouvements indiens de défense des droits des homosexuels se sont déclarés mardi choqués par les remarques du ministre de la Santé et de la Famille, qui a décrit l’homosexualité comme une « maladie » et les relations sexuelles entre hommes comme « anormales ». « Venue de l’Occident »

Lors d’une conférence sur le sida à New Delhi, le ministre Ghulam Nabi Azad a déclaré lundi que « les relations sexuelles entre homme étaient anormales et pas bonnes pour l’Inde. C’est une maladie venue d’autres pays.
Ces personnes sont très nombreuses dans notre pays mais il est difficile de les identifier dans la mesure où ils ne vivent pas regroupés comme les femmes prostituées
 », a ajouté notamment le ministre.

Ces remarques ont évidemment déclenché les foudres des mouvements indiens de défense des droits des homosexuels.
« L’homosexualité fait tout à fait partie de la nature et on en trouve même des références dans les textes religieux. Dire que c’est (une pratique) anormale est absurde », a réagi Mohnish Kabir Malhotra, défenseur des droits des homosexuels. « Je pense que le ministre doit s’excuser immédiatement. Il a insulté toute la communauté homosexuelle », a-t-il ajouté. Lutte pour le respect « Nous ne sommes pas anormaux et nous ne souffrons d’aucune maladie. Oui, nous sommes gays, nous reconnaissons et nous sommes ouverts à propos de notre sexualité et nous méritons le respect », a ajouté Sylvester Merchant, un militant gay de l’Etat du Gujarat (ouest). Même si les relations homosexuelles ont été légalisées en 2009, le sujet reste tabou pour la plupart des Indiens. Aucune personnalité du monde sportif, politique ou du spectacle ne s’est ouvertement déclarée gay ou lesbienne.

EN INDE, UN REPORTAGE HOMOPHOBE SUR UNE DES CHAINES NATIONALES : ALL OUT DEMANDE DES EXCUSES ET UN RECADRAGE DE LA PART DU PDG

En février dernier, TV9, une des principales chaînes d’information en Inde, diffusait un reportage décrivant les personnes homosexuelles comme « esclaves de leur vie contre-nature » et révélant les noms, les photos, et les occupations professionnelles de plusieurs personnes.

Suite au reportage, au moins un de ces jeunes hommes a tenté de se suicider.
Avec ses partenaires sur place, All Out a mobilisé des milliers de personnes en Inde en leur demandant d’écrire à Ravi Prakesh, PDG de TV9 pour demander un recadrage et des excuses publiques.
Après une pression sans précédent, et une plainte déposée par les victimes, TV9 a dû payer une amende, et diffuser trois spots sur la chaîne pour présenter des excuses publiques.

Les droits des homos bientôt devant la Cour suprême

Têtu par Sarah Collin 10 février 2011,

La plus haute autorité judiciaire indienne examinera en avril pas moins de 19 pétitions populaires concernant la dépénalisation de l’homosexualité.

Gay pride de New Delhi, 28 novembre 2010

Enfin une nouvelle du procès de dépénalisation de l’homosexualité en Inde ! Après plus d’un an de silence, la Cour Suprême vient d’annoncer qu’elle examinerait en avril les 19 requêtes des opposants et des partisans de la cause LGBT.
Le verdict pourrait cependant demander encore plusieurs mois d’attente.


Petit rappel des faits : le 2 juillet 2009, la Haute cour de justice de Delhi statue que l’homosexualité devrait être légalisée.
Mais ce jugement ne s’applique qu’à la juridiction de la capitale indienne.
Pour la rendre valide dans tout le pays, une modification du code pénal s’impose : il faut abroger le fameux article 377, qui condamne les relations sexuelles « contre nature
 ».
Et seule la Cour suprême peut en décider.
Or en Inde, avant que le cas ne soit jugé, les citoyens peuvent déposer des « pétitions », ou plutôt des requêtes populaires, afin de peser dans la balance.

Des parents d’enfants LGBT se mobilisent
Aujourd’hui, on compte 19 requêtes au total : 15 contre, et 4 pour.
Parmi les derniers arrivants favorables à une légalisation de l’homosexualité, des parents qui souhaitent soutenir leurs enfants LGBT.
Ils sont emmenés par la mère d’un jeune cinéaste homosexuel, Nishit Saran, décédé en 2003 à l’âge de 26 ans.
Dans son documentaire Summer In My Veins, le jeune réalisateur filmait son coming out à sa mère.

Mais surtout dès 2000, Nishit Saran signait déjà dans le quotidien Indian Express un plaidoyer pour la suppression de l’article 377.
Il avait intitulé son article « My sexuality is your business » (« Ma sexualité, c’est votre affaire », que vous pouvez retrouver ici). Espérons que les juges en reliront le texte avant de rendre leur décision.

Les touristes gays et lesbiens bienvenus en Asie du Sud ?

Par Sarah Collin dimanche 06 février 2011

Après le Népal, la Malaisie et l’Indonésie ou la Thaïlande, les professionnels du tourisme indien aimeraient eux-aussi développer le « tourisme rose ».
Principal obstacle à lever : le manque de staff gay-friendly, même dans les cinq étoiles.

Une image du film Dostana, le premier film gay-friendly de Bollywood, sorti en 2008, avant la dépénalisation de l’homosexualité.

Accueillir de plus en plus de voyageurs homos, c’est l’intention affichée par le Salon du tourisme d’Asie du Sud (SATTE) organisé il y a quelques jours à New Delhi.

Pour sa 18e édition, ce rendez-vous des professionnels du voyage a programmé une session spéciale intitulée « tourisme gay et lesbien », afin de réfléchir à de meilleures stratégies pour capter ce marché.
Un secteur porteur puisqu’il représenterait selon les spécialistes environ 6% des touristes dans le monde.
Pour Rika Jean-François, directrice commerciale Asie du Sud d’un groupe touristique allemand, « l’Asie du Sud, auparavant fermée aux [voyageurs LGBT] à cause des lois et des préjugés, est en train de s’ouvrir.
Cette ouverture va non seulement attirer plus de touristes mais aussi générer de l’emploi dans la région. »

Si l’Indonésie, la Malaisie ou la Thaïlande sont déjà des destinations prisées par les voyageurs homos (en dépit de politiques pourtant pas toujours gay-friendly), l’Inde restait en retrait de ce mouvement.
Mais depuis la dépénalisation (partielle) de l’homosexualité le 2 juillet 2009, les experts de l’industrie du voyage affirment que le nombre de touristes LGBT a énormément augmenté au pays de Gandhi.

Pas de dîner aux chandelles ni de pétales de roses pour les homos

Selon Sanjay Malhotra, qui avec son agence de tourisme Indjapink a été un pionnier du tourisme gay sur le sous-continent, l’Inde doit avant tout former les professionnels locaux pour pouvoir accéder au rang de nation gay-friendly.
« Il ne s’agit pas uniquement du personnel des hôtels de luxe ; cette compréhension envers les couples homosexuels doit se propager à tous les niveaux. Les femmes de ménage, les chauffeurs, les majordomes et les serveurs doivent également être aimables car ce sont avec eux que les clients interagissent le plus » estime-t-il.

Or parmi les nombreux hôtels cinq étoiles présents dans la capitale indienne, Sanjay Malhotra ne compte pas plus de deux établissements réellement gay-friendly.
« Par exemple, même en étant informés qu’un groupe de touristes est gay, les réceptionnistes de certains hôtels attribuent des chambres avec des lits séparés » ajoute-t-il.
De même, le personnel refuse souvent de décorer les chambres de clients gays avec des pétales de roses ou de disposer des bougies pour une ambiance romantique. Un chiffre qui les motivera peut-être : les voyageurs homos dépensent, dit-on, en moyenne 30% de plus que les autres.

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Citations

"Imaginez à quoi ressemblerait le monde si tous les homos sortaient du placard, à un champ de bataille ? Non, on verrait des gens qui parlent davantage et qui sont plus honnêtes. Essayez pour voir " Xavier Héraud et Charles Roncier.

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