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Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Inde(2)

Face à un avenir incertain, deux lesbiennes choisissent de se suicider

Têtu par Emma Rossel 27 janvier 2011

Selon leurs familles, les deux jeunes filles auraient décidé de mettre fin à leurs jours après avoir vu un film indien qui abordait la question de l’homosexualité de manière pessimiste.

Deux jeunes filles se sont donné la mort, dans un village du district du Sud 24 Parganas, dans le Bengale Occidental.
Respectivement âgées de 17 et 19 ans, Puja Mondal et Bobby Saha auraient décidé de mettre fin à leurs jours devant la difficulté de vivre leur histoire d’amour dans leur pays.

Mourir dans les bras l’une de l’autre
Selon un voisin, cité par le Times of India, « Bobby s’habillait et se comportait comme un garçon, tandis que Puja était comme toutes les autres filles ».
Les deux jeunes femmes passaient une grande partie de leur temps ensemble.
« Elles attiraient l’attention et les remarques, a déclaré un proche.
A tel point que nous leur avons demandé de ne plus s’afficher en public.
Cela a gâché les relations entre leurs deux familles.
Les filles passaient tout leur temps ensemble, prenant leurs repas dans la même assiette.
Nous ne pensions pas que cela allait se finir d’une manière aussi tragique. »

Puja et Bobby ont été retrouvées dans la maison de cette dernière.
Les deux filles avaient pris du poison, avant de s’allonger ensemble, pour mourir dans les bras l’une de l’autre.
Alertée par l’oncle de Bobby, la police est arrivée alors que Puja était encore vivante, mais elle est morte à son arrivée à l’hôpital.

« Déprimées à cause d’un film »
Selon l’oncle de Bobby, ce suicide pourrait également être lié à un film.
« Elles étaient déprimées depuis qu’elles avaient vu Ar Ekti Premer Golpo, qui traite de l’incertitude des relations homos. »
Le long-métrage indien raconte l’histoire d’un réalisateur qui vit une histoire d’amour complexe avec un homme marié, en même temps qu’il réalise un documentaire sur un acteur dont la carrière a été ruinée par un outing.

La Haute cour de Delhi a dépénalisé les rapports sexuels entre adultes de même sexe en juillet 2009 mais les mentalités mettent du temps à évoluer.
Il y a quelques jours, à Madhya Pradesh, un autre couple de filles avaient tenté de s’empoisonner après que leurs familles leur aient interdit de se marier ensemble. Conduites très rapidement à l’hôpital, elles avaient pu être sauvées.

Un journal gay interdit de diffusion

L’ouverture de l’Inde aux droits homosexuels s’avère difficile. L’homosexualité à peine légalisée, un journal gay se voit interdit de diffusion. E-llico.com Mis en ligne le 23/12/2010

L’interdiction par le Registre des journaux indiens de diffuser la version imprimée du e-magazine "Pink Pages" prouve qu’il y a encore du chemin à parcourir pour faire accepter une libre expression publique des homosexuels.

"Le pire est qu’ils ne nous ont donné aucune raison pour motiver ce refus.
La moindre des choses aurait été une explication", s’indigne l’un des rédacteurs du journal.

Créé en juillet 2009, le journal en ligne gay "Pink Pages" a rencontré un grand succès, enregistrant 10.000 téléchargements par numéro. D’où l’idée des éditeurs d’en proposer une version papier à la population n’accédant pas à Internet.

Devant la censure de fait imposée par les autorités de distribution de la presse, les responsables du journal ont annoncé leur intention de contester la décision en justcice.

Un certain nombre de publications - non identitaires - paraissent déjà en Inde qui intéressent le public gay, mais la nature de leur contenu est moins explicite puisqu’il traite du "genre" ou de "santé sexuelle".

Le « prince gay » de l’Inde était en visite à Paris : nous l’avons suivi

Têtu par Cédric Douzant 04 décembre 2010

Le prince indien Manvendra Singh Gohil, précurseur des luttes contre le sida et pour les droits LGBT, a passé 6 jours à Paris.

Au programme : réunions avec la direction d’Aides, rencontres avec Carla Bruni et découverte de Paris. Retour sur une semaine VIP et militante.

Il sort de sa berline aux vitres teintées et s’engouffre dans le Grand Palais. Ce mardi, le musée est fermé, les traditionnelles files d’attente devant l’expo Monnet ont disparu, mais lui a droit à une visite privée.

A l’intérieur, un comité d’accueil VIP l’attend : le président du Grand Palais, Jean-Paul Cluzel, lui souhaite la bienvenue et le félicite pour son action. Le prince indien Manvendra Singh Gohil remercie de toutes ses attentions, distribue les sourires chaleureux autour de lui, invite chacun de ses interlocuteurs à passer le voir en Inde.

« Nous avons été très bien accueillis »

Toute la semaine, le seul noble indien à assumer publiquement son homosexualité, précurseur dans son pays pour la lutte contre le sida et pour les droits LGBT, était à Paris, à l’invitation d’Aides.
Celui que les médias indiens appellent « le prince gay » a reçu un accueil royal partout où il est passé, un prince ne faisant rien tout à fait comme les autres.
Pour sa sortie du samedi, il est allé dîner avec Carla Bruni-Sarkozy et l’ambassadrice de Jordanie au gala d’Aides.
Pour ses emplettes du dimanche, les plus grandes maisons de couture lui ont proposé des petites sessions de shopping privées.
Et quand il a voulu en savoir plus sur sa nouvelle passion, l’harmonium, un instrument de musique populaire en Inde et inventé en France, il a pu se renseigner directement auprès du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. « Nous avons été très bien accueillis », se félicite-t-il, d’une voix douce.

Manvendra Singh Gohil, le « prince gay » de l’Inde

Têtu par Sarah Collin 01 novembre 2010

Manvendra Singh Gohil vient de lancer un nouveau magazine gay qu’il a baptisé « Fun ». Et à 45 ans, s’il continue de s’amuser, ce prince indien n’oublie ni de militer ni d’appeler son pays à accepter enfin les homosexuels.
Portrait d’un homme libre qui a choisi de ne plus se cacher.

Manvendra Singh Gohil réussit le tour de force d’incarner aussi bien le mythe d’une Inde royale et éternelle que la lutte pour la cause homosexuelle dans un pays très conservateur.
À 45 ans, celui que les médias indiens appellent tous « le prince gay » assume pleinement les deux composantes de son surnom.
« Je viens d’une dynastie fondée il y a six cent cinquante ans, dotée d’un riche héritage culturel », explique-t-il. Avec sa moustache bien taillée et ses tenues traditionnelles, coiffé d’un turban rouge pour les grandes occasions, Manvendra ne déroge pas à son rang.
D’ailleurs, il vit toujours dans son palais de rajpipla, une petite ville du Gujarat, au nord-est de l’Inde.
Là-bas, il se consacre à sa fondation, Lakshya trust, pour la prévention du sida chez les hommes bisexuels et homosexuels. et il vient de lancer Fun, un nouveau magazine destiné à la communauté gay.

Un guitariste torse nu
Sous les palmiers de Goa, lors de sa présentation à la presse fin juillet, Fun joue la carte du glamour.
Le magazine semble sonner le début de la légèreté pour les gays indiens.
« Pourquoi toujours montrer le corps des femmes comme un objet sexuel ?
Les hommes sont beaux également ! Vous ne trouvez pas que c’est sexy, des fesses d’hommes ? », nous demande le prince.
En couverture du magazine, pas de derrière rebondi mais un beau guitariste au torse nu.
Manvendra s’empresse de préciser : « Il n’y a aucun étalage de vulgarité, Fun n’est pas une publication obscène. Nous parlons de relations, de mode, de santé sexuelle, de produits de luxe. »

C’est qu’il faut se prémunir contre la censure, et attirer les annonceurs.
Car le lancement a été un véritable succès : deux semaines après la mise en vente, plus de 75% des exemplaires avaient déjà été écoulés.
Pas de problème pour trouver des mannequins ni des publicitaires et l’entrée sur le marché s’est faite sans heurts : une telle opération aurait été inimaginable, il y a à peine plus d’un an.

Avant le 2 juillet 2009, l’homosexualité était en effet encore passible de prison en Inde, jusqu’à ce que la Haute cour de justice de Delhi se prononce pour une dépénalisation.
« Ce jugement a eu un impact considérable, estime Manvendra.
Il a fait naître un débat dans la société indienne. Les médecins, les étudiants, les leaders spirituels, tout le monde s’est exprimé.
Depuis, je vois une véritable culture gay émerger ! », s’enthousiasme-t-il.

Mariage arrangé
Si maintenant le prince semble voir la vie en rose, qui est aussi la couleur de son palais et de toute la ville de Rajpipla - « mes aïeux devaient savoir qu’ils auraient un descendant gay ! », se plaît-il à raconter -, il a connu des jours plus sombres.
Il réalise à 12-13 ans qu’il est « différent » sans jamais entendre parler d’homosexualité.
Il accepte un mariage arrangé à 25 ans, avant de divorcer un an plus tard. L’union ne sera jamais consommée.
« Lors du divorce, ma femme m’a demandé de ne pas gâcher la vie d’une autre. J’ai décidé de ne pas me remarier », se rappelle-t-il.
Des pressions familiales et une dépression plus tard, il trouve la force de dire la vérité sur son orientation sexuelle à ses parents. Il se souvient : « Tant que cela restait secret, ils acceptaient. »

Candidat à une émission de télé-réalité
« Je sais que certains princes indiens sont homosexuels.
Ceux-là ont peur que je les fasse sortir du placard ! »

Arrive la rencontre avec Ashok Raw Kavi, le premier militant gay en Inde.

C’est lui qui donne la force au prince de faire son coming out public, en 2006, dans les pages d’un journal régional.
À l’époque, sa déclaration fait évidemment scandale.
Ses parents vont jusqu’à le déshériter, avant de se rétracter. Manvendra se souvient même que d’autres descendants de familles royales indiennes (elles sont nombreuses dans le pays) se sont effrayés de son courage.
« Je sais que certains sont homosexuels et ils savent que je suis au courant. Ceux-là ont eu peur que je les fasse sortir du placard ! », s’amuse-t-il aujourd’hui.

Mais de son propre aveu, c’est Oprah Winfrey qui l’a rendu célèbre.
Invité sur le plateau de la présentatrice américaine en octobre 2007, le prince raconte sans tabou son expérience.
Il est ensuite invité à l’Europride de Stockholm, puis à la Marche des fiertés de São Paulo, et il participe même à une téléréalité en Angleterre, Undercover Princes.
Le concept : trois princes étrangers devaient travailler incognito à Brighton et tenter de trouver l’amour.
Manvendra conserve un excellent souvenir de l’émission : « J’ai fait des choses complètement nouvelles pour moi : traverser la rue tout seul, faire la vaisselle, nettoyer les toilettes ! » Son aventure avec un britannique se soldera par une rupture, et après deux autres brèves histoires, Manvendra se retrouve aujourd’hui célibataire.

Un Français ? Il ne serait pas contre… D’ailleurs, il a un message à faire passer : tous les lecteurs de TÊTU sont invités dans son « Pink Palace ». Si, si, c’est vrai.

Un acteur indien renié par sa famille à cause d’un rôle gay

http://yagg.com/2010/09/30/un-acteu… Publié par Audrey Banegas

« Dunno Y … Na Jaane Kyun« . C’est le titre du Brokeback Mountain indien, soit le premier film indien qui traite de l’amour entre deux hommes, qui fait couler beaucoup d’encre et suscite quelques indignations dans le pays.
Le film contient notamment la toute première scène de baiser entre hommes – qui ne soit pas interprétée pour rire et se moquer – de l’histoire de Bollywood (ainsi que quelques scènes qui suggèrent des relations sexuelles entre les deux personnages principaux).

L’office nationale du cinéma indien a ainsi censuré toutes les scènes gays et a demandé au réalisateur du film Sanjay Sharma de couper les scènes qui montre les deux acteurs masculins ensemble.

Quant à Yuvraaj Parasher, l’acteur qui joue l’un des deux rôles principaux, il vient d’être renié par sa famille, et selon le Times of India, le père de l’acteur serait même prêt à poursuivre son fils en justice. Il s’est d’ailleurs exprimé dans la presse pour le déshonorer publiquement :

« Ce que je ressens c’est que ce qu’il a fait est contraire à la culture et à la tradition de notre pays et que cela défie la pureté de la relation entre un homme et une femme.
Il n’a pas été clair avec nous depuis qu’il a signé ce film, il nous a dit qu’il jouait avec une fille. Lorsque nous avons appris pour l’affiche du film et pour les choses qu’il a faites dans ce film, nous avons été choqués, blessés et humiliés. Les gens vont se moquer de nous et nous ne pourrons plus jamais vivre en paix désormais… Nous sommes une famille respectée et je suis consterné qu’il ait pu jouer le rôle d’un homme gay. C’est fini. Tous les rêves et les espoirs que nous avions construits autour de lui se sont effondrés. Pour un seul rôle, il a perdu ses liens du sang. Nous ne voulons plus jamais revoir son visage… pas même lors de notre mort. »

Le « sexpert » du Times of India devient gay-friendly

Têtue par Sarah Collin 13 septembre 2010

Dans sa célèbre rubrique « Ask the sexpert », le Dr Mahinder Watsa répond tous les jours aux questions intimes de ses lecteurs.

Et depuis la dépénalisation de l’homosexualité l’an dernier, le sexologue star devient beaucoup plus tolérant envers les questions gays…
C’est une agréable surprise qu’ont eue il y a quelques jours les lecteurs gays du journal « Mumbai Mirror », le tabloïd vendu tous les jours avec le Times of India, le plus grand quotidien du pays.
Dans la colonne « Ask the sexpert » (demandez au sexpert), le Dr Mahinder Watsa répondait à l’appel d’un lecteur homo qui disait avoir plusieurs fois pensé au suicide en raison de son orientation sexuelle : « Vous êtes gay et le monde l’accepte comme une forme alternative de sexualité.
Vous devez l’accepter et dire à vos parents que vous ne souhaitez pas vous marier.
Soyez prudent et prenez des précautions lorsque vous avez des relations sexuelles avec des hommes ».
Sur la plateforme de dialogue des membres de gaybombay, une des plus importantes associations homos, les internautes ont rapidement relayé la nouvelle.

Véritable institution

Il faut dire que le « sexpert » n’avait pas habitué ses lecteurs à tant de tolérance.
Jusqu’à récemment, l’homosexualité restait son plus grand tabou, et il déconseillait formellement toute relation charnelle avec une personne de même sexe.
Mais à 85 ans, Mahinder Watsa semble avoir changé d’avis.

Même si, comme le souligne un membre de gaybombay, il aurait pu aiguiller ce lecteur en détresse vers un groupe de soutien homo, sa réponse ne stigmatise pas la communauté. Cela n’est pas anodin car sa rubrique est devenue une véritable institution.

Pour beaucoup d’Indiens, les conseils du Dr Watsa se substituent en effet aux cours d’éducation sexuelle qu’ils n’ont pas reçus à l’école.
Chaque jour, le médecin se penche sur les problèmes sexuels de trois lecteurs, certains sérieux, d’autres hilarants bien malgré eux.
Et le sexe mène à tout : à la question du mariage arrangé - « comment-vais-je savoir si ma femme est satisfaite ? »), à la transmission du SIDA (« puis-je contracter le virus si mon coude a touché le sein d’une prostituée ? »), à la contraception (« je suis enceinte et je veux interrompre ma grossesse.
Pouvez-vous me confirmer que l’ananas a des vertus abortives ? »).
Désormais, il faudra y ajouter les questions LGBT.

ÊTRE GAY EN INDE

La culture indienne, avec sa forte tradition du mariage, n’accepte pas facilement les relations homosexuelles.
La section 377 de la législation nationale criminalise « tout rapport sexuel contre nature » (non procréateur), et la peine peut aller jusqu’à l’emprisonnement à vie.
Mais selon Shaleen Rakesh, ingénieur, journaliste et activiste gay, c’est surtout un outil de chantage pour soutirer de l’argent aux « accusés »…

Shaleen coordonne un centre d’entraide et de soutien pour hommes homosexuels (un demi-million à New Delhi, 25 millions dans tout le pays).
Ses membres ont en moyenne entre 16 et 26 ans.
Beaucoup ont fui leur famille, qui les menace des pires représailles.
Les cheveux se dressent sur la tête quand on lit des exemples de sanctions
sur www.members.tripod.com/gaydelhi (premier site homosexuel indien) : expulsion de la famille, thérapie forcée.

« Mais la situation a beaucoup évolué depuis cinq ans.
Les mesures prises pour traiter les nombreux cas de sida ont largement contribué à sensibiliser la population à l’homosexualité. _ Les gens en parlent plus ouvertement, grâce aux lignes d’entraide téléphoniques. %
On trouve de plus en plus de bars gays à Delhi, ainsi qu’un Festival annuel du film gay et lesbien, et nous allons très prochainement mener une importante pétition en Cour suprême pour changer le code pénal ! »

La « roupie rose » à la conquête de l’Inde

Têtu par Sarah Collin 16 août 2010

Préservatif spécial (plus lubrifié) pour les gays, nouveau magazine, agence de voyage… Un an après la décriminalisation de l’homosexualité dans le sous-continent, le marché gay-friendly ne cesse de s’y développer. Petit tour d’horizon.
Des jeunes indiens participent à une campagne de promotion pour des nouveaux distributeurs de préservatifs, en mars dernier à New Delhi.

Avec la librairie LGBT en ligne et des publicités gay-friendly, il s’agit maintenant d’un mouvement bien amorcé : les commerciaux indiens font de l’œil à la « roupie rose ».
Les marques entendent bien s’emparer de ce nouveau marché, surtout depuis qu’il a (presque) perdu son odeur de soufre avec la dépénalisation de l’homosexualité il y a un an.

Le dernier né de cette opération séduction ? Un préservatif spécialement conçu pour les gays.
Actuellement en cours de développement, il n’est pas encore lancé, mais un nom a déjà filtré dans la presse indienne.
Il devrait s’appeler « Spice Up » (« Pimentez »). Il a été imaginé par un grand fabricant de préservatifs en collaboration avec la NACO, le bras anti-sida du Ministère indien de la Santé. Le Dr Prakash Kothari, sexologue, est persuadé que ce produit sera bien accueilli. Il souligne : « Parfois, pendant l’amour, la lubrification devient insuffisante et le sexe anal peut devenir douloureux. »
Un problème qui devrait être résolu grâce à ce moyen de prévention plus adapté. Un nouveau magazine gay Mais la presse elle-aussi s’engouffre dans la brèche du marché gay. Le prince Manvendra Singh Gohil, lui-même homosexuel (lire notre article), a lancé à Goa voici quelques semaines un nouveau magazine dédié à la communauté gay, Fun. Comme son nom l’indique, Fun cherche à se démarquer des publications militantes, plus austères.
« Nous nous concentrons sur la mode, le bien-être, les gadgets et les relations » explique son fondateur. Lui veut du glamour, de la légèreté, en bref, du commercial. D’ailleurs, le premier numéro a été tiré à 75.000 exemplaires, un chiffre ambitieux comparé aux 3.000 exemplaires de Bombay Dost, le pionnier indien des magazines gays relancé l’année dernière après sept ans d’interruption.

Et dans la nouvelle galaxie des sociétés gay friendly, Indja Pink effectue une belle percée.
Cette agence de voyages spécialisée depuis plusieurs années sur le marché homo voit son activité augmenter depuis l’année dernière. Tant et si bien qu’elle propose désormais des cérémonies de mariage à l’indienne et des lunes de miel au pays des Maharadjahs.

Le prince Manvendra Singh Gohil lance un nouveau magazine gay en Inde

http://yagg.com/2010/08/10/le-princ…

Publié par Audrey Banegas

Le célèbre prince indien ouvertement gay, Manvendra Singh Gohil, activiste des droits LGBT et de la lutte contre le VIH, lance un nouveau magazine gay en Inde.

Après le premier magazine gay Bombay Dost et le lancement le mois dernier d un premier magazine lesbien Fantasy,
le prince rose (comme il était surnommé en Inde lorsqu’il était petit, parce qu’il ne voulait porter que des tenues de cette couleur sur les photos officielles de la famille royale) propose un nouveau magazine intitulé Fun, tiré à 75 000 exemplaires, qui se veut un peu différent.

« Ce magazine s’adresse également aux femmes hétérosexuelles – d’une façon générale à tous ceux et celles qui aiment les hommes.
Le premier magazine gay, Bombay Dost, parle des droits LGBT et des questions liées au VIH.

Mais ce nouveau magazine parlera plutôt des modes de vie des hommes gays. Nous souhaitons nous concentrer sur ce qui touche à la mode, au fitness et aux relations.
Il y aura aussi une rubrique dédiée aux conseils sexuels, qui pourra aider à la fois les hommes gays et les femmes hétérosexuelles, » explique le prince.

L’Inde n’a dépénalisé l’homosexualité qu’en 2009, et le prince Manvendra Singh Gohil n’est pas étranger aux évolutions de son pays ces dernières années sur les questions LGBT.

Dès 2000, il s’engage dans le militantisme LGBT en lançant Lakshya Trust, une ONG dédiée à la prévention sida/VIH chez les HSH.

Il organise alors également de façon annuelle un festival pour soutenir de jeunes artistes et musiciens homos.

En 2006, il provoque la surprise en révélant publiquement son homosexualité, devenant ainsi le seul membre de la descendance royale indienne moderne ouvertement gay.
Une action qui a valu à ce membre de l’une des plus riches familles de l’ancienne Principauté du Rajpipla, dans l’état du Gujarat, d’être déshérité par ses parents (auprès de qui il avait déjà fait son coming-out quatre ans plus tôt) qui n’ont pas supporté cette révélation publique.

Une réaction qui ne l’a pas dérangé puisqu’il affirmait alors que son héritage ne l’intéressait pas et qu’il avait « fondé une famille au sein de la communauté ».

« En tant que militant, j’ai pensé qu’il était juste que je sorte du placard, autrement cela aurait été vivre dans le mensonge (…) et cela permettra aux gens de parler plus ouvertement d’homosexualité puisque c’est encore un sujet tabou, » ajoutait-il.
Quelques semaines plus tard, sa famille revenait sur sa décision et déclarait publiquement que le fils unique serait rétabli dans ses droits.

Quelque mois plus tard, le prince annonçait qu’il soutenait le droit pour les couples de même sexe d’adopter et qu’il souhaitait lui-même adopter un enfant ou un adolescent et peut-être se marier au Népal, lorsque cela serait possible.
La Constitution népalaise est actuellement en révision et devrait prochainement ouvrir le mariage aux couples de même sexe.

Manvendra Singh Gohil est ainsi devenu une véritable célébrité, en Inde et à l’international. De nombreux reportages lui ont été consacrés, il a également participé à plusieurs show-télévisés, dont celui d’Oprah Winfrey, ou encore une émission de télé-réalité britannique intitulée The Uncover Princes. Il était également l’invité d’honneur de l’EuroPride 2008 à Stockholm : vidéo en anglais

Queer Ink, la première librairie homo ouvre

Têtu par Sarah Collin 03 juillet 2010

Cette nouvelle librairie sur internet ouvre officiellement aujourd’hui. Au programme : petits prix, livraison rapide, et surtout, plus de 200 titres destinés aux LGBT indiens.

Il y a un an jour pour jour, le 2 juillet 2009, la Haute Cour de Justice de Delhi décriminalisait l’homosexualité en Inde.

Aujourd’hui, la première librairie homo indienne est inaugurée sur le web, et, même s’il ne s’agit que d’un site internet, sa créatrice n’en est pas peu fière.

Shobna Kumar, une lesbienne de 42 ans, vit à Bombay.
Elle qui milite depuis vingt ans pour les droits des gays et la lutte contre le SIDA s’aventure avec enthousiasme dans ce nouveau projet.
« J’avais une raison égoïste de démarrer ceci, car je ne parvenais pas à accéder à ces livres » explique-t-elle.
« Amazon ne les livrait pas. Je crois qu’ils n’arrivaient pas à passer les douanes car ils choquaient les sensibilités indiennes (…).
Je me suis dit que d’autres personnes devaient se trouver dans la même situation que moi. »

Shobna raconte aussi que c’est un livre qui l’a aidée lorsqu’elle a découvert sa sexualité, quand elle n’osait pas en parler à ses amis et parents hétéros.
Elle souhaite donc que Queer Ink s’adresse à tous les homosexuels du sous-continent.
Mais surtout, la librairie ne cible pas uniquement les Indiens favorisés qui lisent en anglais.
Parmi les 200 titres à petits prix déjà disponibles, nombreux sont ceux rédigés en Bengali, Marathi, Gujarati, Tamoul, et bien sûr Hindi.

Cette diversité devrait aider les MSM (« Men who have sex with men ») qui ne font pas partie de la communauté homo, souvent urbaine, aisée et anglophone, à accéder à une culture gay dans leur langue maternelle.

_ Des histoires « non patriarcales »

_ Queer Ink commercialise donc des essais, de la fiction, de la poésie, des romans d’amour, des magazines, mais pas encore d’ouvrages érotiques.

En revanche le site comprend une section « famille » et une autre « enfants », avec des histoires « non patriarcales ».
Shobna ajoute : « Les gays veulent voir leur vie reflétée dans des fictions.
Mais je pense que les gens hésiteraient à acheter ces livres dans un magasin classique, c’est pourquoi je l’ai fait en ligne. »
La nouvelle libraire songe déjà à s’improviser éditrice pour des auteurs indiens qui n’arrivent pas à publier leurs textes queer.
Souhaitons-lui le même succès qu’Azaad Bazaar, une boutique online d’objets fun et gay-friendly lancée par un couple d’Indiennes en février 2009.

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Citations

"L’homophobe se montre moins violent envers la folle ou la camionneuse, qu’envers ceux qui n’affichent pas le stéréotype car celui-ci permet de rassurer en gardant une distance, mais une fois le cliché disparu, l’angoisse de s’imaginer lui-même homosexuel déclenche la peur et le dégoût" Daniel Borillo

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