Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
20 avril, 2011
http://pdnews.yagg.com/2011/04/20/f…

Les gays et les lesbiennes de Finlande ne sont pas à la fête. La victoire du parti des Vrais Finlandais, devenu dimanche dernier troisième force politique du pays, pourrait marquer un recul de l’Europe et des droits des LGBT.
« Raz-de-marée », « tsunami politique », « percée historique »… La presse européenne n’est pas avare de superlatifs pour illustrer la victoire des Vrais Finlandais (« Perussuomalaiset ») aux élections législatives dimanche 17 avril.
La formation nationaliste finlandaise a raflé 19 % des voix et dispose désormais de 39 sièges sur 200 au Parlement.
Se présentant comme « anti-élite » et eurosceptique, le parti n’hésite pas à s’en prendre aux étrangers et aux gays.
Une stratégie payante puisqu’il gagne 34 siège par rapport aux élections de 2007.
INQUIÉTUDE
Aija Salo, Secrétaire générale de Seta. (Photo - Wikipedia)
A Helsinki (la capitale), Aija Salo, secrétaire générale de Seta (« Seksuaalinen tasavertaisuus », Égalité sexuelle), principale organisation LGBT de Finlande, ne peut cacher son inquiétude face à la montée de l’extrême-droite.
« Personnellement, je suis assez préoccupée car je ne sais pas ce qui nous attend », confie-t-elle.
Seta milite notamment pour l’égalité des droits (mariage et adoptions compris), l’amélioration de la loi anti-discrimination, et le retrait de l’obligation de stérilisation dans la demande de changement de sexe.
Mais surtout pour une politique gouvernementale pour l’égalité des LGBT, « quelque chose qui n’a jusqu’à présent jamais été fait en Finlande », souligne Aija Salo.
Autant de revendications qui vont à l’encontre de la ligne politique des Vrais Finlandais, qui se flattent de défendre la religion et la famille.
Leur chef, Timo Soini, n’a par ailleurs jamais caché son opposition aux droits des LGBT, se prononçant notamment contre le mariage pour les couples de même sexe.
VIOLENTE OPPOSITION
Timo Soini, chef de file des Vrais Finlandais.
Ce politicien de 48 ans s’est converti au catholicisme lorsqu’il était étudiant dans les années 80.
Une ferveur pour l’Eglise de Rome qui détonne dans un pays majoritairement protestant et relativement progressiste sur l’homosexualité, parfois au prix de vifs débats.
En février 2009, un des leaders des Vrais Finlandais s’est violemment opposé à l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens.
Pentti Oinonen avait lancé que « les amoureux des animaux pourraient bientôt exiger d’épouser leur chien. »
Dans ces conditions, les réformes que les associations LGBT finlandaises appellent de leurs vœux semblent compromises, d’autant que les nationalistes sont désormais courtisés par les deux principaux partis du pays pour la formation d’un gouvernement de coalition.
Un scénario que Aija Salo ne souhaite évidemment pas se voir réaliser : «
Nous espérons que la possible entrée de « perussuomalaiset » [les Vrais Finlandais] au gouvernement ne va pas mettre en péril [nos] objectifs.
Dans tous les cas, Seta continuera à agir énergiquement pour la reconnaissance des droits humains des LGBT et nous allons, bien entendu, essayer de trouver les meilleures stratégies pour aller dans ce sens, en tenant compte du climat politique. »
TENDANCE EUROPÉENNE
Selon les analystes, la Finlande est plus tolérante envers les mouvements d’extrême-droite car le personnel politique ne s’embarrasse pas de questions idéologiques.
Mais Aija Salo veut rester optimiste : « J’espère que les résultats [des élections] vont motiver plus de gens qu’auparavant à exprimer ouvertement leur soutien aux droits des LGBT et à militer au sein de Seta, dans nos organisations membres ou dans d’autres organisations des droits de l’Homme. »
Autre raison d’espérer : un comédien ouvertement gay a été élu dans les rangs des Verts (écologistes). Il s’agit de Jani Toivola, 33 ans, qui sera aussi le premier Noir à siéger au Parlement finlandais.
Reste que la victoire du parti de M. Soini pourrait bien dépasser le cadre finlandais.
Car les formations populistes européennes connaissent un succès croissant ces dernières années (Voir ci-dessous).
UNE PROPAGANDE ANTI-GAY A L’ÉCHELLE DE L’EUROPE
La plupart des formations populistes européennes développent toute une propagande anti-gay.
En Suède, les soi-disant Démocrates (« Sverigedemokraterna ») ont enregistré 5,7% des voix et ont obtenu 20 siège au Parlement en 2010.
Ce parti prône notamment « une société plus homogène », comprendre sans couple de même sexe.
Chez nos voisins suisses, le parti populiste UDC cible régulièrement les homosexuels, proposant entre autres choses le dépistage obligatoire du VIH.
La Hongrie du très conservateur Premier ministre Viktor Orbanle (« Fidesz »), qui exerce la présidence tournante de l’UE jusqu’au mois de juin a fait voter une nouvelle constitution qui « protège le mariage entre un homme et une femme » lundi 18 avril.
En France, après des années d’homophobie, le Front national (FN) de Marine Le Pen semble privilégier une stratégie de séduction auprès des gays (lire Les LGBT tomberont-ils dans le piège de Marine Le Pen ?).
Sans changer une ligne de son programme qui défend l’union d’un homme et d’une femme comme base de la famille et s’oppose « à toute demande de création d’un mariage homosexuel ou d’une adoption par des couples homosexuels. »
